‹ MémoiresChapitre 42 sur 80 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Retour à Avellino. — État de Royal-Corse. — Expe'dition. Berger. — Fête politique.

A l'époque de mon entrée au régiment, le ministre de la guerre, par esprit de bienveillance de la part du Roi Joseph , avait désiré qu'on passât l'éponge sur la comptabilité de la légion , et je l'avais prié de suspendre cette détermination, jusqu'à ce que j'eusse examiné l'état dans lequel mes prédécesseurs l'avaient laissée. Pour y procéder , je rétablis les cinq conseils d'administration des bataillons qui avaient formé le corps dans son principe, je les présidai tour à tour, et je parvins à force de soins et de veilles, à prouver que le gouvernement devait beaucoup à la légion corse ; que si ses bataillons avaient été mal administrés, on y avait au moins géré d'une manière irréprochable sous le rapport delà probité; et quedepuisl'organisation d'abord en légion , puis en régiment , MM. les colonels

DU GÉNÉRAL HUGO. l'J'J

Degio\anni et Catlaneo , mes prédécesseurs, n'avaient connu d'autre intérêt que celui de leurs administrés. Ainsi les soldats qui se trouvaient mécontens , parce qu'ils croyaient qu'on les avait constamment dupés , se trouvèrent chacun une forte masse de linge et de chaussure ; et le régiment, qui eut des réclamations considérables à faire , se trouva riche des dettes du gouvernement envers la légion. Cette conduite de ma part établit pour moi les sentimens les plus honorables , les officiers et les soldats pénétrés de reconnaissance , ne parlaient de mes travaux, qvie pour élever jusqu'aux nues tout le bien que je leur avais fait.

En janvier 1808, je fus chargé d'une expédition aux sources de l'Ofanto : presque tous les cantonnemens voisins y concoururent à l'effet de fouiller une forêt dans laquelle on soupçonnait qu'une comitive , chassée du comté de Molise , s'était réfugiée. Pendant qu'à l'exception de leurs réserves, les colonnes entrées par différons points, marchaient en tirailleurs sur celui où elles devaient rejeter l'ennemi, et que j'observais au débouché , avec ma cavalerie et des détachemens de dragons français , de nombreux troupeaux , sortis des villages voisins , s'étaient rapprochés de nous , et parcouraient les pâturages des plateaux où nous patrouillions.

Page 1