‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 32 sur 35 · HISTOIRE CIVILE ET RELIGIEUSE DE SAINT-JAMES PENDANT LE XVF SIÈCLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE CIVILE ET RELIGIEUSE DE SAINT-JAMES PENDANT LE XVF SIÈCLE

La vicomte de Saint-James, rétablie après la guerre de Cent ans, continua d'exister, au moins pendant une partie du XVI° siècle (1). Nous savons qu'Etienne Lemercier succéda à Nicolas de la Hay, vers 1483 (2) ; mais nous ignorons le nom des vicomtes qui vinrent après lui.

Thomas Démarches, écuier, S»" de Signé, était geôlier hérédital, en 1508. Il eut alors avec Jean Moscou, bourgeois de Saint- James, une contestation qui fut portée, le 20 octobre, aux assises tenues dans cette ville par Gilles Ernault, lieutenant du vicomte. Ce procès ne fut jugé définitivement que l'année suivante par Jehan Gandin et Gilles Giroult « advocatz et conseillers en court laye (3). »

Roland Pigace rendit aveu au roi, le 29 juin 1517, de la scrgenterie héréditale de Saint-James (i).

Nous trouvons Micliel Boisard et Jean Lejenure, tabellions, en 1509 ; Louis Pinel et Michel Le Goust, Gilles de la Fresnaye et André Augis, en 1511 ; Louis Pinel et Guillaume Lair, en 1512; Pierre Taborel et Pierre Pautret, en 1534, etc. (5).

Le prieur s'appelait frère Richard Picard, abbé de la Pasture,

à Pontorsotij et de Esther Guyot, fille de M*" Jean Guyot, fut baptisé, et nommé par André Guyot et Claude Gautier et Jeanne Despréaux, femme de David Guyot, tous de S' Jame.

» Le jeudi, XX« jour du moys de juing, 1596, décéda Estienne Fossard de la paroisse de Poilley, vivant procureur de Messieurs les comtes de Montgommcry. Requiescat in pace. »

(1) « Extrait de publication d'un descrept fait en le vicontè de S. Jmnes, le 28» jour de novembre 1327. » (Arch. de la Manche).

(2) Archives delà Manche, H, 14681, 14741.

(3) Le 5 janvier 1484, Thomas Démarches, écuier, rend un aveu au roi pour Olivier Courtois, écuier, du fief, terre et seigneurie de Mirande et de Signé, assis en la paroisse de Saint-Aubin-de-Terregatte, appartenant aud. Courtois, à cause de sa femme, damoiselle Jehanne-Marie Manicié. (Arch. nat. P. 290, cote V* V.)

(4) Arch. nat, P. 268 2, cote 3193.

(3) Carlulaire de Monimoreh p. 264. Archives de la Manche, II, 14663, 14381.

auquel succéda, vers 1530, Jacques de la Palluelle, cité par M. Des- L^

roches (1). K^

M« Audoin Belloir était vicaire de Saint-Benoit, en 1515 (i). ^"

Si nous n'avons que peu de renseignements sur les premières ^«^

années du XVI« siècle, nous pouvons, en revanche, donner des V

détails intéressants sur la paroisse et en pailiculier sur un curé, ^^

M« Hugues Bichot, qui vivait un peu plus tard et qui parait avoir été un prêtre de grand mérite (3).

Une de ses principales préoccupations fut d'instruire son peuple ^

et de veiller à la bonne éducation des enfants. Dans ce but ii légua ^• une maison pour servir d'école et il la dota d'une rente, à la condî- i

tion que le niaitre ou les maîtres instruiraient giatuitement six en- ^

fants des plus pauvres, qui devaient être désignés par le curé et à ^'

(1) HUIvire du Mont Saint-Michel, T. II, p. 194. ^.

(2) Une lettre fnt audieticce. le iO janvier ISIS, Ii ['issus île la graude messe de ' ^, Slint-Beaoit, eu présence de U° Audoin Belloir. vicaire dud. lieu, Jehan Le Blauc, % mailre Michel Le Blauc, pbre, Jehan lluet, Michel Bojer, Colas Lemuulant, Jehan fl Fouet, Guillaamc de ta Noe, Robin Miette, Jehan Orvain, Aubin de la Motte. (Papiers ^ de famille). ^

(3) Peal-èire poorrions-nous rattacher a ta famille Le Rat ou Des Rats, fort * ancienne à Saint-James, et que nous y retrouions encore au XVIII' siècle, nu pré- ^^ lie éminent, Guillaume Le Rat, qui fut le plus brillant professeur du «jllège ^L d'Avninches A cette époque. M. Léopold Delisle lui a consacré, dans un liaiail iiiti- ^^ tulé ; " Eitai sur l'imprimerie et la librairie à Caen, de 1440 à 1550, » une -.^ page fort èlogieuse reproduite par M. l'abbé Pigeon dons une Notice sur Robert Gou- ^"^ tel (p. 15 et 16, note). Nous lapporlerons seulement cette curieuse anecdote, qui nr nous donne l'idée que ses contemporains avaient de son mérite. Guillaume Le Bat ^0 fut choisi pour haranguer, au nom de l'Université, le roi François 1" lors du pas- ^^ gage de ce prince ï Caen, en loSÎ. Le recteur Jean Etoyer. dans un livret intitulé ^^ ic La toy saliqae, » résume sinsi le râle de (juillaume Le Itat dans celle réception : ^rf « Guillaume Le Rat se montra t'émule de Uemosthènc, de Pline et de Cieéroii : il -^ débita son discours tout d'un trait avec une impétuosité digne de Mllou de Crotone ^g et qui commanda le silence de l'assistance entière. » Le roi ayant demandé te ^W nom de l'orateur, l'amiral Philippe Chabot répondit : « Sire, c'est un docteur en r~ théologie, nommé notre maître Le Rat ; Il a prêché ti Paris devant madame la Reine ; ^^ c'est un homme fort savant, a Le roi dit alors au docteur : " Notre maître Le Rai, ^^ j'entends dire qu'avez de bonne doctrine ; foi de gentil- homme, vous prêcherez de- y vant moi, en ta mode de cour, bref. » Guillaume Le Rat prêcha te jour indiqué ^^ devant la cour, dans l'église Saint-Georges du château. Après le sermon, le prédi- ^Tl cateor fut présenté au rai par l'amiral. Le roi dit a Guillaume : •• Je vous remercie, ^^ vous m'avez bien contenté, vous m'avez doublement contenté, notre maître, je vous ^p remercie. » /^

Nous nous demandons si l'évéque Jean Le Rat, qui consacra l'église des Cor- A delicrs de Valognes, en 1477, était de la famille du docteur Guillaume Le Rat.

son défaut par le vicaire et les élus de la paroisse. Nous reproduisons en entier cet acte de donation :

« A tous ceulx qui ces présentes lettres verront Jehan Hamel, comys par justice, garde des seaulx des obligations de la vicomte d'Avranclies, salut.

Scavoir faisons que par devant Marguerin Pinel et Jehan de Laumeraye, tabellions pour le Roy, notre sire, au siège de Saint-Jame de Beuvron en la dite viconté, fut présent honorable et discrète personne, M^e Hugues Bichot, p^^c^ curey de Saint-Benoist et de Saint-Martin du Belle avec leurs annexes, lequel de sa bonne volonté, meu de dévotion et comme bien et deument adverty de son bon sens et entendement et sans aucun pourforcement, donna, transporta, quitta, et de tout délaissa affin d'héritage à tousjours au trésor, trésoriers et paroissiens de Saint-Martin du Belle, pour et au profit et augmentation dud. trésor et fabrique, et à leurs successeurs, une maison assize aux faubourgs et et bourgeoysie dud. Saint-James, servante et pour servir pour le temps advenir à tenir l'escole et loger le maitre ou maistres, telle et ainsy qu'elle se poursuyt, et ainsi comme elle se comporte et appartient aud. S^ curey, assize entre Jehan Laurens, fils de Robert Laurens, à cause de sa femme, d'une part, et le chemin tendant de Sainct-Jame au Mont S. Michel, butte d'ung bout au jardin Michel Moisson ; laquelle maison led. Sr veut et entend que lesd. trésoriers passent, ballent et délaissent affin d'héritage à tout jamais au maistre ou maistres qui seront comys pour lors pour tenir lad. escolle aud. lieu de Saint-Jame ; que lesd. maistres y seront tenuz loger et y faire résidence, monstrer et instruire les en fans ainsy que de coustume (1), au moyen que led. maistre ou maistres seroyent tenuz faire dire chacun jour que les ditcz escoliers seront à lad. escolle la salutation de la Vierge Marie, selon la forme du temps, avec le Subi'enitey De pro/uttdis et Fidelium, au soir de la departye de la dite escolle ; avec ce, en oultre, au jour du vendredi, chacune sepmaine, venir lesd. maistres et escoliers chantantz depuys lad. escolle jusques à l'églize de S. Martin Veni creator et l'oraison Deiis corda fiddium. Et après estre venuz aud. de S. Martin chanteront devant l'image du crucifix la prose du Stahat mater dolorosa^ avec l'oraison Interveniat, 'le Sidwenitey De profuudis et l'oraison Absolve qiueswnus, Domine, au imam Jamuli tiii sacerdotis, tant à l'intention dud. Sr curey, ses amys vivantz et trespassés que des paroissiens de S. Jame.

Et seront tenuz led. maistre ou maistres recepvoir, chacun an, six escoliers des plus pauvres escoliers de lad. paroisse, de chacun traict ung ou deux, lesquelz pauvres escoliers seront choisiz et esleuz par le curey dud. lieu ou son vicaire en la compaignie des esleuz pour le faict de la présente ; auxquelz six pauvres escoliers lesd. maistres ou maistre ne pourront demander aucune chose ou service que ce soyt pour leur escollaige, ni pour leurs vins, mais seront

(1) W y avait donc depuis lougtemps des écoles à Saint- James.

imiruictz comme les autres enfàniz. Et seront tenuz lesd, maistres i lad. escolle paier par chacun an, en l'aquect de leur maison, qua nob de rente pour aller chacun an au prieur et adimnistratcur < Dieu de S. Jame, pour toutes rentes et choses quelconques. Mai; jects iceuk trésoriers paroissiens icellc maison maintenir et entrete; et suffisante réparation ; et pour aider îeelle maison et escolle en le temps advenir, led. Sr curey a donné, baillé et ausmôné préseni trésoriers et paroissiens, pour et au profit du trésor et fabrique, soixante livres tournois en or et argent comptant, dont ilï se sor taniz et bioi payez dud. S'' curey; laquelle somme de soixanti paroissiens seront tenuï meire et employer au profit du trésor et nombre de six livres tournois de rente, sans la mètre en auJtre éi rente pour led trésor et sans que elle sovt jamais dymynuée que 1 f p 1 d S p franc don irrévocab

ô po d p ése p le temps advenir luj

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p ère et d 1 d égli es enfans de lad. escoil

50 b 1 b pi 1 d Ré é d Père en Dieu

dA hes (1)

Cette pièce prouve que l'instiuclion primaire n'élail au commencement du XV!*» siècle et dans les : ;, qu'on s'est plu à le répéter de nos jours. Dans , il y a\ait des écoles, et il serait facile de que le clergé, sous la conduite et l'impulsion des évèque jours le promoteur infatigable de l'instruction dans classes de la société, spécialement parmi les pauvres.

Nous croyons devoir encore publier quelques actes qui l'esprit de foi de cette époque. C'est d'abord un contrat de passé, le 3 mai 1533, par devant Marguerin Pinel et E Pont, en faveur de l'église Saint-Martin du Belle, par un cipaux bourgeois de Saint-James, Jean Bésiel, sieur ges, el Marie Touillé, « sa compagne et espouse, auti son dit mary, quant ad ce, lesquels de leur bonne vol

(I) Mons donnons cet acte d'après uue copie du temps que nous l aux archives de l'hApital de Saint-James. Celle copie en papier u beuU' L> fin de l'acte, qai devait être sur une cinquième page, fait défaut.

M.' Vincent Le Roy, de Saint-Aubin, était « maître d'esoolles « à en 1S85.

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lièrent, quittèrent, cédèrent et délaissèrent en pur et franc don irrévocable afin d'héritage au thrésor et fabrique de l'église de Saint-Martin du Belle, pour et au profit et augmentation dudit thrésor et fabrique et à leurs successeurs, le nombre de saize sols tournois de rente restant et partant du nombre de vingt sols tournois de rente, que led. S»" des Granges avoit à prendre, chacun an, afin d'héritage, au terme que deues sont, sur une maison, jardin et appartenances d'icelle assis en la ville et bourgeoisie de Sainct-

Jame Et ce fut fait par led. S»* des Granges et femme en

augmentation dudit thrésor et du divin service que pour estre accueiilis et aparticipez aux bienfaits, prières et oraisons qui seront faites et dites en ladite église, jurant par leurs sermens non aller encontre (1). » Noble homme, Michel de la Paluelle, fils de Roland (2) et de Jeanne de Rommilly, qui avait épousé leur fille Jeanne Besiel, servit de témoin avec Le Texier et plusieurs autres.

Marie Touillé, devenue veuve, donna encore à l'église de Saint- Martin un ostensoir d'un travail et d'une beauté remarquables.

11 est ainsi désigné dans un acte du 28 octobre 1535 : « Une custode avec deux angelots, le tout d'argent doré en un tenant, pour servir à touiours mes et à perpétuité à porter et décorer le corpus domini^ le jour du Saint-Sacrement et autrement, laquelle fut présentement baillée par lad. damoyselle. Et fut ce fait pour estre icelle damoyselle, son d. defîunct mary, ses enfants, père et mère, amis vivants et trespassez, prédécesseurs et successeurs acueillis et apparticipez aux prières, messes et oraisons qui sont et seront dites et célébrées à tousjours mes es dites églises de Saint-Jacques et de Saint-Martin, même pour avoir une messe dite et célébrée en bas en l'une des dites églises à tousjours et à perpétuité, au jour du Saint- Sacrement, chacun an, et à son intention et de ses dits amis... (3). »

(1) Archives de la Manche, série E, fonds La Paluelle.

(2) Le 17 décembre 1482, « Ruiland de la Paluelle, escuier, seigneur dud. lieu de la Paluelle, » constitue une rente de 22 sols tourn. pour un capital de 15 livres tourn, et cinq sols tourn. pour vin, sur Lucas Le Fevre et sa femme Jehenne, domiciliés à Lescousse, en Bretagne. Le contrat, passé par devant les tabellions Robert Tabur et Pierre Goulpel, porte le sceau de la vicomte de Saiul-James, représentant d'un côté une fleur de I}s, sur un écussou couronné, et de l'autre côté une fleur de lys sur un plus petit écussou également couronné. (Archives de la Manche, H, 14739).

(3) Archives de la Manche, série E, fonds La Palluelle.

Les principaux habitants, savoir : nobles personnes, Vincent Guiton, S^ de la Villeberge, Jean Guiton, son frère ; Marc Le Rogeron, Pierre Le Rogeron, Gilles et Jean ditz Guiton frères, Guillaume Tahourdin, Louis Pinel, Pierre Dauguet, Jean Ameline Boishubert^ Pierre Enjourbault, l'aîné, Alain Ameline, Jean Langevin, Gilbert de Courteville, Georges Casselin, Jean Ameline, Jean Lechat, André Noël, Guillaume de la Motte, Guillaume Menard, Guillaume Guiiiot, Mathurin Goulpel, Massé Douillet, Guillaume Belloir, Philipot Belloir, Pierre Besnard, Jean Fontaine ; Guillaume Tabur et Guillaume de la Noe, trésoriers ; Jean Ameline, fils de Jean, Jacques Cholet, Michel Jiavet, Guillaume Graffard, Guillaume Ameline et Philipot Le Soursois, tous paroissiens dudit lieu de Saint-Jacques de Beuvron, acceptèrent le don en présence de plusieurs autres paroissiens, et s'obligèrent à faire dire la messe, le jour du Saint- Sacrement, à l'intention de la bienfaitrice qui devait être avertie de l'heure de cette messe, afin qu'elle pût y assister, quand elle serait dans la paroisse.

Le charitable curé de Saint-James eut la douleur de voir son église profanée, pendant la nuit de la fête de l'Ascension, 1544, par des voleurs qui emportèrent les vases sacrés, joyaux, reliques et autres objets précieux. Le 29 juin suivant, l'évêque d'Avranches, Robert Cenalis, visita les églises Saint-Jacques et Saint-Martin et consigna ce fait dans son procès- verbal : « L'an du Seigneur 1544, le 29^ jour de juin. Monseigneur Robert Cenalis fit la visite du prieuré Saint-Jacques et de l'église Saint-Martin du Belley dans la ville de Saint-James, dont M« Hugues Bichot est curé. Il visita le tabernacle, les saintes huiles et les fonts baptismaux... Depuis peu de jours, des voleurs ont pénétré pendant la nuit dans l'église Saint-Martin, se sont emparés des clefs et ont dérobé les calices, les joyaux, les reliques et autres objets sacrés qui étaient renfermés dans le trésor

» Quant au reliquaire qui contenait les reliques perdues, il n'a été rien ordonné, parce que les paroissiens espèrent qu'avec l'aide de Dieu ils pourront les recouvrer. En visitant ce reliquaire, le Révérendissime Seigneur a trouvé dans une rose d'argent les reliques de quelques saints, dont les noms ignorés sur la terre sont écrits dans les cieux. En même temps, le sieur Bichot a présenté une étiquette de papier sur laquelle, a-t-il assuré, sont inscrits les

noms des reliques perdues; elle est ainsi conçue : « L'an mil cinq cent trente-cinq, le vingt cinquième juin, furent visitées plusieurs reliques étant au bras de saint Jacques, desquelles il y a : du doigt (le la main droite de saint Jacques; de la pierre que Jacob érigea lorsque le Seigneur lui apparut; des saints Innocents; du doigt de saint Paul ; de la pierre sur laquelle la loi fut donnée ; de saint André, de saint Jean-Baptiste, de saint Augustin (1). » Le quatrain suivant rappela longtemps ce triste souvenir :

L'an mil cinq cent quarante quatre Fut dérobé le bras de saint Jacques A Saint-James de Bevron La nuict de l'Ascension.

(( Deux braves et généreux gentils bommes de cette paroisse, ajoute le manuscrit auquel nous empruntons cette curieuse relation, nommés Augis en leur surnom, estant allés vers Angers furent par eux voleurs cruellement massacrés. On chante tous les ans ledit jour un Libéra à leur intention. C'est la tradition à Saint- James (^). »

(1) Mss. du chan. Ch. Guériu, Acta sanctœ Ecclesiœ Ahrincensis. — Voici les extraits du procès-verbal de la visite de Mgr Cenalis conservés dans ce Mss. :

« Anno Domini 1544, die 29 junii, Dominus Robertus [Cœnalis] visitavit prioratum S. Jacobi et ecclesiam S. Martini du Belley in urbe S. Jacobi, cujus est curatus M. Hugo Bicliot, et visitatis venerabili Eucharistia^ sacris unctionibuSf fontibus baptismalibus^ etc

» Et quia a paucis diebus quidam fures seu latrones, tempore noctunio, dictam ecclesiam S. Martini intraveruntj seras dictœ ecclesiœ aperuerunt, et thesauraria in quâ erant calices^ jocalia et reliquiœ seu sanctuaria hujus modi, calices^ etc., furati sunt.

» Item quoad restam in quà erant reliquiœ modo disperditœ inclusœ» nihil ordinatum fuit, quia sperant parochiani, Deo duce, ipsas recuperare. Et visitando hujus modi restam reperit idem Reverendus Dnu^ reliquias aliquorum sanctorum in quàdam rosà argenteâ inclusas, quorum nomina ignorantur, sed scripta manent in cœtis. Et prœmissa agendo exkibuit dictus Bichot, quandam etichetam papyream in quâ continentur reliquiœ disperditœ , ut asserit dictus Bichot,

» L'an mil cinq cent trente cinq, le vingt-cinquième juin, furent visitées plusieurs reliques étant au bras S. Jacques, desquelles il y a : « De dextro digito S. Jacobi; de lapide quem erexit Jacob dam apparuit ei Dominus; de Innocentibus ; de digito S. Pauli; de lapide super quem lex data est ; de S* Andréa; de S. Joanne Baptisla ; de S. Augustino. »

(2) La famille Augis existait à Saint-James, où cUe possédait le fief de Mauni. Michel Augis était sénéchal des religieux de Montmorel, en 1488. Une charte de l'abbaye (Archives de la Manche, H, 14642), porte son écussou sur lequel on distingue un oiseau.

Messire Hugues Bichot travailla avec amour à l'embellise de son église : on montrait encore, en 1681, à l'autel Notre-L un tableau portant un i^cusson, un chevron et trois coquilles, cette inscription en lettres gotliiques : « Vénérable personne Hugues Bichot, pt"^, curé de céans, nie fist cy mettre et donna dépens, compris quatorze livres du don de Michel Navet (1). n

I! lit sa démission en 1551, en faveur de Messire Nicolas d( milly, qui fut présenté par le prieur ; mais Mgr Cenalis ou plutô frère Clodoald, vicaire général et archidiacre de Mortain, qui vernait le diocèse en l'absence de l'évéque, nomma M™ Jean cherieàlacure. La collation est datée du 25 juin 1551 (2). Un « s'éleva entre les deux prétendants, et l'affaire, portée à Romi Nicolas de Romilly, fut jugée en sa faveur. Dés le 10 octobre, il senta ses lettres de provisions à l'autorité diocésaine, qui approuva.

Messire Nicolas de Romilly prêta les serments accoutumé-' présence de Jean Hucherie, qui avait été pourvu de la cure Gohannière, de Biaise du Pont, chanoine d'Avranches, et prit session de son bénéfice (3).

L'année suivante, Hugues Bichot fit son testament que transcrivons comme un monument de sa piété et de sa chai ite

B Jfstis, Maria. In te Domine speravi, non conjuiidar in lelernmn In jt liid libéra me. In nomine Doinïni, Amen.

1) Je Hugues Bichot, pt"*, curé de Sainct-Benoist, alids S' Jame, ave dépendances, veux et ordonne et compose mon testament et derraine vc en la propre forme qui s'en suit.

H Premier, Je tends et donne mon âme i Dieu le créateur d'icelle, en j ec suppliant la très saincte et sacrée Vierge, sa mère, estre advocate d'i ec intercéder qui lui face miséricorde, le benoist Archange Monsieur ! Michel et les glorieux confesseurs sainct Manin et sainct Benoist, mes pat

|1) Procès-verbal de la visite de l'égliBe Saint-Martin [aile, le iO septembre par M" Piètre Gaiohard, archidiacre cl chanoine d'Avranches. (Arch. de la Ma série E, fonds La Paluelle).

(3) Voir Piècca justiScatives, n* XVU. — D'après lea lettrea patentes dn l tobrc an {Ordoii. dei rots, T. XVI, p. 548), parlant réception et hoinoli>gati< concordat couda entre le Pape et le rai, [e Pape avait le droit de pourvoir au néfices vacants, pendant « les six mais commençant au mois de janvier elles naires les autres six mois, alCernalivenieut. »

(3) Voir l'acte de collation, Pièces JustiHcalives, n' XVIll.

et tous les benoists saincts et sainctes du paradis qu'il leur plaise intercéder et présenter icelle devant la benoiste Trinité de paradis.

» Item, Je eslys mon pauvre corps estre inhumé en Téglise de Saint Jacques de Beuron, devant l'image de sainct Roch, où est l'auiel sainct Nicollas, et avoir sur ma dite sépulture une tombe de carreau, et une autre sur celle de ma sœur defFunte ; et prens pour ma journée et inhumation dix livres tournois et aultant au trentiesme jour pour mon obit, pendant lequel trentiesme jour, il sera dit un trentain par gens d'église de cette paroisse.

» Itemy Je veux et ordonne que s'il advenoit quelques personnes auxquels je deusse quelque chose justement et loïallement, qu'ils soient paies et contentés.

» Je donne au trésor de Saint-Martin et Saint-Benoist, à chacun d'iceux, dix sols tournois ; aux confraieries de Sainct-NicoUas fondées en l'église de Sainct- Martin et de Sainct-Benoist, et de Notre-Dame à Carnet, à chacun cinq sols. A la confrarye de Monsieur sainct Sébastien, fondée en l'église de Sainct- Pierre du Mont Saint-Michel, trente sols tournois et cinq sols au trésor d'icelle, le tout une fois paies, en laissant les lettres accoustumées où ils sont deues.

» ItefUy Je donne et laisse en pur et franc don et aumosne à noble et discrepte personne. Me Nicollas de Rommilley, mon successeur curey, et pour de plus en mieux le esmouvoir à prier Dieu pour moy et pour tous mes bons amys et bienfaiteurs vivants et trespassés : c'est à scavoir, toutes et chacune mes maisons, jardins, terres et appartenances d'icelles, telles et comme ils me compétent en la ville de Sainct-Jame de Beuron, et que autrefois je les avois acquis des hoirs messire Estienne le Roussin ; par ainsy que led. de Roumilley paiera, deschargera et acquittera de cinq sols tournois de rente allants au Roy, nostre sire, deuz pour la fieffé d'icelles maisons, jouxte les lettres, avec de cent sols tournois de rente hipotèque en une vois, et de trente sols tournois de rente conditionnée (sic) ; trente livres, en l'autre, allants à noble homme Jean Guiton, Sr de Biards. En outre me acquittera et deschargera de quarante sols tournois de rente vers les chapelains et clercs de l'église Sainct- André, à Avranches, conditionnée vingt livres.

» lient, Et par le lées et don ainsy par moy faict aud. de Roumilley, iceluy de Roumilley baillera et sera subject bailler par assiette aud. trésor de Sainct- Martin du Belle, cinquante sols tournois de rente, ou vingt-cinq livres tournois pour mettre en semblable rente, pour avoir tous les ans, aux jours de Noël, Pasques, Pentecoste et la Toussaint en suyvant l'un l'autre, à la fin de la procession, un Libéra nie Domine, et un De profwidls, l'oraison Absolve quœsumus,

Domine^ animam famnli lui sacerdotis, et Requiescant in pace, sur k lieu de ma sépulture, ou au prosne de chacune des dites messes, si l'on ne pou voit aller au lieu de ma dite sépulture. Au moien que le curey dud. lieu prendra sur lad. somme de cinquante sols tournois de rente, la somme de dix sols, chacun an,

aux dites quatre festes, qui sont chacune desd. festes deux sols, six deniers, pour sa paine de conduire lad. procession et commencer et finir lesdits suffrages. Et sy la dite rente estoit racquittée, les trésoriers parroissiens et esleus la remettront en semblable rente par en baillant les lettres suffisantes.

» Itetn, Je donne à Me Hugues Huet, mon filleul, ma grande robe noire, un sîon de firise, une petite robe avec ma robe de fi"ise neupve, une paire de chausses, un bonnet à mon usage et un petit de velours avec quatre chemises neupves pour prier Dieu pour moy. Et donne les ornements de ma chapelle aud. trésor.

» Item y Je donne à JuUien, fils de Robert Jaultest, mon sion noir, une paire de mes chausses, un pourpoint de futaine, mes deux manteaux, avec cent sols tournois pour les mettre à métier ou marchandise, selon qu'il vouldra le faire à Tun des deux.

» Item y Aux pardons de la Maison-Dieu, à Paris, delaMagdelainedeRouen, aux filles repentiez, à chacun douze deniers une fois paiez, au jour desd. pardons.

» Et finallement je laisse tout le résidu de mes biens meubles à estre mis et emploiez en bienfaictz, à prier Dieu pour moy et pour tous mes parens et amys vivans et trespassés, ainsi que bon semblera et verront convenir mes exécuteurs et ainsi que j'eusse fait pour eux, le cas offrant.

» Et eslys pour mes exécuteurs nobles hommes Vincent Guiton, sieur d'Astre, Jean Guiton, sieur de Biards, messire NicoUas de Roumilley, cure dud. lieu, et Jean de Roumilley, sieur de Sainct-Denys, en les suppliant et requérant qu'ils aient mémoire de moy, et donnant pouvoir et puissance de touiours augmenter en ce présent sans diminuer en rien, s'il est possible. Et veux et consens auxd. exécuteurs qu'ils aient et prennent sur mes biens meubles quatre escuz d'or, scavoir à chacun le sien, sy leur plaist, en cas qu'ils prennent la charge de ce présent testament accomplir. Et révocque tous aultres testaments faicts devant ce présent. En oultre veux et consens ce présent estre recogneu et roboré devant tabellion pour valloir et servir à chacun y dénommé ce qu'il appartiendra et mestier sera.

» Faict sous mon signe manuel sy mis, le quatorziesme jour de janvier, l'an mil cinq cent cinquante deux. Présens Me Michel Tabur et Me Jacques Bernier, pbres^ et Me Hugues Huct, p^re^ Jean Besnard, clerc et autres, ainsy signé.

» BiCHOT. »

Le jour même, messire Nicolas de Romilly accepta ce testament, qui fut reconnu le lendemain devant les tabellions Marguerin Pinel et Etienne Levêque.

M« Hugues Bichot fut inhumé, selon son désir, dans Téglise Saint-Jacques, sous la quatrième arcade, à droite, où était Tenfeu de la famille Guiton.

Nous retrouvons le même accent de foi et le même charme d'expressions dans le testament d'un autre prêtre de Saint-James. « Voulant, à l'exemple de Notre-Seigneur et bonne coustume des crestiens,pourveoirau salut de son âme, Guillaume Le Roussin(l), bachelier en droit, fait et ordonne ainsi sa derraine voUonté :

« Je donne mon âme à Dieu le créateur, à la glorieuse Vierge Marie, à Monsieur Sainct Michel archange, pour estre dicelle deffenseur et conducteur à la séparation de mon corps et dicelle âme. Je donne mon corps à la terre saincte pour estre inhumé au dedans de la chappelle Notre-Dame et closture dicelle en l'église Sainct- Jacques. »

Puis, il distribue des libéralités aux trésors des églises de Saint-Martin du Belle et de Montanel, à la confrairie de saint Nicolas, à la « frairie » de Notre-Dame de Carnet; il donne 10 sols pour la messe de la croix [de cruce]^ de saint Sébastien, des trépassés, et ratifie la fondation qu'il avait faite précédemment d'une messe, chaque semaine, à perpétuité. Mais une des clauses les plus curieuses, — que l'on rencontre à cette époque dans quelques testaments de prêtres, — est celle-ci : « Itenij je veulx que mes livres, scavoir, mon Décret, Décretalles, Sixième Clémentine et Somme Angélique soient aposez en l'église de Sainct-Martin de Belle, pour service et exercice d'estude à qui faire voudra ; lesquels livres je donne à la fabrique de ladite église, sans que aucunes personnes de quelque estât ou auctorité qu'ilz usent puissent tirer, porter et aliéner iceulx livres hors de ladite églize. »

Ses exécuteurs testamentaires furent noble homme Michel de la Paluelle, sieur du lieu, et messire Audebert Nicolle, prêtre (â). L'acte fut fait dans le courant du mois d'octobre, 1550, devant messire Michel Tabur, prêtre, en présence d'Audebert Nicolle, de François Fouque et autres témoins. Guillaume Le Roussin reconnut ce testament, le 25 du même mois, « au manoir du Clos-Tardif », devant les tabellions Marguerin Pinel et Jehan de Laumeraye; les témoins furent Julien Couldray, prêtre, et M^ Jehan Cosson, barbier.

(i) Jehan Le Roussin, « escuyer, » assiste à la publication d'un contrat de vente, le 24 mars 1509.

(2) Archives de la Manche, série E. — Nous trouvons encore dans un titre de 1547 M* Pierre Ameline, prêtre, frère de Jean Ameline Boishubert, et dans un autre, du mois de septembre 1548, M" Martin Guyot et Guillaume Besnard^ prêtres.

Le curé de Saint-James, messire Nicolas de Romilly, était de la famille de ce nom, dont la branche principale habitait le manoir du Bois-Mainfray. Il était fils de David de Romilly, sieur de Saint- Denis, et d'Anne Guiton, et frère de Jean de Romilly, un des exécuteurs testamentaires de Hugues Bichot (1). Nous voyons par le registre des synodes de 1552 à 1557 (2) qu'il était presque toujours à Paris, « où il étudiait,» et qu'il n'avait que deux vicaires : à Saint- James, Guillaume Cholet jusqu'en 1557 et après lui Jacques Dernier; à Saint-Benoit, Radulphe Guyot, auquel succéda Philippe Geslin. Celui-ci mourut, en 1565 (3), et fut remplacé par Julien de PEspine, qui était encore vicaire en 1586.

Le prieuré de Saint-Maur ou Maison-Dieu n'était plus desservi par des religieux. En 1547, le prieur commendataire de Saint-Maur

(1) David de Romilly, écuier, sieur de Saint-Deiùs et du Bois-Mainfray, avait épousé Anne Guiton, en 1525. Le 1" mai 1536, il passa une transaction devant les tabellions de Saint-James avec son beau-frère, Jean du Hicquerel, écuier, marié à Guillemette de Romilly. 1\ mourut avant 1544, car dans deux contrats, Tun du 18 août de cette année, « avec les nommés TréhoUe, au sujet du moulin Tardif, » l'autre du 18 juin 1548, « touchant une portion de terre tenue en gage-piège nommée les Ues, » Anne Guiton est appelée « noble damoiselle, veuve de deffunt David de Romilly. » (Arch. de la Manche, série E, fonds La Paluelle). Son fîls aine, Jean de Romilly, épousa, en 1553, Françoise de la Vairie, et sa fille, Guyoniie, noble homme Gilles de Vauborel, S*^ de Lonquesne, de la paroisse du Teilleul. Jean de Romilly rendit aveu, en 1550, du fief de la TrchoUais au seigneur de Chantore.

(2) Les extraits suivants furent faits par le chanoine Ch. Guérin, vers 1692, « d'un registre estant au Secrétariat de l'Ëvesché d'Avranches, commençant an mois d'avril, 1552, et finissant au moys de may^ 1557, signé à la fin Ccnalis, avec paraphe. »

« Au feuillet centz quatorze : « Sanctus Jacobus de Beuvrone — Curatus maglster Nieolaus de Houmiîly, non resideL Comparueruut commissus magister Guillelmus Chollet apud Sanctum Jacobum, et niagister Rodolphus Guyot apud Sancium Benedictum. » Au feuillet 164, même indication.

« Au feuillet 262 : « Sanctus Jacobus de Beurone — Curatus magister Nicolaus de Roumilly, non residet, studet Parisiis. » — Et plus bas est escrit : « Apud Sanctum Jacobum Dominus Guillelmus Chollet^ et apud Sanctum Benedictum magister Philippus Geslin, » — Aux feuillets 293 et 344, même indication. (Arch. de la Manche, série E, fonds La Paluelle).

M* Jacques Bernier est dénommé pbre vicaire de Saint-Martin du Belle, dans une lettre audiencée, le 23 octobre 1558, « à l'issue de la grande messe parochiale. » Sont aussi cites comme témoins : Julien Nicole, Guillaume Le Roy, Jehan Guiton bastard, Alain Lechat, Raoullet Huet, Julien Tahourdin, Jean Menard, Bastien Delange, Mathurin Pays etDenys Gautier, trésoriers, et Jehan Pinel. (Id», Id,)

(3) « L'an mil V " soix. V, la vigile Saint Jean-Baptiste, fut inhumé M* Philippe Geslin, pbre, de la paroisse de Sain1>-Benoit, et le jour Saint Pierre et Saint Pol (sic) en suivant fut enterré Marguerin Pinel, tabellion. » (Registres de Saint-Benoit).

et de Saint-Ermel était Messire Jean Duquesnet. Le 14 septembre 4549, Michel Tahourdin (4), curé de Saînt-Brice-de-Landelles, prit possession de ces bénéfices, et, peu de temps après, il céda la cha*» pelle de Saint-Ermel à Jean Casselin, curé d'Angey, qui la possédait en 4559. Après Jean Casselin parait Guillaume de TEspine, en 1576, qui résigna, au mois d'octobre 1586, en faveur de David de TEspine, mort le 6 septembre 1597 (2).

M® Nicolas de Romilly assista peut-être à la scène de dévastation qui eut lieu dans les églises de Saint-James et de Saint-Benoit, au mois de juillet 1562, et que nous avons rapportée précédemment.

Vers ce temps-là, la cure de Saint-Martin de Montjoie étant devenue vacante, Jean de Romilly, patron temporel de la paroisse, présenta son frère, le curé de Saint- James, qui fut accepté par révoque d'Avranches. Nicolas de Romilly prit possession de ce bénéfice ; mais, au bout d'un mois, il ne crut pas pouvoir en jouir plus longtemps sans avoir obtenu une dispense de la cour de Rome. « Comme plusieurs, écrivait-il au Souverain Pontife, doutent pour certaines raisons de la validité d'une semblable collation, provision, présentation, institution et de tout ce qui en est suivy, supplie très humblement Vostre Sainteté ledit Nicolas de Roumilly, noble de père et de mère, que vous lui accordiez en grâce spéciale la possession des deux cures et ensemble celle de Saint-Martin du Belle succursale (3). j» La supplique fut agréée.

Ce fut probablement à l'occasion de cette nomination que Jean de Romilly eut un différent avec l'abbaye de Montmorel, au sujet du droit de présentation à la cure de Montjoie. Le 10 août 1560, les religieux firent enregistrer au greffe du bailliage d'Avranches une charte du XII® siècle, par laquelle Graalon de Verdun, chevalier.

(1) Michel Tahourdin fut pourvu de ces bénéfices en cour de Rome, comme Nicolas de Romilly Tavait été de la cure de Saint-James. La bulle est datée du 15 avril 1547, et le visa épiscopal du 14 septembre 1549. (Voir Pièces just. n9 XIX) Le 12 novembre 1564, Michel Tahourdin, prêtre, curé de Saint-Brice-de-Landclles, prieur, chapelain et administrateur de la Maison-Dieu de Saint-James, vend les aumônes à Nicolas de Courteviile pour 40 s. de rente. (Chartrier de Fhôpital de Saint-James)

(2) « Le sabmedy, viron cinq heures du matin, sixième jour du mois de septénèbre 1597, décéda M'* David de TËspine, pbre, vivant chapelain de Saint-Armel de la Maladerie. Requi€$cat in paee, » (Registres)

(3) Arch. de la Manche, série E, fonds La Paluelle.

donnait au monastère le droit de présentation de la moitié de l'église de cette paroisse (1). Mais un arrêt de la cour adjugea le droit de patronage et de présentation au seigneur du Bois-Mainfray et condamna l'abbé aux dépens.

Quelques années plus tard, Jean de Romilly fit bâtir le manoir du Bois-Mainfray, qui nous reste comme un curieux spécimen de l'architecture civile du XVI^ siècle. Ce manoir était autrefois entouré de douves, qui existent encore en partie. La porte crénelée, qui donne entrée dans la grande cour, sur laquelle on lit le millésime de 1567, devait être précédée d'un pont-levis. . .

M« Nicolas de Romilly mourut le 6 octobre 1569. Sa mort est ainsi indiquée dans le registre paroissial : « Le VI® jour du moys d'octobre, l'an mil \^^ soixante et neuf, décéda noble et discrepte personne, M« NicoUas de Romilly, p*»»*® et curé de Saint-Jame. Requiescat in pace. y>

Le prieuré, qui était alors possédé par René Baron, avait été dépouillé d'une partie de son temporel. Charles IX ayant ordonné, par un édit du 26 mai 1563, de faire vendre les biens ecclésiastiques, le sieur Gardain, lieutenant du bailli du Cotentin au siège d'Avranches, permit au prieur de Saint-James de constituer une rente hypothécaire de 53 livres sur les biens du prieuré, « pour être employée au rachapt du temporel de l'église aliéné suivant l'intention de l'édict (2). » René Baron chargea le prieur de Saint- Maur, Michel Tahourdin, de traiter cette affaire en son nom et lui envoya sa procuration passée devant les notaires du Châtelet de Paris, le 21 octobre 1564. Michel de la Paluelle acheta cette rente pour la somme de cinq cent trente-cinq livres, par acte du 11 novembre suivant, ratifié par le prieur, le 17 mars 1565.

René Baron eut pour successeur un nommé Plisson, que nous connaissons par un bail qu'il fit, le 20 novembre 1575, d'une partie des biens du prieuré dans lesquels sont indiqués deux moulins sur la rivière du Beuvron et l'étang.

(1) Cartulaire de Montmorel^ édité par M. Dabosc, p. 183.

(2) Arck. de la Manche, série E, fonds La Paluelle. — Nous voyons par le « compte de Toctroy de deux décimes levez au diocèse d'Avranches en 1547 et 1549, au lieu de quattrc requises et demandées par le feu roy, rendu par M" Pierre Trag^y^ pbre, chanoine et pénitencier d'Avranches, commis, le 9 juillet 1551, » que^ chaque fois, la cure de Saint-James avait payé 20 liv., le prieuré 50 liv., et la

lu -«V^tfaai*^-

Depuis longtemps les familles de la Paluelle et de Romîlly- Chesnelaye se disputaient les droits honorifiques de Téglise du prieuré. Les seigneurs de la Paluelle, qui s'étaient souvent montrés généreux envers le prieuré, avaient fait sculpter leurs armes des deux côtés de la statue de saint Jacques placée dans le chœur de Téglise, où ils avaient aussi leur enfeu. Mais ces titres ne parurent pas suffisants à Charles de Romilly, sieur d'Ardennes, qui menaça les seigneurs de la Paluelle de faire disparaître leurs écussons, prétendant qu'en sa qualité de bienfaiteur insigne du prieuré il avait au moins autant de droits qu'eux aux honneurs de l'église (1).

L'affaire, portée devant le bailli du Cotentin, fut jugée en faveur de Michel de la Paluelle, qui obtint, le 26 décembre 1544, un mandement par lequel « il étoit fait défense à Charles de Romilly et à tous autres d'abattre ny démolir les écus apposez et insculpez au deux costez de l'image de Monsieur S. Jacques, en l'honneur duquel étoil fondé ledit prieuré, et autres endroits au chœur et chanceau de la dite égïise et même contre un pillier étant à l'endroit de la chapelle de S*« Anne. »

Cet arrêt ne termina pas le différend. Michel de la Paluelle dut encore solliciter de noble homme Jean Vivien, lieutenant du bailli du Cotentin, un autre mandement (2) qu'il fit publier par Jean Pinel, sergent royal à Saint-James, le dimanche 16 septembre 1548, «le

Maison-Dieu 60 s. (Arch. de la Manche, série E, fonds La Paluelle, Extrait de la Chambre des Comptes de Normandie).

(1) ex Le S' de Roumilly Chesnelaie, dit le prieur Charles Guérin dans son faetum (Procès La Paluelle), n'était point un gentilhomme de la paroisse de Saint- James, n n'y a jamais eu de S' de Roumilly, de ladite paroisse. Celui dont il est parlé dans les mandements de 1544 et de 1548 demeuroit en la paroisse de Saint- Georges-de-Reintembosc, comme il paraît par la signification du mandement de 1581. Si il avoit un droit de sépulture dans le chœur, c'était par une concession particulière, en considération d'une dixme assensée de 14 mines de bled, que cette famille avoit donnée au prieuré, comme les paroissiens de Saint-James l'ont reconnu dans leur écrit du 15 décembre 1674. » Nous lisons, en effets dans le procès-verbal de 1674, que « le prieur perçoit annuellement un trait de dismes de la paroisse de Saint-Georges-de-Rintembaut, province de Bretagne ; qu'à cause d'une place qui est soubs la voûte de la tour, il jouit de plus de six-vingt livres de revenu qui lui sont dues par le sieur marquis de la Chesnelaye, pour avoir droit de sépulture soubs la voûte de la tour. » (Arch. de la Manche, série Ë, fonds La Paluelle^ Procès-verbal de 1674).

(2) Les témoins présents cités au procès-verbal sont, le dimanche : Jean Aussant, Julien Chevalier, Gilles Goulpel, Michel de la Noe, Guillaume Graffard, Jean Chollet,

peuple assemblé après avoir entendu le divin service, "» et le lundi i7, « jour de marché, heure de dix heures ou viron, à ban et cry public. »

La querelle se renouvela en 1581. La famille la Paluelle fut confirmée dans sa possession par une sentence du 17 novembre, et injonction fut faite aux héritiers de Charles de Romilly d'en respecter la teneur, sous peine d'une amende de cinq cents marcs d'argent. Le 2 décembre de la même année, le jugement fut signifié à sa veuve, qui habitait la paroisse de Saint-Georges-de-Reintembault.

Michel de la Paluelle avait quitté son manoir de la Vîeille- Paluelle pour venir habiter le beau domaine des Granges, appelé depuis La Paluelle, que sa femme, Jeanne Bésiel, lui avait apporté en dot avec plusieurs autres propriétés situées en Bretagne. Il était encore seigneur de la Chaudronnaye. Il avait acquis le fief du Petit- Atré, le 15 août 1553, de Michel Artur, sieur de la Chardais, et, quelques années après, la terre de la Hébronière de David Richette et de Marguerite Tahourdin, sa femme. Le 16 décembre 1566, il vendit à Robert Goupil un jardin nommé le Grand-Jardin des Halles, € assis en la ville et encloison de Sainct-Jame, entre lesd. halles devant et devers M« Jacques Bernier et led. Goupil, butte d'un bout la rue des Halles et d'autre au mur de clôturg de lad. ville (1). »

Le manoir de la Vieille-Paluelle, qui remonte probablement à la première moitié du XVI® siècle, a été bâti par Roland ou Michel de la Paluelle. Cette demeure seigneuriale présente quelques détails d'architecture dignes d'attirer l'attention du visiteur. Sa façade, construite en pierres d'appareil, ne manque pas de beauté, quoique percée d'ouvertures inégales. Nous signalerons, à l'extérieur, la porte principale, et, à l'intérieur, celle qui donne entrée dans la tourelle. Son linteau est surmonté d'un écusson bien conservé, aux armes de la Paluelle, « d'azur à trois molettes d'éperon à cinq pointes d'argent, ï> avec la devise de la famille : Mihi gloria calcar. On peut encore remarquer, dans une des chambres, une belle che-

Guillanme de la Motte, Jean Pinel le jeune, GiUes Besnard, Maury Lorin, Etienne lamault, Guillaume Laurent et autres, — et le lundi : maîtres Martin Guyot, Guillaume Besnard, prêtres, Jean Chauvoys, François Pinot, Guillaume Herpin, Jean Dttval et plusieurs autres. (Id. Id.)

(i) Arehiyes de la Manche, série E, fonds La Paluelle.

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minée du temps, sur laquelle est reproduit le même écusson, présenté par deux anges qui le tiennent de chaque côté.

Michel de la Paluelle et Jeanne Bésiel firent leur testament le même jour, 22 novembre 1571, par devant les tabellions Jean Chauvois et Michel Artur. Nous donnons en entier celui de Jeanne Bésiel, aussi intéressant par le fond que par la forme.

« Je damoiselle, Jeanne Besyel, femme et espouse de noble homme Michel de la Paluelle, S^ du lieu, laquelle par luy deubment authorisée à faire et ordonner mon testament et dernière volunté, j'ay iceluy faict en la présence dud. escuier, en la forme et manière qui en suyt :

» Premièrement, Je donne mon âme à Dieu le créateur, la recommandant à la benoiste vierge Marie et à toute la cour celestielle de Paradis. Je donne mon corps à la terre saincte pour estre inhumey en Téglise Monsieur Sainct-Jacque de Bevron, au lieu et place où sont inhumey les parents dud. escuyer.

» Au regard de mes biens temporels que Dieu le créateur m'a donnez, soulz le pouvoir et authorité à moy aussy donnez, comme dict est, je veulx et ordonne que, le jour de mon inhumation et sépulture, il soit exposé, mys et employé le nombre et somme de cinquante livres tournois à faire dire et célébrer messes, donner aumosnes et aultres choses concernantes Thonneur de Dieu le créateur.

» Item, Je délaisse semblable somme de cinquante livres tournois pour estre employée et donnée, le jour de mon obit, en messes et aumosnes, sâasy que dict est.

» lierriy Je veux et ordonne que, dedans ung an après mon trespas, soit ^ct dire et célébrer par mes exécuteurs le nombre de mille messes, tant pour prier Dieu pour moy que pour mes amys tant vivanz que trespassez, en mémoire et recordation de la mort et passion de notre Sauveur et Rédempteur Jésus- Christ.

» Item, Je donne et délesse au trésor et fabrique de l'église Monsieur Sainct* Martin du Beslé une chapelle fournie d'une cappe, casuble, deux tuniques, estelles, manipules et du linge, scavoir, aulbes et amictz et ceintures, lesquds aomements seront prins et faictz des meilleurs et plus honnestes soyes de mes accoustrementz pour servir à célébrer le divin service.

» ItetHy Je donne à la dite église de Monsieur S. Martin du linge pour Êdre deux rideaulx à appliquer et mettre au grand autel de icelle église, lequel sera prins sur le meilleur de mon linge, pour estre moy et mes amys tant vivantz que trespassez, au temps advenir, apparticipez aux prières, suffrages et oraisons qui seront faictz et dictz en lad. église.

» Item, Je donne du velours pour feiire ung mantiau à l'ymage Nostre-Dame estant en lad. église.

» Itemy Je donne à la Maison-Dieu dud. lieu de S. Jame à coucher et lever

les pauvres deux draps de lict, qui ne seront appliquez à aultre usaige. Item aux Maisons-Dieu de Paris et de Rouen, à chacune, cinq solz tournois.

» Item, Je donne pour aider à entretenir et célébrer les messes de la croix, des trespassés et de sainct Sébastien, dictes auxd. églises dud. lieu de Sainct- Jame, la somme de ung escu par tierce partie.

» Item, au trésor de Sainct-Benoist de Bevron, dix soulz ; à la cotifrairie de Monsieur Sainct-Nicollas, vingt soulz. Item, au trésor et febrique de l'élise Nostre-Dame de Carnet et mesmement de Sainct-Martin de Montjoie, à chacun la somme de dix soulz tournois, pour estre apparticipée, tant moy que mes amys tant vivantz que trespassez, aux prières et oraisons qui seront faictes et dictes esd. églises au temps advenir.

» Item, Je veulx et ordonne que led. S»" de la Paluelle jouisse, sa vie durante, de toutes et chacune les rentes ou héritages par luy acquis ou acquis par mes prédécesseurs grand père ou grand mère, acquis et dénommez en mon nom, ou aultrement non dénommez, en quelque lieu où lesd. rentes et héritages soient situez et assis, soyt en bourgeoisie ou non, aux moiens et conditions portez et contenuez aux contractz de ce faictz, en faveur de la bonne promesse à moy faicte par led. S»* de la Paluelle de faire prier Dieu pour moy et pour mes amys tant vivans que trespassez ou pour lesquels je serais tenue faire prières et oraisons.

» Et au regard du résidu de mes biens meubles et héritages, je les quitte et délesse aud. S»" de la Paluelle pour en jouir après mon décès et trespas, au moyen qu'il ne soyt remarié, en quelque lieu ou lieux quilz soyent situez et assis, fors et réservé les terres, rentes et appartenances du lieu de la Bonne, situez et assis au pays et duché de Bretaigne, de quoy je veulx et entens que, après mon décès advenu, Gilles de la Paluelle, escuyer, nostre filz, aille à la possession et jouissance ; de même du fief et moulin des Planches et des rentes à moy appartenantes au pays et duché de Bretaigne. Et en default d'héritier de mon corps, je veulx et entens que led. sieur de la Paluelle en jouisse, sa vie durante entièrement, parcequ'il sera subject, le cas advenant, faire et paier les rentes et redevances deues à cause desd. héritaiges et de entretenir les maisons en bon et suffisant estât et réparation, et sans que led. S^ les puisse aultrement aliéner ou hypotéquer.

» Ce que dessus faict par moy tant pour la bonne amityé que je porte aud. sieur que pour estre récompensé des grantz fraiz et coustaiges par lui euz pour la conservation de mon bien. Et sy aulcunes rentes à moy appartenantes estoyent retirées la vie durante dud. sieur, je veulx et entens que deniers provenant dud. raquict seront mys et employez en aultres rentes ou terres.

» Et dont je prins et choisy pour exécuteurs de ce présent led. S»* mon espoux et mon filz, Sr des Granges.

» En tesmoing de quoy je signey ce présent, de même led. S»" de la

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Paluelle, pour certification et recognoissance de Tauthorité par luy à moy donnée de faire et ordonner ce présent testament jouxte qu'il est prédict ; et par semblable ce présent testament a esté consenti et accordé par led. Gilles de la Paluelle, escuyer, mon filz, lequel pour asseurance et recognoissance de sond. consentement a signé ce présent en faveur de la bonne amityé qu'il disoyt avoir vers moy, renonçant à y contrevenir en aulcune manière.

» Faict le vingtiesme jour de novembre, l'an mil cinq cens soixante et unze, présens à ce pour tesmoings honorable homme Richard Belloir, Guillaume Menard l'aisné, Estienne Gesmier et aultres.

» .Ainsi signé M. de la Paluelle, G. de la Paluelle, R. Belloir, trois paraphes en nom escript et une autre paraphe sans nom (1). »

Les dispositions testamentaires de Michel de la Paluelle ressemblent beaucoup à celles de sa pieuse épouse. Nous en citerons seulement quelques extraits :

« Je donne mon âme à Dieu le Créateur, la recommandant à la benoiste Vierge Marie et à tous les benoists Saints et Saintes de Paradis, et, reconnaissant mon corps estre venu de terre, je délaisse iceluy à la terre sainte pour estre inhumé en l'église Monsieur Saint-Jacques de Brevon, en mon enfeu, au l.ieu et place de la dite église où sont inhumez mes prédécesseurs.

» Au regard des biens que Dieu le Créateur m'a donnés en ce monde, je veus et ordonne qu'il soit, le jour de sépulture et inhumation, exposé, mis et employé la somme de cinquante livres, pour icelle somme ledit jour faire dire et célébrer messes et donner aumosnes et faire autres choses convenables en l'honneur de Dieu le Créateur, comme en tel cas il est accoustumé faire.

» Itmi, Je veus et ordonne que le jour du lendemain de ma sépulture soit commencé et continué un trentiesme pour le temps et espace de trente jours, auquel assisteront le nombre des gens d'église qui seront à ce commis et acceptés par mes exécuteurs. Et à la fin des dits trente jours, je délaisse autre semblable somme de cinquante livres tournois pour estre mise et employée à faire dire et célébrer messes, faire aumosnes et œuvres de charité, comme il appartiendra. Et qu'il soit commencé ledit jour du lendemain de mon inhumation une grande messe de Requiem à notes par sept gens d'église, pour le temps et terme d'un an, lesquels seront mis au choix de mes exécuteurs, tel qu'il leur semblera bien estre.

» Item y Je donne au trésor et fabrique dudit lieu de S« Jame le nombre de cinq sols tournois de rente que j'ay droit d'avoir et prendre sur Robert Goupil. Les lettres de la création de laquelle rente seront baillées par mes dits exécuteurs.

» Item^ Je donne au trésor et fabrique de l'église de Monsieur St Martin du Beslay la somme de vingt livres tournois une fois payée, pour icelle somme

(1) Arch. de la Manche, série E, fonds La Paluelle.

cstre mise et employée en rente au profit et augmentation dud. trésor et fabrique par les trésoriers et paroissiens de ladite église. Et sy après av<Mr esté ladite somme de vingt livres tournois mise et employée en rente, comme dist estre, si icelle rente estoit raquittée, les dits trésoriers et paroissiens seront tenus remployer en autre rente, laquelle rente et somme dessus dite je donne et délaisse pour estre moy et mes amis tant vivantz que trépassés participons aux prières, oraisons qui seront Élites et dites au temps à venir en ladite église.

» Item^ Je donne à la messe dite pour les trépassés, au lundy, en l'élise de Monsieur S< Martin, la somme de vingt sols tournois une fois payée, etc. (1). »

Il fait encore plusieurs legs aux églises de Saint-Benoit de Beuvron, Notre-Dame de Carnet, Saint-Martin de Montjoie, et Saint- Aubin-de-Terregatte.

Michel de la Paluelle vécut longtemps après avoir fait ce testament. Nous le voyons, en effet, figurer dans un acte passé, le 4 février 1574, devant les notaires de Fougères, « avec haut et puissant seigneur messîre René de Langon, seigneur du Bois-Février, et discrette personne messire Jean Guiton, écuier, sieur de Carnet, chanoine et archidiacre de l'église cathédrale d'Avranches. » Plus tard il parait encore dans un autre contrat du 28 novembre 1583. Il laissa un fils, Gilles, marié à Geneviève Vivien dont nous avons raconté la mort tragique à la porte du Mont Saint-Michel, et une fille, Jeanne, qui avait épousé, en 1549, Gilles Guiton, seigneur de Ligerais.

Après la mort du curé de Saint-James, Nicolas de Romilly, les paroissiens, représentés par Jean Guiton, seigneur de Biard, Gilles Guiton, Guillaume Berthelot, Thomas Bernier, Vincent Goulpel, Jean Pinel, Thomas Nicolle, Romain de Campront, écuyer ; Maîtres Julien de TEpine, Michel Le Blanc, Jean Le Genure et Guillaume de l'Epine, prêtres ; Julien Huré, Audebert Bernier, Guillaume de la Motte, Thomas Baumier, Raoul Fouet et Jean de la Motte Taîné, présentèrent Jacques de la Fresnaye à la nomination de Monseigneur Antoine Le Cirier, qui lui donna des lettres de provision par son vicaire général, Pierre de la Huelle, curé de Marcilly. Jacques

(1) Id, Jd, Le texte que nous donnons du testament de Michel de la Paluelle est celui d'une copie coUationnée, en 1694, sur Toriginal en parchemin appartenant à messîre Roger André de la Paluelle, curé de Saint-Jean-^es-Champs, par Jacques Graffard, notaire royal au siège de Gérences. Le notaire a Yisiblement traduit le texte original dans la langue de la fin du XVil^ siècle, si différente de celle du siècle précédent.

de la Fresnaye prêta serment à Avranches, le 12 novembre 1569, en présence de l'archidiacre, Jean Guiton, et de M« Bernard Pilon, Les paroissiens avaient affirmé que de tout temps ils avaient eu le droit de présentation à la cure, en vertu des privilèges et des libertés qui leur avaient été accordées, « Ad causam privilegiorum et libertatum iisdem parochianis concessarum. » (1) Mais le prieur ne manqua pas de faire valoir ses droits à rencontre de leurs prétentions, et Jacques de la Fresnaye dut bientôt se retirer devant son candidat. Germain Lemoine, prêtre de Soligny, petite paroisse des environs de Mortagne, fut définitivement installé curé de Saint- James, où il resta de longues années (2). Jacques de la Fresnaye devint curé de Vergoncey.

La famille de la Fresnaye n'avait pas cessé d'être représentée à Saint-Benoît, pendant le XVI« siècle. Jean de la Fresnaye était vicaire en 1495, et Gilles, tabellion en 1515. Jean de la Fresnaye, domicilié à Saint-Benoit, fut entendu, le 6 novembre 1535, dans l'aveu rendu au roi par Robert Cenalis, évêque d' Avranches. Julien et Michel figurent sur les rôles du Mont Saint-Michel de 1545 et années suivantes, et paient à l'abbaye les mêmes redevances que leurs ancêtres. Michel, fils de Jean, eut une contestation avec le monastère, au sujet du moulin de Pierres, qui s'appela désormais, du nom de ses propriétaires, le moulin de Fresnaye. Hervé, écuyer, remplissait, comme ses aïeux, les fonctions de garde des sceaux des obligations de la vicomte d'Avranches, en 1561 et 1567. Ce fut vers cette époque que la sœur du curé de Vergoncey, Andrée de la Fresnaye, épousa Romain de Campront, autrement dit Raveu, seigneur d'Aubroches. Enfin, Audebert de la Fresnaye était tabellion à Saint-James avec Jean Vilalard, en 1582. Après lui nous ne voyons plus paraître aucun membre de cette famille, qui s'éteignit ou disparut du pays.

Il serait difficile d'indiquer la situation de leur manoir à Saint- Benoît. Deux maisons, qui remontent au moins au XVI® siècle, existent encore dans la bourgade : l'une, au lieu dit des Cours^ sur le bord du Beuvron, possède une grande cheminée portant un

(1) Voir les lettres de provision, Pièces justificatives, n* XX.

(2) Dans an contrat audience à Saint-James, le 9 juillet 1573, figurent M'** Gilles Ameline, Jacques Ameline, Jean Besnard et Pierre Besnard, prêtres, (Arch. de la Manche)

écusson aux armes de France, La présence de cet écusson et le nom même des Cours ou les Cours ^ indiquerait assez que c'était en ce lieu que se tenaient autrefois les plaids royaux. L'autre maison, appelée le Manoir^ a peut-être été occupée par une famille noble ; au moins peut-on le conjecturer du nom qu'elle porte ; mais rien ne nous indique qu'elle ait été habitée par la famille la Fresnaye, ou qu'elle lui ait appartenu. Nous croyons plutôt que la demeure seigneuriale des la Fresnaye, qui devait se trouver auprès de l'église, a été détruite depuis la disparition de cette famille de Saint-Benoît. Les moines du Mont Saint-Michel exercèrent encore leur droit de seigneurie et leur juridiction dans le val du Beuvron, pendant toute la durée du XVI® siècle. Il est facile de retrouver, dans la liste des rentes de l'abbaye de ce temps-là, les propriétés mentionnées dans les listes précédentes, et il est à remarquer que la plupart de ces propriétés appartenaient aux mêmes familles (1).

(1) L'extrait du rôle des rentes de Tabbaye du Mont Saint-Michel dans le val du BeuYron, que nous donnons ici, est celui des années 1545, 46, 47, 48.

« De Julian de la Fresnaye pour Jean des Planches, pour une maison et jardin contenant un quart, devant le moulin de Brûlé, U s.

Item^ Pour Michel de la Fresnaye, pour cinq vergées en herbergement, U s.

Item, Pour Guillaume Doyssé, pour le four à ban dud. lieu, X d.

D'Ëstienne Geslin pour Ëstienne de la Motte, pour un herbergement entre le herbergement qui fut Guillaume de TEspine et Raoul La Hache, U s. VI d.

De Julian de la Fresnaye pour Raoul La Hache, pour vergée et demie de terre moitié en bourgage moitié en village du moulin des Pierres, deux sols, cy U s.

Dud. Geslin pour Ëstienne Gîllot, pour herberg. con4«nant demye acre, jouxte la terre qui fut Guill. de l'Espine, IX d. obole.

De Thomas Huet pour Guillaume Morel, pour deux herberg. contenants six vergées entre led. de la Fresnaye d'une part et de la Noe d'autre, XXVIU s. VUI d.

Des hoirs M'* Guill. de l'Espine pour Pierre de la Fesnaye, pour demye acre appellée le Clos du Burre, autrement dit des Barres, UI s. HIl d. . Le herbergement qui fut à la déguerpie Pierre Morel, contenant viron une acre, nommée le GIos-Tardif, jouxte le herbergement qui fut Michel Gilbert, XIX d.

Des hoirs W^ Guillaume de l'Espine pour les hoirs Sarasin et Robert Lechapt, pour un herbergement, nommé le Clos-Sarazin, contenant viron demye acre, fX d. obole.

Des hoirs à la déguerpie Pierre Morel, pour le clos devant le four, U s. J

Des hoirs Jean Le Febure pour Thébault... et Philippe Lebédel, pour un her- .i

bergement, jouxte Audoin Besnyer [ou Bernyer], et Robin Lechapt, XU s. S

De Michel Fouet pour Ëstienne de la Motte et Guillaume Lechapt, pour la maison des Frairies et pour deux autres maisons et herb. contenant demye acre, HI s. '

Des hoirs Jean Fouet pour Raoul Russel, pour un herberg. jouxte... de la Noe. H s.

Item, Pour Jean Duval et pour Jean Regnault, pour un autre herberg. contenant «

viron vergée et demye, jouxte led. de la Noe, pour Guill. de l'Espine, H s. |

Dans un aveu rendu au roi, le 6 octobre 1566, le prieur du monastère, Sébastien Ernault, déclare tenir : « le fièf de Saint-Benoit dépendant de labaronye d'Ardevon,et la vavassorerye de la Maison- Dieu de S* James de Bevron assize aux paroisses de Villiers et La Croix; lesquels dessus dits tenants desd. vavassoreryes sont tenus et doivent à cause d'icelles, chacun an, un homme pour garder et estre à la garde de la porte de nostre abbaye du Mont S, Michel, et touttes fois que mestier est, pour le temps d'un montant et retirant de mer, armez chacun d'un gaubergeon, cappelaine, gantelet, lance, avec ce tous autres devoirs, lesd. hommages, reliefs, treizièmes, rentes seigneuriales, redevances et toutes autres choses qui dues nous en sont à cause d'icelles. :»

Et il ajoute : « Il y a en lad. baronye quatre moulins à eau, dont il y en a un de présent en ruine; lesd. moulins à eau sittués en lad. parroisse de S. Benoit. »

Une des pièces les plus intéressantes se rapportant à cette époque est le compte que rendirent les trésoriers de la fabrique de l'église Saint-Martin, Guillaume Guittier, André Beaufils et Pierre son fils, pour l'année « commençant le premier jour de may et finissant à semblable jour, 1583, scavoir, des rentes, ornements, linges, joyaux, receptes et mises par eux faittes pour ledit trésor en icelle année. » Les plus anciennes fondations inscrites au compte ne

Item, Pour Fouquet une vergée et demie que Jean Dnyal prit par nouyeUe fieffé come apen par lettres^ U s.

De Colas Dor?^ pour son herberg. contenant une vergée, jouxte la maison qui fut Jamet Allée, XXI d.

Des hoirs Jean I^ Febure pour Thébault Noguercy, pour un herberg. contenant une vergée, jouxte la maison qni fut Jamet Allée, XII d.

Dudit Dorières pour sa terre assire au bourg, jadis Allée, contenant une vergée, jouxte led. Allée, XII d.

Le hcrbergement qui fut Drouet Pichon, assis au bourg, contenant demye acre, demye vergée, jouxte la maison Jean Allée, UI s. IHI d.

Des hoirs Jean Le Blanc pour Regnault la Hache et Guill. Morel, pour un herberg., entre les chemins, contenant une vergée cinq perches. Vil d.

La maison qui fut Michel Gilbert entre les hoirs Michel et Pierre de la Motte, XXI d.

De Julian de la Fresnaye pour Jean de la Fresnaye, pour Guillaume Courtois, pour un herberg. assis entre la terre qni fut Jean Paulmier et Michel Boy vin, XX d.

Item. Pour Laurent Dorge [Dogié] pour un autre herberg., jouxte le cymetière, Vs.

Des hoirs Guillaume Dubois, XVI d.

(Arch. de la Manche, abbaye du Mont Saint-Michel).

— na —

remontent pas au-delà de la dernière moitié da XV* siècle commencement du XVl", ce qui prouve que les titres des é. de Saint-James avaient été perdus pendant la guerre de Cent a

« En suit le nombre des lettres concernant les rentes dud. trésor, desc les trésoriers sont chargés par inventaire :

Une lettre faisant mentioa de cinquante sots tournois de rente donn M° Hugues Bichot, en son ^ivant curé de S' Jarae.

Qfiitce lettres faisant mention de vingt sols tournois de rente à prend les Orvains du Hamel.

Une lettre fidsant mention de trente six sob de rente sur Jehan Piboin.

Ilem, Gnq lettres fiùsantes mention de vingt-quatre sols de rente Pisroper.

Item, Une lettre faisante mention de vingt-quatre sols de rentes sur les tiers Philippe Chevauchard.

lUm, Trcns lettres Élisantes mendon de cinq sob toumob de rente sur H Dubois.

lUm, Qgatre lettres disantes mention de vingt sols toumob de reo Macé Janie.

Item, Trob lettres faisantes meation de vingt sob tournois de rente sur laume Panichault.

Item, Deux lettres disantes mention de cinq sob tournois de rente sur Ja de l'Espine.

Item, Une lettre usante mention de cinq sob toumob de rente sur f Goulpel.

Item, Deux lettres disantes mention de quatre sols toumob de rew Audebert Chollet.

Item, Quatre lettres faisantes raeniJon de saize sob tou-.ois de rente maison Boursier.

Item, Une lettre faisante mention de ^ngt sols tournois sur M' i Amdine.

Item, Deux lettres disantes mention de quarante sob tournois de ren Guillaume Labbey et Julien Miette.

Item, Une lettre faisante mention de deux sob, six deniers de ren M* André Le Cardinal (1).

Item, Une lettre faisante mention de douze sob de rente sur Estienne Pn

Item, Une lettre febante mention de Htàs escus un tiers de rente sui Dubo}^, sèment, et JuUien Lorin.

(1) N<nia sTona KtroaTé aux ArchiTeg dn la Manche plusieurs coptes di trais de fondations menlîonntes an compte de 1S82. Nous donnons aoi jasUf. n' XXI, les contrats de fondation de H' André Le Cardinal, de Gnil Labbey et Jolien Mi«tte.

Itein, Une lettre faisante mention de vingt sols tournois de rente sur Guillaume Tahourdin, tenant des héritages Symon.

Item, Une lettre faisante mention de un escu de rente sur Me Guillaume Berthelot.

Item, Une lettre faisante mention d*un chapeau de roses (1).

Item, Une lettre faisante mention de la fondation de la messe André Salmon (2). »

Voici la partie du compte qui concerne le mobilier de Téglise :

« Une chapelle de velours vert, qui est un chasuble, une chappe et deux tuniques, deux étoiles et trois binons [manipules], et une pareure à Nostre Dame et à son enfant, de velours vert.

Un casubie, deux tuniques, une chappe, deux étoiles et trois Êmons de velours rouge.

Un casubie, étoile et fanon de velours noir.

Un casubie, deux tuniques et une chappe, deux étoiles et trois fanons de de damas blanc.

Un casubie, étoile et fanon de damas bleu.

(1) Le fief seigneurial de la Ganterais, qui appartenait, en 1613, à noble homme Jacques Docssé, devait « ung chapeau de rose Yermel, au jour du Sacre. »

(2) Nous ne trouYons pas dans cette liste des fondations de Féglise Saint-Martin du Belle deux fondations qui furent faites à l'église S. Jacques, à la fin du XV* siècle. La première est du 4 mars 1489 : « Comme il soit ainsi que Pierre Le Pigeon eut antr^ois en son testament et dernière volonté ordonné une messe estre ditte et célébrée en Téglise S. Jacques de Bevron, par chaque semaine de Tan, au samedy, devant Timage et autel de Monsieur S. Julien, moyennant cinq livres de rente, et icelle messe estre dite et célébrée par sire Jean Demel, prestre, sa vie durant, et par condition qu'après son déceds icelle messe seroît et retourneroit ii la donnaison de Guillemine, sœur dud. Pigeon, femme de Michel Minet ; le décéda dud. Deruel étant arrivé, lesd. Minet mary et femme y ont nonuné Jean le Jennre, clerc, » qui faisait ses études « à l'intention de parvenir es saints ordres de prestre. » Jacques le Jenure, son père, promettait de faire acquitter les messes en attendant que son fils pût les dire lui-même.

L'autre fondation est du 20 mai 1495. Michel Flandrin, bourgeois de Saint- James, donne à l'église Saint-Jacques 17 sols de rente à prendre sur Jehan Orvain. Le contrat fut passé devant les tabellions Robert Tabur et Johan Le Jenure, eh présence des trésoriers Johan Enjourbault et Michel Tahourdin, des principaux paroissiens et de Georges Bore, prêtre, Johan Guillois et André Tahourdin, écuyer, pris pour témoins. Les paroissiens dénommés dans l'acte sont : Johan Le Roussin, RouUand de la Paluelle, écuier, Jehan Guiton d'Astre, écuier, M* Raoul Bliard, prêtre. Massé Lefevre, prêtre, André Jamault, Johan Deruel, Guillaume Ameline, Johan Bonté le jeune, Ëstienne Nicolle, Johan Lemaitre, Jehan Gnllegate, Gilles Dubois, Guillaume ChoUct, Jehan Garnier d'Astre, Yvonnet Hervé, Jehan ChoIIet l'aisné, Jacques Delanoë, Guillaume Durand, Richard Lefevre et Robin Dubois.

Une chappe d*ostade pour les trépassés, qui est un casuble, deux tuniques, une chappe, deux étoiles et trois fanons.

Un casuble de camelot bleu, tel qu'il est.

Un casuble doublé de vert à feuilles de boulet [bouleau].

Deux casubles, un battu de fil d'or et l'autre de satin rouge et une étoile et fanon à fil d'or.

Un casuble, étoile et Êmon du curé Bichot.

Un casuble, deux tuniques et une chappe, deux étoiles et trois fanons de damas rouge.

Item, Un casuble et étoile du don de André Salmon.

Quatre tapis, deux corporaliers de velours rouge.

Itetrij Le grand calice d'argent doré et pataine.

Un autre corporalier, un parement à mettre devant le grand autel, un rideau et un couvre-chef.

Une courtine, un linseul de tente et un autre linseul.

Un rideau à mettre devant le grand autel, une petite courtine dessus le sacraire.

Trois surplis, un neuf et deux vieils. Neuf couvre-chefe, cinquante touailles, trente-sept aubes, trente-un amictz, neuf serviettes.

Un grand chandelier à deux bras ; six autres chandeliers et compris deux de S« Nicolas. Deux autres chandeliers peur les torches.

Un ensensiez, la grande croix d'argent doré, avec la custode d'argent doré portée par deux angelots avec la châsse à mettre l'hostie, avec leurs étuits et enveloppes (1).

Un autre croix d'argent qu'on porte aux malades. La petite croix d'argent doré qu'on adore au vendredy curé (sic).

Une tasse d'argent et un Agnus Dei d'or.

Une relique d'argent en façon de rose avec une autre relique, le tout en une bourse de satin.

Un plat de laton, avec deux criettes d'estain.

Deux grands livres en parchemin à note, l'un pour répondre la messe, et l'autre à matines et vespres.

Deux processionnaires, un en parchemin et l'autre en papier.

Deux missaux et un petit, le livre des baptesmes, deux pseautiers, l'un en |

parchemin et l'autre en papier. ,-

(1) Dans une visite faite, le 27 septembre 1688, le grand archidiacre d'Ayran-

ches, M» Nicolas Gaichard, remarqua : « La custode avec les deax Saints Martins '^

(sie) à cheval estant sur icellc, un calice où est le nom de S^ James, en lettres f

gothiques, Tancien tabernacle, la relique en façon de rose, le tout appartenant au i trésor de S. Martin et employé dans lïnventaire des meubles et joyaux de lad.

église, au compte du trésor d'icelle, dont est parlé cy devant, en 1582. » (Archives I

de là Manche, série E, fonds La Paluelle, Inventaire des preuves de Gh. Guérin). i

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La bannière verte et l'autre de damas rouge.

Deux clochettes et la petite aux malades. La petite tasse d'airain, la courtine du Sacre. Le parement du crucifix avec la courtine des fonts.

Un benoistier, deux touailles non benoistes comprises dud, nombre de cinquante. Quatorze pièces ou eschiveaux de fil tels qu'ils sont blanchis ou à blanchir (1).

Trois aubes et trois amictz et trois ceintures comprises lesd. trois aubes du nombre de trente-sept.

Trois courtines cy-devant nommées, une au grand autel et l'autre au sacraire et l'autre aux fontz avec deux rideaux, le tout de toile.

Le parement de devant Nôtre Dame, le petit parement de devant le crucifix en façon de trillis. Neuf corporeaux avec l'enveloppe, tel qu'il est (sic).

Deux calices rompus et deux patènes. Deux livres du Décret du don de deflfunt Clos-Tardif. Viron quattre- vingt livres de métail, une escuelle d'estain.

Trois petits chandeliers d'airain ou de franc cuivre.

lietHy Plus quatre pièces ou eschivaux de fil'escru.

Item, Un calice d'estain et pataine.

Item, Un parement â Notre-Dame, led. parement de toile.

Item, Trois couvre-chefs.

Itetn, Un parement à S^e Marguerite et un autre à S^e Catherine.

Item, Plus quattre pièces aux eschivaux de fil.

Tous lesquels biens cy-dessus déclarez, scavoir ornements, linge, joyaux, lettres et autres biens ont été baillés par inventaire par lesd. Guittier et Beaufils à Jacques Moisson et Jean Cheminant, successeurs et trésoriers, le 1er jour de may, 1583. »

Un autre inventaire, de 1612, fait mention des images de saint Martin, de saint Louis, de sainte Catherine et de sainte Marguerite. La Sainte Vierge était spécialement honorée dans l'église Saint- Martin, sous le double vocable de Notre-Dame et de Notre-Dame de Pitié. La madone gothique, conservée avec tant de respect jusqu'à nos jours, et qui porte toujours le nom de Notre-Dame de Saint-Martin, était l'objet d'une grande vénération. La piété des fidèles, nous venons de le voir, la parait des étoffes les plus précieuses et des plus riches ornements. L'inventaire de 1612 indique

(I) Cette mention rappelle un pieux usage qui a disparu dans ces derniers temps. La jeune fille qui donnait le pain bénit déposait ordinairement sur Tautel de la Sainte Vierge un écheveau de fil qu'elle avait filé et présentait à la jeune fiUe, qui acceptait de faire le pain bénit à la prochaine fête, une quenouille chargée que celle-ci devait filer à son tour et offrir h Téglise. Ce fil servait à Tentretien du linge nécessaire au culte.

encore < deux parements de loile d'argent et un voile de d'argent raillé, le tout à mettre devant l'image Notre-Dam un parement de velours rouge à tour de satin blanc à ne devant l'image de Notre-Dame de Pitié. »

Le prieur de Saint-James était, en 1582, M« Christophe de Ror fils de Jean de Romilly, seigneur du Bois-Mainfiray. Bien qu'il qualifié de < clerc » dans une pièce du temps, il est certain n'entra jamais dans les ordres. Dès l'année suivante, il éç Geneviève de la Paluelle, fille de Gilles et de Geneviève Tv Leur contrat de mariage fut passé à Saint-James, le 6 ne bre 1583, par devant les tabellions Jean Louiche et Pierre Son frère Charles était marié à Claude Guiton.

La nef de l'église Saint-Jacques avait été réparée et la couvei entièrement refaite aux frais des paroissiens, par les soins d Michel Tahourdin, comme on le lisait autrefois sur une sab portant l'inscription suivante : « Vénérable personne, ma Michel Tahourdin, curé de S. Brice, flst réedifler ce temple, t levé, le 7 septembre 1575. Prions pour luy (1). > Mais la part l'église à la charge du prieur, savoir : le chœur, le clocher et Saint-Pierre, était restée dans un état misérable. Christoph Romilly envoya de Paris, où il était alors, une procuration i père, et te chargea de faire exécuter les réparations de Tégli de la maison du prieuré; il requit en même temps le lieute du bailli du Cotentin de les faire estimer et adjuger au rabais sellent royal, Romain Leroy, dressa le procès-verhal du devis travaux, le 2 septembre 1582.

(I) Ardi. de la Uanche. série E, fonds La Pslnelle, procés-Terbd de I' Saiub-Jacques, ea IGBG. — La letée de la charpenlc était nue fête dans les fun le propriétaire faisait ordinairement dire la messe, à laquelle il issialait avi otivtiers ; aussi le vicaire de Saint-Benoîl, Bertrand Gujot, note souvent si registres les levées de charpentes dans la paroisse. En Toici quelques erem • Le XXI' jour d'octobre 1S93, Mathurine Lefebire, veuve de défunt Pierre fi< Bat lever la maison de la Tousche. • • Le dici jour [jeudi, 18 septembre fut faite la levée de la maison de Guillaume Gesmier, au bonrg de Sainct-Be tout contre les murs du eymetière. » il ne manqae pas d'inscrire la levée ebarpeale de sa maison : • Le sabmedy, XXVI* du mojs de juillet, IS9T, fat la levée de ma maison, au lieu des Broces. » • Le sahmedy, XXVUI* jo juing, 1598, fat faite la letée de la maison de la Geantière, laquelle se eoi d'une salle, deux chambres et un sellier. • • Le XXi' jour de maj, 1616, levée da la maison d'André Le Genure, laquelle il fisl bire au village du Gu (Registres de Saint-Benoit).

Il fit venir ce jour-ià Jean Garnier, de la paroisse du Ferré, François Berthelot, de Saint-Benoît, et Guillaume Marchand, de Saint- Aubin, ouvriers maçons, qui, après avoir examiné l'état de Téglise, furent d'avis qu'il fallait : 1" construire deux piliers vis-à-vis l'un de l'autre, <.( proximes du pilier antien, » qui soutenait le clocher, et remplir l'espace compris entre les deux piliers par une nmraille s'élevant jusqu'à la voûte, afin de consolider la tour qui menaçait l'uine du côté de la chapelle Saint-Pierre, vers le midi ; ^« refaire les quatre-vingts marches de l'escalier de la tour, ainsi que la voiite de la chapelle Saint-Jacques, et réparer la chapelle Saint-Pierre, le tout estimé 2i0 écus. Le devis de la charpente montait à 440 écus, et celui de la couverture de l'église, du clocher et de la maison du prieur, fait par Georges et Guillaume Baudoin, « couvreurs ordinaires de S. James, » tant pour ardoises que pour pierres et tuiles à 2iO écus. Enfin, la réparation de la chaussée du grand étang ne devait pas coûter moins de 200 écus, ce qui portait la somme totale au chiffre de 1,120 écus. L'adjudication eut lieu le dimanche, 9 septembre, pour neuf cents écus, au nom de Jean de Romilly, qui s'engageait à exécuter les travaux en temps convenable (1).

Cinq ans plus tard, Christophe de Romilly, ne pouvant payer la somme de cent quarante écus qu'il était obligé de verser pour sa part d'une nouvelle taxe de 8,000 écus levée sur le diocèse d'Avranches, se vit obligé de mettre en vente le fief du prieuré « assis aux paroisses de S. Jarae et de S. Benoit de Beuvron avec droits, dignités et libertés à iceluy appartenant. » Le 3 février 1587, le grand vicaire d'Avranches, Jacques Tragin (2), et le lieutenant civil et criminel, Jacques Arondel, envoyèrent un mandement pour procéder aux formalités qui devaient précéder la vente.

Le curé de Saint-James, M^ Germain Lemoine, fit la proclamation en chaire, à la messe paroissiale, les 14, 21 et 28 du mois de juin (3), et le sergent, Gilles Hollande, la renouvela les mêmes jours à la

(1) Ce procès-verbal fait à la requête du prieur Christophe de Romilly, écrit sur parchemin, fut représenté, en 1655, par Jean de Romilly, au tabellion René Lusiey, qui en fit une copie sur papier. Cette copie, où nous avons puisé ces renseignements, est dans le plus mauvais état. (Archives de la Manche, série E, fonds La Paluelle).

(2) Le registre de Saint-Benoît marque la mort de Jacques Tragin au mardi, dO août i598.

(3) Etaient présents : Jacques et Michel, dits Ameline, prêtres.

là

porte de l'église, « en présence du peuple assemblé sortant du divin service (1). » Toutefois, le grand vicaire ne comprenant pas que le prieur fût obligé d'aliéner son principal fief pour payer cette taxe, en différa la vente jusqu'à plus ample information. Ce ne fut qu'après avoir fait une enquête et consulté l'évêque qu'il consentit enfin à l'adjuger, le 2 juillet, « au manoir épiscopal, > à Charles de Romilly, sieur du Bois-Mainfray, pour la somme « de sept- vingts écus, > représentant le montant de la taxe, à la réserve du droit de présentation à la cure de Saint-James, qui appartiendrait au prieur, comme par le passé. Charles de Romilly était le frère aîné de Christophe de Romilly ; dès lors il est facile de comprendre que l'autorité ecclésiastique ait pu soupçonner une entente entre le prieur, pas assez « clerc, » et son frère, pour faire passer cette propriété dans leur famille avec les honneurs de l'église Saint-Jacques.

Du reste, Charles de Romilly ne fut pas longtemps possesseur du fief du prieuré : il le revendit, le 1^^ juin 1593, « à puissant seigneur Gabriel de Montgommery, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roy, capitaine de cinquante hommes d'armes pour sa Majesté, capitaine de la ville et château de Pontorson, avec toutes dignités, libertés et dépendances d'iceluy fief, auquel il y a hommes, hommage, gage-piège, cours et usage, reliefs, traiziesmes et toutes dignités et droit d'iceluy fief... (2) » Le contrat, passé au manoir de Verdun, en la paroisse de Vessey, où demeurait alors Charles de Romilly, devant les tabellions de Saint-James, Pierre Eon et Jean Louiche, fut publié, le 3 octobre suivant, à l'issue de la messe paroissiale, en présence de M^ André Menard et Maury Guillotin, prêtres, de Jean Villalard,

(1) Les témoins nommés sont : Jacques et Jean Lorin, Colas Guyot, Jean Noël, Jacques Tahourdin, Colas Gautier, Aubin Bindel, Jean Guyhommard, Marie Leroy, Marin Hélie, Jean Perrodin et Julien Ameline, mercier. — Le sergent Gilles Hollande mourut le 11 août 1542. (Registres).

Cette proclamation fut également faite les mêmes jours, à la porte de Téglise de Saint^Benoit, eu présence de Toussaint Paumier, Julien Lehurc, Guillaume et Simon de TEpine, père et fils, Julien Le Blanc, Julien Gauchet et autres. (Archives de la Manche, Id»)

(3) Dans une autre pièce il est ainsi désigné : « Fief noble^ appelé le fief de la prieuré de Sainct-Jame, dont le chef est assis en la ville et bourgeoizie dudit lieu et ailleurs, où il s'extend aux droitz de cour et usage, juridiction de plezd et gage-plege, rentes seigneurialles en deniers, œufs, oiseaux, reliefs, treziesmes et tous autres droictz annuels et casuels, dignitez et libertés ; ledit fief tenu du Roy noblement. » (M. Tabbé Desroches^ Ann» Relig, p. 63).

Nicolas Gautier, Pierre Langevin, Robert Ameline et autres. Le temporel du prieuré tombait ainsi entre les mains du plus ardent pi'otestant du pays.

Christophe de Romilly, qui avait été encore obligé, pour payer une nouvelle taxe de 00 écus, d'aliéner, au commencement de 1589, deux pièces de terre du prieuré, achetées par son beau-père Gilles de la Paluelle, résigna son bénéfice en faveur de M« Maury Guillotin, prêtre, de Saint-James (i).

On croit généralement que l'ancien clergé, qui n'était point soumis à la taille, ne payait pas d'impôts. C'est une erreur qui se dissipe devant l'évidence des faits. D'après une statistique faite sur les documents originaux conservés aux Archives et à la Bibliothèque Nationales, il est démontré que la levée des décimes, réclamée à peu près tous les ans sur les biens d'église, constituait un véritable impôt, qui devint si lourd, à certaines époques, que le clergé fut réduit à la misère. Quelquefois, comme nous en avons ici un exemple, on ne se contenta pas de lever jusqu'à quatre décimes et plus dans une année; on décréta la confiscation d'une partie des biens ecclésiastiques, qui furent vendus pour combler le déficit des finances de l'Etat. En 1563, on aliéna pour 100,000 écus de rente; en 1568, pour 150,000 livres; en 1574, pour 1,000,000; en 1576, pour 88,000 écus. Cet impôt prenait le nom de décimes, c'est-àdire, dixième du revenu. Il y avait encore les annales, la taxe des clochers, etc. D'après un calcul fait sur des données certaines, il est démontré que l'Eglise de France paya, sous Henri II, année moyenne, une somme représentant 66,801 ,458 francs de notre monnaie actuelle (2).

Gabriel de Montgommery, voulant s'assurer les honneurs de l'é-

(1) « 11 paraît, lisons -nous dans une pièce du procès de Charles Guérin (XVn* siècle), que le prieur Christophe de Romilly. qui vendit le prieuré en 1587, mourut 20 ans après, » c'est-à-dire en 1607. L'auteur de cette note se trompe. Christophe de Romilly mourut au mois de septembre, 1616 : « Le XVUI« dud. moys de septembre, en Tan 1616^ fut inhumé en Téglise de Montjoye noble homme Xpisthoshe («te) de Romilly^ S"" de S* Denys et Boismesfray par M'» Jean Beilleul, abbé de Montmorel, avec ses religieux. Reqniescat in pace, » (Registre de Saint- Benoît).

(2) Voir sur ce sujet, dans la Revtie des Questions historiques, livraison du l«r juillet 1890, une dissertation très intéressante intitulée : Contribution du clergé à Vimpôt sous la monarchie française, par M. Tabbé L. Bonrgain, professeur à la Faculté des Lettres, à Angers.

glise Saint-Jacques, fit signer au prieur, le ^11 mars 1596, une reconnaissance dans laquelle celui-ci « confesse, déclare, consent et accorde que led. sieur jouisse et possède maintenant et par cy après tous les honneurs honorifiques, préséances et dignités aud. fief appartenant aux églises dépendantes dud. prieuré, tant de Saint- Jamnies que de Saint-Benoist, se réservant seulement les droits de patronage pour présenter esd. églises. » Cette déclaration sous seing privé fut renouvelée devant les notaires de Pontorson, le 18 octobre 1598. Inutile de dire que tout cela se fit au grand mécontentement des seigneurs de la Paluelle, qui se voyaient ainsi menacés de perdre les droits honorifiques qu'ils avaient fait prévaloir avec tant de peine contre la famille de Romilly-Chesnelaye. Aussi verrons-nous bientôt la querelle recommencer entre les seigneurs de la Paluelle et de Montgommery.

Le curé de Saint-James, messire Germain Lemoine, était mort, le dimanche de la Passion, 27 mars 1594 (1). Le prieur présenta, le 12 avril. Clément Lemoine, a maislrc aux arts libéraux, » qui fut accepté. Il était natif de la paroisse de Saint-Acquilin, au diocèse de Séez, et parent du curé défunt.

Le registre paroissial de Saint-Benoît donne les noms de plusieurs prêtres qui vivaient en ce temps-là. Nous y trouvons aussi quelques faits qui méritent une mention spéciale :

« Le unze du dict moys et an dessus dict, [janvier 1590], décéda M^ François Le Roy, pbre, filz Marin. Requiescat in pace. »

« Le XIV mars, Raoul Lemouland a dict sa première messe dans l'église de Sainct-Benoit de Beuvron. » (2).

« Le XXIIIe jour de. mars, 1590, ohiit Me Pierre Besnard, pbre^ du Buart. Requkscat in pace. »

« Le XXXIe jour de mars, obiit Me Michel Hameline, pbre. Requiescat in pace. »

« Le XXVe jour dud. moys [avril] et an, 1593, obiit Me Jean Berthelot, pbre. Requiescat in pace. »

(1) « Le XXVH** jour du moys de mars, 1594, décéda M^ Oermain Le Moyne, pbre, curé de S* Jame et S* Benoist de Brevoii, natif de la paroisse de Soligriy, diocèse de Sées. Le dict jour estoit le premier dimanche delà Passion.» (Reg. de Saint-Beuoit)

(2) Sa mort est indiquée, au mois de mars, 1613 : (( Le dimanche des Hameaux. XXVI® jour de mars, 1613, fut ensepulturé en l'église de St-Benoist-de-Beuvron, viron midy, M*" Rault LemouUand. pbre, par M* Jullien Panlmicr, pbre, vicaire dud. lieu. Hequieacat in pace, (hf.)

« Le Ville jour de septembre, i^^'^^ ohiit Magister Joamies Le Jenure, pnshîter. Reqmescat in pace. n (1).

« Le dimanche, Xe jour d'octobre, 1599, Me Pierre de la Noe dist et célébra sa première messe en l'église S. Martin du Belle de la ville de S* Jame. »

« Le dimanche, XVIIe jour dud. mois d'octobre, 4599, Me Gilles Deslandes dist et célébra sa première messe. »

« Le dimanche, dernier jour d'octobre, 1599, Me Jullien Paulmier dist et célébra sa première messe dans l'église de Mon» S^ Benoist. »

« Le dimanche, XIXe jour du moys de mars, 1600, Me René Davy, pbre, S»" du Bourc, dist et célébra sa première messe, à la [quelle] assista Monsr d'Avranches et Monsr de Montmorel et plusieurs autres honnestes personnes (2). »

Les paroissiens de Saint-Benoit remplacèrent la grosse cloche de leur église en 1593.

Le trois septembre 1593, fut fondue et refaite la grosse cloche de Sainct- Benoist par un nommé Me Jean Le Provost, fondeur, estant de la ville de Fougères. — Le huict septembre fut nommée la cloche de Sainct-Benoist Jacqueline, par Martin de Campront et damoiselles Georgine et Jacqueline de Campront, fils et filles de noble homme Ravent dé dmpront, vivant Sr d'Aubroche et de damoiselle Andrée de la Fresnaye, laquelle donna viron la somme de treize escus pour aider à la refaire. » ^

La famille de Campront s'était probablement établie à Saint- Benoit, vers le milieu du XVI® siècle, par le mariage de Raveu de Campront avec Andrée de la Fresnaye, sœur du curé de Vergoncey, Jacques de la Fresnaye, présenté par les paroissiens à la cure de Saint-James, en 1569. De leur mariage naquirent : Jehan de Campront, tué à Avranches en 1590 ; — Jacques, curé de Vergoncey, dont nous avons parlé précédemment (3) ; — Martin de Campront,

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(i) Le registre paroissial signale quelques cas de longévité assez remarquables :

« Le dimanche, VIII» jour du moys d'octobre, 1595, décéda Pierre Bailleul- Bouluere de S. Senier de Beuvron, âgé de cent six ans, au Pray. Requiescat in pace, »

« Le mardy, XV* jour du moys d'apvril^ 1597, viron sept à huit heures du matin, décéda Ëstienne Le Blanc, âgé de Ullxx saize ans. »

« Le dimanche, XXII' jour de feubvrier, 1598, décéda petit Jean Aubourg-Chevalerie, asgé viron de cent ans. Bequiescat in pace. »

(2) Ce jeune prêtre appartenait probablement à la noble famille Davy, de Saint- Sénier-de-Beuvron. C'est ce qui explique la présence de l'évêque d' Avranches et de l'abbé de Montmorel à sa première messe. Roissy trouva nobles à Saint-Sénier, e» 1598 : « Louis, Jean et Re^ié Davy, frères, S""* du Chamet et St Senier, y demeurant. »

(3) Il devint curé de Vergoncey après son oncle Jacques de la Fresnaye et fut inhumé dan§ son église, le 20 avril 1620, « par Mons. le promoteur d'Avranchea* »>

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sieur d^Aubroche et vicomte de Mortaiu, qui assista, en cette lité, le mardi, 1°' juin 1621, à l'ouverture du tombeau « de ] sieur Saint Guillaume » par Monseigneur François de Périt évêque d'Avranches ; — Georgine, née le 20 mars 1573, ma le 10 octobre 1596, à Louis Payel d'Antrain ; — et enfin Jac Une, qui épousa, le 27 juin 1600, noble homme Gabriel de la velle, sieur de ViUiers ; elle mourut le 5 février 1616 et fut inhu dans l'église de cette paroisse.

Le malheur semblait s'attacher à cette famille. Nous avon comment Raveu de Campront et son fils Jean furent tués à Av clies, en 1590. HarUn de Campront fut lui-même assassiné, i son manoir d'Aubroche, par son métayer. Le registre de Sî Benoit rapporte ainsi ce fait, sous la date du 24 décembre U « Le samedy, vingt quattri» jour de décembre, l'an de grâce rai cent vingt-sept, fut frappé Martin de Chanront, S' d'Aubroclw deux coups de grand hache de son metoier, Louys Bouevin, i servante aussi il la tua. Ce fut fait le même jour, au soir, v nuit fermée. Et mourut le quinzième jour de janvier, qui e jour Sainct Moor ; fut inhumé le mardy en suivant. Ret/uiesa pace. Âmen, Jésus. *

L'église de Saint-Benoit possède plusieurs pien'es tombales Campront et des la Fresnaye. Celle de Raveu de Campront porte, < sa partie supérieure, ses armes qui sont «d'argentà la quinte fe de gueules, » avec un écu sur lequel est gravée la date de sa n et au-dessous un écusson d'alliance aux armes des familles c Fresnaye et de Campront. Le même écusson des Campront se encore sur la porte d'entrée du manoir d'Aubroche, qui dut construit par Raveu de Campront. Andrée de la Fresnaye, sa fem mourut le 18 juillet 1614.

Nous terminerons ce chapitre par quelques détails sur familles Guiton et la BInolaye.

Jean Guiton, marié à Guilieuiette le Charpentier, eut un Gilles, qui épousa Catherine Douessey, puis Anne de Couv De ces unions naquirent deux filles, Françoise et Anne, et I fils, Vincent, seigneur de la Villeberge, Jean (1) et Raoul,

(1) Nous avons td Vincent et Jean Guiton piraitre dans 1 de Jeanne Béaiel et le testament de H" Hugues Bicbot.

gneur de Carnet, qui formèrent trois branches de cette famille au XVI® siècle. Celle de Saint-James fut représentée par Jean, qui s'allia, en 1536, à Madeleine de Clinchamps, dont il eut un fils, Jean, marié, en 1580, à Catherine de Saint-Germain, fille de Christophe, seigneur de Juvigny. Il épousa en secondes noces, le 6 janvier 1607, Radegonde du Hallay, et mourut, le 9 décembre, 1610, laissant un fils unique, François, dont nous parlerons bientôt (1).

Nous trouvons, au XVI® siècle, Mathurin de la Binolaye, sieur de la Poilivière, fils de Roland, marié, en 1533, à demoiselle Renée de la Paluelle. En 1549, il servit de témoin au contrat de mariage de Gilles Guiton, fils de Vincent, avec Jeanne de la Paluelle. Leur fils Michel eut deux enfants, Pierre et Christophe. Celui-ci mourut, le 2 mars 1592, laissant Guillaume et Alain. Pierre resta le représentant de la famille à Saint-James.

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