‹ Mémoires;Chapitre 72 sur 77 · DEUXIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LETTRE

Monseigneur ' ,

J'appareille par un vent d'ès-su-ès, à la faveur duquel je me mettray au large pour peu qu'il soit de durée *. J'envoye ordre à toute l'escadre de me suivre. Je fis sortir hyer la Dorade par le Four ^ pour prendre langue et me venir joindre, en faisant le tour de Ouessant. Je prendray toutes les précautions nécessaires pour éviter des questions sur le salut. Je passeray à quarante lieues au large des caps de Finisterre et de Saint- Vincent, à la hauteur duquel j'envoyeray la courvette à Cadix. Elle me retrouvera vers Spartel. Enfin, Monseigneur, je n'ay qu'à obéir, et, si je n'ay point d'autres talents, vous vous appercevrés au moins que j'ay celuy de la régularité et de l'exactitude.

Je suis avec beaucoup de respect , Monseigneur, vostre très-humble et très-obéissant serviteur ,

VlLLETTE-MuRSAY .

Le 14» juin 1701 , en mettant à la voile.

Monseigneur ,

Il a fallu se contenter, pour aujourd'huy, de me mettre plus en estât d'appareiller de tout vent que je n'estois la

' Jérôme Phelypeaux, comte dé Pontchartrain, ministrp secrétaire d'État au département de la Marine, qui avait commencé d'en exercer les fonctions, en 169g, quand son père, dont il avait la survivance, fût créé chancelier et garde des sceaux de France.

' Villette montait le Foudroyant. {Mémoires, pag. i5o.)

' Une des passes à l'entrée de Brest. (A. J.)

première fois. Il a sauté tout d'un coup du su-ès-quartd'ès au su-ouès. Jusan ' attendra à partir qu'il m'ait veu sous les voiles avec un vent fort.

Le 14 au soir^

' Jusaa était probablemeut le courrier envoyé par le ministre de la Marine au marquis de Villette, et dont celui-ci parle dans sa lettre du 25 juin, pag. 347- (A. J.)

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