DE GAMON
du mois d'août, avec qoelqueà troupes françoises et «ix milles Suisses, et sur la crainte d'un siège.
Le 5 septembre de la même année i574, le fauxbourg de Deome fut brûlé par ceux de la ville d'An-* nonai^ comme aussi ceux de La Valette , Le Savel et Bourquille ; les dehors dé la ville furent ruinés avec les monastères des Cordeliers, de Sainte-Claire, et la commanderie de Saint- George; le clocher et le chœur de l'église de la pâroisise furent abattus; ce qui futaccompagné d'un grand nombre d'autres excès et ruines, soit des maisons, soit des fauxbourgs, soit du dehors de la ville. Pierre Pinet , l'un de ceux que Saint-Romain avoit fait capitaines, quoique de basse extraction, ayant tué d'un coup de pistolet-Guillaume de Grabias , sieur de Riieitlan, gentilhomme de la suite de Saint-Romain, se retira le aS juillet, pour éviter la rigueur de la justice, vers du Peloux et des Colau3f , lesquels, à sa sollicitation, tentèrent de surprendre la ville et le château d'Annonai , à la faveur de quelques officiers de ses amis; mais cette entreprise leur paroissanl trop difficile, ils tentèrent celle du château par le moyen d'uft gentilhomme étranger nommé La Garde, qui ayant été découvert fut pris et arquebuse avec Chatînois, commandant de Pignieu.
La garnison du château des Celestins de Colombier assiège Pignieu , le prend et le brûle , après quelque résistance, le I7 octobre i574-
Un moine de Saint Ruf, natif d'Annonai, nommé ^iacqties Baud, qui quelques jours auparavant avoit tué de sa main un certain Faron, fut tué' lui-même d'un coup d'arquebuse en sortant de Pignieu.
Le Roi donne de nouveau en i574 ^ Saint Chamond
ai.
le commandement du haut -et du bas Vivarais, et lui^ promet des troupes pour le siège d'Ânnonai. Saint — Cbamond se rend aux Celestins avec les compagnies^ des gendarmes de Mandelot^ de Bostaing et de Lafe. Barge ^ et dix ou douze enseignes d'infanterie. La Barg^ étoit mestre-de-camp de cette petite armée, avec laquelle Saint-Chamond fit sommer , le 28 octobre 1574 ^ les habitans d'Annonai de se rendre au Boi s'ils n^ vouloient y être forcés par un siège. Meausse, commandant d'Annonai^ fit répondre qu'il n'y avoit ni- Anglois, ni Espagnols dans la place, mais des Franco»seulement, qui vouloient la.garder,pour le Boi, et qu^ s'il s'obstinoit à vouloir l'assiéger, il avoit autant d^ force pour la deffendre qu'il pouvoit en avoir pour l'attaquer ; ce qui fit quç Saint-Chamondcantona ses troupes» autour d'Annonai, attendant plus grand nombre d& troupes et l'artillerie pour le siège de cette ville.
Pendant ces entrefaites, le roi Henri m, qui retour- ' noit de Pologne par la voye de Venise et du Piémont, étant arrivé à Lyon., en partit pour aller à Avignon , et^e mit sur le Bhône, qu'il descendit le i5 novembre i574î il âll^ coucher à Tournon, accompagné de plus de cent bateaux; le lendemain il alla coucher à Avignon parla même voye. Il fut joint à Serrieres par Saint- Ghamond, qui y alla avec 'deux batefaux : sur le refus que Sa Majesté fit <le lui donner les troupes qu'il lui avoit fait espérer, il se retira par son ordre à Tournon, où il ne fit rien. Les états-généraux du Languedoc furent convoqués à Villeneuve d'Avignon, au ^5 dudit mois de novembre ; ils furent depuis continués au ic décembre; le Boi s'y trouva, y présida, et harangua assez long-temps.
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Quelques jours auparavant, Jean de Fay, sieur de Virie», oncle de Peraud, qui avoit suivi le parti des religionûaires jusqu'aux massacres de Paris, oh il fut fait prisonnier, et sauvé par Gaussac, sollicita par ses lettres le gouverneur, les consuls et les habitans d'An- Bonai , de vouloir conférer avec lui de la part du Roi ; mais le refus de Gerlande et de La Condamine , père et fils, qu'il demandoît pour otages, empêcha les conférences.
Peu de temps après, Imbertd'Angeres, sieur du Mein, chevalier de Tordre du Roi, natif d'Annonai, par amour pour ses concitoyens, n'omit rien pour porter le gouverneur et les consuls de la ville à recommencer, les conférences avec Virieu, pour rétablir la paix et la tranquillité parmi le peuple : elles se tinrent au château de Mein, mais elles furent inutiles; et Meausse, piqué des propositions qu'on lui faisoit, renvoya aussi-tôt les otages qu'on lui avoit donnés : cela arriva à la fin de novembre i574*
D« Mein, après avoir négocié dans deux voyages qu'il fit à Annonai une trêve entre Meausse qui en étoit gouverneur, et Saint^hamond, la conclut heureusement le 6 décembre 1574» sous les conditions suivantes : 1^ Que Meausse resteroit à Annonai avec cent cinquante hommes entretenus aux dépens et sur les contributions des villages voisins ; 20 qu'il ne feroit ni courses ni hostilités ; 3® qu'il ne seroit rien entrepris contre eux; 4*^ que ceux qui étoient hors de la yille pourroient y rentrer et y jouir de leurs biens ; 5® que les estrangers ne pourroient entrer dans la ville sans la permission du gouverneur , à la réserve dés marchands et négocians; 6^ que ceux de la cam-
pagne ne seroient pas troubles dajis leur traTail^ni dans la garde de leurs troupeaux et de leur bétail; ■jo qu'enfin la trêve dureroit jusqu'au ^er de mai sui- Yâ^ty sous le bon plaisir du Roi et du maréchal de Dampville, et de Sainti-Bomain, auxquels on communiqueroit lesdits articles pour les ratifier^ et qu'en cas de refus de la part du Boi, les habitans d'Annonai en seroient avertis trois semaines auparavant.
Sâint^Chamond ne convint , dit-on, de cette trêve, que par l'impossibilité où il se trou voit de tenter au— €une entreprise par le défaut des vivres , les fatigues et les maladies de ses troupes , et enfin par la désertion de quelques compagnies qui avoient abandonné les capitaines Bomanet et Tan ton.
Le Boi^ averti de cette trêve par un courrier exprès que lui dépêcha en Avignon Saint-Chamond , refusa de la l'atifier.
Dès le 8 décembre 15747-^6^ compagnies de Mandelot , de Bostaing et de La Barge , étoient déjà délogées de Quintenas et des environs; et suivies le lendemain de celle de La Guiche qui étoit à Boulieu, elles prirent la route du Forez et du Lyonnois : par4à le blocus d'Annonai fut levé.
Les troiupes catholiques ravagèrent tous les villages jusqu'à la rivière de Doulx, et commirent tant d'excès et de violences y que les habitans qui voulurent éviter leur tureur, furent obligés de se l'étirer ou dans les villes ou dans les forêts.
La maison d'Astier, près de Quintenas^ fut brûlée, la tour de Munas sous Ardois abatue, et tout le i>étai) pris et enlevé par les soldats.
Charles de Barjac, sieur de Bochegude et de Là
D£ GÀMON. [1575] 3ia7
Baume, commandant dans le Vivarais en l'absence du maréchal de Dampville et de Saint-Romain, se rendit à Ânnonai le a i janvier x 57 5 > accomf^^é de six à sept cents hommes de pied et deux cents chevaux, tant catholiques que religionnaires, parmi lesquels il y avoit beaucoup de Gascons et de Provençaux^ ^ui, quoique en partie catholiques, ruinoient les églises et massacroient les prêtres : durant ces troubles, on se servit également des uns et des autres; ce qui causa des désordres et des scandales affreux.
Toutes ces troupes se jetterent le jour suivaUt> fétè de Saint Vincent, à Vaucance, où ils mirent le feu après l'avoir pillé et massacré touà ceux qui se présentèrent à eux; la plupart des paysans se rendirent, les uns dans les châteaux de Vaucance, Le Monestier, Crer lande, et les autres dans les forêts voisines : les villages de Maumeyre, Villeplas, Le Cl aux, Pôulfaas et Vaucance , furent brûlés avec plusieurs autres; la maison de Detourbe, l'église e| le clocher de Vanosc, o{i les.habitans s'étoient fortifiés, se rendirent par composition.
Quelques-uns attribuent tous ces désordres au res* sentiment de ceux d'Ânnonai contre lès habitansi de Vaucance, qu'ils croy oient complices des maux qu'ils avoient soufferts dans les troubles précédons; d'autres les attribuent à Meausse, qui vouloit punir les habitans des vallées du refus qu'ils avoient fait de contribuer à l'entretien de sa garnison, et du logement qu'ils avoient donné aux troupes de ses ennemis. -^
Au mois de février 1 57 5 se fit la trêve ou suspeUsion d'armes entre ceux d'Annonai, religionuaires, et ceux de Boulieu, catholiques, par la niédiatiou de du Pe-
SaS [^^7 S] MÉMOIRES
loux; trêve dVutant plus nécessaire, que les terres des habitons de ces deuai; lieux demeuroient incultes et ra^ vagues par les courses ccxntinueUes qu'ils faisaient les uns sur les autres.
Peu dé temps^ après , sçavpir le i3 février i575, sur les onze heures de la nuit, les religionnaires d'Ânno nai surprirent la ville d'Andance du côté du Rhône, à la faveur de la maison de capitaine Carrail, qui fot
brûlée. C'est à ce même capitaine, qui fut tué dans cette occasion, que Saint-Chamond avoit donné la garde de la ville d'Andance , et le commandement de la garnison, dont, à la prière et sollicitations réitérées des ba-^ bit^ns;^ il les avoit déchargés.
Le jour suivant, Meausse se rendit à Andance avec un plus grand nombre de troupes, et fit conduire les prisonniers à Annpnai : comme les habitans de cette ville ne pensoient à rien moins qu'à la prise de leur ville , la plupart furent massacrés dans leurs lits par les ennemis.
Meausse, après avoir donné la ville au pillage, et en avoir fait brûler les fauxbourgs, la fit fortifier du côté du Rhône, que le passage de cette rivière rendoît fort important pour ceux de son paiti et poui^ ses desseins.
Lgv 20 février 15.75, quelques habitans d'Annonai surprirent pendant la nuit la maison de La Rivoire, a))partenant à la dame de Luppé, près le bourg d'Argental en Forez, et y mirent garnison sous le commandement du capitaine Pinet.
Au retour de cette expédition, Rochegude se retira au bas Vivarais; et, informé des brigandages commis par le capitaine Erard et ses troupes, avec lesquelles il
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s*étoit emparé de nouveau du lieu et château de La Mastre, il y marcha, et se saisit adroitement dudit ca* pitaine Erard et de son lieutenant nommé La Chan y que Aochegude fit pendre après quelque procédure , et étrangler aux créneaux du fort : il mit en liberté six ou sept prisonniers laboureurs et plusieurs autres qu'il teaoit dans de basses fosses y et à qui il faisoit souffrir les plus rudes traitemens ; de ce nombre étoit Guillaume Baudy châtelain de Rochel^onne, natif d'Annonai , et d'une bonne famille. Ce capitaine Erard avoit été fait prisonnier deux fois par les catholiques ses ennemis , et délivré par argent. On dit que, se voyant en danger, il demandoit souvent si son plein chapeau d'ecus ne lui sauveroit pas la vie: ce qui lui fut refusé.
François de Mandelot, seigneur de Passy, et gouverneur pour le Roy du Lyonnais, Forez et Beaujolois, et Saint-Chamond, lèvent des troupes pour reprendre La Rivoire et la ville d'Andance, qui étoient deux.postes importans par rapport à leur situation sur le Rhône. La première fut attaquée par trois compagiiies d'infanterie le 5 mars 1575 ; mais les habitans, l'ayant abandonnée, se retirèrent à la faveur de la nuit à Annonai : on y mit une garnison catholique sous le commandement du capitaine La Goujonniere.
La prise de cette ville fut suivie de celle d'Andance, assiégée le 8 mars 1675 par Mandelot et Saint-Chamond, auxquels se joignit Gordes, gouverneur de Dauphiné en l'absence du prince dauphin d' Auvei^ne, accompagné de quelques compagnies suisses et françoises qu'il posta par de-là le Rhône , du côté d'Andancette. La batterie commença le 10 mars 1675 > Meausse y avoit mis cent vingt hommes pour la def-
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fendre y tirés de la garnison d'Annoifai : la terrenr de ce siège dans Tesprit des habitans facilita et avança la reddition de cette ville ^ sans aucune capitulation ^ les habitans Fayant abandonnée avec leur gouverneur. Meausse n'ayant pas crû qu'il fût de son honneur ni de 'son devoir de les suivre dans leur retraite et leur fuite précipitée, qu'il ne put empêcher, se retira dans la tour du Prieuré, avec trois ou quatre de ses soldats qui ne voulurent pas l'abandonner : ils furent faits prisonniers; la plupart des habitans furent massacrés^ et les autres se retirèrent à Annonai ; tout ce qui resta dans la ville d'Andance fut ou pillé ou brûlé, et on y mit une garnison catholique sous le capitaine Garnier.
La reddition de cette place donna lieu aux ofiîciers catholiques de tenter et de solliciter celle d' Annonai, dont ils avoient déjà fait prisonnier le gouverneur joû leur promit de leur laisser le libre exercice de la religion, d'oublier leurs fautes passées, s'ils vouloient se soumettre sous l'obéissance du Roi^ et recevoir un gentilhomme catholique de leur voisinage, à leur choix, et congédier l'éti^anger ; mais sur ces entrefaites les habitans d' Annonai, ayant reçu du secours, répondirent qu'ils ne pouvoient rien accorder sans l'ordre de Dampville, offrant seulement de recevoir du Peloux, bailly et capitaine d'Annonai.
Cette réponse obligea Mandelot et Saint-Chamond de se retirer le i3 mars 15^5 avec leurs troupes à Boulieu , peu éloigné de la ville d'Annonai , qu'ils tentèrent de nouveau, 'mais inutilement^ par les menaces d'un siège qu'ils n'étoient pas en état de former à cause du petit nombre de leurs troupes , dont ils laissèrent une partie dans Boulieu , tant pour s'assurer des vivres
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que pour se deffendre des courses. des habitans d'An* nonai.
Peu de jours après, Ilochegude , gouverneur du VivaraispQur ceux de la religion et de l'union^ arriva à Àxinonai pour y régler les affaires de la ville, et y établir un commandant à la place de Meausse y que les catholiques avoient conduit prisonnier à Lyon; il traita^ ensuite avec le commandant de Boulieu pour la sûreté des laboureurs et du bétail. A peine ce traité fut conclu y que y le 19 mars i5;; 5 , la compagnie des gendarmes de La Barge , quiétoit à Argental sous le comman* dément de La Beaune, ayant paru à la vue d'Annonai pour en attirer les habitans, ceux*ci firent une sortie jusqu'en Lapra,. sous la montagne de M ontmiandon , où il y eut un rude choc entr'eux et les troupes de La Barge y qui auroient été vivementrepoussées si elles n'avoient été soutenues à propos par quarante arquebusiers: il y eut nombre de morts et dé blessés de part et d'autre dans cette action.
Rocbegude, voulant rallier ses troupes,' fut frappé malheureusement et par mégarde d'un coup de pistolet, et transporté à Annonai, où il mourut le 22 dudit mois de mars iS^S. Il fut enseveli avec son neveu de Barjac, qui mourut le ïnéme jour d'une blessure qu'il avoit reçue au siège d'Andance : tous deux furent ensevelis avec des marques d'honneur et de distinction; et le premier fut également regretté des deux partis, à cause de ses belles qualités et de son rare mérite.
Sur le commencement du mois d'avril 1S75, le» religion naires reprirent par surprise le château du Pousin, dont le capitaine Geys,qui y fut tué, étoit commandant. Cette prise avoit été précédé^, peu de
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jours auparavant y de celle de la ville de Baïs et des deux châteaux, vieux et nouveau, où ils se fortifièrent.
On apprit en même tçmps que le vicomte de Turenne, neveu des maréchaux de Montmorency et de Dampville (0 , et leur partisan contre les catholiques, quoique catholique lui-même, avoit pris les armes, et qu'il s'étoit mis en campagne avec quatre cents chevaux et deux ou trois mille hommes de pied.
Peu de temps après, Crussol (2), duc d'Uzès , assiégea la ville de Baïs, et, après l'avoir battue, y entra le icrmai 1575. Il fit battre avec l'artillerie que commandoit Virieu, dont il étoit maître en l'absence de Rives, mais inutilement, les deux châteaux, vieux et nouveau, où les assiégés s'étoient retirés : le duc d'Uzès, voyant ses efibrts inutiles, fit ruiner les deux tiers de la ville, et fit fortifier l'autre, où il laissa quelques
i*)Des maréchaux de Montmorency et de Dampville. Ces seigneurs, fils du fameux connétable de Montmorency, venoient de former un parti de mécontens qui prit le nom de politique. Presque tous ceux qu^ le compos oient étoient catholiques^ mais ils faisoient souvent cause commune avec les protestans. Ce parti, qui subsista jusqu'à la fin des gueires civiles, eut beaucoup dlnfluence sur les évéuemens qui suivirent.
(s) Crussol. Jacqaes de Crussol avoit d'abord porté le nom de d'Acier, et s'ctoit distingué à la tête des protestans. Devenu duc d'Usés par la mort de son frère, Antoine de Crussol, il se rangea du côté des catholiques, n Cette révolution imprévue, dit Le Laboureur, fît connoistre k a bien des gens que la religion n'étoit que le prétexte , de part et d'aun tre , dont on étoit obligé de se servir pour être appuyé contre l'incons- « tance des faveurs de la Cour^ ou contre les entreprises de ses ennea mis, car tout étoit si brouUlé , que, non-seulement le Roi, la Reine sa « mér.e , et les princes du sang , mais encpre chaque maison puissante « avoit des desseins et des maaimes tout différens, soit pour se main- (i tenir, soit pour s'agrandir. Tout le monde prévoyoit la ruine de « l'Etat, et chacun des grands avoit la vue sur une pièce de ce futur ff naufrage. »
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compagnies -de gens de pied pour garder le passage du Rhône, et reprit ensuite le chemin de Languedoc.
La Barge, chevalier de l'ordre du Roi, ayant été pourveu par le Roi du gouvernement du Viyaraisy vacant par la démission de Saint-Chamond (il avoit refusé cette chai^ge dès le commencement, mais il l'accepta sur l'assurance qu'on lui donna du secours de Mandelot), se rendit au château des Célestins de Colombier au mois de juin, avec sa compagnie et quelques enseignes d'infanterie, dans l'espérance d*étre soutenu des forces que Mandelot avoit nouvellement levées. Il fit d'abord convoquer les états à Tournon^ où il proposa un secours d'environ 36,oeo livres par mois pour les frais de la guerre qu'il avoit dessein de £àire conti^e ceux d'Annônai ; mais, parce que peu de personnes s'y trouvèrent, après deux convocations, il renvoya l'assemblée à Pradelles au mois d'août suivant; il resta cependant au château des Célestins avec une partie de sa compagnie, et mit le reste à Boulieu à la place de Mandelot, qui s'étoit retiré au bourg et à Saint-Julien en Forez.
La Barge, pour couper tout commerce avec Annonai , et empêcher la récolte des bleds, fait deffendre de fréquenter les habitans de cette ville, de leur porter aucune sorte de marchandise, de recueillir leurs bleds, et de' leur fournir aucun secours, sous peine de la vie; ce qui intimida d'autant plus les habitans, que le duc d'Uzès avoit ordonné de ravager et de brûler les bleds de Languedoc près de Montpellier, Nismes et Uzèsw Les habitans d'Annônai firent pourtant la récolte fort tranquillement, et sans aucun trouble de la part de La Barge.
Cet officier tenta , mais sans succès y la surprise de la ville d'Annonai, avec le secours du capitaine des Conu bes de Privas y bon ami de Pontus, commandant du çbâteau d*A.nnonai^ qui^ g^g^é P^i* argent^ promit de laisser escalader les catholiques : ce fut sur l'assurance de ce commandant que La Barge fit assembler toutes les garnisons du pays, sa compagnie de gensd'armes et celle de Mandelot ; et avec ces troupes il se présenta devant le cjhâteau , fit dresser les échelles à l'endroit oh étoit en sentinelle un paysan qu'on avoit gagné ^ avec le commandant et quelques autres; mais ^ se voyant découvert et hors d'état de forcer ni le château ni la ville, il se retira avec ses troupes, avec menace de massacrer, de violer, de piller et de brûler la ville, mais avec honte et confusion d'avoir manqué son coup. Le susdit paysan qui lui avoit servi de guide, d'espion et de sentinelle, ayant ^té arrêté dans la ville, fut arquebuse dès le jour jnéme.
La garnison de Boulieu, ayant appris la prise du Prieuré de Rochepaure par les religionnairès, s'y rendit le 6 de septembre de l'an i575, pendant que La Barge tenoit les états à Pradelles en Y i varais ^ pour obtenir quelque recours d'argent. Le lendemain, 7 du même mois, ceux d'Annonai mirent le feu au fauxbourg de Boulièu, où étoient logées les compagnies de Leyrete et Esperence, dont la plupart étoient allées à Rochepaure ; ledit fauxbourg fut tout brûlé, à la réserve de quelques maisons qui furent defFendues par ceux de la ville.
' Bès la même année, La Barge ordonna à Beaune et des Colaux de troubler et d'empêcher les vendanges de ceux d'Annonai ; il fit pour cela assembler des troupes