LETTRE DE RAPIN-THOTRAS A ROU
de quelques autres qu'il avoit vues dès Tannée précédente^ que par les trois ou quatre fragments de ses lettres, que voici (1) :
r' extrait (w< fragment, savoir d'une lettre du 12 août 1707.
« Quant au Mariana, vous savez mes sentiments là-dessus, « ainsi je n'y puis rien ajouter présentement ; seulement je vous tt dirai que je frémis de dépit quand je pense que Van der Aa « fait une dépense prodigieuse pour imprimer les livres d'un « M. Rogissart ; que les livres de Châtelain s'impriment et se « gravent à grands frais; et qu'une bonne traduction de Ha- « riana demeure au croc par la stupidité des libraires. Osœcula, « ô mores! où sont les Vascosan^ les Etienne, les Plantin, et ' autres libraires capables de juger les livres? Il ne reste que <> des Mortiers et des Van der Aas qui semblent avoir pris à tâche " de ruiner la république des lettres, en faisant occuper dans « les bibliothèques, par une foule de mauvais livres, les places « qui devroient être réservées po r les Marianas français^ et « autres livres de cette nature.
2* Extrait ou fragment , savoir du 25 septembre 1 707.
« Jai lu avec plaisir les Dissertations que vous m'avez fait la u grâce de m' envoyer. Tout y est plein de bon sens et de science, « et vous pourriez dire, à plus juste titre que M. Ménage, qu'il « y a plus de dix éruditions dans chaque page. Je prendrai « la liberté de vous dire en passant, à l'égard de celle qui re- « garde Caton , qu'il me semble que vos raisons ne combattent « pas assez fortement l'objection (2) qui vient naturellement " dans l'esprit, que Virgile étoit trop bon courtisan d'Auguste,
(1) Nota bexk que ces quatre extraite sont^ par une espèce d'inadvertance ou d*oubli^ comme une espèce de répétition de ce qui se trouve dans les pages SC7 et i68 ci-detsus, 4* partie des présente Mémoires. [Note de fauteur.]
(2) Je satisfis à cette objection en faisant imprimer ma dissertation qui n'étoit qu*en manuscrit quand M. de Rapin fit ladite objection. Ma réponse donc se trouve dans le volume de mars 1708 de M. de Beauval, page ISS. [Soie de Fauteur,]
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« pour dopner, de propos déUbéféi ^q û gi^4^^ louanges à « GatQu d'y tique; ç^ dir^ qu'il y A^oi^ uuç Ifoimête lifierté « panni les Bomains de dire leurs sentiments, c'est bien dire « qu^un brutal , du temps d* Auguste , pou¥oit dire quel- « que chose de semblable sans en être puni ; mais ce n'est ni « dire, ni prouver qu'un courtisan délié, tel qu*étoit sans doute « Yir^e, os&t se donner de pareilles libertés dans un oayrage « fait exprès pour louer Auguste. Au reste, je ne prétends pas « que cette objection doive déterminer à croire qu*il s^agit dans « ce passage de Caton le Censeur^ mais je la crois pourtant très « forte contre votre sentiment, etc. »
3* Extrait ou/rofffnent, savoir du 27 avril 1708.
Cet extrait regarde la lettre rapportée ci-devant aux pages 327 et 328.
o J*ai vu avec un très grand plaisir que vous avez repris a l'ouvrage que vous avez fait pour milord Portland ; plût à « Dieu que vous pussiez vous résoudre aie donner au public... « Comme je connais votre bon goût et votre exactitude, je ne « fais nulle difficulté d'acquiescer à ce que vous eu dites, et à « m'en imaginer encore plus. Vous avez tort , co me semble, « de vous excuser sur ce sujet, puisqu'il ne fut jamais défeudu « à un ami de dire à son ami ce qu'i) pense de ses propres ou- « vrages. Il y a même des gens qui peuvent le dire au public . u quand ils sont connus pour gens de bonne foi et de bon goût : « et ce n'est que quand on se vante à tort que Ton est blAma- <» ble; mais je suis assuré qu'il n'eu est pas ainsi de vous, etc.»
4^ Extrait ou fraymcnt^ savoir du l''^ Janvier 170î).
Cet extrait regarde les six articles mentionnés aux pages 24 1 à 253.
« Pardonnez ma négligence à vous renvoyer si tard votre
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« cahier, puisqu'elle ue regarde ni votre per^unei ui yotre a écrit, mais c'est plutôt un effet de la r^sulutiou que j'aypis « prise y depuis ma reconvalescence , dQ ne peuser ^ rieu gui « pûtm'oocuperresprit; et malheureusement yotre écrit, que « j'ayois précieusement gardé dans uu portefeuille , a suivi le « sort de mes livres et de tous mes autres papiers, Je le reçus « dans le temps que j'étois le plus mal ; mais, depuis, mou frère « et moi le litmes ensemble, et le trouvâmes fort bien écrit, et « avec beaucoup de discrétion, et nous conclûmes qu'il seroit (« très avantageux au public d'avoir les caractères de tous les « hommes distingués dans l'antiquité, de la même main, etc. »
[ Pour lu pose 909^ Usne 15.]
Comme la réponse de M. de Bapin à cette dernière lettre de ma part, datée du 4 avril 1711, veiUe de PAques, n'étoit point encore parvenue jusqu'à moi, lorsque j*en étois à cet endroit des présents Mémoires, on n'a pu voir jusqu'à présent de quelle manière cette légère dispute qui étolt entre nous, vint enfin à cesser; mais on en sera satisfait par la lecture de la pièce que voici, et que je reçus le 24 avril 1711.
A Monsieur Rou,
« Je crois, mon très cher Monsieur, qu'il est temps que nous « finissions notre dispute sur une chose qui doit si peu nous « intéresser l'un et Fautre. J'avoue que j'ai eu tort de dispu- « ter contre vous, et que je devois avoir plus de déférence que « je n'en ai eu pour un homme tel que vous, que je dois re- '( garder à tous égards comme mon maître. Je vous cède donc « la victoire, content de l'honneur que je reçois dans ma dé- « faite en ce qu'elle vous a coûté quelque peine. Il seroit à