‹ Mémoires-journaux, 1574-1611Chapitre 47 sur 142 · DE SA MAJESTÉ, A MELUN · texte numérisé non relu

DE SA MAJESTÉ, A MELUN

le treiziesme jour d'Avril iSgo'.

Placard in-foL, sans nom de lieu ni d'imprimeur.

Articles accordés avec les factions des Hérétiques,

QUE ses bons et fidels serviteurs, demeurez à Paris, pourront chevir et composer, à quelque condition et prix que ce soit, avec ceux qu'ils cognoistront avoir plus de puissance de mettre ladite ville es mains de sa Majesté.

Que tous ceux qui voudront entendre audit parti, seront réputez ses bons et fidelles serviteurs, et outre le payement de ce qui leur aura esté promis, ils demeureront absouz de tous cas, jusques à huy, mesmement de prinse de biens, fusse de la Couronne, exceptez ceux qui qui sont au RooUe baillé au seigneur de Richelieu.

Articles accorde^ aux Parlemens de Tours.

Que tous agens et intendans audit parti demeureront sacrez et inviolables, le jour de la prinse de ladite ville, leurs maisons et famille, souz le mot et couleur qui leur sera donné la nuict par lesditz agens, et la prinse exécutée.

I. UEstoile a écrit ceci en marge : J*ai trouvé ce jourd'hui, dernier avril iSço, ledit pUccart soubs ma porte, comme je sortois de mon logis lavec Tescriture à la main en marge, qui y est, sans avoir jamais peu connoistre Tescrivain.

(V écriture à la main dont parle VEstoiîe est celle^i : on a biffé dans le titre le mor Melun, pour y mettre Paris, et Von a e^jouté : Tout cela est faulx.)

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il leur sera loisible de sortir le Royaume, changer de province, ville ou quartier, comme bon leur semblera, avec liberté de leurs biens.

Articles accorde:^ aux Estrangers.

Sa Majesté entrée, sera cryé partout : Vive le Roy Henry! ses armes plantées partout, et tous ceux qui seront trouvez ayans les armes en main, seront taillés en pièces, s^il n'ont ladite marque et mot du guet : et sa Majesté se retirera dedans le Palais, sans quUl y ayt lieu de supplication, plainte ny requeste, les trois- premiers jours : ce que sa Majesté defiend très-expressément à tous, sur peines d'encourir son indignation.

Articles accorde:^ à l' Armée en général.

Que dedans les vingt-quatre heures sera publié, à son de trompe, commandement à tous Catholiques rebelles et qui auront demeuré en ladite ville, de porter en personne leurs armes, jusques aux dagues et poignarts, en THotel de Ville, qui seront receuz et les noms des personnes enregistrez, présent le sieur de Chastillon, garde dudit Hostel de Ville, avec defifenses à tous de tenir autres fermens en leurs maisons qu'un Cousteau, la forme duquel leur sera donné par ledict sieur, sur peine de la vie.

Articles accorde^ à la Noblesse.

Que, outre les conquestes des biens et rençons, sera levé incontinent la somme de cinq cens mil escuz, tant pour payer ceux qui sont entrez au parti que (pour) soudoyer l'armée, et faire un fond pour l'entretenement d'icelle, jusques à la réduction des autres villes, dont le Clergé de Paris portera cent mille escus, pour sa cotte part.

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Les gentilshommes auront en propriété les maisons desquelles ilz se pourront saisir, et les soldatz les biens, la vie excluze, la fureur passée de vingt-quatre heures, horsmis les maisons des chefs des Eglises, qui demeureront particulièrement affectées pour loger les ministres de Sa Majesté, et non autres.

Articles accorde:;^ aux Estrangers.

Articles pour tous en général.

Les estrangers pourront rafraîchir un moys entier, du jour de Feutrée en ladite ville, et pourront prendre femme de gré à gré ; quant aux veufves et filles des morts, pourront prendre de force, et au bout dudit moys sera assigné aux mariez un certain canton de la ville pour leur demeure, et demeureront lesdicts étrangers mariez exemps, Pespace de trois ans, de toute fraction, subsides et gabelles : hors le péril éminent, demeurera le commerce libre entre les nations anglaises et françoyse.

Article expresse pour la Noblesse de France.

Tous princes, prélats, seigneurs, gentilhommes, officiers, soldats et personnes qui ont suivy Sa Majesté sont déclarez et demeureront quittes et réallement deschargez de toutes debtes civiles, personnelles, réelles et mixtes, et leurs immeubles déchargez de toute hypotecquc envers tous Catholiques, demeurans toutes sedulles et obligations, signatures et recognoissances, sentences, jugemens et arretz de condamnation de nul effect et valleur.

Pour récompenser les princes, seigneurs, gentilshommes, qui ont suivi Sa Majesté, et employer leurs biens pour la conservation de son Estât, leur sera donné en propriété les immeubles de F Église plus proches de leurs

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Maisons, le plus raisonnablement qu'il sera advisé en son Conseil, exemptz de services, décimes, dixmes, terrages, monalles, champars et redevances foncières, fors le droict de fidélité à la Couronne, qu'il recognoistront tous en foy lige.

Articles accorde:^ aux Parlcmens de nouveUe élection.

Tous officiers de judicature et finances, jusques aux simples sergentz, qui ont demeuré aux villes rebelles depuis le massacre du feu Roy, seront banny de France, leurs femmes et enfans, tous leurs biens acquis et confisqués à Sa Majesté, et seront tenuz issir le royaume, vingtquatre heures après la troisiesme publication qui leur aura esté faite : et detfences d'y rentrer, sur peine de la hard sans miséricorde : lesquels estatz et offices pourront estre indifféremment conférez tant aux estrangers que Françoys.

Clause indifférente.

Que la Maison des Jacobins de Paris sera réduite en citadelle : sera les dessus des portes teints de jaune, pour marque de trahyson, et deffences seront faites à toi!s Religieux dudit Ordre de jamais entrer en France, sur peine du feu : les autres Maisons qui sont aux villes demeurans razées et bruslées, pour en perdre la mémoire.

Article suivant le Jugement donné contre le feu Prieur de ladicte Maison.

Qu'il ne sera loisible à aucun de tenir escoles pour instruire la jeunesse en France, sans s'estre présenté à l'examen pardevant les ministres de Sa Majesté, et sans

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lettres de permission, sur peine de punition corporelle, comme corrupteur de la Jeunesse.

Sa Majesté ordonnera de la succession à la Couronne de France, comme il luy plaira, sans qu'elle soit astreinte garder la Loy Salicque, ny proximité de sang et parentelle.

Article poursuivi par les minisires.

Quant au fait de la religion, il sera advisé, sous le bon plaisir de Sa Majesté, l'exercice de la prétendue Réformée demeurant libre en tous endroictz et villes du Royaume, et ne sera loisible faire baptiser enfans, mariages et sépultures, sans en avoir adverty les ministres auxquels seulz seront conférez les bénéfices Curez, afin de réduire l'Evangile à sa pureté et première innocence.

Articles accorde^ avec la Royne d* Angleterre.

Que Sa Majesté ne pourra faire paix avec les rebelles, et où ils seront contraints feindre s'y accorder, il ne pourra néantmoins innover, ny enfraîndre ledit présent Accord, ny préjudicier à iceluy. Et ainsi l'a juré et promis en paroUe de Roy, nonobstant toute signature, foy et promesse contraires qu'il seroit contrainct de faire. Le semblable sera parfait, pour toutes les autres villes rebelles, liguées et confédérées ensemble contre Sa Majesté, et pour effectuer sa promesse envers la Royne d'Angleterre, Sa Majesté luy envoyera six des séditieux prédicateurs et perturbateurs de ladite ville, avec les trois principaux jouysans de et la Sainte Chapelle, moyennant quoy et ladite somme de cent mil escuz, outre les villes promises tant en Normandie que Picardie, Champagne, Sa Majesté demeurera quite envers ladite Dame du secours que le feu Roy et luy ont tiré d'icelle.

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Articles accorde:^ pour le général.

Messieurs, afin de vous roidir tousjours davantage contre vostre mortel ennemy, j'ay bien voulu, pour ne point veoir tomber sur voz testes le glaive furieux qui y est apprcsté, vous faire part de sa résolution : à celle fin que la vostre soit si résolue à résister Jusques au mourir, plus tost de mille morts si faire se pouvoit, que de vous laisser prendre aux pièges d'une maudite et malheureuse Paix : qui seroit vous mettre vous-mesme le Cousteau dedans la gorge. Quant à nous, nous aymions mieux mourir entre ses mains, puisque nostre marheure et la créance que nous avons en ceux qui nous ont vendu et livrez traîtreusement, nous y ont réduitz. Dieu vous en face la grâce, que de veoir advenir telle désolation : vous jurans, en foy de confrères, vostre ruyne estre preste, si n'y advisez.

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