‹ Mémoires inédits et opuscules, publChapitre 76 sur 178 · LA PRÉVOYANCE DB DIEU · texte numérisé non relu

LA PRÉVOYANCE DB DIEU

ricncc confirmée par une infinité de répétitions d'en haut, j'ai reconnu , depuis que j'ai été capable de quelque méditation solide, que quand on cherche Dieu, très assurément on le trouve ; et qu'encore qu'il n'y ait rien de plus commun dans l'Ecriture que de dire que Dieu est invisible j j'ai eu plus de vingt occasions dans autant de traverses dont ma vie a été agitée, de m' écrier que pour certain favois vu Dieu face à face; et de reconnaître qu'il n'y a rien de si restaurant et de si capable d'établir fermement dans l'àme la plus inquiète une parfaite tranquillité, que de se résigner entièrement à la sainte conduite de la sage Providence, et de s'y tenir fortement collé par une vive et inébranlable foi, persuadé que, quand on s'acquitte bien de ce devoir, jamais Dieu ne manque de le rétribuer, je ne dirai pas au double, mais au centuple, ses bénédictions ne pouvant être limitées. G'étoit sans doute un prodigieux terrassement pour moi que de me voir en un jour enlever tout mon bien par la plus criante des injustices, et d'être à la veille, ou de mendier mon pain, ou de périr de misère. On m'offrit par plus de vingt fois de me rendre non-seulement tout ce qu'on m'avoit ôté , mais même de me combler d'honneurs, selon ce qu'en insinue le post'Scriptum de la lettre de M. de Montausier, sur la parole de M. le chancelier même, mentionné ci-dessus; mais tout cela en me marquant sous quelles conditions et à quel prix je me pouvois uniquement procurer ce bonheur. Je ne balançai pas le moins du monde sur l'article, et je dis à tous ceux qui me parlèrent sur ce ton, que j'avois quelque chose d'encore bien plus assuré que tout ce qu'ils me promettoient , savoir ma résignation entière à tout ce qu'il plairoit à Dieu d'ordonner de moi ; que toute la parole des plus grands hommes , même celle des princes et des rois, n'avoit pas plus de solidité que le sable, mais que je me fondois sur le Bocher des siècles; et que j'étois fortement persuadé que Dieu, qui paroissoit alors m'éprouver si rudement, ou me rcndroit un joui* ce qu'il venoit de permettre qn'on me prit, ou me donneroit quelque autre chose d'infini-

Page 1