‹ MémoiresChapitre 13 sur 47 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

f^ue, sans le secours estran§sr qu amena M. d*Andelot, les affaires de ceux de la religion estaient en très moussais es* tat , et les courages de plusieurs fort ahatus , tant pour la prise de Bourges et Rouen que pour la défaite de M. de Duras.

Il desplaisoit merveilleusement au prince de Condë, entendant d'heure à autre le progrez de l'armée devant Rouen, dequoy il n'avoit moyen de secourir une cité si principale, et dont il voyoit une perdition apparente : ce qu'il estimoit lui devoir diminuer de sa réputation ; et tout son recours estoit de mander souvent à M. d'Andelot qu'il diligentast son retour et gardast de se laisser surprendre aux forces qui l'attendoient. Mais comme toutes négociations en Allemagne sont longues, beaucoup de temps s'escoula, ce qui donna moyen à ses adversaires de s'avantager sur luy^ mesmement par la prise de ladicte ville, laquelle fut assaillie courageusement, et dépendue avec grande obstination. Ces

(0 Où deux grands empereurs, Charles-Quint avoit été obligé de lever le siège de Metz; et Bfaxîmilieii, ion aïeul , n^avoit pas été plus heureux devant Pado«e. (Vojfles 1«é Mémoireê de Pffr^hn «t de Bayard. )

t>B FAAITÇOIS DE LA lîOUE. [iSClifi] l6i

grands chefs de guerre ^ ^iii avoient par le passé pris des villes si fortes, comme Danvilliers, Mariembourg, Calais et Thionyille, jugeoient qu'une si mauvaise place, si fort dominée^ et sans aucune fortification qui valust, au premier bruit de canon s'estonneroit. Mais^ par la resistsmce que fit le fort de Saincte-Catherine ^ qui defTendoit la montagne, ils coneurent qu'il y auroit de TafTaire à chasser les pigeons de ce colombier^ Il y avoit dedans, avec le comte de Montgommery, sept ou huict cens soldats des vieilles bandes^ et deux en-^ seignes angloises commandées par le seigneur Kil-^ gré (0, qui firent tous merveilleux devoir, combien que l'artillerie qui battoit en courtine les endommageas! fort; car le jour du grand assaut ceux de dedans per* dirent par icelle plus de quatre cens soldats^ qui est un très*grand nombre. Il fut donné encore un autre faux assaut sans ordre; mais au troi^esme elle fut em* portée. J'ay entendu que M. de Guise commanda à ceux qui avoient la teste, s'ils forçoient le rempart, qu'après ils ne courussent pas desbandes^ pai* ci et jpar là, comme le butin d'une si riche ville y attiroit chacun, mais qu'ils marchassent^ par plusieurs corps de deux et de trois ce^s hommes> droit à la place, et que, s'ils la trouvoiént abandonnée, alors le soldat pouvoit ehercher son avanture; car il craignoit que gens qui avoient si courageusement combattu , fissent là encore quelque dernier eflfort : ce qui toutesfois n'avint pas- Neantmoins si fut-ce une sage prévoyance ; car on a vu en d'autres villes que les assaillans, ayàns pénétré jusques à la place, avoient esté repoussés par-delà le rempart, avec un grand meurtre de ceux qui s'estoieut

U>Xe seigneur Kilgr^ : le capitaine Graj'.

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