‹ MémoiresChapitre 20 sur 36 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

aS^ MÉBtQllŒS

« égaré. Je mesms 4'abord établira GoblQQts, à « deux petites journées des frontières , jusqu'au « commencement de la campagne de 1792. Après « cette campagne , obligé de passer le Rhin , je « pris ^pour asile la petite ville de Ham>, sur « la Lippe ; j'y suis reMé jusqu'à <ce que le vœu a des Toulcmnais m'appelât chez eux. En apri* « vant à T«irin, d'où je comptais tn'embarquer a à Gènes , j'appris l'évacuation de Toulon ; je « restai à Turin. Quatre mois après le roi de « Sardaigne , mon beau - père , en raison même « de mes instances pour rejoindre son armée , «m'obligea de quitter le Piémont. Le duc de tt Parme, mon cousin, ne put me garder chez lui.; «j'allai m'établir à Vérone. De là je sollicitai (c avec une -constante et inutile chaleur, de l'Ëspa** «t gne et de l'Angleterre, mon passage à la Vendée. <c Au bout de deux ans le sénat me chassa. Alors^ ce malgré l'opposition formelle de l'Autric&e, j'allai « joindre sur le Rhin le corps ^e Condé. ïTayant « point . comme mon cousin le prince de Condé (c et mes braves gentilshommes , d'engagement a personnel avec l'empereur d^ Allemagne ; exposé « d'ailleurs à des désagrémens continuels, lorsque « la retraite fut ordonnée sur le Danube , et que « je ne vis phis les montagnes de l'Alsace , je m'éccloignai. Je n'étais pas venu dans l'intention de

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« verser an cœur 'de l'AUemagne le sang français ■ « pour des iotérêts étrangers. Assassiné en die- « min, j'allai à Blankeobourg, dans « Brunswiclt. Après le i8 fructidor, a exigea du roi de Prusse de me fa « J'essayai en vain d'obtenir un a K Alors, ne pouvant rester en Aile nceptai avec douleur l'offre généi « fit Paul I"' d'aller résider à Mi « chassa au bout de trois ans, et le « me toléra à Varsovie. J'essayai inui « tenir dans les États de ce prince u «rapproché de la France. J'ai quitté Varsovie « pour aller en Suède conférer avec mon beauci frère sur l'acte qu'il était de moji devoir d'op- « posçr à l'usurpation ouverte de Buonaparte, et, a pendant mon séjour à Calmar, le roi de Prusse a m'intei^it te retour dans ses États. Il a donc a fallu accepter les offres réitérées de l'empereur « Alexandre , et rentrer en Russie.

tt Voilà mon itinéraire depuis quinze ans. Ma a correspondance fait foi de mes efforts sans cesse a et infructueusement renouvelés auprès de toutes o les puissances, pour que moi et les miens puis- « aions prendre une part active à la guerre.

a Cette esquisse n'est pas consolante , mais elle a est nécessaire à présenter à ceux qui désirent

a6o MÉMOIRES

a avec tant de raison mon rapprochement et mon « activité. Les efForts les plus infatigables furent « renouvelés à cet effet un an avant le début de « cette désastreuse campagne, et en ce moment ce même je suis en état de prouver que je û*availle « au même objet.

« Depuis le commencement de la révolution , « tout, en France et au-dehors , tourne sur un cer- « cle vicieux. Chez l'étranger, beaucoup d'esprits «imbus des idées philosophiques, ont aimé, ai-^ a ment peut-être encore la révolution, puisque « tous l'ont crne populaire et par conséquent in- « destructible. Mais comme en même temps on ce voyait bien qu'elle désorganisait tout, on s'est ce flatté que dans cet état de désordre , il serait « facile de faire des conquêtes, et cette idée n'est « pas encore totalement effacée , témoin le dera nier traité entre les puissances qui , soit dit en a passant, rappelle assez bien la peau de l'ours. « Cette double erreur est la source de la conduite « constamment tenue à mon égard. On croit d'une « part qu'il n'y a plus rien à faire pour moi ; de «l'autre, on craint, en me mettant en avant, « de se compromettre si l'on ne réussit pas , <et «de nuire, si l'on. réussit, à des projets ambi- « tieux ultérieurs. Je suis très sûr que l'empereur «de Russie n'a point de tels projets, mais tout

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« me prouve qu'il partage l'autre erreur, et cela « suffît pour qu'il agisse envers moi comme les a autres souverains.

«En France,. cette conduite des puissances a ic inspiré contre elles une méfiance qu'on ne peut « dire mal fondée , mais qui cependant a des effets , «très funestes. De plus, les yeux ne pouvant « percer à travers le nuage qui enveloppe moi c( et les miens , on nous accuse de tout abandon- « ner, et cette injustice m'afûige profondément <c sans que je puisse entièrement la condamner. « Dieu seul voit les choses telles qu'elles sont;. les « hommes ne peuvent juger que sur les appa- « rences. Il en résulte cependant un décourage- « ment , une inertie qui de plus en plus creuse « l'abîme.

« Placé entre les deux partis, je leur crie éga- « lement : Vous vous trompe:^; mais, d'une part^ «ma voix n'est pas entendue; de l'autre, elle « n'est pas écoutée.

« Je sais bien que si je pouvais me montrer, « me rapprocher seulement, cela serait très utile. « Mais les puissances n'y consentent pas , parce « que la chose leur paraît au moins superflue. Je «sais également qu'un mouvement en France « leur ouvrirait les yeux; mais ce; mouvement ne ce s'opère pas , parce qu'on n'en ose même espérer

26ir MÉtaOlKES

ce le sticcès , d'après Topimon qa'o6 a de$ ptïts- (c sànces et dé moi-même. Yoilà le cercle yideux ce dont je parlais tout à l'heure.

«QireUes instructionâi puis- je donc donner?

<c quels pouvoirs puis-je répartir? qui en revéti- « ^ais-je? On demande que je parle de nouveau; ce à qvti? commeixt? en quel langage? Poserai ici (c citer les paroles de FÉvaiiigile : Ils ont Moïse et il tes prophètes, qtiiU les écoutent, car s'ils ne « les écoutent pas, un mort ressusciterait quHis « ne Ven croiraient pas. Pour suivre l'application, a Moïse et les prophètes, c'est ma déclaration «du â décembre i8o4; le mort qtii ressuseite- (£ rait, serait une garantie nouvelle. Tout est ren- «fermé dans ma déclaration. S'agit-il d'un ml« « litaire? Conservation de grade, de l'emploi, «avancemeht proportionné aux services, aboli- « tion du règlement de 1781 , tout y est assuré. «Yeut-on aborder un administrateur? son état « sera maintenu. D'un homme du peuple? la con* « scriptioii, cet impôt personnel, le plus onéreux a de tous, &era aboli. Â ceux dont l^état n'est pas ce spécifié dians la déclaration , le plus simple raice èonnement par analogie suffit pour les satis- <c Êdrè. Que je voulusse excepter l'armée , cela a s'entendrait ; mais par quelle prédilection conc( sérverais-je ce juge,<:et administrateur, tandis

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a que je dépouillerais celui qm exerce d'autres (i fonotioBS , et qui aurait aussi bien mérité « qu'eux? A ua nouveau propriétaire ? je me àé* « clare le protecteur des droits et des intérêts de a tous. Un coupable enfin ? les poursuites sont «défendues, l'amnistie générale est solenneUecement annoncée, la porte du repentir ouverte, « et, sur tous ces points, on ne peut douter de a ma bonne foi, puisque je ne fais que citer des «c instructions qui ont six ans de date.

« Quelle plus ample instruction peut«on réce* avoir? Des pouvoirs sont inutiles, le zèle suffit <c pour prêcher une pareille doctrine. Des pou-a voirs d'ailleurs ne peuvent se donner qu'à un a petit nombre de personnes. Ma déclaration peut « faire autant de missionnaires qu'on en tirera « d'exemplaires; et ce sont des missionnaires qu'il « £siat en ce moment. lies pouvoirs enfin sont « nécessaires pour traiter ; nous n'en sommes pas a là; mais non pour convertir, et c'est la con^ a version qu'il faut avoir pour objet. Si je me tt trouve comme Heniî TV, dans le cas de racheter ce mon royaume, je donnerai àe^ pouvoirs à qui ce cela sera nécessaire, mais actuellement ce i»'es€ « pas le cas d'en donner.

« Mittau, le ^^ mars 1806.

a Signé , IXXilS. ^

a64 HÊMOmfi»

Le comte d'Antraigues trouva cet itinéraire du Roi plein de jugement et de dignité; et certes, de sa part, uu tel éloge ne pouvait être suspecté d^adulation. J'avouerai même que cette admirable instruction de Louis XVUI servit désormais de guide à toutes mes démarches dans l'intérêt des Bourbons. Je puis dire aussi qu'elle fit généralement impression sur les ministres et les hommes d'État à qui je trouvai l'occasion de la commu» niquer ou de la faire connaître.

Dans l'intervalle je reçus de Mittau, par l'intermédiaire de M. le comte d'Avaray, l'ordre du Roi de suivre , à Londres , une correspondance entamée , dans l'intérêt aussi de la légitimité , entre un sieur Perlet , résidant à Paris , et mon frère François Fauche , établi à Berlin.

Je ferai d'abord connaître ici, dans l'ordre des faits, ce que depuis 1806 des débats judiciaires ont . solennellement révélé , c'est-à-dire l'origine de cette noire intrigue , ourdie par le plus scélérat de tous les hommes. J'étais encore au Temple , à la fin de 1 8o4 9 lorsque mon frère , conune je l'ai rapporté , vint à Paris pour solliciter ma délivrance. Là ^ il eut occasion de renouveler les rapports qu'il avait entretenus jadis avec Perlet^ . ancien journaliste, et son correspondant à Paris.

Ce Perlet, par suite de la journée du 18 fruc-

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tidor (4 septembre 1797), avait subi à Sinnamari la déportation pour avoir rédigé une feuille périodique en opposition au Directoire. A son re-^ tour il s'était arrêté en Angleterre, où son arrivée fit quelque sensation , à cause des dangers récens qu'il venait de courir en mer. Dans une tempête il- avait été réduit à s'attacher ailx mâts. Cet homme inspira de l'intérêt, fit au gouvernement anglais des offres de service , et en reçut même des secours. Mon frère le rencontra dans Paris, revenant de Cayenne, où il avait été proscrit pour des opinions qu'il affectait encore ; il n'en fîit que plus porté à se lier avec lui d'une manière intime. Ils. formèrent d'abord ensemble un plan d'association , qui eût obligé mon frère à venir se fixer à Paris. Perlet lui dit qu'il le mettrait en communication avec Vey rat de Genève, son compatriote , qui , en sa qualité d'inspecteur-général de police, pouvait aisément lui faire obtenir l'autorisation de résider dans la capitale ; mais tout à coup mon frère reçut l'ordre de quitter Paris sans délai- Comme cet incident calculé fut, pour ainsi dire, le premier fondement de la combinaison infernale de Perlet , je vais en donner ici l'explication. Perlet dit à Yeyrat, son ami (car il servait déjà en secret la police de Buonaparte) i <i Renvoyons François Fauche à Berlin ; il me croit

i^âéyottè aux Bonrbon»; l'oiivriffaâf èAn» ce sens a avec lui, $ous le nom de Bourlac, une conresa pondânee qne j'alhnenterm , et nous saurons a tout ; car bien ' certainement François Faudie , crde même qne son frère Louis, est un agent de « Louis XVni. »

De re):our \ Berlin, mon frère reçnt en effet sous le manteau de la confiance et de l'amitié des, lettres artificiefuses de Perlet.

Il les communiqua immédiatement à M. le comte de Moustier, qui les transmit à Mittau pour être portées à la connaissance du Roi. Le Roi donna l'ordre de suivre la correspondance. Ce fut sou» la dictée du comte de Monstier que mon frère, répondant à Perlet, encouragea d'abord son zèle pour la cause royale.

Tels furent les premiers nœuds de cette falla* cieuse et barbare intrigue qui devait un jour mettre à nti la perversité du cœur humain d'une manière si odieuse, que les contemporains euxmêmes, sans aucune acception de parti, en furent, comme on le verra, soulevés d'indignation.

A mon arrivée à Berlin, j'avais été mis au fait de cette correspondance royaliste avec Perlet, mais sans y participer. J'en informai M. Jackson , ministre d'Angleterre à la cour de Prusse.

Voici comment Perlet fescina les conseils du

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Roi^ et le Roi lui-même. Il déposa rexistéince , à Pari», d'un comité secret, d'mi conciliabule roysj, cam^posé de hauts personnages, proscrits la plii* part au 18 fructidor, entièrement dévoués à la maison de Bourbon , et qui n'attendaient pour agir qu'un moment favorable à l'explosion qt/ils méditafient. Si ce comité poursuivait ses opérâ-^ tions sans élré soupçonné par aucune des trois polices de la capitale % c'est, disait Perlet, que leurs agens même, et en assez grand nombre, en faisaient partie.

Qu'on se reporte au temps , et on verl^ que cette déception , qui paraît grossièrement conçue aujourd'hui qu'on déchire tous les voiles, ne pouvait guère ne pas réussir. Depuis la malheur-euse conjuration dont le déiioûment avait coûté la vie à Pichegru et à Georges , et la liberté à une foule de royalistes fidèles, la terreur s'était répandue en France à un tel point, et les espions de police y avaient déployé une telle activité, que toute relation avec l'intérieilr se trouvait interrompue. Or, on conviendra aisément que riçn ne devait

' Celle de Fouché, du préfet de police Didixiis, et, de plus , de la gendarmerie , à laquelle se rattachait la police particulière de Buonaparte , sous la direction de son aide-de-camp Savary , dont les dénégations à ce sujet n'ont aucun poids comme témoignage hiâitoriqué.

paraître plus précieux , et ne pouvait être reça^ avec plus d'empressement, qu'une communication régulière , proposée et déjà même établie avec une organisation loyale et courageuse, ayant pour objet le rétablissement des Bourbons.*

Mais voici ce que Pçrlet écrivait \ d'un autre coté, à l'inspecteur-général de police Veyrat, son ami , au moment même où il alimentait sa feinté correspondance pour le service de Louis XVin : a Je te prie d'assurer M. le conseiller d'État préfet « de police , que je ne négligerai rien pour dé^ , « couvrir et dénoncer les ennemis de notre goucc vernement , et que rien ne me coûtera pour « rendre tous les services qui dépendront de moi.

i< Je me conformerai avec eicactitude à tout ce ^que tu nias prescrit et me prescriras par la»

« suite » On découvre ici que Perlet aspirait

à être mis à la solde complète de la préfecture, où sa cupidité n'était encore amorcée que par des gratifications.

La correspondance de Perlet ayant pris une consistance qu'il savait graduer avec art , le Roi me fit écrire à mon arrivée à Londres , par le comte d'Avaray, que l'affaire du comité de Paris était de nature à intéresser le gouvernement an-

' Lettre du ao thermidor an xiii (8 août i8o5).

glais, et qu'il me chargeait de la» suivre auprès des ministres de Sa Majesté Britannique, sous la direction de M* le duc de La Châtre.

Je me conformai aux ordres du Roi; et on verra bientôt jusqu'où Perlet poussa la scélératesse. Mes réflexions me portaient néanmoins à ne concevoir quelque espérance touchant le comité de Paris, dont Perlet garantissait la réalité , qu'autant que j'y verrais figurer des personnages prépondérans dans l'État. Perlet gardait à cet égard un silence qu'il qualifiait de discrétion obligée. Quant à moi, l'habitude de m'adresser aux hommes en crédit et tenant au pouvoir, comme étant seuls en mesure de rendre d'éclatans services, me porta, dans ce temps-là même, à adresser au Roi un projet, que Sa Majesté voulut bien prendre en considération. Il s'agissait de rattacher à la cause ' de la monarchie le major-général Berthier , devenu récemment prince de Neuchâtel. J'ignorais absolument qu'il lui eût été fait au nom du Roi, en 1798, et lorsqu'il n'était que général, des ouvertures et des offres proportionnées à l'étendue des services qu'il aurait pu rendre alors.

Il était naturel de concevoir une opinion avantageuse du général Berthier qui avait servi avec distinction en Amérique , et qui n'avait à se reprocher aucune des horreurs de la révolution.

9^ 'MÉMOmiSS

Le Roi &e*:rappelait aussi }a conduite qu'il avait tenue, lorsque, ssajor delà garde nationale de Versailles , il avait contribué au bon ordre de la ^ilk, etji la sûreté -de la famille royale jusqu'aux .journées des 5 et 6 octobre 1 789 , où il s'était encore montré comme un officier de tête et de courage ; lorsque enfin , devenu commandant en chef, après la retraite ,de MM. d'Estaing et de €rouvernet, il avait, le 19 février 1791 , marché à la tête d'une partie de son corps au secours de Mesdcanes^ tantes du Roi , que le peuple de Paris voulait empêcher de partir de Bellevue, mais <lont il favorisa le départ.

Il s'agissait donc de renouer une nouvelle négociation avec le général Berthier devenu prince. Pour cet effet, je reçus, d'après les ordres du Roi, une lettre du comte d'Avaray et des instructions secrètes dont le comte était l'unique •ccmfident.

Yoici la lettre et les instructions :

Dépêche dfi M. le comte d'Avaray à Fauche-

BoreL

MittaUy k II juillet 1806.

<(Le Roi a lu avec un vif intérêt, monsieur, «c votre expédition confidentielle du si i juin ; tout

K y est marqué ffu coin^de la sa^sse, du<dé¥OÛ- « ment , et du ^èle ^leplus édsàré. 'Sa Majesté croit , « donc que la plus grande pceuve d'estÎEiie'et'de sa^ <c tb^ctionqu'ellepuisse vous^oimerestde vous «convaincre, comme ^yous léserez à la lecture a des pièces vCi^-jmntes-, que ^otre plan est une ce modification des idées qu'elle avait conçues «dans sa sagesse, il y a de longues années. Dans ce la situation cruelle des choses , c'^st la seule réflc compense qu'il soit en son pouvoir de vous ce donner : jouisse2>>en dcmc , monsieur, et selon « Vjcrtre cœur.

ce Après le plus mûr examen , le Roi approuve « hautement votre plan sur tous les points , sauf ccrcelui des concessians additiomlelles mention^ «néesii l'artide réflexions. Sa Majesté pense que « la prudence xx>mmande dans tous les cas de les ce tenir en -réserve, et ,je œ doute pas que vous <c n'appiaudissiez à cette mesure en raison des ce modifieations que le temps -et les cireoiistaiîices <c peuvj^t apporter.

« Le Eoi eût voulu écrtredirectementa M. Ber- « thier; mais ce moyen ayant été employé sans <c fruit dans quelques ^ccasi^cmis , et parliculièreic ment auprès de Buonaparte , il faut ajourner « cette lettre, et qu'elle devienne , pour ainsi dire, «un témoignage nouveau >de haute estime et de

« confiance donné à l'accueil qui serait fait aux ce premières ouvertures. Le témoignage serait (c puissamment motivé, monsieur, si, en échange, a des modifications dont vous êtes porteur, M. Berce thier vous remettait un gage de ses dispositions a à seconder les vues de Sa Majesté. Cependant «c comme il est indispensable que le Roi attache ^ unp sanction positive à la négociation présente, <x et que des pièces de huit années de date sont « insuffisantes pour remplir cet objet. Sa Majesté « donne cette sanction de sa main au bas de la lettre ce ostensible que je vous adresse. Cette lettre, dans « laquelle vous pouvez remarquer que rien ne «peut vous compromettre, pourra, selon Focce currence , être remise au général Berthier a comme pièce de conviction. Vous ne manquece rez pas d'observer que dans la lettre osten- <c sible, ces mots : Le Roi ne range pus le prince «(Berthier.de Neuchàtel, etc....... peuvent être

a mis en grande valeur, si la chose vous parait ce utile. Je joins ici une nouvelle expédition de la ce note du 22 mars, dans le cas où vous n'en au- ^ riez pas conservé une copie.

(c Quant à l'article du seCret , je puis vous douce ner l'assurance la plus formelle, monsieur, que ce cette affaire est absolument circonscrite ici « entre le Roî et son serviteur. Le secrétaire dont

DE FÀUCHE-BOREL. a?^

«j'emploie la. main, a prouvé par quatorze an- « nées de fidélité et de discrétion qu'il méritait a de ma part ce haut degré de confiance. Enfin , «monsieur, le Roi présumant que lé principal ff objet qui vous conduit à Neuchâtel est la négoce ciation en question , Sa Majesté me charge de « vous dire qu'elle veut faire les frais de ce voyage, «quel qu'en puisse étce lé résultat. Puisse-t-il «mettre mon auguste maître en mesure de ré- « compenser dignement les services signalés des «deux frères!

« Agréez , etc.

a Signé, LE COMTE D'AVARAY. »

Cette dépêche confidentielle était accompagnée d'une lettre ostensible, conçue en ces termes : •

«Le Roi, plein dé confiance, monsieur, dans «votre sagesse, votre discrétion, vos principes «éprouvés,' a jeté les yeux sur vous pour une '« négociation de la plus haute importance, et « dont mon auguste maître a voulu faire de vous « Funique confident. Elle sera d'autant mieux « placée entre vos mains, qu'à la faveur des in- « térêts de famille qui peuvent vous conduire à « Neuchàtel , cette négociation se trouvera facile- «ment enveloppée du plus profond mystère. La

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