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ment qu'il eust voulu faire; car on sçait comme aux guerres civiles les chefs de part sont odieux, et quelles imputations on leur met sus ; en sorte que quand ils tombent au pouvoir de leurs ennemis ; souvent après plusiieurs vergon^nes qu'on leur fait souffrir, leur vie est en danger de se perdre. Neantmoins tout le contraire arriva; car, estant amené vers luy, il luy parla avec révérence et grande douceur de propos, où il ne pouvoit prétendre qu'on le voulust picquer ny blas^ mer. Et pendant qu'il séjourna dans le camp, il mangea souvent avec ledict prince ; et d'autant que ceste j^imée de la bataille il y avoit peu de licts arrivez, parce que le bagage fut demy saccagé et escarté, il luy offrit son lict, ce que M. le prince ne voulut accepter que pour le regard delà moitié. Et ainsi ces deux grands princes, qui estoient comme ennemis capitaux, se iioyoient en un mesme lict, l'un triomphant et l'autre captif, prenant leur repos ensemble. On pourra dire que M^ le mareschal d'Ânville, le tenant entre ses mains, car ce fut à luy qu'il se rendit, n'eust permis <[u'on luy eust fait tort , veu que son père estait prisonnier. Je confesse qu'il eust fait ce qu'il eust peu; mais il est certain que si M. de Guise luy eust voulu nuire, sa réputation et sa créance estoit )à lors si grande, que nul ne l'en eust peu empescher. Il m'a semblé que si beaux actes ne dévoient estre ensevelis en oubliance, afin que ceux qui font profession des armes s'estudient de les imiter, et s'esloignentdes cmaujte.z et choses indignes où tant se laissent aller en ces guerres civiles, pour ne sçavoir ou ne vouloir donner un frein à leurs haines. Â Temiemy qui résiste faut se monstrer superbe, et après qu'il est vaincu il est hon-r
DE FRANÇOIS DE LA NOUE. [l563] I1J9
neste (Tqser d'humanité. Quelqu'un pourra encore ver nir à la traversie y disant qu'il pouvoit bien u&er de cestç courtoisie y veu ce qu'auparavant il avoit procura à Qrlean$ contre ledict sieur prince (0. Je respondray à çestuy-là que mon intention est icy de lôîier les b^iaux actes de vertu quand }e les rencontre en mon chemin , et ne parler des autres qui ne viennent pas à propos ; et qua^ad je la verray reluire en quelque personne que ce soit, là je Fhpnnorerayr