RELATION DU VOYAGE D*ANGLETEBBË
A MADEMOISELLE DU PLESSIS-RAMBOUILtET.
« Mademoiselle , « Je m'adresse à vous seule pour faire satoir de mes nontdles à toute Totre famille. Il me semble que cette témérttô m'est ^us pardommMe à rotre égard à cause des relations qn*fl y a eu entre tous et nioi(l),que si jeTeusse portée jusqu'à madame votre mère ou à mademoiseUe des Forges. Cependant il me falloit de nécessité faire Tun ou l'autre, ne pouvant résister davantage à la tentation de les remercier en forme de toutes les grâces qu'elles m'ont faites; et je vous avoue même que je n'aurai point de véritable repos tant que je ne les sache informées de ma reconnaissance et de mon respect. Permettezmoi donc, s'il vous pkit, Mademoiselle, do faire ici une dig^essiou en leur faveur avant que de m'arréter à vous seule ; la promenade sera un peu longue, mais je vous promets toujours quelque petit root en passant ; car je commence à quitter le sérieux, afin que vous le sachiez, et je vais égayer ma plume à OMm ordloaire, moins pour m'épargncr la fatigue d'une trop gprandc contention, qu'à vous celle d'une ennuyeuse lecture. J'ai léfloitt pour cet elét de diviser ma lettre en trois parties,
m Jmm nm avoil aooité «M leçum à Madenoîsefl^ dû PIossn-lUrmlKXiilfet. (Voir page 798.)
DE JEAX HOU EN AA'GLETERRE. 119
sayoir : Tétat de mes affaires en ce pays; Thistoire de mon voyage avefc le détail de mes divertissements ; et enfin le portrait de deux petits amours qui occupent chaque jour une bonne partie de iùes heures. J'ai consacré le premier article à madame du Plessis, comme plus conforme, ce me seml^le, à sa solidité; le second est pour mademoiselle des Forges, dont rinimitable enjouement demande plutôt un pareil caractère que tout autre ; et je vous garde les amours, Mademoiselle, comme vous pouvez croire, fàchê seulement de ce qu'il n'y en a que deux, vous qui méritez l'encens et les hommages de tout le cortège de Gupidon.
« Madame du Plessis saura donc que, si un palais enchanté pour demeure, urle campagne dé jardins naturels pour promenade, de perpétuels festins pour nourriture, guère de peine, et beaucoup de liberté d'action et de vie, étoient des choses capables de réparer la perte de sa vue, rien ne manquerait à ma félicité. Milord Sunderland, chez qui je sui^, est un des plus grands seigneurs d'Angleterre, généreux comme un prince, savant et universel comme un Pic de la Mirande (1), et qui a une bonté pour tous ses domestiques, que l'air fastueux et superbe de la nation ne laisse guère d'ordinaire aux personnes de son rang. Madame la comtesse est un digne assortiment de milord son mari ; ses manières sont insinuantes^ sa vertu, sa piété, le soin de sa famille et principalement de l'éducation de ses enfants, la parfaite intelligence du monde et des affaires, beaucoup de discernement et de pénétration, et enfin mille autres grandes qualités que vous me dispenserez, Mademoiselle, de vous dire, lui font avoir peu ou point de semblable dans l'enceinte de trois royaumes, et il faut que je traverse la mer et repasse en France pour lui chercher un parallèle ; mais en ce cas, je l'aurai bientôt trouvé en madame du Plessis; c'est
0) iéan Hc de la Ifiràiidole vîTait dans la demièrt moitié du quinzième siècle; c iit mn éeê ImiiiiMf les flui remaninBUeB «{iii aient cDdsIé» pur ia {MnéoociK tt l'étendue de son savoir.