‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 3 sur 178 · XVJ INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVJ INTRODUCTION

aux Etals généraux , pour obtenir le payement du trimestre courant dû à leur père (1).

Nous voyons par quelques pièces imprimées, conservées au British Muséum, que les réfugiés français établis à New- York, avaient pour second pasteur, de 1710 ou 1711 à 1 724, Louis Rou ; que ce dernier dépendait du synode des Eglises wallonnes des Pays-Bas ; qu'il était né en Hollande de parents français et s'était fait Anglais (2). Etait-ce un autre fils de l'auteur de ces Mémoires ? Ce qui tendrait à nous le faire supposer, c'est que plusieurs des notes marginales des manuscrits rédigés par un de ses fils, sont suivies des initiales L. R.

(1) M. Backoizen van den Brink^ archiviste en chef des Pays-Bas^ à qoi nous sommes redevables de beaucoup de renseignements précieux^ a bien voulu ùdre des recherches en Hollande sur les destinées de la famille Rou. Void les indications qu*il a pu recueillir :

<f Elisabeth Rou^ née le 14 avril 1687^ épousa un nommé N. Lormaren^ qu*elle accompagna en France. En 1741, elle implora, comme Hollandaise de naissance, rintervention des Etats généraux, pour obtenir que sa qualité de protestante ne la privât pas de Tusufruit des biens de son mari, situés en France. Il est probable que ses démarches n'eurent aucun succès ; car depuis 1748, on la trouve rétablie à la Haye. Elle recevait une part de la somme de 10,000 florins, accordée annuellement par les Etats généraux aux dames françaises réfugiées. D'abord elle ne per- (;evait que 180 florins; plus tard elle reçut jusqu'à 200 florins par an. Ses acquits !<ont Kignés Rou de Lormarin; le dernier est du mois d'octobre 1760.

a Une Jeanne-Marie Rou, établie à la Haye, obtint en août 1758, des Etats généraux, un passeport pour aller en Angleterre.

a II y a en Hollande une famille Roux, dont une partie s'est établie au Gap de Ikjnne-Espérance, lorsque c'était une colonie hollandaise. Y a-t-il identité ou aflimté entre elle et la famille Rou ? »

M. Jacques-François Roux, qui réside actuellement à la Haye, a eu la bonté de nous fournir divers renseignements sur ses ancêtres établis dans la colonie de Surinam, mais rien ne nous prouve qu'ils descendaient de Jean Rou.

li) A collection of some papers conceming M' Lewis Rou' s affair, vij.

l" The acti oftfie French consistory in theciiy of New-York passed against him thf l:j th. ri io th. ofseiA. 17i4.

i' The ffclition of severol tieads of families io his cxcellcncy ihc f/overnor in '.'lunril, rtc., cU;.

Prinl^d ond èold ht/ William Bradford in Ihe cUif of Sew-York, 17i5.

INTRODUCTION. JILVIJ

Le volume 4057 des Sloane Mss. (British Muséum), renferme une lettre datée du 13 février 1723, d'un Jean Rou, marchand, domicilié en Hollande, à Sir Hans-Sloane.

Notre auteur nous donne d'ailleurs si peu de détails sur sa famille, qu'il nous est impossible de dire, si Henri Rou, pasteur de l'Ëglise réformée de Lorges, vers 1671, qui, à la révocation de TEdit de Nantes, se retira aussi en Hollande, était un des quatre frères de Jean Rou, dont il est parlé au commencement de ses Mémoires (1).

Ajoutons enfin qu'on trouve, sur les registres de l'Ëglise wallonne de la Haye, les noms d'Antoinette et de Judith Rou, admises dans l'Eglise, la première en 1718, la seconde en 1722, de Maria et Louise Rou, sœurs, admises en 1733.

Les mémoires de Rou nous paraissent avoir un assez grand intérêt anecdotique : on y trouve une foule de faits qui, racontés naïvement, peignent bien la vie et les mœurs de cette époque. Nous citerons, entre autres, le récit de ses premières années d'études à Saumur; ses liaisons avec Conrart. Chapelain et Ménage ; les relations qu'il eut avec l'abbé de Marolles ; les impressions curieuses de son voyage en Angleterre ; la part que prit le grefiier Fagel à sa nomination^ de secrétaire-interprète des Etats généraux, et une infinité d^autres détails sur les sujets les plus variés.

(I) Nous devons à l'obligeance de M. le pasUiur Vauiigaud la couiiiiuiiicatioii *k la note suivante, extraite des archives du greffe de Nantes:

«r Henri Rou, ci-devant ministre à Lorges, obtint pour sa fcnuuc Anne Bellay cl « M>n fils Henri Rou, la permission de passer en Hollande après avoir vendu sou « bien. Le brevet fut signé à Versailles le 21 mai 1685, et présenté au sénéchal n de Nantes le 22 septembre de la même année. »

Ajoutons que Henri Rou soutint « sa thèse à Sedan, le 20 juifi lUt;7. » il siiilitalc Henricus Hou Parisinus. (Collection des thèses soutenues à l'Acadénue de Sedan, 1662-1669.)

Parmi les sermons imprimés du Jurieu, il ^ en a un « pi*ononcé à Lorges pour Tordinatiou de Henri Rou. » Bionne,1G71.

x%iij nmoKcitm.

Oalre les tradnciioiis, que nous avons déjà mentionnées, Roo a laisâé quelques écrits et opuscules, dont plusieurs témoignent de la variété de son éradîtion historique.

Pea de tonps après son arrivée en Hollande, il publia un petit volume de Remarques sur l'Histoire du calvinisme de Maimbourg . i), qu'il dédia au prince d'Orange. Bayle lui écrivit à ce sujet : « J'ai examiné vos remarques sévèrec ment, et les ai fort approuvées. > Il ajoute : a Votre pé- € nétration à découvrir tout ce qui choque le génie de notre m langue et la r^ularité de notre grammaire, mériteroit c Tapprobation dn père Bouhours (S). » Nous lisons encore dans une lettre de Bayle à son frère cadet : a M. Rou a fait « imprimer des Remarques contre M. Msdmbourg; un autre € vient de donner une Critique générale de la même histoire € du calvinisme. On en attend encore d'autres ; les deux c qui (Hit paru m*ont bien plu. Celle de M. Rou contient c plusieurs remarques spirituelles, jolies et bien tour- € nées » (3).

La publication de ce livre fut suivie de la controverse qu'il eut avec Bossuet, sous le couvert de son ami M. de Vrillac, ancien bailli de la Ferté-sous-Jouarre : elle fut imprimée sous le titre de la Séduction éludée (i )

On doit aussi à Rou une version française des Psaumes de Dom AntoniOj roi de Portugal (o), des Remarques sur l'his-

(1) RettMrqiies sur f Histoire du cdvinisme de M, Maiinbourg, Un petit vol. in-18 de «04 pages. A la Hayo, chez Adrian Moetiens, 1682. (i) Lettre de Bayle à Ron, du i5 octobre 168Î (Voir l'Appendice du Tome U). (8) Lettre de Bayle à son fWre cadet, du 9 juillet 1682 (\^oir l'Appendico du

7m ^ Séduction éludée, ou Lettres de M. févéquc de Meaux à un de ses dio- JsffiHs (M de Vrillac), gui s*est sauvé de la persécution; avec les réponses qui lui otU été faites, dotU la principale est sans réplique; sur la copie imprimée à

Berne on Suisse. In-ii. ......... r ,>

^ Us Psaumes de dom Antoine.roi de Portugal, tradmts en français, pai- Du

INTRODUCnOK. XIX

toire des Français dans le Branddxmrg, de M. Ancillon (1), et une Histoire de l'Académie royale de peinture et de sculpture de Parts (2) y qui parait être restée manuscrite, et dont nous n'avons pu découvrir aucune trace (3). Il avait préparé une traduction française de V Histoire d'* Espagne de Mariana, en raccompagnant de notes ; l'ouvrage était terminé en 1695. Bayle, dans son Dictionnaire historique (article Mariana), et dans tes Nouvelles de la République des Lettres, et Basnage de Beauvaly dans Y Histoire des Ouvrages des Savants ^ en avaient annoncé la publication prochaine ; mais le libraire de la Haye qui s'était chargé de l'impression, ne put remplir ses engagements, et à la mort de Rou, le manuscrit resta entre les mains de ses héritiers. Le libraire François l'Honoré d'Amsterdam en fit plus tard l'acquisition ; mais il parait que ce travail ne fut jamais publié (4).

A en juger d'après Tappréciation de plusieurs des com- (emporains de Rou, celte traduction avait du mérite.

« J'avois conçu une grande idée de votre travail sur Ma- « riana, » lui écrivait Bayle, « par le Mémoire que M. de «Beauval inséra dans son Mois de novembre 1693; mais « la lecture de votre préface m'a fait connaître que je n'en « avois pas conçu toute l'importance. Je souhaite qu'un si « beau travail, et si capable d'immortaliser votre nom, qui « est déjà si célèbre, paraisse bientôt aux yeux du pu- « blic (5). »

Rî'^^ nouvelle édition I augmefitéc d'uno dissertation sur le Vous et le Tu, en i>ai'lAoldDieu^ par Jean Hou. (La Hayc^ 1691. ln-12.)

(I) Lettre de Bayle à Rou du 10 octobre 1G90 (Voir rAppcndicc du Tome II).

(i) Lettre de Bayle k Rou^ 18 mai 1691 (Voir l'Appendice du Tome II).

(3) VoirT. II, p. i5,notc 1.

(*) Dictionnaire historique de Prosper Marchand, article Peregrinus, notes sur Uviaoa.

i^i Lettre de Bayle à Rou, du 13 février 1696 (Voy. Appendice du Tome II).

XX IXIRODLCÏION.

Les louanges, que lui adresse Fauteur de V Histoire d'Anglelerrcy Rapin-Thoyras, méritent encore d'être rapportées :

(c Quant au Mariana, vous savez mes sentiments là-des- « sus; ainsi je ne puis rien ajouter présentement; seulement w je vous dirai que je frémis de dépit, quand je pense que « Van Der Aa fait une dépense prodigieuse pour imprimer « les livres d'un M. Rogissart; que les livres de Châtelain « s'impriment et se gravent à grands- frais, et qu'une bonne « traduction de Mariana demeure au croc par la stupidité (( des libraires. 0 sœcula! ô mores! Où sont les Vascosan, ce les Estienne, les Plantin et autres libraires capables de ce juger des livres » (1)?

Lorsque la mort le surprit, Jean Rou préparait ï Abrégé (ïune Histoire universelle, ou Récits des faits les plus curieux qui se sont passés dans ïhistoire ancienne et moderne. Il avait réuni sous ce titre une quantité de dissertations sur les parties les plus difficiles de l'histoire, et sur le caractère, le ta* lent, le génie et le style de beaucoup d'hommes illustres dans les armes et dans les lettres. L'étendue de ce titre peut à bon droit effrayer le lecteur, mais il faut se rappeler que notre auteur avait consacré une grande partie de sa vie aux études historiques les plus abstraites. Du reste, rien ne nous apprend que ce travail ait jamais vu le jour.

Rou a encore écrit quelques mémoires et dissertations qui parurent dans les revues littéraires du temps : nous citerons entre autres :

Ses Remarques sur un endroit du Parrhasiana de Leclerc, dans les Nouvelles de la République des lettres (rédigées alors par Bernard). (Mois de septembre 1699.)

Une dissertation, touchant la questionna/* le Siècle pro^

(1) Lettre de Rapin-Thoyras à Rou (Voy. T. U, p. 267).

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