‹ MémoiresChapitre 14 sur 80 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Esprit de l'Armée. — Inquiétude des Rois. — Coalition. — Evéneraens de la Champagne. — Première Ope'ralion de l'Armée du Rhin. — Invasion du Palalinat. — Prise de Mayence. — -Entrée à Francfort. — Retraite de Beurnonville.

Lorsque la révolution commença, un seul sentiment se manifesta dans les troupes de ligne, celui qu'inspirait l'amour de la patrie! Et ce sentiment sublime, si vivement imprimé dans les levées qui, successivement, vinrent appuyer leurs masses, ou se fondre avec elles, rendit pour toujours l'armée étrangère aux faciions de l'inlérieur. De là cette pureté de principes, cette conduite sans tache, cet héroïsme soutenu, auxquels tous les écrivaiilfe impartiaux se sont attachés à payer un juste tribut d'éloges.

Mais cette révolution ayant, par sa marche audacieuse , répandu l'inquiétude dans toutes les cours européennes , on vit les rois déclarer

la guerre à la France. Leur défaut d'ensemble , à une époque où tous paraissaient réunis d'intention, éveilla l'énergie des Français, fit sortir de leur sein d'innombrables bataillons et donna bientôt à la nation l'attitude la plus martiale : on ne voulait pas subir le sort de la Pologne.

Les Prussiens, plutôt prêts ou plus ambitieux que leurs alliés, n'attendirent pas leur coopération pour entrer en lice ; ils enlevèrent quelques places mal défendues , livrèrent bataille dans les champs deValmy, et se retirèrent précipitamment après quelques échecs.

C'est seulement après leur retraite que l'armée française du Rhin, sortant en décembre 1792 des lignes de Weissembourg, déboucha sur le Palatinat qu'elle envahit , marcha sur Mayence qu'elle prit en vingt-quatre heures , et s'étendit avec rapidité Jusqu'à Francfort sur le Mein.

La retraite du général Beurnonville qui commandait l'armée de la Moselle, ayant obligé l'armée du Rhin à se replier en 1795 sur les lignes de la Queich, Mayence resta livré à ses propres forces et devint l'objet de l'ambition du monarque prussien.

Cependant cette retraite n'eût pas eu lieu si, pour l'invasion de la grande contrée comprise dans le triangle formé par notre frontière de la

Lauter et de la Sarre , le Rhin depuis Germersheim jusqu'à Coblentz et la Mosdie depuis Consarbruck jusqu'à son confluent sous cette première ville , si , dis-je , on eût soumis , comme on le fît plus tard , les armées du Rhin et de la Moselle a deux lieutenans généraux sous le commandement d'un seul général en chef.

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