PREMIÈRE MESURE
L'ordre intimé aux médecins et chirurgiens , qui déjà presque tous avaient déserté leurs domiciles , d'y rentrer dans vingt-quatre heures , sous peine , pour les premiers , d'être pour toujours exclus de leur aggrégation , et pour les derniers , d'être poursuivis par la justice
un traître; mais la cour lui donnait souvent des instructions d'une nature inconcevable : le seul tort qu'il ait fait à sa mémoire , a été de se charger de les remplir
(*) Histoire de la Peste de Marseille, Aix, Toulon, Arles , etc., etc., etc.
Lorsque la maladie devint plus violente, M. le comte de Langeron , commandant de Marseille et de ses environs , renouvela cet ordre qui n'avait pas obtenu assez de succès, mais sous peine de mort; il étendit cette peine à tous ]es notaires , apothicaires , sages -femmes et petits marchands qui ne s'y conformeraient pas à l'époque qu'il avait fixée.
La crainte des châtimens n'ayant pu déterminer un assez grand nombre d'officiers de santé à rentrer en ville, on tenta la voie des récompenses. Deux mille francs par mois furent promis aux maîtres en chirurgie des villes, mille à ceux des bourgs et villages , trois cents aux aides avec la promesse de leur maîtrise franche dans la ville de Marseille, et à tous le logement, la nourriture et l'entretien, pendant la durée de leur service. Ce moyen, plus puissant que les menaces , eut un tel effet et fit arriver un si grand nombre de ces précieux citoyens, qu'on fut obligé quelque temps après, de faire publier qu'on en avait assez.