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LE MESME EN FRANÇAIS

CY OÙ fut que Paix la Justice a baisée, Oîi du Ciel plut sur nous la première rousée, R! Où, se veid remuer de Nature le cours; Où le grand au petit, bas au haut à rebours, V Eternel au mortel/ut joint par alliance; Oùprit l'A uteur du Temps, sans temps, en temps naissance; Où le Soleil, son cours naturel rebroussant.

Ainsi comme un Géant, sauta vers sa carrière. Et r ombre recula de dix poincts en arrière; Où y pour tout éclair cir^ de nuë s'obscurcit. Et, pour vaincre le fort, infirme se rendit.

Un mesme roy et serf, riche et pauvret ensemble.

Où des Oracles saincts la voix aufaict s'assemble; Ou, dufaiste d'un mont^ sans main d'homme vivant, La Pierrette, tranchée, en bas s'en va roullant. Pour du monde briser V empire, et le conquerre. Et puis/aire un grand mont remplir tout la terre.

Où un œuvre Jut fait plus grand que l'Univers; Où, de Dieu Tout-Puissant, par miracles divers. Fut /ait ce cas nouveau, ce cas non veu encore. Sans mesure et sansfin^ que tout le monde adore, Ce cas où toute langue et tout esprit se rend, Seule ame et seul espoir du Ciel qui nous attend, Qu'une mesme seroit Vierge et d'un homme enceinte;

Icjr où tes parens, de vie pure et saincte, Ont ton corps pur et sainct engendré purement ; Où le Monde et l'Eftfer s'estonnèrent comment, De stérile, avoit peuyssir telle lignée^ Et qu'au ventre elle fut sans souilleure créée;

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Icy où, le servant par bandes et cantons, Scullets ont demeuré du Ciel les escadrons, Trouppes qui de tafoy et chasteté tant pure Les tesmoins ont esté, quand, par douce mesure, Chantant l'oiseau du ciel un cantique nouveau, Ton ventre/ut enflé de ce secret tant beau, Et le Verbe divin, Dieu cti soy par nature, En toy homme fut v k\i, et douce nourriture De tes mammelles prit, et au berceau fut mis, El, forgeron du Ciel, au/orgeur/ut soumis;

Oii, lui au Ciel monté, d'un vierge accompagnée, Et des premiers barons de la Cour éthérée, Pauvrette tu vesquis, passant au sainct discours, En prières et chants, et les nuicts et les jours;

Lieu que, pour d'iceluy ne pouvoir la mémoire Parmi les mescréans se conserver en gloire.

Les Anges {cas nouveau) ont pardessus la mer Chariéjusqu'icy, par le vuide de l'air;

Saincte mère, et espoir très-seur de nostre vie, Soit que tu aymes mieux que « la Lune « on te die, Ou « Estoille de mer « , ou « Celle que le jour Nous redore au malin a , ou de n David la Tour, Munie de boucliers et armes acérées » , Ou ' Pointe mise en rang de puissantes armées » , Ou « Vigne portant fruict plaisant et gracieux « , K Palme ■, « Plane a , ou a Cyprès, qui monte jusqu'au deux. Ou 1 Cèdre haut élevé », ou «fructueuse Olive», Ou «fleuve impétueux <■, ou Puy de source vive », Ou Myrrhe bien choisi », ou « d'Encens mis au feu La verge de parfum montant jusques à Dieu >• , Ou H Coulombs t, ou «du Ciel l' Espouse souveraine. Qui seule de tous biens et richesses es plaine. 1

I Icy {dis-je), oit de tant de mystères hautains

La mémoire /lorist, nous voians, jointes mains,

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Prosternés devant toy, et toute ceste bande Dessus tes saints autels présenter son offrande, Baisant or' le foyer j or^ la saincte paroy, Qui chaufféy qui couvert, qui ont mis à recoy Et Toy y et Celuy-là qui le Monde feit estre, Roy au ciel, et en bas serf se faisant parestre ; Si tel fut ton plaisir, qu'enclos en ce pourpris, Fust le vestige sainct de ce que tu vesquis; Si tirer ne s'en peut la moindre parcelette.

Que soudain de ta main vengeance n'en soitfaicte^ Si, dans ce tien manoir, pendus et attache:^^, Tant de vœux et tableaux, d'anathèmes sacre\. Montrent comme en ce lieu tu te rends secourable, Et as des affligés la prière agréable,

Si entrer ne s'y peut, que l'esprit, agité.

Ne se ressente à coup d'une Divinité, Et, faict homme nouveau, laissant sa peau première, Ne verse de ses yeux de pleurs une rivière, Reqoy ceux quiy de loin, pour ton toict révérer, Saincte Vierge, et en Luy, te viennent honorer!

Et toy y qui es à Dieu le temple où il habite. Et à nous, de salut l'Arche seure et le giste, Fay que sou:(^ ton abry tellement nous logions Qu'aufrai:^, loin du péché, joyeux nous reposions !

Que si, en tant d'endroits et de Temples encore, La France de ton nom la saincteté adore.

Si tant de fois elle a, par armes et par voix y Rompu de tes hayneurs les furieux abois, Déceus par le poison d'une secte maudite, Si à ce tien berceau parfois si belle suite Elle envoyé de gens, qui, d'esprit et de cœur, Roy ne en terre et au ciel, te chantent par honneur; Regardant d^un œil doux ceste saincte prière De nous tes serviteurs, fay pour nous, douce Mère, Que ce voyage sainct donne comble de paix

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A l'Eglise et Estât de ton Peuple françois ; Et qu* après ces brouïll%\ nostre France puisse ore Reprendre son teinfrai:^^ et son beau temps encore y Et celle y entre les fleurs, au clos ^e Jésus-Christ, Qui tient le premier rang et sur toutes reluit y Fleur, des ours et sangliers tant de fois enviée. Croisse j et des Lys croissant la blancheur soit gardée!

Ainsi puisse ton loss'accroistre en nos quartiers! Ainsi de ton Paris soyent les vœux plus entiers! Et nous, en ton hostel, chantions aussi ta gloire. Pour jamais, triomphans au Ciely ne nous en taire!

Amen.

AD EAMDEM VIRGINEM Dedicatorium,

^TALA quos praeceps fudit per itinera cursus,

Per juga, per montes, flumina, saxa, lutum, [Horum si pluvias, si conscia frigora, vend, Grando, nix, glacies, atque pruina, fuit : Tempora Diva tuae dum certant omnia laudi,

Sic nostrae versus pignora sume viae, Det labor ut patiens per mille incommoda mundi, Juge tibi aetherea dicere in arce melos.

AD EAMDEM De prœsenti editione.

iCiLiCET aspice te quod carmen fuderat ardens iSpiritus, ante tuis fieret dum proximus aris, :Atque repente tuum faceres, o Virgo, Poetam Tranquilla pace et meliori tempore, nunc dum

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Igné, famé et ferro, dura, ruâî dente Draconis Pressa, tuis laribus sua vou Lutetia sacrai, Suppressum interea et clausum tamisper in umbra Edimus, auxilii praesagia certa futuri, Quodque animos ad te per se currentibus addat.

At tu, qus miseris toties succurrere nosti, Tanta tus nostris si pars est laudis în oris, Si primc^enitos chari fert Gallis nati, Eia âge, monstra te, in tanto discrimine, tnauem, Et deploratis fer opetn mitissima rébus I 4 Julii 1 5ijo.

A Paris, chcE Guillaume Bichon.

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