BOIS ET ALENTOURS
L'horizon de Beaubois est considérable. Il s'étend d'un côté jusqu'à la mer où Ton aperçoit notamment le phare du cap Fréhel et 111e des Ebihens à la pointe de Saint-Jacut. De l'autre, il n'est limité que par le faite de la chaîne du Mené.
Le beau bois d'où la propriété tire son nom est distant de moins de six kilomètres, à vol d'oiseau, de la forêt de la Hunaudaye. Coupé en tous sens par de jolies allées carrossables, il est compris, sur une longueur de plus de deux kilomètres, entre les routes de Dinan à Jugon et de Jugon à Plancoët. Sur le bord de la première, il est limité par la deuxième et demie et la quatrième borne kilométrique comptées de Jugon vers Dinan.
Presque à toucher cette belle route nationale déjà mentionnée, le bois est traversé dans la plus grande partie de sa largeur par la voie
romaine, bien ferrée et fort bombée, qui établissait les commanications entre le pays des Curiosolites et celui des Yénëtes. En sortant du bois au nord-est, elle va rejoindre la route actuelle de Corseul avec laquelle elle se confond. Au sud-ouest, elle forme, de l'autre côté de la grande route, le chemin de Parga et on la suit bien marquée jusqu'à rétang de Jugon qui n'existait point si anciennement. Les coupures, pratiquées pour le passage des allées du bois et l'exploitation des carrières de sable et de ballast, laissent voir les différentes couches de ciment gris et de caiUoutage, de mortier et de pierres qui composent le maçonnage de cette chaussée, pour ainsi dire indestructible, datant à peu près du commencement de notre ère. Nommée vulgairement le chemin de Létray elle parait venir de Blavet, aujourd'hui Port-Louis, à l'entrée de la rade de Lorient, pour aboutir à Corseul.
Dans ce même bois, on reconnaît aussi, à un kilomètre environ au sud-ouest du château que nous venons de décrire, les fossés et le puits du château fort primitif.
Comme nous Tavons dit au début, on retrouve donc sur la terre de Beaubois les indices de trois habitations seigneuriales qui furent : la forteresse féodale des Beaubois, dans le bois; le manoir des Tréal, au bord de Teau, et, seul encore debout dans sa moitié res* pectée, comptant près de trois siècles d'existence, leur château élevé au même endroit.