EXECUTION DE
OU de pressentiment, il avoit fait un petit échafaudage dans sa chambre pour parvenir à la hauteur d'une demi-fenêtre fort éleyée, qui donnoit sur la rue Saint-Antoine, où deux ou trois échafauds étoient dressés , et à quelques pas de là , une potence; et justement, comme en montant il arrivoit à la portée de vue de tout ce qui se passoit sur cette place remplie de monde, le premier objet qui se présenta à ses yeux fut la tête de sa belle maltresse, qui tomboit de dessus ses épaules au même temps que le bourreau Ten eût séparée. Son effroi fut tel, qu'il tomba lui-même de dessus son propre échafaud, presque aussi mort que la belle défunte , qui régnoit uniquement dans son cœur, n se releva, néanmoins, après quelques
gion^ ayant été huguenote^ et que Dieu la vouloit punir d'y avoir demeuré si longtemps. »
Nous voyons qu'il est plusieurs fois question dans la procédure de Renée Maorice d'O, autrement la demoiselle de Vilers, détenue par ordre du roi au château de la Bastille^ âgée de vingt-sept ans^ demeurant à Herbevllle. Cette ressemblance de noms chez deux personnes impliquées dans la même affaire a peutréire cootribué à la contusion dont nous venons de parler.
Voici les noms et qualités des deux autres complices^ suivant les réponses faites à leur interrogatoire:
Guillaume du Chesne^ chevalier de Préaux^ vingt-quatre à vingt-cinq ans, déclare avoir fait deux campagnes volontaires avec M. de Rohan en Hollande.
François- \fnnius Van den Enden^ âgé de soixante-treize ans^ docteur en médecine^ dit qu'à Paris il enseignait les langues^ qu'il demeurait au faubourg Saint- Antoine^ qu'il professait la religion catholique, était natif d'Anvers, n'habitait Paris que depuis trois ans, et qu'auparavant il a demeuré à Amsterdam pendant vingt-neuf ans, où il a fait les mêmes exercices d'enseigner.
C'est du manuscrit déjà cité de la Bibliothèque impériale, intitulé : Procès de M. Louis de Rohan et de ses complices, fait en f année 1674 (beau volume de 1175 pages in-folio), que nous avons tiré ces éclaircissements; il existe une autre copie des procédures, ^sous le numéro 870 (supplément français) ; enfin, la même Bibliothèque possède un troisième monument (numéro 1948, supplément français, relatif à la conspiration du chevalier de Rohan. l\ porte le titre suivant:
« Extrait (fait en 1735) du procès fait au chevalier de Rohan et à ses complices d*une conspiration pour soulever la Normandie et livrer Quillcbcuf aux Espagnols.»
« (Cet extrait a été fait par M. de Chavanes, lors procureur-général des reqoestes de rh<Mel et depuis conseiller au iiarlcniont, et aussi par M. Berryer, ai]û<>^*^ui ministre de la marine et alors conseiller au parlement.) »
Nous signalerons enfin parmi les manuscrits conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal une « Histoire du chevalier de Rohan, composée par une femme et con- « tenant plusieurs anecdotes sur sii mort et celle de ses complices. » C*est un volorne in-«* du dix-septième siècle, de 121 feuillets^ coté H. F. 207.