‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 7 sur 35 · V. Justum deduxit Dominus per vias rectas. Et ostendit · texte numérisé non relu

V. Justum deduxit Dominus per vias rectas. Et ostendit

(1) L'office d'Angers porte : « Et orans et largiflue plorans, invoeavit Deum oratUme talL » (Note de M. Leopold Delisle, sur la copie duquel nous avons revu la nôtre, en 1867).

(2) R. Mundi despectus, decoratus, per meritum fulgens, sacer praesul, Laudus in pace ad Dominum migravit.

V. Eodem vero die quo aposlolus passus est Matheus excessit seculo. In pace adD.

Accidit autem ut prsecederent eum ministri ad praeparanda iterantibus necessaria, aptumque requirerent negotio tali locum. Qui praecedentes invenerunt arborera magnam antiquam, ramis opacam, iterantibus optam. Ubi pro tempore necessaria componentes stefadium beati viri sub memorâta arbore posuerunt et necessaria apposuerunt. Veniens autem vir Dei repletus Spiritu Sancto intellexit in ea versuta molimina lividi Chelidri latitare. Exorsus est ad suos magna cum voce : « ToUite, toUite filii quae posuistis sub arbore » citi, ne vos circumveniat repentina calamitas inimici quae latet » in arbore ista. » Qui extemplo ab ipsa arbore cuncta propellentes, mox ab imis radicibus tanquam a rapidissimo turbine eradicata est omni hostis antiqui adversus sanctum pontificem suosque frustrato versutiae suae molimine (1). Qui tandem Parisius perveniens optime est a Childeberto rege susceptus, adeptaque petitione rediit ad propria, Christo Domino duce (2).

90 Alîa quidem sunt multa quae per eum Dominus operari dignatus est, nobis quidem incognita Deo autem nota. Sed quantum ad nostras fidelibus narrantibus viris perlatum est aures, si omnia cupiam prosequi, dies, ut opinor, antequam sermo cessabit. Nam quas per eum Dominus virtutes non edidit, cum et mortuis vitam, cœsis visum, paraliticis gressum, surdis auditum, a dœmonibus oppressos restituit sanitatem.

Igitur sanctissimus Domini Laudus, féliciter cursu peracto,* adveniente sanctissimi obitus die, XL™« et VI*® ordinationis suae anno, migravit ad Christum X Kalendas octobris, cui est gloria, laus et jubilatio in seculorum secula. Amen (3).

(1) Baluze et les anciens bréviaires ajoutent : « Procedente vero tempore ibidem fabricata et consecrata est in honorem ejus ecclesia, hodieque celebris habetor hajas memorabilis facti memoria. » (Note de M. Léopold DeUsIe).

(2) R. Sanctissimas Laudas Domini, féliciter cursu jam consummato, adveniente obitus die, quadragesimo et sexto episcopatus sui anno, migravit ad Dominum cui est gloria, laus et jubilatio in seculorum secula.

V. Christo junctus igitur cum gloria mitem quem nobis pius ostendat. Gui est gloria.

(3) V. Adjuvet nos in omnibus sanctus Laudus confessor Christi praecipuns.

A. Hodie pontifex Laudus gloriosum complens obitum, cursu consummato, caslestem Jérusalem gaudens intrare meruit, mors cui pro lucro erat et vivere fuit omnipotens Dominus Jésus Ghristus, cum quo gaudet et regnabit per omnia secula.

V. Cujus nos precibus adjuvari deposcimus apud Deum nostrum. Cum quo gaut.

Histoire on translation des rellps de saint lo et de saint Bomplialre

Les reliques de saint Lo ont été portées dans différents endroits, où sa mémoire est toujours en grande vénération. Ces reliques, avec celles de saint Romphaire, furent d'abord déposées à Bayeux, vers 875, comme l'indique le Livre-Noir de la cathédrale de Coutances. Plusieurs années après, la persécution continuant, on les

A. Beati Laudi insignia deyoto jubilemns ore qui primaeyo carsu yitae inspiratus diyinitus yirginale yotum laetus subiens in senectute bona o finis yera.

Â. Sancto Lando Cbristus yivere fait et mori lucrnm. Allelnia. Alléluia. AUelnia.

A. Prœcipuus athleta Dei gratia plenos, signis et yirtutibus fulgens, sacer Landus temporalem mortem qui subiens, perpetuam adeptus est yitam.

A. Erat enim sapientia plenus, caritate stipatus, humilitate praecipuus, sanctitate fulgidus, in elemosinis largus.

A. Factum est ut in toto orbe yelociter praefati pontificis gloriam militaret quia in eo opinio famulatri^^ yirtutum fulgebat.

A. Laus tibi Cbriste semper et gratiarum actio beati Laudi confessons et épiscopi tui bodierna soUempnitate qui nos laetificas, quapropter petimus intercedente ut eos nosmet ipsius laetitiae participes faciès per ssecula Deus qui yiyis et régnas.

Deus qui ad decorandam ecclesiam tuam beatissimum Laudum pontificem sanctitatis qualitate laudabilem, da nobis divinam adipisci Isetitiam ut cujus gloriosum soUempniter celebramus transitum seternae yitae prsemia per ejus obtineamus obtentum. Per Dominum.

Super oblata.

Viyifîcam salutis nostrae hostiam majestatis tuse Domine gaudenter immolamus, quatinus sancti Laudi suffragiis freti per baec oblata ad gaudia fidelibus tuis peryeniamus promissa. Per.

Praefatio. Vere dignum, seteme Deus, yenerabilis Laudi antistitis laudando gloriam prsedicantes, qui cum duodennis esset puerultts per spiritus sancti electionem ad pontificatus apicem per sanctitatis gradus ad nostram sublimasti salutem ; nam et ejus meritis mundus diversis enituit signis, ut tua largiflua confisus in gratia, cœcis redderet yisum, debilibus gressum, infirmantibus sospitatem. Ac per hoc sua mérita cunctis innotescerent populis ut cujus gratîse dono apud te remuneraretur in supemis. Et ideo.

Benedictio. Omnipotens Dominus yobis su» bencdîctionis dono sanctificèt qui beatum Laudum praesulem sibi unius yagitu infantis elegit, atqtie spiritus sancti ardore ad regendum populum roboravit. Amen,

Sicque cor yestrum inradiat ut ea que in domo Dei ex yita patroni hujus recitantur viscerabiliter intelligatis et intelligendo quantotius imitari possitis. Amen.

Quatinus ejus exemplis eruditi necnon suffragiis muniti momen labentis œyi transeatis inlaesi atque in seterna requic illi cum palma gloriae yaleatis adjungi. Amen.

Quod ipse prsestare dignetur. Amen.

Postcommunio. Tua Domine saginati eucharistia omnipotentem clementiam tuam laudare non cessamus ut per festum beati prsesulis Laudi qui nobis est celeberrimns et plebs tua a cunctis destituatur delictis et aethereis redimetur incrementis. Per.

transféra à Rouen (1). Cependant, cette ville n'offrant pas encore toute la sécurité voulue, et le saint dépôt s'étant augmenté des pieux restes de saint Marcouf et de ses deux compagnons, on convint d'en transférer une grande partie à Angers. On ne fut pas toujours exempt d'inquiétudes dans cette dernière ville, et les barbares, pénétrant partout, on divisa les reliques et on confia un certain nombre d'ossements de saint Lo et d'un autre saint de l'Anjou, aux moines de l'abbaye de Tulle. Baillet, les BoUandistes et Godescard pensent qu'on en donna aussi à l'église de Thouars, dans le département des Deux-Sèvres.

Nous allons résumer tous les titres rédigés à Rouen, à Angers et à Tulle ; nous dirons ensuite comment une partie de ces corps précieux revinrent dans les villes de Coutances et de Saint-Lo, où ils ont été conservés pendant la tourmente révolutionnaire ; enfin, comme pièces justificatives, nous donnerons le texte latin des actes de ces diverses translations.

1°. — Reliques de saint Lo et de saint Romphaire à Bayeux,

à Rouen et à Angers,

Bien des années après la mort de saint Lo, les barbares du Nord envahirent les frontières de la France et dévastèrent tout sur leur passage. Le corps du saint évêque de Coutances fut alors tiré du lieu où il reposait et transporté, avec celui de saint Romphaire, dans la cité forte de Bayeux (2). On les inhuma, non comme on l'eût désiré, mais comme les circonstances le permirent, devant le grand portail de la cathédrale. Dans la crainte que les pirates n'enlevassent ces pieux ossements, on plaça au-dessus trois autres corps de défunts qu'on recouvrit ensuite de terre.

Après quelques années de paix, on vit aborder en Neustrie une flotte navale. Elle était commandée par douze chefs qui résolurent d'occuper le pays et de s'en partager le sol. Un de ces chefs, le fameux RoUon, ayant eu une entrevue avec le roi de France, obtint une partie du territoire, fit la paix, et ses compagnons le recon-

(1) Gallia ChrisHana, T. XI. Instrumenta, p. 217.

{% Les bréviaires de Coutances, au XVII® siècle, affinnent que le corps de saint Possesseur fut transporté à Rouen avec ceux de saint Lo et de saint Romphaire. Cette affirmation est purement gratuite, car on ne peut apporter aucune preuve de la conservation et de la translation des reliques de saint Possesseur.

nurent comme leur duc. A cette époque, Théodoric, évêque de Coutances, ayant appris que ses bienheureux prédécesseurs, Lo et Romphaire, avaient été, par le malheur des temps, transportés loin de leur lieu de repos, il les rechercha, et les ayant trouvés, les plaça honorablement dans l'église de Saint-Sauveur de Rouen (1). Un de ses successeurs, l'évêque Hugues (2), pour honorer les saints, fit à grands frais agrandir cette église. A cette époque, vers 990, existait à Rouen un nommé Dauvin, tellement faible des reins et des genoux qu'il ne pouvait se mouvoir qu'en appuyant ses mains sur un escabeau ; il semblait alors plutôt ramper que marcher. Mais, par l'intercession de saint Lo, dont il implora l'assistance, il recouvra complètement la force et la santé.

Soixante-quinze ans avant l'établissement de Rollon (en 911), un roi de la nation danoise, Hasting, homme courageux et habile, sortit de son pays avec une armée considérable, pénétra en Gaule et envahit la Touraine. La ville fut environnée d'ennemis, et les assiégés, impuissants à se défendre, se recommandèrent à Dieu. Prenant ensuite le corps de leur puissant patron, saint Martin, ils le portèrent à l'endroit le plus violemment attaqué, afin que le mort combattît pour les vivants. prodige ! cet homme admirable, ce puissant thaumaturge, rendit le courage aux siens et les bataillons ennemis reculèrent devant lui. Les assiégés, pleins de confiance dans leur puissant protecteur, poursuivirent les Danois en déroute, en tuèrent un grand nombre et firent les autres prisonniers. Un petit nombre évita la mort en prenant la fuite avec Hasting.

Les Tourangeaux, avec le corps de saint Martin, s'étant avancés à six mille au-delà de Tours, en chantant des hymnes et des cantiques, ne se retirèrent qu'après une victoire complète. En mémoire de cette course triomphale, on éleva, à l'endroit où le corps saint s'était arrêté, une église qui fut nommée Saint-Martinde-Bellé.

Après avoir rappelé les guerres d'Hasting qui eurent lieu, comme nous l'avons dit, trois lustres avant celle de Rollon, nous reviendrons à notre premier sujet, c'est-à-dire à la déposition du corps de saint Lo, qui eut lieu à l'époque de ces invasions.

(1) C'est cette église de Saint-Sauycur qui prit plus tard le nom de Saint-Lo de Rouen. L'évêque Théodoric fut le contemporain de Rollon.

(2) L'évêque Hugues vivait en 990, et ne mourut qu'en 1025.

Avec Hasting(l), les ravages des Normands ne furent point terminés. Un autre chef danois (2), habile dans les armes et très cruel pour les chrétiens, envahit la France de différents côtés avec une puissante armée. Pendant qu'il assiégeait le Mans, il envoya une partie de ses troupes jusqu'à Tours pour s'emparer de cette ville. Les soldats avaient ordre de réduire les habitants en captivité, de les ramener chargés de chaînes, avec beaucoup d'or et d'argent et autres richesses. Mais Dieu, dans sa bonté, veillait sur cette ville. Une grande inondation du Cher et de la Loire forma, par la réunion des deux fleuves, une vaste étendue d'eau, qui éloigna delà cité les phalanges ennemies. Cependant, le monastère de Marmoutiers, qui était à une petite distance de Tours, fut renversé de fond en comble. Quatre-vingts moines au moins périrent par le glaive. Il n'y eut à échapper au carnage que l'abbé et vingt-quatre moines, qui se cachèrent dans des cavernes. Heureusement qu'à l'approche de l'ennemi on avait enlevé le corps de saint Martin, qui fut transporté de la cité de Tours dans celle d'Auxerre.

La conversion de RoUon et son traité avec le roi de France, qui lui donna l'autorité en Neustrie, n'eurent lieu (en 911) qu'après les ravages d'Hasting. Celui-ci vint souvent, comme nous l'avons dit, ravager la France, assiéger les cités, renverser leurs murailles, raser leurs tours, dépeupler, par le fer et la flamme, les forteresses, les campagnes, les bourgades, massacrer les populations et réduire les églises en cendres. La terre danoise ne pouvant nourrir ses habitants, il était d'usage qu'à chaque lustre une quantité d'hommes, désignés par le sort, abandonnassent pour toujours le sol natal et allassent chercher fortune à l'étranger. C'est ce que fit RoUon. Avec ses compagnons, il envahit de nouveau la France.

Les Rouennais, tremblant à l'arrivée des infidèles, se consultent et décident de transporter à Angers ce qu'ils avaient de plus précieux, c'est-à-dire les corps ou mieux une partie des reliques de saint Lo et de saint Romphaire. Elles allaient être ainsi sous la pro-

(i) Le texte latin porte Rolloni^ mais c'est assurément une faute de copiste. Le massacre de Marmoutiers eut lieu en 852, sous les chefs Sidroc et Godefroy, d'après les Ann, de 5. Berlin, les Geita Normannorunij Reginon et les Ann, de Fulde, U ne peut donc ici être question du premier duc de Normandie^ RoUon^ qui ne parut en France que de 876 à 9ii. 11 assiégea Paris en 886«

(2) Sedroc.

tection d'un comte fidèle et chrétien, le brave Ingelger(l) qui, à la tête d'une armée, avait pieusement rapporté à Tours le corps de saint Martin, déposé à Auxerre.

Le comte reçut les reliques avec honneur et les plaça dans l'église de Sainte-Geneviève, située dans les murs de la cité et devant la porte du château. On y déposa aussi les précieux restes de saint Marcouf, de saint Coronaire et de saint Cariulfe. La présence de ce trésor fit la gloire de cette église, grâce à Celui qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.

Longtemps après cette translation , les clercs du Bienheureux Lo ne pouvant facilement ni convenablement desservir cette église, trop rapprochée des fortifications du château, les corps des saints et plusieurs autres reliques furent transférés, par le très illustre Louis, roi de France par la grâce de Dieu, dans l'église de Saint- Germain, qui hérita aussi de tous les droits déjà accordés. Avant cette seconde translation, toutes ces reliques avaient été visitées par le Vénérable Guillaume (2), évêque d'Angers, accompagné de Reginald, archidiacre de la ville ; de Bernard, grand doyen de Saint- Maurice ; du prieur de Saint-Jacques, de Robert de Los Castellan, seigneur du château, et de plusieurs autres personnes probes et discrètes (3).

Quant à la translation des corps des saints et du clergé de Sainte- Geneviève dans celle de Saint-Germain, elle eut lieu le troisième jour après la fête de Saint-Aubin, l'an du Seigneur 1234, et on en fait mémoire tous les ans avec beaucoup de solennité.

(1) Ingelger reçut le comté d'Anjon du roi de France, Louîs>le-Bègue, qaî régna de 877 à 879. D'après le texte latin : « Rothomagis vero trepidantibus infidelium prœ timoré, communicato fide dignis mis consiliOj pretiosas margaritas ac thesauros sanetissimos y videlieet sanctorum Laudi atque Rumpharii corpora Andegavityi usque transmittuntj » il paraît certain que les reliques des saints de Coutances n'étaient pins alors à Bayeux, mais à Rouen.

(2) Guillaume II, de Beaumont, qui siégea de 1202 à 1240.

(3) Les Bollandistes pensent que les reliques de saint Lo et de saint Romphaire ne furent pas d'abord déposées dans la capitale de l'Anjou, mais dans le monastère de Glomnen, aujourd'hui Saint-Florent. Un yieux martyrologe, conservé dans la bibliothèque de Golbert, porte en e£fet ces mots : « X Kalen» octobris 5^' Laudi Constantiœ eivitatis episeopi in loco qui dicitur Glomna, » Saint-Florent fut fondé sur le mont Glonne {in monte Glonna), vers la fin du IV* siècle, par un disciple de saint Martin.

Relipes de saint Lo. à Me, d'aprds on demain du XII' siiicle

Des titres que nous avons recueillis nous permettent de rappeler à la postérité dfes faits anciens. Nous écrivons donc cette page pour indiquer d'où sont venues les reliques renfermées dans ces châsses, afin que le lecteur connaisse comment elles furent d'abord réunies et ensuite séparées. Ici, en effet, sont renfermés les ossements des Bienheureux Lo et Beaumade. Saint Lo, par un ordre du ciel, devint évêque de Coutances à l'âge de douze ans. Il gouverna sagement son église pendant quarante années, et brilla par ses vertus et ses miracles. Après une vie glorieuse, il fut enseveli avec honneur. Bien longtemps après, la crainte des Normands, qui dévastaient la Gaule, fit transporter son corps dans la ville d'Angers. On l'y conserva quelque temps ; mais, redoutant une nouvelle invasion, on l'apporta à Tulle.

Le Bienheureux Beaumade, né de parents nobles, dans le pays du Mans, vécut dans la solitude, orné de vertus et de sainteté. Il y termina sa vie par une mort précieuse. La persécution des Gentils croissant toujours, les prêtres de son église, par une sorte d'inspiration divine, transportèrent ses précieux restes dans notre cité. Chacun de ces saints fut mis dans une cripte particulière.

Bien des années après, Eblanus, personnage noble et parent de la comtesse d'Angers, obtint la vicomte de Combom. La comtesse envoya alors des messagers, et par ses prières et ses promesses exigea du jeune vicomte que le corps de saint Lo, qu'elle disait avoir été enlevé à Angers, lui fût rendu de gré ou de force. A cette nouvelle, les moines de Tulle, craignant d'être privés d'un si précieux trésor, résolurent de réunir dans une seule châsse les reliques des Bienheureux Lo et Beaumade, et de laisser un certain nombre d'ossements des mêmes saints dans les reliquaires où ils avaient été primitivement déposés. Mais la miséricorde divine vînt avec bonté répondre à leur amour et à leur tristesse. La comtesse mourut peu de temps après.

De nos jours, ajoute l'historien, comme les châsses dans lesquelles les saints avaient été primitivement déposés étaient usées par le temps, Pierre de Saint-Arède, alors trésorier, acheta de nouveaux reliquaires pour y déposer les pieux ossements, et les plaça, autant qu'il put les reconnaître, chacun dans leur châsse.

Par les mérites de ces saints, le Seigneur accorde de nombreux miracles.

Le corps de saint Ulfard, venu aussi de l'Anjou, fut également placé dans un reliquaire neuf. Ceci fut fait en l'honneur de Dieu, l'an de Jésus-Christ, 1153, sous le règne du roi Louis, de l'évêque Gerald de Limoges, de l'abbé Gérard de Tulle, l'an premier de sa prélature.

Baluze parlant, dans V Histoire de Tulle, du culte de saint Lo et de sa fête le IX des calendes d'octobre (23 septembre), nous apprend qu'on invoquait le saint évêque de Coutances contre les incendies, et il ajoute qu'on en cite plusieurs exemples dans le passé et le présent. Il raconte l'incendie de l'hôpital de Tulle, qui fut éteint par la présence du corps de saint Lo. Il en fut de même, en 1658, dans l'incendie du palais épiscopal. L'eau manquant de tous côtés, l'évêque Louis Guron ordonna d'apporter les reliques de saint Lo dans l'endroit où le feu était le plus ardent, et aussitôt les flammes perdirent leur activité. En reconnaissance, la fête de saint Lo, un peu abandonnée, fut, à partir de cette époque, célébrée avec beaucoup de solennité.

Baluze rapporte encore que les reliques des saints, conservées à Tulle, étaient quelquefois portées en procession pour obtenir la cessation d'orages, ou de pluies continuelles, et que les prières des fidèles étaient alors exaucées. (Acta Smictorum, Tom. V. men. septembris. p. 446),

Etat des reliques de saint Lo, de saint Romphaire, de saint Marcouf, de saint Coronaire et de saint Cariulfe, à Angers.

Baluze nous donne ce renseignement sur les différentes reliques conservées à Angers au XP siècle :

« Au temps de Foulques, comte d'Angers, et du seigneur Hubert, évêque de la même cité, deux châsses furent ouvertes par le seigneur Primold, abbé de Saint-Aubin, en présence de quelques-uns de ses moines, d'après l'ordre du comte.

» Les reliques qu'on y trouva furent déposées, avec beaucoup de respect, dans un reliquaire donné par le comte lui-même en l'honneur des saints, et placé convenablement dans le monastère. On trouva dans les anciennes châsses des inscriptions indiquant les différents noms des saints qu'elles renfermaient. La première était ainsi conçue : « Ici sont les corps des saints Lo, Romphaire etCoro-

naire, du pays de Coutances. Fait le X des calendes d'octobre (22 septembre), c'est-à-dire le jour même de la fête de saint Lo.

» La seconde portait ces mots : « Ici sont les corps des saints « Marcouf et Cariulfe. »

Le bras de saint Lo porté par les moines quêteurs dans le diocèse

de Coutances, en 1441.

Coutances et son diocèse furent privés des reliques de leurs grands évêques saint Lo et saint Romphaire, pendant près de huit siècles. Elles étaient toutes restées à Rouen, à Angers, à Tulle, et probablement aussi à Thouars (1). Cependant, on fit quelquefois vénérer une portion de ces reliques aux habitants du Cotentin. C'est ce qui eut lieu en 1441 ; Gilles de Duremont, évêque de Coutances de 1440 à 1444, n'habita point sa ville épiscopale ; il vivait continuellement dans le prieuré de Saint-Lo de Rouen, où il a laissé une charte dans laquelle il sollicite les largesses de ses diocésains en faveur du monastère où il faisait sa résidence. Les moines de Saint- Lo de Rouen, portant un bras de saint Lo, vinrent alors faire une quête, non seulement dans le Cotentin proprement dit, mais encore dans les îles de Jersey et de Guernesey, qui en faisaient encore partie.

Voici le résumé de cette charte :

« Gilles, par la miséricorde de Dieu, évêque de Coutances, aux abbés, abbesses, prieurs, doyens, archidiacres, prêtres, curés, vicaires, tous ecclésiastiques et bénéficiers habitant notre ville épiscopale, notre diocèse et les îles de Jersey et de Guernesey qui en dépendent, salut en Notre-Seigneur.

» Nous croyons que Jésus-Christ, Notre Sauveur et Rédempteur, glorifié dans ses saints et heureux des hommages qu'on leur rend, sera propice, ici-bas, à ceux qui honorent sur la terre les élus de Dieu. C'est pourquoi nous invitons nos fidèles à faire quelques aumônes aux personnes qui servent religieusement le Christ.

» Le prieuré de la Bienheureuse et indivisible Trinité de Rouen est maintenant sous le vocable de saint Lo, pasteur et patron de

(1) Voir Godescard, Vie des Saints, à l'article saint Lo, au 2i septembre.

notre église cathédrale. Ce saint Evéque, un de nos prédécesseurs dans répiscopat, ainsi que saint Romphaire, son successeur immédiat, reposent tous les deux dans cette église, où ils sont vénérés avec beaucoup de dévotion. Or, ce prieuré, dans lequel plusieurs évoques de Coutances firent leur demeure à l'époque des invasions normandes, tombe de vétusté depuis les guerres (1). Ses tours, ses colonnes, ses édifices menacent ruine de tous côtés. Pour réparer ces dommages, le monastère n'a presque plus rien de ces riches revenus qu'il possédait jadis. Le prieur et ses frères n'ont ni trésor, ni fabrique pour relever leur demeure, subvenir à leur nourriture et à leur entretien, si ce n'est les aumônes et la charité des fidèles. C'est pourquoi nous vous exhortons dans le Seigneur à venir à l'aide des religieux de cette maison, quand ils se présenteront à vous et à vos paroissiens avec ces lettres munies de nos armes et avec un des bras du très glorieux confesseur saint Lo. Les prêtres les recevront avec bonté, rassembleront leurs paroissiens et leur exposeront les nécessités du monastère. Ils engageront ensuite les

fidèles à venir au secours des religieux •

» Nous, par la miséricorde de Dieu Tout puissant, à tous ceux qui, vraiment pénitents et confessés, auront fait une offrande au couvent, nous leur remettons trente jours des pénitences enjointes, pendant un an seulement, car nous préférons à cette quête les intérêts de notre église cathédrale. Donné à Rouen, le onze septembre 1441. »

Reliques de saint Lo, de saint Roniphaire et autres saints, conservées au prieuré de Saint-Lo, à Rouen, en 1470.

D'après l'inventaire des reliques conservées au prieuré de Rouen, en 1470, on peut se donner une idée approximative de ce qui avait été transporté des corps de saint Lo, saint Romphaire et autres saints, à Angers, à Tulle et ailleurs. Voici, en effet, le résumé d'une charte des religieux de Rouen, qui indique tous les ossements qui se trouvaient dans l'église de leur monastère :

« A tous présents ou futurs qui verront, liront ou entendront la

(1) La guerre de Cent ans n'était pas terminée et nous étions encore sons la domination anglaise.

lecture de ces lettres, Guillaume, humble prieur du monastère de Saint-Lo de Rouen, de Tordre de Saint-Augustin, et tout son couvent, salut dans le Seigneur. Qu'on connaisse et qu'on sache, par ces présentes, qu'après mûre délibération, nous avons cru rendre un plus grand honneur aux saints dont les corps reposent dans notre église, c'est-à-dire à saint Lo, à saint Romphaire, autrefois évéques de Coutances, et à saint Fromond, abbé et martyr, en faisant réparer les anciennes châsses où on les avait déposés.

» L'an du Seigneur 1470, indiction troisième, le 24 mai, la sixième année du pontificat de Notre-Saint-Père le Pape Pie II, en présence du notaire public et de plusieurs témoins qui ont signé, nous avons fait extraire de leurs vieux sacs de cuir des ossements que nous spécifierons, pour les placer dans des châsses neuves qui vont être décrites. Cette extraction a été faite par des frères profès et prêtres de notre couvent, avec beaucoup de dévotion et des prières. Revêtus d'étoles, entourés de torches, de cierges ardents, ils ont déposé les reliques dans le chœur, sur le grand autel de notre monastère, renfermées dans un coffret de forme ronde, couvert de soie verte. Ces reliques ont été ainsi placées :

» 1® D'un des sacs dont nous venons déparier ont été extraits plusieurs ossements provenant de tibias, de humérus et d'autres parties du corps de saint Lo. Ils ont été déposés dans un coffre ou châsse longue, enveloppés dans une étoffe de soie blanche et sans tache ; le coffre est recouvert d'une soie couleur vert -safran, semé d'étoiles et de croissants rouges ; 2® du même sac nous avons encore tiré trois côtes et, d'un autre sac de cuir blanc, deux os iliaques de saint Lo. Enveloppés dans de la soie blanche, neuve et sans tache, ils ont été reposés dans un coffre long couvert d'une étoffe d'or ; 3® une chaussure. ou sorte de soulier de saint Lo, ayant servi au pied droit. Enveloppé dans une soie blanche, excellente et sans tache, il a été mis dans une châsse en forme de pied et recouvert de soie noire enrichie ou semée de lignes d'or ;

» ¥ Le chef de saint Romphaire, avec un maxillaire et quelques dents, le tout tiré d'un sac de cuir blanc et d'une toile de perse ou de soie. Nous avons déposé ces reliques, enveloppées dans une soie blanche et pure, dans une châsse ronde couverte de soie vertsafran, semée d'étoiles et de croissants rouges ; 5® trois côtes unies avec de la chair, deux os de jambes avec un peu de chair, trois

autres os, deux de tibias avec un autre et des intestins de saint Romphaire, le tout tiré d'un sac de cuir. Ces reliques, enveloppées dans de la soie blanche et pure, ont été mises dans un coffre long couvert de soie ; 6« douze os des côtes, un de humérus, plusieurs autres petits os, avec un ossement de la hanche auquel adhère encore un peu de chair, un autre humérus avec sa chair, encore . de saint Romphaire, et tirés d'un sac de cuir. Le tout, enveloppé dans une soie blanche et pure, a été placé dans une châsse rectangulaire ou oblongue couverte de soie ;

> 7« La partie antérieure de la tête de saint Fromond, avec un de ses maxillaires tirés d'un sac de cuir blanc ; enveloppés dans une soie neuve et sans tache, ces ossements ont été déposés dans un reliquaire de forme demi-ronde, recouvert de soie de différentes couleurs ; 8® plusieurs os de l'avant-bras, de humérus, de jambes, de tibias, de pieds, de côtes, de maxillaires supérieurs, du sternum, du bassin et autres parties du corps de saint Fromond, le tout tiré d'un sac de cuir. Ces reliques, enveloppées dans de la soie blanche et pure, ont été déposées dans deux coffres longs, couverts de soie vert-safran semée de croissants et d'étoiles rouges ; 9^ de la poussière et des fragments d'os et autres débris des saints déjà cités, avec plusieurs particules d'os de saint Coronaire. Enveloppés dans une soie blanche et pure, ils ont été placés dans une châsse couverte de soie.

» Cette translation de reliques de saint Lo et de saint Romphaire a été faite en présence des vénérables et honnêtes personnes maître Guillaume Subtil, prêtre, licencié en droit ; Guillaume Lambert, Jean Doubte, Jean Le Pelichier, Jean Engren et Jean Thuen. A la translation des reliques de saint Fromond assistèrent Nicolas Davy, prêtre, avec les autres témoins, exceptés Lambert et Le Pelichier, qui furent remplacés par des personnes convoquées à cet effet.

» Le dimanche suivant, 27 mai, en présence des témoins dont nous venons de parler, et sur les instances de plusieurs personnes pieuses, des frères de la confrérie de saint Lo, les reliques furent placées dans l'église paroissiale dédiée au saint évêque de Coutances et contiguë à notre monastère. Elles furent présentées aux yeux des fidèles, aux chants des cantiques, des versets et des oraisons, par nous Guilaume, prieur déjà nommé, revêtu de la chape et de l'étole, accompagné du vénérable professeur de théologie, Nicolas

Grenier, portant aussi la ciiape et l'étole. Ce dernier fit l'éloge des saints en présence du peuple. Quant aux reliqueè, elles étaient déposées sur trois de nos autels, afin qu'elles fussent bien vues et vénérées par la foule des assistants. Au coucher du soleil, lorsque le jour allait finir, les pieux ossements, remis dans leurs nouvelles châsses, furent reposés, avec beaucoup de respect et de dévotion, par nous, prieur, revêtu de la chape, de l'étole et autres ornements ecclésiastiques, avec encens, cantiques, versets et oraisons, torches et cierges ardents, au son des cloches, en présence du peuple assemblé et vénérant. les reliques. Les châsses furent placées dans le chœur et devant le grand autel.

» Etaient témoins : discrètes personnes Nicolas Davy, Jean Levilain, Nicolas Lebrun, Jean AUain dit de Caen, Robert Baillemont, prêtres ; Pierre Desloges, Nicolas Lemesle, Jean Le Pelichier, Guillaume des Portes et plusieurs autres appelés pour ce sujet.

» Comme témoignage de cette fête et de chacune de ces translations de reliques, nous avons fait écrire et signer ces lettres par notre notaire, et nous y avons apposé les sceaux et armes de notre monastère.

» Fait les jours, mois et an que ci-dessus. »

Le résumé de cet inventaire prouve que Rouen ne possédait du corps de saint Lo que : deux tibias, un humérus, trois côtes, un os iliaque et une chaussure renfermant jadis le pied droit. Le chef du saint, tous les vertèbres, les fémurs, les péronés, les radius, les cubitus, les rotules, dix-sept côtes, le sternum, les clavicules, les omoplates ; toutes les phalanges des pieds et des mains, avec une grande partie du bassin, avaient du être portés à Angers. Cette ville put alors partager avec Tulle, probablement aussi avec Thouars, et chacune de ces trois églises pouvait être plus riche que Rouen. Angers l'emportait encore sur la métropole normande par ses reliques de saint Romphaire, de saint Marcouf, de saint Cariulfe et de saint Coronaire. Ces reliques furent disséminées de la sorte pendant les invasions du IX® et X® siècle, parce qu'on pensait que si une partie de ces corps disparaissait dans une contrée, le reste serait peut-être sauvé dans une autre.

La fête de saint Lo est indiquée au 22 septembre dans le martyrologe romain ; dans le diocèse de Coutances, elle est marquée au 21 du même mois, mais la fête a été fixée au dernier dimanche de

septembre, afin de ne pas transférer celle de saint Mathieu, apôtre. Plusieurs diocèses, comme Rouen, Bayeux, Evreux, Angers, Tulle, célèbrent la fête de saint Lo, comme à Coutances. Les martyrologes de Hagenoyen, de la reine de Suède, d'Altemps, de Lubeco-Colon, de Greven et de Molanus, indiquent aussi la fête de saint Lo au 21 septembre, ainsi que le martyrologe gallican.

Saint Lo est patron de la ville qui porte son nom, dans le diocèse de Coutances, ainsi que des églises de Courcy, de Saint-Lod'Ourville, de Foucarville, de Senoville, de Saint-Louet-sur-Vire, de Saint-Louet-sur-Lozon et de Saint-Louet-sur-Sienne. Cette dernière paroisse a été supprimée et réunie à Trelly. L'église de Saînt- Lo de Rouen n'existe plus. Les bâtiments du prieuré sont occupés par l§s Frères de la Doctrine chrétienne. Angers possède toujours sa paroisse de Saint-Lo, et une des plus longues et des plus anciennes rues de la ville porte le nom du saint évêque de Coutances. La mémoire de saint Lo est également conservée à Bourg-Achard, où le saint sauva d'un péril imminent ses compagnons de voyage.

Relipes de saint Lo, apportées à Coutances en 1629 et en 1632

Après la mort de l'évêque Nicolas Bourgouing, en 1625, le siège de Coutances resta sans pontife pendant huit années. Pendant cette longue vacance, Jean Corbet, principal du collège, chanoine et vicaire capitulaîre, alla visiter le prieuré de Saint-Lo de Rouen. Il inspecta aussi les reliques et en particulier celles de saint Lo et de saint Romphaire. Le désir lui vint alors d'en obtenir quelques fragments. Sa demande ayant été octroyée, il reçut : 1° un os du bras droit de saint Lo, que les religieux de Rouen portaient avec eux quand ils venaient faire des quêtes dans le diocèse de Coutances ; 2® un morceau du chef de saint Romphaire ; 3» l'os maxillaire , deux dents et une partie des intestins desséchés du même saint.

Encouragé par ce premier succès, le chapitre de Coutances pensa à enrichir son trésor, et dans ce but il envoya une députation à Angers pour obtenir de nouvelles reliques. Ces députés rapportèrent : 1» une côte et une rotule de saint Lo ; 2® une côte de saint Romphaire avec un peu de chair adhérente à l'os et complètement

desséchée ; 3** Fomaplate de saint Marcouf, un petit os du bassin et un autre de saint Cariulfe, son disciple. Ces pieux ossements farent reconnus et authentiqués par les évêques de Coutances, et en dernier lieu par Eustache de Lesseville, en 4663(1).

Relips de la Catbâlrale de CostiuiGes, consen^s pendant la Mntion

François Becherel, par miséricorde divine et dans la communion du Saint-Siège apostolique, évêque du département de la Manche.

Accompagné de Louis-Charles Bisson, Louis-Marie-Gabriel Le MoNNiER, notre premier et second vicaire, d'Etienne-François Mi- LAVAUX, de Bon-Christophe-Hervey Lefevre, de Jean-André Michel, de Guillaume Boursin, de Julien-Claude Leloup, de Charles Bisson, de Pierre-Félix Legallier, nos autres vicaires, après l'enlèvement du reliquaire d'argent de notre église cathédrale de Coutances, fait par les corps administratifs pour les besoins de l'Etat, nous avons estimé devoir visiter les reliques de ladite église, et les replacer dans deux châsses de bois, tirées d'une ci-devant église paroissiale du dit lieu, dite à présent l'oratoire Saint-Pierre.

Dans la première châsse nous avons placé :

l® Un os d'épaule et partie d'un os de la hanche de saint Marcouf, et deux petits os de la hanche de saint Cariulphe, son disciple, les uns et les autres venus de Saint-Lo cT Angers ;

2o Un as du bras droit de saint Lo^ un morceau du crâne, une coste et un os de la rotule du même saint Lo, apportés tant de Saint- Lo de Rouen que de Saint-Lo d'Angers. Ces deux articles conformes au procès-verbal dressé par Eustache de Lesseville, évêque de Coutances, en date du 20 septembre mil six cents (sic) soixante trois, remis dans les dits reliquaires ;

3<> L'os fémur de la cuisse, tout entier et très grand de saint Gaud, évoque d'Evreux, tiré de l'église de Saint-Pair, près Granville, en en ce diocèse, suivant le procès-verbal dressé par ledit Eustache de

(1) Toustain de Billy, ms. et Vie des Evêques de Coutances; — Lecanu, Histoire des Evêques de Coutances^ édition de 1839, page 328. — Procès-yerbanx de Mgr Becherel»

Lesseville, en date du vingt-trois novembre mil six cents soixante quatre, aussi remis dans les dits reliquaires.

Dans la seconde châsse nom avons placé :

lo Trois morceaux de coste de saint Justin, martyr, tirés par Mgr de Brienne, évêque de Coutances, de l'église de risle-Marie, en ce diocèse, suivant son procès-verbal du cinq mai mil sept cents six, que nous avons remis dans le reliquaire ;

2o Un vertèbre de saint Nicaise, évêque de Rouen, anciennement conservé dans cette église ;

3® La mâchoire de dessous avec deux dents, une partie des intestins desséchés et un morceau de coste séparée en deux, avec un petit morceau de chair attaché à un des morceaux, de saint Romphaire^ conformément au procès-verbal ci-dessus cité d'Eustache de Lesseville, en date du vingt-sept septembre mil six cent soixante trois, que nous avons remis dans le reliquaire;

4» Deux petits cadres de bois doré fermés d'un verre contenant des reliques de saint Basilide, Cirin, Nabor et Nazaire, martyrs honorés dans cette église depuis un temps immémorial, et tirées des corps de ces saints qui furent apportés en France par saint Crodegand, évêque de Metz, en mil sept cents cinq, comme le rapporte Paul Diacre, auteur contemporain.

A Coutances, sous notre seing, notre sceau, le contre-seing de notre secrétaire et la signature de nos vicaires ci-dessus dénommés dans le présent acte, que nous faisons renfermer dans le reliquaire, le mercredi trentième jour de janvier mil sept cent quatre vingt treize, Tan 2« de la république française.

Sont signés : f F. Begherel, évq.^ L. L. Monnier,

MiLAVAUX, vie, L. C. BiSSON.

Par Mandement,

Lefevre, Le Loup, Lecallier, Bisson le jeune, Michel, vie, Boursin.

François Begherel, par la miséricorde de Dieu et dans la communion du Saint-Siège apostolique, évêque du département de la Manche.

Accompagné de Louis-Charles Bisson, notre premier vicaire; de Julien-Jean-Baptiste Duchemin, supérieur de notre Séminaire ; de Pierre Legrand, notre vicaire; d'André-Bernard Fauvel, ancien curé d'Ourvilie; de François Grandin, prêtre; de Tiiomas-François Fauvel, prêtre ; de Jean-Louis Lemière, prêtre ; de Louis-François Prat, prêtre ; de Jean-Baptiste Gauchard, prêtre, et de plusieurs autres.

Après avoir reconnu que les sceaux par nous apposés sur un paquet enveloppé d'une étofe de soie verte étaient entiers et bien conservés, nous avons fait ouverture d'icelui et y avons retrouvé tous et les mêmes ossements de saints référés dans notre chartre du mercredi trente janvier 1793. Ci-joint, avec les Chartres anciennes et nouvelles, les quelles reliques nous avons eu le bonheur de soustraire à l'impiété lors de la supression du culte et de la dévastation de l'église cathédrale ; nous les avons aussi enveloppées et scélés (sic) en présence de quelques-uns de nos vicaires et les avons remises en des mains sûres qui les ont portées dans une ville voisine, dans l'incertitude de notre sort et dans la crainte de recherches ultérieures. Ces précieuses reliques ainsi reconnues ont été par nous replacées dans les. deux anciennes châsses de bois, dans l'ordre énoncé dans la chartre précitée, et avons fait solennellement la translation et replacement dans notre église cathédrale après les vêpres, le dimanche fête Saint Joachim et Sainte Anne, vingt-six juillet, l'an de J.-C. mil sept cent quatre vingt quinze, de la république française le troisième, et huit du mois nommé thermidor, en présence dessus dénommés et d'un nombreux concours de fidèles de l'un et de l'autre'sexe.

Sont signés : f F. Becherel, évq., L. F. Prat, L. C. Bisson,

Legrand, A. B. Fovel, T. F. Fovel, J. Du- GHEMiN, J. B. Cauchard, J. L. Lemière, F. Grandin.

A la marge est un sceau circulaire en cire rouge avec une croix au centre et autour duquel est écrit : Religion catholique^ apostolique et romaine»

Toutes ces reliques existent encore aujourd'hui dans Téglise cathédrale de Coutances. Elles sont conservées dans deux reliquaires en bois doré, que l'on porte processionnellement dans les grandes

solennités. Monseigneur Bravard ajouta à ce trésor, en 1864, une relique de saint Aubert, évêque d'Avranches. Elle provient du chef du saint confesseur, conservé aujourd'hui dans l'église Saint-Gervais d'Avranches.

Reliques de saint Lo apportées à Féglise Notre-Dame de la ville

de Saint-Lo, en 1678.

Messire Jacques de Matignon, ancien évêque de Condom, puis abbé de Saint-Victor de Marseille, passant par Tulle, en 1678, le jour qu'on faisait la fête solennelle de la translation des reliques de saint Lo, apprit avec certitude que ces reliques étaient celles du saint Evêque de Coutances. Cette nouvelle le ravit d'allégresse et il fit tant, auprès de Mgr Julien Mascaron, alors évêque de Tulle, que malgré les bourgeois de la ville qui s'y opposaient, il en détacha trois ossements : la première vertèbre du cou et les deux palettes des genoux. Comme Mgr de Matignon était né à Saint-Lo, où demeurait alors sa mère, il voulut en faire présent à sa ville natale et à l'église Notre-Dame, où il avait été baptisé. Au jour marqué pour en faire la translation, les évêques de Bayeux et de Coutances (1) se rendirent à Saint-Lo. On alla chercher le saint dépôt à l'église de l'abbaye (Sainte-Croix), et il fut apporté processionnellement en l'église Notre-Dame, tendue partout de riches et magnifiques tapisseries. L'autel majeur était orné d'une quantité de vases de vermeil et d'argent. La grand'messe fut dite par Mgr de Coutances, qui fit le sermon. La châsse était portée par deux prêtres vêtus en diacres, précédés de plus de cinq cents ecclésiastiques en chapes, entre lesquels étaient plusieurs chanoines de Coutances, qui tenaient le premier rang dans cette cérémonie. Les évêques étaient suivis d'un grand nombre de personnes de toutes qualités. On y vint de dix lieues à la ronde ; la jeunesse de Saint-Lo était sous les armes et la ville était dans des transports de joie (2).

Les reliques du saint Evêque de Coutances, dans la ville de Saint- Lo, furent conservées en 1793, par deux prêtres respectables de la

(1) Mgr Rouxel de Medavy, évêque de Bayeux^ et Mgr Léomenie de Brienne^ évêque de Coutances.

(2) Toustain de Billy, Histoire de Saint-Lo, — Notice êurVéglise Notre-Danie de Saint-Lo, par M. Tabbé Delaunay, pages 75 et 76.

paroisse Notre-Dame, dont les noms sont encore en honneur. Ce furent M. Tabbé Jehan qui, le premier, rétablit le culte catholique dans l'église de l'hôpital, en 1801, et M. l'abbé Hébert, mort vicaire de Notre-Dame, en 1848, avec le titre de chanoine honoraire du chapitre de la cathédrale. Après avoir sauvé ces précieux restes de la profanation, ils les rendirent à leur église après la tourmente. Ce sont ces mêmes reliques que l'on porte encore processionnellement autour de la ville, dans les grandes solennités, et toujours au milieu d'un enthousiasme traditionnel (1).

De Iraoslationibns corporis sancti Landi

Post multos annos depositionis Beati Laudi, urgente barbarorum ferocitate, qui infra Francorum fines irruerant et hostili impetu discurrentes usquequaque patriam devastaverant, corpus ejus de loco in quo requieverat in Baiocassensium civitatem translatum cum Beato Rumpario successore suo ante faciem majoris ecclesiae, non ut decuit, sed ut opportuit, est humatum, et ne forte sacra ossa aut furto raperentur, aut concremanda seu dispergenda a barbaris effoderentur, reliqua tria corpora eisdem sacris artubus superposita tumulantur. Sed, ut ventis persecutionum succederet, imperante Deo, tranquillitas iterum applicuit his partibus duodeclm commilitonum navalis exercitus^ qui sane depopulatam regionem incolere, nec desertam deserere decreverunt, sed sorte sibi invicem diviserunt. Unus ex eis, RoUo nomine, habito cum rege Francorum conservandae utrinque partis vel pacis coUoquio, omnium est potitus dominio, fungente tune temporis Theodorico Constantiensis ecclesiae sacerdotio, qui beatorum prsedecessorum suorum Laudi scilicet atque Rumpharii corpora audiens quo prae* dictum est. loco et modo haberi thesaurum, necessitate temporis absconditum, diligenter quaesitum invenit, inventum in ecclesia sancti Salvatoris tune nomine dedicata apud urbem Rotomagum honorifice collocavit. Conséquente vero tempore venerabilis Hugo episcopus ad honorem sanctorum et gloriam eamdem pluribus

(1) M. l'abbé Delatmay, Notice sur VéglUe N*-D. de Saint-Lo, en 1863, page 76.

sumptibus ampliavit ecclesiam in qua per idem tempus quidam vir Dauvinus nomine adeo debiiis renibusque ac genibus dissolutis ut scabeliis junctis manibus velut in primam redactus setatem, repère potius quara incedere videretur miseratione sanctorum quorum auxilium sedulus impiorabat optatam diu tandem sanitatem recepit.

Processu vero temporis, urgente dirae sortis inclementia, videiicet Danorum gentis, cujus rex Hastinus vocabatur, vir fortis ac strenuus cum immensa armatorum manu a finibus suis exiiientes, Gailiam ingrediuntur, cum aliàs tribus lustris elapsis ante adventum praedicti Rollonis patriam usque Turonum invasissent. Turonica vero civitate obsessa obsessi viribus déficientes, divina inspirante gratia in se reversi, Beati patroni sui Martini corpus pie rapiunt et ad locum quo belli violentior impetus erat déférentes et mortuum pro vivis propugnatorem opponunt. admirabilem per omnia virum qui, dum adviveret, signopotens appellatus, fulgorem virtutum astris intulit, defunctus etiam bellipotens triumphatus hostium cuneos sola sui praesentia confecit. Sancti siquidem patrocinante suffragio et obsessis securitas et confidentia redditur et obsessoribus formido et pavor non modicus immittitur. Fugiunt igitur Dani, fugientes Turoni persequuntur, fugientium pars gladio cadit, pars capta reducitur et pars fugae subsidio elapsa est. In ipso vero articulo praedictus evasit Hastinus et usque ad sectum lapidera ab urbe persecuti sunt Dacos triumphatoris sui corpus cum hymnis déférentes et gloria per quem sibi triumphus cessit et Victoria. Unde et in ejusdem belli triumphali memoria in ipso loco quo sancti substitit corpus in honore ipsius fabricata est ecclesia quae propter belli eventum sancti Martini Belli sortita est vocabulum.

His vero peractis a praedicto Hastino ante adventum praedicti Rollonis tribus lustris elapsis ut supra dictum est prius de RoUone scripsimus, propter continuation em materiae depositionis Beati Laudi quae tempore ferocitatis praedicti Rollonis evenerat. RoUoni vero tune successit vir ejusdem gentis et simili sorte a finibus suis exiliens, armis strenuus, sed circa christianae professionis homines inhumanus cum maximo infidelium exercitu patriam usquequaque, invadunt. Cenomanis autem obsessis, exercitus sui procuratores Turonis usque transmisit, ut urbe pessumdata auri et argenti affluen-

tem copiam et cœtera ejus bona diriperent et illius incolas vinculatos securn adducentes captivarent. Dei autem providente clementia tanta Cari et Ligeris excrevit inundantia ut sui unione peiagus unura efficerent et civitatis accessu non minima sui altitudine cuneos hostiles arcerent. Verum Majus-Monasterium quod non longe a Turonis erat, funditus eversum, centum vigenti monachos bis binos minus gladio percusserunt prêter abbatem et vigentiquatuor alios qui cavernis terrae latitantes evaserunt pro quorum metu corpus Beatissimi Martini a civitate Turonica translatum extitit ad civitatem Autissidiorensem. RoUone autem fidei restituto, habitp cum Rege Francorum consilio, modo supra scripto omnium est potitus dominio. Postmodum vero ea quse de Hastino diximus facta fuerunt. Qui saepe dictus Hastinus cum immensa armatorum manu modo prgedicto Galliam iterum ingreditur, civitates obsidet, maenia subvertit, turres terrse cosequat, oppida, rura, vicos, ferro, flamma, famé depopulatur necnon et ecclesias in favillam redigens non minimas hominum strages dédit.

Igitur Danorum tellus quoniam sibi insufficiens est, moris est apud illos ut per singula lustra multitudo non minima dictante sortis eventu a terra sua exiliat et in alienis terris mansionem sibi, quomodo ad propria non reversura vendicet. Cum quibus idem Rollo consilium iniens iterum contra regnum insurgens uteum subjugaret procuratores sui exercitus usquequaque transmittit. Rothomagis vero trepidantibus infidelum prge timoré, communicato cum fide dignis suis consilio, pretiosas margaritas ac thesauros sanctissimos, videlicet sanctorum Laudi atque Rumfarii corpora Andegavim usque transmittunt siib protectione christianissimi et circa cultum divinum fldelissimi viri ac strenui et militiae periti Ingelgerii videlicet Andegavorum consulis qui corpus Sancti Martini a civitate Antissidiorensi cum magno exercitu et magna reverentia Turonis antea reportaverat. Qui honorabiliter in ecclesia sua videlicet Sanctae Genovefse intra muros civitatis Andegavinae ante fores comitalis aute posita, dicta sanctorum corpora honorifice collocavit cum sanctorum corporibus, videlicet Marculfi,'Coronarii et Garnulfi quorum prsesentia dicta gaudet ecclesia, lUo auctore qui cum Pâtre et Spiritu Sancto vivit et régnât in secula seculorum.

Processu vero temporis cum clerici ecclesiae Beati Laudi ad praedictam ecclesiam accedere non poterant ad deserviendum ibidem

libère, ut decebat, propter clausuram castri, praedicta sanctorum corpora et quam plurimae reliqui» ab illustrissimo Ludovico, Dei gratia Francorum rege, cum omni clero suo ad ecclesiam Beati Gerraani cum omnibus suis libertatibus sunt translata. Quse praedicta sanctorum corpora cum multiplicibus reliquiis antea visitata fuerant et inventa in ecclesia Beati Laudi in castro, in festo Sancti Vincentii, a venerabili Guillelmo, Dei gratia Andegavensi episcopo, et Reginaldo ejusdem civitatis archidiacono et a Bernardo Sancti Mauricii magno decano et priore Sancti Jacobi et à domino Roberto de Los Castellano dicti castelli et a pluribus hominibus probis et discretis et eodem anno praedicta sanctorum corpora cum reliquiis et omni clero dictae ecclesiae Beati Laudi translata fuerunt a dicto castello ad predictam istam ecclesiam cum magna reverentia videlicet tertia die post festum Beati Albini anno Domini MCCXXXIIII, tertia die mensis martii pro cujus translationis reverentia quolibet anno in praesenti ecclesia soUenniter celebratur (1).

Relipis sancti Landi in civitate Tntelensi, ex veteri meilifana.

Litteras ad hoc repertas esse novimus ut priscorum facta temporum memoriae posteritatis per eas darentur. Ea propter banc componimus paginam ut quorum in praesentibus capsulis reliquiae conduntur, unde allatae, cur prius conjunctae, postmodum fuerint separatœ, omnibus scripturam banc legentibus clarescat. Hic itaque continentur beatissimorum reliquiae virorum Laudi atque Baumadi. Quorum Beatus Laudus, Constantiaî civitati divino nutu duodecimus datus episcopus, eamdem per quadraginta annos, innumeris virtutibus praefulgens et signis, mirabiliter gubernavit ecclesiam ac deinde ibidem gloriosum vitse flnem sortitus honoriflce sepultus est. Post modum vero temporis, timoré Normannorum, qui totam pêne Gallicam regionem devastaverant, ab ejusdem civitatis incolis Andegavum delatus, ac aliqua per tempora ibidem custoditus, prsedictorum tandem metu paganorum, ab eadem civitate hue est allatus.

(1) Manuscrit de M. Léopold Delisle, copié à la Bibliothèque nalionale, Résidu S. Germain. — Manuscrit d'Angers, et vie de saint Lo. — Acta Sanctorum, extrait. Tome 46, pages 444 et 445.

Beatus vero Baumadus, nobilissimis ortus natalibus, in pago Cenomanensî solitariam vitam sanctitate et virtutibus plenam duxit, et ibidem pretiosa morte quievit. Prsedicta vero gentilium invalescente persecutione, ab ipsius ecclesiae rectoribus corpus ipsius divina dispositione, hoc in loco deportatum est. Uterque ipsorum in propriam cryptam coUatus est. Multorum vero post curricuia temporum, Ebalanus cognomine nobiPis, vicecomitatum de Combom obtinuit, qui comitissae Andegavensium propinquus extitit. Ipsa vero comitissa ab eodem precibus et promissis per multos nuntios exegit ut beatissimi Laudi corpus, quod ab Andegavis asportatum fuisse aiebat, aut vi aut voluntarie reddi faceret. Quod postquam Tutelenses monachi compererunt de tam pretiosi thesauri amissione pavidi, consilium inierunt saiubre ut beatorum virorum Laudi atque Baumadi reliquias conjungerent aliquibus ossibus in eadem capsula ubi corpus ipsius prius continebatur, satisfactionis gratia relictis. Sed amori et mserori ipsorum miseratio divina bénigne consuluit, praedicta comitissa à praesenti vita non post multum temporis decedente.

Modernis vero temporibus, cum capsuse ipsse in quibus, ut dictum est, reliquise ipsorum continebantur nimia vetustate consumptœ essent et penè confractse, Petrus de Sancto Aredio, tune sedens sacrista, pro dictorum sanctorum reliquiis condendis capsas novas émit et ossa ipsorum prout dignosci possibile fuit, singula singulis coliocavit. Per ipsorum vero mérita sanctorum innumeras Dominus virtutes tune temporis operatus est. Tune etiam sanctissimi Uifardi corpus, quod ab iisdem partibus allalum hîc requiescit in capsa nova repositum est. Factum hoc ad laudem Domini Jesu Christî anno millesimo centesimo quinquagesimo tertio, Ludovico rege régnante, Geraldo Lemovicenti episcopo, Geraldo Tutelensi abbate, anno primo abbatiae ipsius (1).

(1) Cette narration, tirée d'un ancien manuscrit de Tulle, a été reproduite^ comme un document très authentique, dans VHistoire de Tulle, par Baluze. Ce savant auteur pense que la comtesse Hildegrade, dont il est fait mention dans le récit, était réponse de Foulque Nerva, et qu'elle mourut en 1046. «

L'évéque Gerald mourut en 1177. Cet acte fut donc rédigé au XII* siècle, sous le règne de Louis Vll dit le Jeune.

ReliqniiB S. S. landi et Rnmpiiarii in civitate ÂMpensi. XI' sàicÉ.

Tempore Fulconis (1), Andegavorum comitis et domni Huberti (2), epîscopi, reseratae sunt pariter hae diiaî caps» a domno Primoldo, abbate Sancti Albini, praesentibus quibusdam suis monachis et jussu ipsius comitis. Iiiventae intus reliquise multo cultius sunt repositae in loculum ab eodem comité instructum, in honorera ipsorum sanctorum, cura decenti totius monasterii decoratione, sed et scripta in singulis capsis inventa taliter notiflcabant sanctorum corporum nomina : « Hic sunt corpora Sanctorum Lauthonis, Rum- » pharii et Coronarii de pago Constantino. Factura X Kalendas » octobris in festo scilicet ipsius Sancti Lauthonis. »

« Hic sunt corpora sanctorum Marculfi, Caruilli (3). »

Le bras de saint Lo porté par les moines quêteurs, dans le

diocèse de Coutances, en 1441.

Egidius, miseracione divinâ, Constanciensis episcopus, universis

et singulis abbatibus', abbatissis, prioribus, priorissis, decanis,

^archidiaconis, presbiteris, curatis, vicariis, et loca tenentibus,

oranibusque aliis et singulis persônis ecclesiasticis in et per civi-

(1) Foulque Nerva, comte d'Anjou, qui mourut en lt)40.

(2) Hubert de Vendôme qui siégea de 1010 à 1047. (3; Apud Baluzium, et apud Boll. Tom. 46, fol. 446.

De cultu Sancti Laudi apud Tutelenses.

Kalendarîo monasterii Tutelensis, et in veteri Missali ecclesiarum.catbedralium nostrae provinciae natale ejus rejicitur in diem IX Kal. Octobris, quo die etiamnum apud nos celebratur festus illius dies. Soient etiam S. Laudi reliquise prodesse iis, qui illius opem implorant- adversus incendia; hujus prodigii plurima narrantur exempta vetera et recentia, supersuntque testes plurimi, qui viderunt.

Memini autem, me admodum adolescente, xenodochium Tutelense, quod valde infiammatum erat, ab incendio et flamma liberatum, cum S. Laudi sacra3 reliquiae illic delatae fuissent a canonicis ecclesiae nostrae. £>emum anno MDCLVm cum mense aprili fortuitum incendium esset obortum in episcopio^ jamqne laquearia magna ri ardescerent, et Ludo viens Guronius episcopus eas deferri jussisset ad locum, ubi ignis erat vehementior, cessavit statim incendium manifesto, si unquam alias, miraculo. Quo factum est, ut idem episcopus, partim sua sponte, ut gratus pro benefido accepto, partim postulationibus civium permotus, edixerit, uti deinceps festus dies S. Laudi, qui in desuetudinem ferë abierat, solenniter celebretur.

Historia Tutel .. Baluzii, lib. I, cap. 9, et les Bollandistes Acta \

Sanctorum, T. V. men. septemb. fol. 446.

tatem et diocesim nostras Constantienses et insulas de Gecey et Grenesy nuncupatas in îpsa nostra diocesi eonsîstentes, constitutis et beneficiatis ad quem seu quos nostre présentes littere pervenerint, salutem in Domino.

Dominum Jhesum ChriStura salvatorera ae redemptoren nostruin in sanctis suis gloriosum et eorum glorificacione merito congaudentem credimus habere propicium, si sanctis ejus qui in celestibus habitant reverenter honorari procuramus in terris, et fidèles invitamus ad pietatis subsidia eidem Christo salvatori nostro religiose servientibus et famuiantibus conferenda pariter et largienda. Cum autem in prioratu Beatissime et individu» Trinitatis Rothoraagensis, nunc nomine et vocabulo Beatissimi Laudi confessons, ejusdem nostre Constanciensis ecclesie pastoris et patroni intituiato, ejusdem Beatissimi Laudi et Beatorum Rumpharii in episcopatu et prelatura ejusdem ecclesie sussessoris sui atque Fromondi martiris, ipsius nostre Constanciencis ecclesie episcoporum et predecessorum nostrorura corpora et reliquie requiescant ac devotissime revereantur, teneantur et habeantur, in quo siquidem prioratu nostrorum predecessorum quamplures temporibus retrocedentibus, ipsa nostra Constanciensi diocesi guerrarum voraginibus inhabitabilî judicata, sedem episcopalem et prelaturam tenuerunt et habuerunt, cujus prioratus, pro presenti, turres, columpne et edifficia propter sui vetustatem ac alias, guerris causantibus, ad ruinam permaximam, fructusque redditus et proventus quibus antiquitus magnis habundabat, ad nichilum vel quasi redacta sunt, et ejusdem prioratu s prior et religiosi thesaurum seu fabricam unde ipsum reparare, victumque et vestitum ac alia necessaria sibi perquirere, non habeant, nisi ex Christi fidelium elemosinis eisdem caritative succurratur.

Eapropter, premissis actentis et pensatis, universitatem vestram monemus ac in Domino salubriter exhortamur, quatinus cum religiosi seu procuratores ejusdem prioratus présentes aut earum verum transumptum sub sigjllo curie nostre Constanciensis secum déférentes cum brachio ejusdem gloriosissimi confessoris sancti Laudi, ad vos ecclesiasque et parrochianos vestros venerint, sive declinaverint, Christi fidelium elemosinas petituri ac indulgencias et benefacta ejusdem prioratus exposituri, ipsos bénigne sine contradicione recipiatis et admittatis, et congregato populo sive par-

rochianis utriusque sexus parrochiarum vestrarum nécessitâtes dicti prioratus, absque tamen sermocinacione aut doctrina auctoritativa latine predicatione, simpliciter explicare permittatis, eosderaque parrochianos vestros exhortari velitis, ut de bonis à Deo sibi collatis indigencîe et necessitati eorumdem religiosorum succurrere velint ac caritative elargiri, et ut vota et promissiones, si qui sînt ex eis qui ea dicto prioratui fecerint sive voverint, solvant et realiter restituant. Inhibentes vobis sub pena excommunicationis ne prêter voluntatera eorum aliquîd de sibi sic collatis aut persolutis petere aut exigere presumatis, nisi quatinus de jure perinittitur (sic) aut licitum existât, sive antiqua et approbata consuetudo det aut concédât, ut per hec et alia bona que vos et ipsi Domino inspirante feceritis et fecerint ad eterne felicitatis gaudia mereamini et mereantur pervenire. Nos enim, de omnipotentis Dei misericordia, omnibus vere penitentibus et confessis qui dicto prioratui ad premissa manus porexerint adjutrices, trigenta dies de injunctis penitentiis misericorditer in Domino relaxamus presentibus post unum annum a data ipsarum computandum minime valituris ; huic autem queste et omnibus aliis volumus negocium fabrice ecclesiae nostre Constanciensis anteferri. Datum Rothomagi sub sigillo camere* nostre, anno Domini millesimo quadringentesimo quadragesimo primo, Xl"»« die mensis septembris. > (Archives de la Seine-Inférieure) (1).

Les reliques de saint Lo, de saint Romphaire et de saint Fromond sont placées dans de nouveaux reliquaires, en 1470, dans le prieuré de Sainl-Lo de Rouen.

Universis presentibus et futuris testimoniales bas litteras visuris, lecturis pariter et audituris, Guillelmus humilis prior monasterii seu prioratus Sancti Laudi Rothomag. ordin. Sancti Augustini, totusque ejusdem loci conventus, salutem in Domino. Presentium tenore litterarum clareat vobis evidenteretnotum sit quod nos ma-

(i) Gilles de Durmont^ 58* évéque de Coutances, depuis 1440 à 1444, n'habita jamais sa ville épiscopale et passa tout le temps de son épiscopat dans le prieuré de Saint-Lo de Rouen. Les Anglais possédaient encore la Normandie et ne deraient l'abandonner qu'en 1449.

turâ deliberacione et perpensatione prehabita, zelo devotîonis motî, ut sanctis corporibus Beatorum Laudi et Rumpharii quondam constanciensium episcoporurn, ac Fromondi abbatis et martiris quorum reliquie nostra requiescunt in ecclesia, decus majus afferretur, feretra sive capsas antiquas quibus olim reposite fuerant reliquie ipse earum propter deterioracionem apperiri fecimus et reparari ; annoque Domini millesimo CCCC"»® septuagesimo, indictione tercia, mensis veromaii, diejovis vîcesima quarta, pontificatus Sanctissimi in Christo patris et Domini nostri Domini Pauli, divina providencia pape secundi, anno sexto, coram notario publico inferius subscripto et testibus infra scriptis, prefatas reliquias particularius infra designatas et à veteribus saccis corii quibus erant, extrahi seu dislocari fecimus et in alias capsellas novas sive repositoria nova infra scripta, per quosdam de fratribus nostris religiosis professis et sacerdotibus dicti nostri conventus, cum devocione maxima et orationibus, stolis in eorum colis appositis, tedis et cereis ardentibus, in choro, supra majus altare dicti nostri monasterii, in quodam scrinio sive quadam capsa forme rotunde, coperta panno sericeo viridi deportato et involutum in pannis sericeis albis, finis et mundis. Item plura ossa tibiarum, brachiorum et aliarum parcium corpjoris ejusdem sancti Laudi, extracta à predicto sacco et reposita fuerunt in quodam coffino sive quadam capsa longa, coperta panno sericeo coloris viridis crocei, seminato stellis et crescentibus rubeis et involuta in finis pannis sericeis albis et mundis. Item très coste ejusdem sancti Laudi extracte a dicto sacco et duo ossa crurim sive hanchiarum extracta à quodam alio sacco corii albi reposite fuerunt in quodam alio coffino longo coperto panno aureo et involute in pannis sericeis albis, finis et mundis. Item quidam sotular dicti sancti Laudi forme servientis dextro pedi repositus fuit in quadam capsella facta ad modum sotularis coperta panno sericeo nigro ditato sive seminato repagulis auris et involutus in pannis sericeis albis, finis et mundis.

Caput Sancti Rumpharii cum maxilario sive fauce et quibusdam dentibus, extractum à quodam sacco corii albi et quodam panno telle percisce vel serice, repositum fuit in quadam capsa rotunda coperta panno sericeo coloris viridis crocei seminato stellis et crescentibus rubeis et involutum in pannis sericeis albis, finis et mundis. Item très coste sese intertenentes cum carne, duo crura in os§i-

bus et carnis parte, tria ossa, duo tîbiarum et quoddam alind os et viscerum sive bodellorum dicti Sancti Rompharii extrade à quodam sacco corii, reposite fuerunt in quodam coffino longo coperto simîliter panno sericeo et involute in pannis sericeis albis, finis et mundis. Item ossa duodecim costarum unius humerorum et plura alia parva ossa cum quodam osse cruris sive hanchie cui inheret aliqua porcio carnis et quodam humero in carne et ossibus dicti Sancti Rumpharii extracta â dicto sacco corri, reposita fuerunt in quodam alio cofflno longo coperto si militer panno sericeo et involuta in pannis sericeis albis, finis et mundis.

Anterior pars capitis cum maxilario Beati Fromondi extracta à quodam sacco corii albi, reposita fuit in quodam repositario forme semirotunde, coperta panno sericeo variorum colorum et involuta in pannis sericeis albis finis et mundis.

Item plura ossa brachiorum, humorum, crurium, tibiarum, pedum, costarum, genarum, maxilarum, pectoris, renum et aliarum partium cprporis ejusdem Beati Fromondi extracta â dicto sacco corii, reposita fuerunt in duobus coffinis longis copertis panno sericeo coloris veridis crocei seminato crescentibus et stellis rubeis et involuta in pannis sericeis albis, finis et mundis. Item pulveres et mice ossorum et reliquiarum predictorum sanctorum cum quibusdam particulis ossorum Sancti Coronarii, reposite fuerunt in quodam parvulo cofflno coperto similiter panno sericeo, involute in pannis sericeis albis, finis et mundis, presentibus ad premissa quoad reliquias corporum sanctorum Laudi et Rumpharii venerabilibus et honestis viris magistro Guillelmo Soubtil presbytero in jure licenciato, Guillelmo Lambert, Johanne Doubte, Johanne Le Pelichier, Johanne Engren et Johanne Tuhen et quoad reliquias S. Fromondi discreto viro domino Nicolao Davy presbytero cum eisdem testibus, demptis Lambert et Le Pelichier, cum aliis ad hoc vocatis et rogatis. Adveniente autem die dominica sequenti vicesima septima dicti mensis maii, anno indictione, mense, die et pontificatu predictis, coram predicto notario et testibus infra scriptis postquam predicte reliquie, instantibus pluribus devotissimis christicolis, fratribus confratrie in honore S. Laudi in parrochiali ecclesia ejusdem Sancti Laudi nostro monasterio contigua fondate et aliis Christi fidelibus, apperte fuerant et ostense cum canticis, antiphonis et aliis piis orationibus per nos Guillelmum priorem prefatum cappa et stola indutum con-

comîtante nobis venerabili sacre pagine baccalario magistro Nicolao Grenier similiter cappa et stolâ induto qui super laudibus ipsorum Beatorum sanctorum aliqua populo assistenti demonstraverat, stelerantque supra tria altarium dicti nostri monasterii ad videndum et venerandum'per populum inibi affluentem, nos circa solis occasum inclinata quasi jam die, reliquias ipsas cum repositariis novis predeclaratis in predictas suas capsas solitas ut prefertur reparatas reposuimus maxiniis cum devocione et reverencia cum cappa, stoUis et aliis ecclesie armis thure, canticis, antiphonis et orationibus et tedis et cereis ardentibus campanis prepulsatis ac populo copioso affluente et reliquias easdem vénérante in choro dicto nostri monasterii ante majus altare, presentibus ibidem discretis viris dominis Nicolao Davy, Johanne Le Vilain, Nicolao Le Brun, Johanne Alain, alias de Caen, et Roberto Baillemont presbiteris, Petro Desloges, Nicolao Lemesle, Johanne Le Pelichier et Guillelmo des Portes cum pluribus aliis testibus ad bec vocatis et rogatis ; in quorum omnium et singulorum fidem et testimonium premissorum présentes litteras inde confici et per notarium infra scriptum subscribi et signari sigillorumque nostrorum appensione communiri jussimus et fecimus. Actum anno, indictione, mense, diebus et et pontificat u supra scriptis (1).

(1) Verom quia ego Thomas de Belengues clericus Rothomagi oriendus auctoritate imperiali publicus carieque archiepîscopalis Rothom. notarîus juràtas predictarum reliquiarum a veteribas saccis extractîoni et in noya repositoria repositioni ac earumdem cum predictis repositariis in solitas capsas collocacioni solemnitatum adhibicioni ceterisque premissis omnibus et singulis dum sic ut supra scripta sunt, agerentur et fièrent una cum prenominatis testibus interfui, eaque sic fieri vidi, scivi et audivi, ideo presentibus testimonialibus litteris inde fideliter confectis manu mea scriptis, signum mcum publicum et consuetum cum sigillis dictorum prioris et conventus hic appensis apposui, requisitus in fidem et testimonium veritatis premissorum. — T. de Belengues, avec paraphe. — Chartes de Saint-Lo de Rouen, aujourd'hui aux archives de la Seine-Inférieure.

— L'église de Saint-Laud d'Angers possédait quatre morceaux du bois de la vraie croix, si vénérés que la croyance s'était répandue que quiconque se parjurait devant cette précieuse relique mourait dans Tannée. Louis XI partageait cette croyance et, suivant son historien Commines, les serments qu'il faisait devant la croix de Saint-Laud étaient les seuls qui dussent inspirer confiance. Une partie dé cette relique existe encore aujourd'hui.

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