‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 169 sur 178 · PARAPHRASE SUR LA TRÈS SAINTE TRINITE · texte numérisé non relu

PARAPHRASE SUR LA TRÈS SAINTE TRINITE

AU NOM DU PfiRE,

Principe en qui rien se commence, Immobile moteur de tout»

Centre sans point, ierme sans bout, Tout en tous lieux sans résidence ; Sans temps auteur de tous les temps, Dont les immuables instants N'ont rien qui suive ou qui devance ; lier où qui se perd est sauvé> Au nom de ta grandeur immense, Soit commencé le tout, et le tout achevé.

ET DU Fns,

Verbe qui n'es ni voix ni lettre, Double nature en un sujet, Du Père l'éternel objet, Engendré sans recevoir l'être; Composé simple, esprit en corps, Mort Immortel, âme des morts, But de Tamour, fin de la haine, Ange, homme. Dieu, tout à la fois, Dans le repos et dans la peine, Nous t'adorons au ciel, de même qu'en la Croix.

3Sfc SIàM€SS W V. DB BÉTAC.

CT DU sAnrr-wBST,

Souille de dem sources unies, ' Par un seul soupir exbalé.

Non engendré, mais écoulé Des deux persèikne!^ lufluie^'^ Caractère du dolgl de Dieu, Air soHde dont, en ce lieu.

Nous respirons amour et grâce ; Invisible fiunbeau des saints, Pais «iccéder à notre glace Tes feûxqui dMs nos cœurs ne soient JaaaIséIcMs.

AMnf.

Corps présent des ombres passées, Nouveau patron des vieux extraits, Original de leurs portralls, Et siAstance de teufs peMées ; Miroir des types de la loi.

Cause et soutien de notre foi, Sceau des pnnnes^ étenidies, Evangéllipe vérité.

Elève-nous sur tes deux aBes Au bienheureux séjour de ton éternité.

Je prends occasion de ces saints élans du bon M. de Béuac pour mettre fin par enx au présent Journal de ma vie, que je supplie Dieu de tout mon cœur de ne terminer que dans de pareils mouvements. Son saint nom soit béni!

Kl> DES PR£SKJNTS MEMOIRES.

SUPPLÉMENTS

ni: (-"K DKUMKME TOMK

[P«ttr 1» iMise i2, Uffue 25, et la |Mise 14, ll^ue 23.]

Comme en demandant Tavis de M. Bayle sur cette dispute, entre.mon ami et moi, j'avois aussi recherché, de commun accord, celui du sieur Térond, voici ce que ce dernier m*en écrivit d'Utrecht, où il se trouvoit alors :

A Momieur Monsieur Rou^ etc.

'( Je vous remercie de tout mon cœur, mon cher Monsieur, « de rhonneur que vous avez fait et à M. Bose, en lui écri- « vaut une lettre si honnête, et à son gouverneur, en le choi- « sissant pour juge de votre démêlé. Il seroit à souhaiter pour « les parties intéressées, aussi bien que pour moi, que vous '< eussiez jeté les yeux sur une personne plus capable de ter- « miner votre dispute. Le flamand, que je ne sais guère, m'a • fait oublier le peu de français que je savois , et le soin de « pourvoir à notre petite cuisine, m'a fait négliger les douces «• occupations du cabinet. C'est pour cette raison que je de- " meure plus à Amsterdam qu'ici, et que je m'informe plus vo-

uxTBi ne V. riwKù a aov.

« lontiers de Fétat de la Compagnie des Indes, et s'il y a dn « changement dans les actions, qae je ne &is de rAcadémie et « du différent usage ou du genre des mots. Hais , Monsieur, « quand je me serois toiyours £ût une étude porticuliëre de « notre langue, tous poondHe rkM. dire iur h question pro- « posée que tous n'ayez dit vous^nème? Tous avez ramassé , « avec la dernière exactitude, tout ce qu'on peut alléguer de « part et d'autre, de telle sorte pourtant qu'il parait, ce me « semble, que si, dans le langage ordinaire, foudre est plus n souvent du genre ftaûniu, ily a degrencontrei o^ nwseiN a lement on le peut, mais où l'on le doit fidre du masculin. Tdle « est celle du tableau de l'bistoire de Sémélé, où Jupiter est < représenté avec son foudre ; qui diroit ayecia fondre, diroit, « à mon avis, fort mal. La distinction que vous frites de/oiHfrv a comme instrument , et àe foudre comme effets me parait fort so» « lide, et il est certain que quand Jupiter prendra son sceptre, « il prendra toiqours mm foudre et non pas m foudre. Ce que « dit Bonbours, à Tartide des Detisea (pag. 462 et 485), me « semble déoisif, et La Fontaine ( tom. m, Ut. II*, FaUe 30, « pag. 187 ; p. m. 256, Fable 161) pouvoit fort bien dire :

Il la renvoie et pourtant Lance la foudre à l'instant, etc.

« Hais lo masculin lui a paru plus beau; ou plutôt il n'auroit « pas dit ce qu'il Youloit dire ; car il auroit marqué toute la « colère de Jupiter, et tout le fracas qui s'en ensuit, et ce nï*- «toit pas là de quoi il s'agissoit; et si, au lieu de lance la fou- « dre, il eût mis lance une foudre y il auroit exprimé sa pensée , « sans doute : mais ne voulant parler que d'un seul foudre que « Jupiter détacha des autres , il lui auroit donné un genre qui « ne se donne point, quand on les compte Tun après Tautre.

« Je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant ser

« viteur,

« Térod.

« A Utrecht, le 20 décembre 1 690. »

LBTTfiB lOt ROU A AA^U|-TH0TyU8« 387

I r«ttr 1» iiiise 235.]

[Voir page 353| noie.]

I^orsque j^envoyai à |U[. da Bapia les six articles çouteiius 4Ans les pages (lepuis 24) jusqu'à 253 tout au b^a, je l^s qccgmpaguai de }a lettre que voici , et qui ep fait coiqme UQe pspëce d'éclaircissement ep ce qni reg^de leur ^^cQUpmiq,

A Monsieur de Rapin.

• Ce ... avril 1708, ^ Hopsieur et très par&it apû,

it Si j'ai tant tardé à répondre à votre derni^Fe lettipe, oe n*est « p^ que mon cœur ait été Insensiblq à tous les obligeants « traits que le vôtre y a répandu^. J'ai trouvé 1^ quelque chose « bien plus chatouillant encore que dans toutes vos précédantes, « qui quelque honnêtes et mêmes flatteuses qu'elles fussent, ' pouvoient néanmoins ne partk* que d'une civilité et d*une « bienséance ordinaires ; au lien que eelle-ci, visiblement et sena siblement, vient intimis ex tnedullis, et peeiore Mo. D faut « donc chercher ailleurs les causes de mon silence^ il y en a « plusieurs ; j*ai principalement été fort occupé à la révision de « la première partie de mon Histoire universelle^ que milord « Portland, comme vous savez, a voulu garder pour lui-même. « Cette première partie étoit traitée d'une manière assez suc- « cincte, à cause du court terme que vous aviez été obligé de a me prescrire. J*ai donc enrichi ce premier volume d'une trenn taine de dissertations fort travaillées, tantôt sur les pricipaux « poètes tant grecs que latins ; tantôt sur les historiens des deux « mêmes nations; tantôt sur les orateurs aux mêmes égards; et ^ ainsi des philosophes et autres illustres de la plus grande dis- « tinction tant aux lettres qu'aux armes ; ce que j'ai poussé si « loin par une longue et assidue recherche de toutes les sources « où ces matières ont été le plus solidement traitées, et d*o(i

u j'ai puisé, c:ïtrnit et comme mis en Qolc la plus prc-cieine

~ quintessence; en sorte qu'il n'y a point de lecteur si pei

- lettré qui ne puisse aisément et en peu d'heures, se former

1 ■ là-dessus une idée bien plus avantageuso et mieux coteDdoe

I II de tous CCS héros anciens, que la plupart des genit n'eu ont

" d'ordinaire après d'assez longues études; tous les lecteurs

k 0 n'étant pas capables défaire, d'eux-mêmes, une bonne et jo-

• « dicieusc critique des ouvrages qu'ils iisenf- J'ai, au reste,

l, •> manié tout cela si pen plagiairement que j'ai comme converti

■• en ma propre substance toutTaliment que je reconanisavoir

Il pris ailleurs; en sorte qu'excepté les endroits dont je n'ai pu

> n voulu changer le mot ù mot, et que je souligne eiprès, pour

0 n'être pas accusé de me parer des plumes d' autrui , il se trou-

.r veroit peu de gêna qui, en visitant mes sources mf-mcs, pa»-

I » sent s'apercevoir de ce que j'en ai puisé et ne se pas mettreen

'. ' l'esprit que le tout est de mou cru ; parce que je suis persuadé

■ (le n'avoir pas fait cela servilement. Mais je m'aperçois que ^^ • j'en dis un peu trop pour le dessein que j'ai de vous envoyer .

^^^H • bientôt quelque échantillou (les environ trente morcoaui dont 1

• je TOUS ai parlé OrdessoB et que ce a'eat pas asBei ripcndre ° à la déférence qui doit être rendue a un jugement comme le

■ vôtre, que d'anticiper sur sa décision. Je ne sais, eu un mot,

■ si je ne devroîs pas plutôt me retenir par cette réSeuon pa-

• rodiée de Balzac , lorsqu'il étoit sur le point d'envoyer son > Aristippe h la fameuse reine Christine, et me dire, comne il X se disoit à peu près à lui-même : Mait il n'ext pai tempt de te

• fiatter ti amoureusement d'un jugement avantageux sur toutet

■ cet pièces, puisque ce jugement doit être attendu du pmfi de ' Clèves où nous avons dessein de leur faire faire un vogage. Je

• suis, etc. ,

Je ne saurois plus naturellement, ce me semble, faire eoaoaitre le jugement que ÎI. de Rapîn fit de toutes ces pièces et

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