‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 38 sur 57 · VII. LÉPROSERIES OU MALÀDRERIES · texte numérisé non relu

VII. LÉPROSERIES OU MALÀDRERIES

Les léproseries sont fort anciennes puisqu'on les cite déjà au temps de Charlemagne. Après les croisades, la lèpre, très commune en Orient, se répandit rapidement dans nos provinces, où rhygiène était si mal comprise. Pour empêcher la contagion, on' construisit de petits hôpitaux particuliers, où les malades étaient enfermés. Ces maisons de bienfaisance devinrent fort nombreuses au xiii* siècle, car Louis YIII, dans son testament, lègue cent sous à chacune des deux mille léproseries de son royaume. Le rituel deLouisHerbert, évêqued'Avranches, en \ 521 , et TEnchiridion de François de Péricard, en 1613 indiquent la manière de séparer ces malades des personnes saines, les prières de la messe qu'on célébrait pour eux, les défenses qu'on leur faisait et les exhortations qui leur étaient adressées, pour les disposer à la patience. Le diocèse d' Avranches comptait

(1 ) livre-Vert oa^^rtolaire do chapitre d'Avranches, chartes françaises.

quatorze maladreries, dont les sept principales sont indiquées dans la copie da Livre-Blanc.

4* La léproserie de Saint-Nicolas d'Avranches s'élevait au bas da Grand-Tertre : « Capella kprosaria Sancti-Nicolai, patronus episcoptAs. » L'Evéque en était le patron, et elle est citée dans les grands rôles de l'Echiquier, en 1180. Unie à l'hôpitalgénéral d'Avranches, en 1623, elle disparut au siècle dernier. Aajourd'hui, il n'en reste plus que la place et le nom. Elle appartenait à la paroisse Saint-Gervais.

2^ La chapelle Saint-Denis de Romagny ou léproserie deMortain: « CapeUa leprosaria Sancti-Dionisii prope Moreionium^ pairvnus eapUtUum Moretonii, » dit le Livre-Blanc, est citée, en 1180, dans les rôles de l'Echiquier. Le cahier des chapelles du diocèse, en 4 752, ajoute : « Le chapitre de Mortain présente à la chapelle de Saint-Denis, dont le revenu est de quarante écus, avec la foire de Saint-Denis qui peut-être affermée deux cent cinquante livres. »

3"* La léproserie de Saint-Hilaire est également mentionnée dans les grands rôles de l'Echiquier de Normandie, en 1180. Elle existe encore en entier au midi du bourg. M. Montier , curé de Saint-Hilaire, l'aurait changée en hôpital, s'il n'avait été surpris pan la mort, en 1700. (Grandet, Vie de M. Cràey, p. 349.)

i^ La léproserie de Saint-Biaise de la Lande-de-Bevais, dans la paroisse de Champeaux, fut fondée par Henri II, roi d'Angleterre, et richement dotée par Guillaume de Saint-Jean, le fondateur de l'Abbaye de la Lucerne. Le Livre-Blanc dit d'elle : « Capella leprosaria Saneti-Blasii de Bemye, palronus episcoptts. > Réunie à l'hôpital-général, en 1696, elle ne présente que des ruines insignifiantes.

5*" La léproserie de Saint-Clément de Carolles est citée en 1 232, comme existant déjà depuis longtemps. Elle était destinée aux moines lépreux du Mont-Saint-Michel^ comme le prouve cet extrait des livres épiscopaux : « Compositio inur Willelmum (de Ostilley) episcopum et Abbatem Mordis (Raoul de Yilledieu)

coram p. Britoul (iecanp Àbrincen^, P^¥onfi 4(ç^i!W IfiWlimi et ' Wltletrno de Tancarvilla canonicq Bf^oççtifi ^y4)4 q^bk^ iM^n tenetur in dqmo Sfincti'Çkrnentii^ pov^t fnçv{/^QS r^U\ quag^o monàchui lmi^o$u^ iH fmrit et tune mjçKnqçhm ^anVif, ^^ iivim ceïehranda eiden} adjunaelur. JJiç Jçvis, pç,^t ^on^ir^icarji l^tàre 1 23? '*> ^. Lqs ^^fl^alions qui exi^lep.t encore ont été singulièrement prises, en i869,pom* l^ ruines de Tabbaye dç Mapdanel...

6® Genêts eut une très ancienne léproseries)^ §ainte-CatlieriDe, dite du Mont-Conin. Elle était si^ée sur la rogte d'Avranehes, vers les confins de Bacilly, mais dans la bourgeoisie de Çenôis (^jelepant de la baronnie du rnêrn^ lieUf le Livre-Blanc, a.l)régé par Gùérin, la rappelle ainsi.: « Çapella (ep^psaria de Genescio de Xonie-Cuniculi. » Réuni^e CR mêrpe temps que T^ôtel-Dieu à r hôpital-général, elle ét,ait déjà abandonnée au temps de Pamiel Huet. Aujourd'hui, il ne reste jplus que Teipf^pUcemejst, Le nom du bois de la Maladrerie, le grand champ des M^rdriUleir^ et le puits de la chapellç, qi|i seul, sf trouve ^ns 1^ cpipmune de B^ÇiHy.

7* La léprflsefie de Saint-Janj^s n'était guèrç^noins smcieniie* Elle est ainsi désignée dians le Livre-Blanc : « Capella Uprosa^ ria Sanc{if'Àrmq^^lli dfi Sanf^tOTj^cobç,^ pqlicqnuf, epimcopus. )> Située siir la voie montoise, elle avait, selon M. Foucault^ ^nt cin(^uante liyres à^ reyenu et, uq q^iapelgin, £l(ç 4 é^\é réunie à Thppital de SajnU^amçs, fift 1680. Qft en voU encore un fçagmeqt.

Ç*» J.a léproserie de Çaint-Blaise de Moidrejr ét^it appelée la léproserie de Ponforson. Le Livre-Blanc des Evêqu^s d*Avranchés la rappelle en ces lermesi ; (< Capella lpprQsa,ria Sancii-Bl^" sii de Ponte-Ursonis, patronus episcopus. » \,e qiénuoiresur Jî^ généralité de Çaen par M. Fouc^uU^ CjO 1 Q97« lui 4onne cent cinquante livres de revenu. Dans le registre, de 175?, on lit : « A Moid rey, une anci,eane chapellç de Si^in^-Blaise, abî^ndon-

[i\ A c^, SancifB EtfifeiUB A btinemtis, p. 390. ^

née^ » Oa ne montre plus que le champ où fut jadis la maladrerie.

9® Le Teilleul eut aussi sa léproserie qui avait pour principal revenu les taxes de la foire de Sainte-Anne de Buais, comme le prouve un acte de 1336, cité par M. Lechaudé d'Anisy. Cette léproserie était située près des Louvellières, à la jonction des routes du Teilleul à Domfront et du Teilleul à Gorron. Elle était dédiée à sainte Madeleine ; une croix indique la place qu'elle occupait.

10* La léproserie de ReffuveUle est citée dans l'état des flefs et des sergenteries du comté de Mortain. En 1401 elle était déj à en ruine et ne valait plus que quarante-deux sols deux deniers. « Une masure, nommée la maladrerie^ en JReffuveille, à Richard Hardi tenus franchemeiU à gage-pleige des hoirs de Jehan Grimault^ vaulù quarante-deusb sols deux deniers ^'\ »

11® Saint-Grilles d'Ardevon était la léproserie du Mont-Saint- Michel, peut-être parce qu'elle avait été fondée parles religieux de Tabbaye. Le Livre-Blanc de TEvêché renferme cette note : « Capella leprosariaSancti-jEgediideArdevonepatronu^MonS' Sancti'Michaelis. )^La chapelle Saint-Gilles existe toujours et est fréquentée par les pèlerins.

12® La Madeleine de Ponts est aussi appelée la Maladrerie du Vâl-de-Sée. Le mémoire de M. Foucault sur la généralité de Caen lui donne cent livres de revenu. Elle était située sur la route de Tirepiéd, ancienne voie romaine. De toutes ses constructions, aucune n'a été conservée, si ce n'est peut-être un puits qu'on appelle encore le puits de la léproserie.

13*' La léproserie de Savigny-le-Vieux est indiquée dans le Fouillé général des Evêchés de Normandie, en 1648. Elle avait été fondée par les religieux du monastère sur le sommet d'un petit tertre, à une légère distance de Tabbaye. Comme la léproserie de Saint-Hilaire, elle a conservé ses bâtiments qui sont fort beaux^

(t) Annales de V A vranchiny^àx M. Pe8roche6,p. 33fi^.

On les désigne aujourd'hai sous le nom d'infirmerie. La chapelle a été appropriée à des usages vulgaires.

14^ Une charte du Mont-Saint-Michel cite encore la léproserie de Balan ou Ballan, appelée dans le texte latin Balaam « leprosaria sita in Balaam. y^ Cette léproserie a disparu depuis longtemps et sans le titre mentionné, on ignorerait son existence ^*'.

(1) Ardiiresde laManchei — AniiilascivilaB et militaires de Desioehes, p. a»7.

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