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ÉPILOGUE

un changement de régime. Cela serait insensé. Il faut, au contraire, accepter la situation telle qu^elle est et maintenir, sans hésitation, les doctrines libérales qu'a inaugurées Votre Majesté.

Evidemment Fétat actuel doit un jour, et quand le moment sera venu, être considérablement modifié ou changé.

Il faudra retoucher à la loi de la presse, établir peutêtre un jury spécial et introduire des dispositions de nature à ne plus permettre d'outrager T'Empire aux yeux des populations.

Il faudra changer la loi sur les réunions qui est un fléau et tend à démoraliser le corps électoral.

Il faudra rétablir l'autorité des maires, en les nommant, comme jadis, avant les élections municipales ; car le système adopté a été la faute la plus grave qu'on ait faite sous l'Empire. On a détruit l'autorité d'un bout de la France à l'autre; il faut la restaurer.

Il faudra abolir le régime des incompatibilités au profit des hautes fonctions publiques, afin d'avoir des candidats considérables à opposer aux avocats démagogiques et des députés capables, intéressés à la grandeur de l'Empire.

Il faudra supprimer le ballottage qui favorise les coalitions en se tenant, comme en Angleterre, à la majorité pure et simple du premier tour de scrutin.

Il faudra interdire la présentation d'un même candidat dans plusieurs circonscriptions, ce qui ne peut profiter qu'aux ennemis de l'Eiat.

Il faudra rétablir l'autorité des préfets et accomplir la décentralisation politique dont j'ai soumis le plan à Votre Majesté.

Enfin, il faudra faire beaucoup d'autres réformes

encore. Mais tout cela ne pourra s'entreprendre qu'après une victoire sur la démagogie. Car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de la victoire, soit traditionnelle, soit présente.

Or, l'autorité a été trop ébranlée. Le gouvernement inspire, aujourd'hui, trop peu de crainte; il est trop méprisé pour qu'il puisse reprendre son prestige sur les esprits, sans avoir fait renaître le sentiment d'une crainte salutaire dans les âmes.

Mais pour arriver à ce but si clair, si facile à atteindre grâce aux élections actuelles, il faut un courage, une résolution inébranlables.

Il faut des hommes qui, tout en acceptant le programme libéral actuel, inspirentpar leur seule présence la crainte aux mauvaises passions, empêchent les défections de se produire et l'état des choses d'empirer, qui groupent autour d'eux les éléments conservateurs et honnêtes, rétablissent la confiance et l'énergie dans le personnel politique et judiciaire, le réforment, le réorganisent sur les points importants en vue d'une lutte possible et préparent, enfin, les forces morales et matérielles à mettre en jeu pour le jour oii les démagogues, comme ils ne manqueront pas de le faire, seront entraînés par leurs propres passions et leur aveuglement habituel à sortir de la loi.

Il faut des hommes capables, à un moment donné, de prendre les plus grandes responsabilités, quittes à aller le lendemain présenter leur poitrine découverte devant la Chambre. Il faut surtout deux ministres également courageux, également capables de s'entendre avec votre ministre de la guerre, c'est-à-dire un ministre de l'intérieur et un ministre de la justice. Comme aux temps des périls de la Présidence, c'est entre deux ou trois personnes seulement que vous devrez renfermer le secret de

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