M0>TAUS1ER
Voici à l'égard de M. du Fa} an, quelle fut la réponse que je hiifis.
« Je n'ai qu'un moment pour vous remercier de toutes vos « bontés, mon très clier 3Ionsieur, et vous voulez bien d'ail- « leurs que ce ne soit pas directement à vous que je dise tout « ce que je pense de vous-même, il y en a trop, et vous trai- « teriez cela d'affectation; cependant ce seroit dommage de « profaner des vérités de cette force. C'est donc à M. de Ger-
(I) Voir dans la France protêftante de MM. Haafr, Tarticle Durfori,
M. DU FATAN. 117
main (frère de M. le Coq) et à mademoiselle des Forges (sœur de madame du Plessis 'Rambouillet)^ à qui je m'adresserai pour tela. Âuâsi bien leur suis-je redevable de Thonnei^' de votre amitié et dé celle de M. de Boisguiot. Ils m'ont pourtant d'un autre côté fait du itial en cela même, puisqu'ils ODt augmente mes chagrins par la connaissance qu'Us m'ont donnée d'un
mérite dont je n'ai joui qu'afîn de le perdre aussitôt. Fran-
> '.'il
chement je me serois bien passé d'une vue de si peu de durée,
puisqu'elle me devoit coûter tant de regret^. Ç'eçJ; ajcheter
les biens un peu trop cher. Je ne vous ai vu que comme on
voit les joyaux de la Tour de Londres. Cependant je n'^ivois
pas besoin de cette conformité pour vous regarder comme
un trésor. Je ne sais à quoi il tient que je ne vous dise que le
jeu n'en vaut pas la chandelle. Pardonnez-moi ce mébhant
quolibet en faveur de tant de bijoux qu'on ne montre qu'ai la
lueur d'une bougie (1). Au reste, souvenez-vous, mon cher
Monsieur, que vous m'avez promis un voyage à Althrop. Cela
me tient fort au cœur ; car je trouverai le terme bien ïong
d'ici à ce que j'aille à Londres. Je suis, etc.
« Bôu.
« A Althrop, le ... juin 1678. »
Peu de jours avant l'envoi de cette lettre, j'en avois écrit une de toute autre longueur à mademoiselle du Plessis, aujourd'hui madame Temple (2), qui aussi bien que sa tante mademoiseUe des Forges, m'avoit engagé, lots de ition départ dé France, à leur faire une ample relation de tout mon voyage. Je ne'iliè!
(i) On ne montre en effet ces trésors qu'avec une bougie, parce qu'ils sont dans lin lieu fort obscur. Gela peut faire excuser ce qu'il y a ici d'un peu trop p^élii'e (w). [No#e de fauteur.]
(!) On lit dans le Dictionnaire de Chauffepié (article Guillaume Temple) : « Jean T<*inpley fils du célèbre chevalier Temple, se noya sous le pont de Londres^ au mois d'aTfil i(S9%, quelques jours après avoir accepté du roi Guillaume la chai^ <le iecrélaire de la guerre. Il avoit épousé Mademoiselle du Ptesais-BanbiMiiUety •Wnoiselle française d'une grande piété et d'une vertu distinguée, dont il eut deux tiliet, à qui le chevalier (qui n'aimait pas la France) donna »m bienaous la condition exprcM qu'elles n'épouseraient point de Français.
lis RiolT DU V0TA9E
JMtifierai point ici du sans façon ayeo lequel je* la {mKltns en œt endroit. Cbaoun sait que les peroonues les plus graret se donoeut de grandes libertés dans ces sortes d*écrits. Yciture et quelques autres béros du bel esprit m'en seroi^it de bons garants, et à la résenre de ce que je ne puis ni près ni loia me montrer auprès de si grands originaux. Liberté de plume némmoina peur liberté de plume, et éga jement pour égayement, ma relation, quoique nuU^nent compatible aux leurs, pourra être excusée. Quoi qu'il en soît^ la Yoicl : les gens de diffleile goût n*ont qu'à ne la pas lire.