‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 53 sur 178 · POUR LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

POUR LA HOLLANDE

« moindre que Testime que j'ai ponr vous , et que l'envie de « vous servir en tout ee qui me sera possible.

« Le Coq. »

Comme j^ iia jugeai pas à propos de donner à M. Le Coq la peine de venir chez moi, je lui offris de m^ rendre chez lui à Vh^^re qu'il n)§ marqueroit ; mais voulant aussi me rendre la pareille de son côté, il trouva un ipilieu, qui est que, sachant que je 4^yois jae trouY^r vers ces mèipes six h^ures che?: mardame Du Plessis Bambouillet, qui lui en avoit dit quelque chose, il me ^t di^^ qu'il s'y rendrpit aussi, et que \k \l m'e^pliqueroit le tout.

J'aurois sans doute prêté l'oreille à la recherche de qi^adaïue de Gouvernet, tant par considération pour elle que principalement pour faire honneur à la médiation de M. Le Coq; mais mon embarquement tout arrêté rendoit la chose absolument impossible. Ainsi l'on ne se tint point désobligé par mon refus, dont jusque-là on avoit ignoré la cause. Et ma femme étant venue à relever de ses couches, je partis pour la Hollande le 1 4 septembre 1680, qui étoit un samedi, et cela par le coche de Sedan, où je voulois voir mon cher et ancien ami, M. Jurieu, qui. après m' avoir bien régalé pendant quatre ou cinq jours, jusqu'au lundi 23 septembre , que je partis pour Liège , et principalement m'avcnr procuré la oennaissanee et la précieuse amitié de son illustre tante , la célèbre mademoiselle Marie Du Moulin (qui me Ta conservée jusqu'à la mort), me confia le manuscrit de son excellent ouvrage de la Politique du Clergé, qu'au bout de trois mois je fis imprimer à la Haye ; ce qui porta bien des gens à me l'attribuer (1).

(1) Jurieu avait épousé Hélène Du Moulin, autre fille de Cyrus Du Moulin [France protestante de MM. Haafr)- La demoiselle Marie Du Moulin, dont il est ici question, était ûlle du fameux Pierre Du Moulin, et s'était retirée vers 1635 en Hollande, chez son oncle André Rivet, qui avait lui-même épousé en secondes noces (1621) une Blarie Du Moulin, sœur de Pierre Du Moulin.

Mademoiselle Marie Du Moulin était femme d'esprit, et de connaissances étendues ; elle était i*<unie de la savante Anne-Marie A'Schurman^ qui rappelait sa sœur (Voir

164 FIN IiE LA PREMIÈRE PARTIE.

Je finis ici cette première partie de mes Hémoires, réservant pour matière d'un second volume tout ce qui m'est arrivé en Hollande, depuis trente ans qu'il y a que j'y suis.

868 Lettres imprimées, édition elzéviriemie, 1651), et entretenait mie correspondance soivie avec plusieurs littérateurs célèbres de l'époque, tels que Gonrart, mademoiselle de Scudéry [Papiers d'André Rivet, archives de l'Etat à la Haye). C'est à mademoiselle Marie du Moulin qu'on est redevable du petit volume intitulé : Les dernières heures de M. Rivet (Lettre de Paul Ferry, 28 mai 1651) , et c'est probablement elle qui devint plus tard, dans un &ge avancé, directrice de la maison de refuge, fondée par la princesse d'Orange, en faveur des demoiselles réfugiées sans fortune.

La Politique du clergé de France est un tableau énergique des persécutions exercées en France contre les protestants, présenté en deux dialogues rapides et incisifs. Ce livre parut en 1680, à la Haye, in-12, et fit grande sensation. 11 fut réimprimé à Amsterdam en 1682, et à la Haye, même année, 8* édit., avec des pièces additionnelles.

Fm DU PREMIER VOLUME DE MES MEMOIRES.

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