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d'infiinterie et de cavalerie , qui furent vivement re* ppussées par ceux de la ville.
Dans ce même tems, les députés des églises de France et de leurs confédérés étoient à Paris pour la négociation de la paix -, et le Boi accorda une suspension d'armes jusqu'à la Saint-Jean avec le duc d'Alençon son frère, qui tenoit le parti des catholiques unis^ et ifu'on appelloit les mécontens politiques (0.
Cette suspension fut suivie de la délivrance de iMeausse, prisonnier à Lyon, par ordre de la Reine ^ et de son retour à Annonai , dont il reprit le gouverne-* snent ein octobre 1675, et de la trêve entre les deux gpartis du Vivarais , conclue le 3 février 1576 sous les <:onditions suivantes :
lO Qu'on feroit cessier tout acte d'hostilité jusquà 1^ paix ; %^ que le commerce seroit aussi libre et assuré , aus3i bien que la culture des terres ; 3^ que les garnisons seroient diminuées, et qu'on feroit pour leup entretien i^ne répartition sur les paroisses du pays; 4^ que deux prévôts seroient entretenus aux dépens des deux partis, pour la punition des criminels et malfaiteurs, lesquels seroient livrés à la justice par les capitaines des garnirons et lifîux où ils se retireroient ; S^ que les ecclésiastiques jouiroient de leurs biens dgns le3 villes et lieux occupés par les catholiques, et qu'Qn n'i|iQoverQit rien dans les autres ; 6^ que tous 1^ prisonniers et le bétail enlevé depuis le 12 janvier précédent, seroient rendus de part et d'autre ; 7 o qu'on poursuivroit l'autorisation ou confirmation de la trêve peQd^nt deux mois, pour être ensuite pourveu à la destruction, échange et restitution.des forts inutiles, et
(') Les mécontens poUwjues. Voyez la note première de la page 333.
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qui étoient à charge au paya; Ces conditions furent ar^rêtées et acceptées de part et d'autre, à La Baume de?" Balzac, le 3 février 1576 j et^ après leur publication, chacun retourna dans sa ville, où la garde fut faite, et la discipline observée avec la même exactitude que pendant la guerre.
Le 12 juin 1576, par mandement du; maréchal de Dampville, fut publié et enregistré au bailliage l'édit de pacification. Ce même édit, que Tournon^ bailli du Vivarais, avoit déjà fait publier à Boulieu, fut lu et publié de nouveau au bailliage d'Annonai* La publication fut accompagnée de grandes réjouissances, et suivie de la destruction de toutes les fortifications que ceux d'Annonai avoient faites dans leur ville pour se défendre, et se mettie à couvert des insultes et des attaques de leurs ennemis. Cette paix fut un peu troublée par l'avarice de ceux qui, s'étant empai'és des biens des ecclésiastiques, avoient de la peine à s'en dessaisir, et prétendoient que tous les bénéfices qui étoient au deçà de la rivière de Doulx leur avoient été donnés à bail par ceux du conseil politique, et commissaires dé^ pûtes, pour le prix de laoo livres.
Cette paix, qui dura jusqu'en J'année i585, fut troublée, et la guerre recommença à l'occasion des garnisons qu'on établit dans les villes et les châteaux/ et des grandes sommes qu'on exigea pour leur entre-^ tien. On imposa sur le seul Vivarais 6,000 écuspar mois. Ces vexations des soldats destinés pour la levée de ces impositions , obligèrent la plupart des habitans d'abandonner leurs villages, leurs maisons, leurs teires et leur bétail , et de se retirer dans les bois avec les effets qu'ils pou voient emporter. Ces désordres, qui comment
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cèrent au mois de mars i585, durèrent autant que la levée des contributions par les troupes qui s'emparèrent des villes et des châteaux. Gomme il n'y avoit aucun fort qui fût à l'abri de leur insulte^ chacun tra^ vailloit jour et nuit à se fortifier; mais la confusion des différents partis étoit si grande ^ qu'on ne âçavoit comment distinguer ses ennemis.
Ce commencement de guerre fut suiyi d'une stérilité sans exemple (0> puisqu'à peine recueillit - on sa semence : cette stérilité causa une cherté si grande^ qu'on vendoif jusqu'à vingt et vingt-cinq livres le septier du froment, treize et quatorze livres celui de l'orge, et six à sept livres l'avoine; le bled étant enfin devenu sans prix, les gens de la campagne furent obligés de se nourrir de glands de chêne, de racines sauvages, de fougère, du marc et des pépins des raisins séchés au four, qu'ils faisoient moudre pour en faire du pain, aussi bien que de l'écorce des pins et des autres arbres, de coquilles de noix et des amandes, de vieux tuiles et briques, mêlés avec quelque poignée de farine d'orge, d'avoine et du son; ce qui n'avoit jamais été pratiqué^ dans le pays. Les habitans d'Annonai se distinguèrent dans cette occasion par leurs soins et par leurs charités
(i) D'une stériUt^ sans exemple. Cette stérilité fui générale, a Au mois à de may , dit PËtoile dans le Journal de Henri Ht, le septiei- de fro- « ment fut yendu sept ou huit escus aux halles de Paris , où il y eut une n si grande affluence de pauvres mendians par les rues , mesme des pays « estrangers, qu^ou fut contraint de lever des bourgeois une aumosne « pour leur subvenir : deux députés de chaque paroisse alloient quester « par les maisons, où chacun donnoit ce que bon lui sembloit. -^ Au « mok d^aoost, presque par toute la France, les pauvres gens mourans n de faim, alloient par troupes couper les épis à demy murs, qu'ils « mangeoient sur-le-champ, menaçans les laboureurs de les manger eux- « taesmes s'ils ne leur permctloieni do prendre ces épis. »
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envers les pauvres, qu'ils nourrirent pendant l'hiver jusqu'à Pâques de l'an i586, dont, malgré toutes les précautions, il mourut un gi^and nombre de froid et de faim, tant dans les villes que dans les villages, et à la campagne.
Pour comble de malheur et de misère, la cherté des vivres fut suivie d'une espèce de contagion, qui dégénéra en peste dans l'été de la même année i586, et qui s'étendit dans le Dauphiné, le Lyonnois, le Forez et dans le Vivarais. La plupart de ceux qui sortirent d'A.nnonai pour l'éviter, en furent infestés à la campagne , et en moururent presque tous. Les villages voisins d'Annonai, qui se ressentirent le plus de la peste, et où elle enleva presque tous les habitans, furent ceux de Roiffieu, Brogieu, Lens, Boucieu, Ghatinaix, Varagnes, les Seux, Eynas, Vissenti, Clemencieu, les Moures, Midon, Bolais, Jalencieu, Pignieu, d'Avezieu, les Sollods, village de Gourdan, Chazaux, Javas, Gharezin, les Soulliers, Esteyses, Esenville, Samoyas, Sassolas, Saint-Marcel, Saint-Gyr, Esterpas : les autres villages plus éloignés furent Sarras, Sillon, Bevirand, Germes, Ardois, Forany, Esclassan, La Goulange, Marsan, Saint-Jure, Quintenas, Le Martoret, Felis Anti, More, Loume, Saint- Alban, Ay, Preaulx, Satillieu, Vaudevant, Saint-Felicien, Bouzas, Boucieule-Boy, Golombier-le-Vieux , Etables, Gremoliere, et un très-grand nombre d'autres où elle se répandit. Les grandes villes n'en furent pas exemptes ; elles devinrent désertes et sans commerce, soit par la mort de ceux qui en étoient infestés, soit par la retraite de ceux qui vouloient l'éviter. Pour comble de malheur, il arrivoît que les uns les autres, par l'horreur qu'ils avoient de
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se voir^ et la crainte de se communiquer la contagion, mouroient sans secours. Les fruits ne furent pas re- <;ueillis, le bëtail fut abandonné, en un mot les biens ^t les héritages laissés ou à des orfelins hors d'état d'en jouir, ou à des absents que Téloignement empéchoitde les prendre et d'en avoir soin, ou à des étrangers qui s'en emparoient.
Les villes et villages de deçà et de delà le Rhône ,
âussi-bien que toutes celles de Dauphiné^ du Vêlai ,
<lu Lyonnois et d'Auvergne, éprouvèrent les mêmes
calamités; la seule ville de Boulieu, dans la baronnie
d'Annonai, qui en avoit été exempte, en fut infestée
sur la fin.
La rigueur du fléau dont Dieu affligea toutes ces provinces, commença à s'appaiser et à diminuer vers la mi-septembre, et cessa entièrement sur la fin d'octobre. On remarqua que l'avarice dans les uns, et la cupidité dans les autres, donnèrent lieu au progrès de la peste, parce que plusieurs, pour s'emparer, ou par artifice, ou par d'autres voyes , des biens des mourans, couroient de ville en ville et de village en village , et portoient par cette communication la contagion dans les lieux où ils passoient.
Firr DES MÉMOIRES DE GAMOrr.
DE