‹ MémoiresChapitre 21 sur 36 · TOME III. l · texte numérisé non relu

TOME III. l

ft74 iWiBIÛIttES

« Fraaoe a passé subitement de Tojiprobre €t de « l'anarchie sanglante ée la démagogie , au {ong «d\iii<e tyrannie odieme; il s'agit d'<efi&€er la k honle^ de tarir les lannes, de fixer la iibertsé et «c de consolider les trophées utitesi, JL^s pièces ci- « jointes vous iseroni la preuvie de la suifte eon* « stante que le Aôi a mise dans ses vues ^ et de la « haute estime que Sa Ittijesté porte au persoti- « nage auprès duquel lesditei» pièces défont vous «accréditer. Ces pièces sont: i*. copie de «deuK «pouvoirs confiés par Sa Majesté^ tsà 17^9 « à un de ses fidèles sujets ' ; n^. copie des ince structicMis annexées à ces pouvoirs; 3*. une « note particulière annexée à ces instructions. Le ce Rôi, ttï vous chargeàtit'de lui communiquer ces xr pièces , désire que vous appeliez également wêl «attention et sur la déclaratk>n du* a déi^m«- « bre i8o4> et sur la note du aa mars que, par ««on ordre ^ je vous ai confiée; l'une et i^autre « renfermant une nouvelle garantie de ses inten*- « tions paternelle^ et royales.... Le présent pa- « quet, revêtu de trois cachets à mes armes , vous « étant remis en mains propres par un homme « qui ignore entièrement son contenu^ et dont «je garantis la fidélité, vous pmivee être garant

* Le chevalier de Coigoy, alors agent du Roi k Paris.

tt à Vôtre tour du plus inviolable secret sur la

a présente ouverture.

« Agréez ^ etc

a Signé, D'AVARAY.»

Les avantages qui, en 1798,. avaient été proposés au général Berthier, devaient lui donner la mesure de ceux sur lesquels il pouvait compter comme prince de Neuchàtel. Dans la copie des instructions de cette, époque, le Roi s'était exprimé en ces termes : a II est apparent que M. Ber- > ce thier est au Roi : un homme de son caractère • (c ne doit point faire de marché. La gloire est tout ff pour lui, et rien n'est plus glorieux que le rôle « auquel il est désormais appelé. Le tloi veut ce cependant lui donner tout de suite le grade de ce lieutenant-général et le cordon rouge. S'il décc sirait une place au conseil, peut-être le déparie tement de la guerre^ et qu'il y tînt absoluihent, a on le lui promettrait ; si ses vues se tournaient « vers un gouvernement de province , le Roi le <c lui accorderait.... Quant aux grâces que M. Bér- <K thier demandera sans doute pour la partie de «son état- major et les autres officiers de son « armée ' , auxquels il sera forcé de confier ses

*» Bèrthier cônrïnaûdàît alors l'aimèè d'Italie, «h remplacetÊHkA du géttéra! Maména.

a?^ MÉMOIRES

« plans et leur exécution , lui seul en peut fixer a l'étendue..... »

J'aurais donc traité en 1806 sur une plus grande échelle si le temps et les circonstances m'avaient favorisé dans la reprise de cette négociation. Mais, retenu à Londres pour d'autres services essentiels à la cause du Roi, je ne pus moi-même la suivre. Toutefois mon frère fit remettre par une voie sûre au prince de Neuchâtel copie des instructions détaillées qui m'avaient été transmises.

S'il n'a point alors exécuté le projet qui lui était offert , on n'a pu attribuer sa prudente inertie qu'aux circonstances dans lesquelles il se trouvait placé. Toujours est-il vrai de dire qu'aux yeux du Roi il a tenu une conduite propre à justifier qu'il attendait le moment favorable pour se prononcer. On n'en préparait pas moins l'œuvre de la restauration , dont il fallait mûrir et avancer l'époque.

I . Elle n'était reculée que par les exploits de Napoléon; mais des guerres et des victoires, moyens forcés et violens, ne pouvaient avoir qu'un succès temporaire , quand surtout la prudence n'en savait pas régler l'emploi.

Cependant les résultats de la paix de Presbourg avaient occasionné le désarmement de l'Autriche,

l'éloignement de la Russie , Fisolement de la Prusse, et changé les calculs de FAngleterre. Tout le continent européen se trouvait ainsi dans une position ambiguë et précaire , à la veille de passer sous le joug de Napoléon , qui occupait militairement l'Allemagne. Prévoyant les conséquences de la désastreuse campagne de 1 8o5 , le roi de France avait jugé la Prusse compromise par son isolement même. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver avec une promptitude qui ne justifia> que trop toutes les prévisions ; et pour qu'on ne m'accuse pas d'avoir oublié , en &veur du roi de France , les intérêts de mon souverain le roi de Prusse, je dirai qu'ayant appris que son royaume courait des dangers de la part de Buonaparte, j'envoyai à Berlin diverses notes et plusieurs mémoires pour les lui faire connaître. Qu'avait gagné le cabinet de Prusse par ses con^ tinuelles condescendances depuis la retraite du ministre Hardenberg ? L'humiliation lui était déversée sans ménagement par celui qui s'était fait un jeu de lui offrir le Hanovre comme un appât, et ' qui négociait maintenant avec l'Angleterre pour le lui ravir. De sorte que la Prusse avait abandpnné plusieurs de ses. provinces pour une compensation illusoire qui allait lui échapper. La dignité nationale s'en indigna , et l'esprit mi-

!)7^ MÉMOmES

Htaire ayant fermenté de nouveau et tkvec (dus de violence encore dans la monarchie de Frédéric-tle-^ Grand, il suffisait d'y exciter les âmes généreusea pour y amener la manifestation d'une opposîtioa imposante. Ayant sans cesse les yeux ouverts sur la Prusse, et n'aspirant qu*à la préserver, je ne laissai point échapper l'occasion d'y réveiller l'esprit national. Je fis imprimer, j'y envoyai , et y y fis répuidre une nouvelle édition des Pragmens^ de Ptdybe, à laquelle M. d'Antra^ues attacha V A9€mt^Propos suivant, qu'on peut regarder comme la première protestation de la Prusse contre Vhumiliant système de son cabinet, et contre les exigences encore phis humiliantes de Napoléon.

Voici ce morceau remarquable pour l'époque:

« Nous avons cru utile de réunir à cette nouvelle « édition des Fragmens à» Polybe, traduits par la « comte d'Antraigues, la requête des habitans du « margraviat d'Anspach et les observations d^un « magistrat de ce pays ii^rtuné» Tant de fidélité a méritait un sort plus heureinc et des ministres « ea état d'apprécier ce que doivent valoir eu ces « temps malheureux d)es hommes qui parlent et « s'expriment comme les habitans du margraviat « d'Anspach.

« La postérité flétrira d'un indélébile mépris

DE FAUCHE- lOREL. ^9

<t ces coi»eîHer& perfides d'un souverain succès^ « seur du grand Frédéric, dont le cœur bon et fc seiïsible a été entraîné par une suite de décep- « tions éans des démarches dont rinjustice égale « k konte, et qui »'a pas aperçu de quds pîéges ce il était environné.

a Une scandaleuse impunité (nouveau fléau au a milieu de tant de calamités) conservera peut- -être Fexistence de ces hommes qui, trafiquant a de leur influence , entraînent leur souverain a dans un gouffre d'infortunés , dans lequel le «' pire des maux est de conserver le souvenir de « ^existence , loraqtfon s^ est aveuglément pré- « cipité.

« Le moment s'approche ,• Theure va sonner où ne iUn'yaura phis sur le continent que dès esclaves « devenus le patrimoine' de la femille^Vm Corse! <( L'Europe s^*a divisée entre ceux qui spuâtirent «c la phis exécrable des servitudes et des tjrans <c subalternes qui auront intérêt à la faire supporte ter. Bientôt il ne restera à la Prusse qu^un inor stant à déKbérer, qu'un moyen de salut , <pi*un a seul parti à prendre, si elle veut éloigner d'elle « Pignominie de la flétrissante prépond^ance de « Buonaparte. Voilà où l'ont conduite des hommes « obscurs et puissans qui , depuis dix ans , règneïit « dans le cabinçt- du Roi ^ et Kvrent le premier

a8o M^OIRES

« ministère à leur agent ou* plutôt à leur cornée plice.

a A l'aspect de ce qu'éprouve aujourd'hui la «Prusse, on se demande s'il est. donc vrai que le « grand Frédéric soit mort tout entier ; on se de- « mande si tant de travaux de la part d'un si grand ce homme n'ont laissé aucune trace, aucune traa dition , aucune réminiscence.

ce Non ! il n'est pas vrai que le grand Frédéric ce n'existe plus : il vit tout entier dans cette armée «qu'il créa, que vivifia son génie, qu'anime sa (c grande âme. Voilà les enfans qu'il a laissés à la (c Prusse ; voilà les défenseurs qu'il laisse à l' Alcc lemagne; voilà l'héritage qu'il lègue à l'Europe.

ce Quel noble esprit anime cette brave armée ! «C'est là qu'on retrouve les vestiges de Fr.édéric- «le-Grand; c'est là qu'il est permis de croire, que « Frédéric sera immortel , puisque ses braves lé- (c gions se chargent de conserver son héritage , et « de défendre sa mémoire.

« Tel est aujourd'hui l'unique espoir de l'AUe- « magne ^ l'unique moyen de salut pour la Prusse. « Il arrivera ce moment décisif où ces braves que « guida ce grand , Roi iront enlever son cercueil « du lieu où il repose , çt porteront au milieu des (( eamps les cendres de cet homme que ne purent a abattre les revers , qui commanda aux événe-

DE FAUCHE -BOREL. a8i

« inens , et semblait avoir enchai&é la fortune. Le a seul aspect de son cercueil suffira pour sauver «le pays qu'il a créé; son ombre défendra ce «trône qu'il éleva; elle sera le palladium de ce « prince qu'aperçurent, ses regards mourans, à « qui il ne put donner ses leçons, mais à qui il « laissa de si grands exemples.

. « On ne connaît pas toute la force de l'opinion « publique, lorsque c'est une armée qui crée qstte « opinion et qui la place sous la garde de ses « étendards. Cette opinion ressuscitera le grand « Frédéric lui-même ; on le verra apparaître sur le «champ de bataille sous les traits de FrédéricffÇuillaume.-

« Alors disparaîtront ces misérables qui en ce « moment flétrissent leur pays de leur puissance «et de leur existence. Oui, il arrivera aussi ce « temps de gloire , de bonheur et de triomphes , «où le souvenir du passé s'effaçant de la mé- « moire des hommes , on oublierait peut-être que « Lombard, Beymes et Haugwitz ont vécu, si J'his- « toire ne les évoquait à son tribunal pour attacher « leurs noms au pilori de la justice des siècles. »

Mais si l'armée prussienne en général inspirait cette noble confiance justifiée par la réputation de sa discipline et par ses antécédent, d'un autre côté il n'en était pas de même de plusieurs de

âa» HÉBtQlIIBS

ses giméwwa et d'une panie de: wa état-neîov^ presque Um» plus ou mains complices dfUi 9SfslàmQ> suivi par- le oabidttet On Feomrquait surtout parm les ^eux o£Sieiers un esprk de tadumenient^d'ir-». vésfAatàifmt et d'égoisme , £ital aun gfpaâdss et généf eusea entFefMisesu

Dans ces circonstances ua général français , avec qui j'étais, ea liaison ^ et qui depuis lengtempa ayaib ^mbcassé la cause que je servais, YÛpit me voir à I^sndrea pour me monter une kt^e de Pi^is, dans laquelle la chute de la Prusse était positivement ^imcuicée; il me pressa iaslsamment d'emplayier me& amia pour me faire envoyer en mission à Berlin , ajoutant qu'il suffirait , pour sauver la^ monarchie p^nu^ienney de parvenir direetemeat au Roi ou à la Reme« et de leur re-< mettre un plan dont rexécutLo», aussi subite que &âle, déconosrterait les trahisons à^ mioiâtpes et de certains généraux qui s'entendaieut , dti-» aié(Tâ, avec l^ ohel de rétat*ma^ fraiiçaî&

Il s'agissait de chaiiger ea^ abrupto tous le» oommaudans des places et forts, et, quelques heures avani) la première bataille rangée, de prendre une position à deux lieues en arrièm, d'y placer les divisions ea ordre inverse, de flwe paa-^ ser les généraux, d'une iM'îgada à l'autre, el& , etc.

Cette manœuvre très simple coupait et détrui*

DE FABCBK-BCHŒL. %»

sait 9 selon Fauteur du plan, le mal prodkitt pai» le travail de la légation française à BerUn et des officiev& d'état-rmajor de Napoléon; I0 vrai cou^ rage dn soldat porusaieB eût &it le re$le.

Cette idée pure, et pour le développement de laquelle il fallait écarter les petites intrigues^ appartient au général Danican, le même qm,dans son ouvrage ipti^tulé C&ssaMhe^ que f ûraprimai ,/ avait prédît tous les msdkeurs qu'ont éproi^vés suocessivement Fltalie, FAv^i^ey la Prusaa ef^ la Suisse.

^fisrde ce planj'objet d'ime e6mmuniealk>n GonfidentieHe à Berlin ; mais, daçs te petit nom-bre des membres du conseil qui offraient queK que bonne foi et des intentions non suspectes^ il ne s'en trouva pas un seul qui ne cprisidérât le pix)}et du général Danican comme absolument impraticable, et cela parce qu'il était au^^iessusi de la portée de pareils hommes. Je conçois qu':^ aurait fellu parmi les généraux, pour le met^ à exécution^, une étincelle du g^ie de Frédéric', et surtout sa fermeté courageuse.

Le temps des ménageméns n'était d^à pios , et Fhonneur de k Prusse allait lui laire un devoir de courir aux arme». Le Tnaké de k^ ec^tèfédêN^ iion €hs Étaiâ du Xfiin ^ entre Fempei^eur Ni^

' Du 13 juillet 1806.

poléon et plusieurs princes du midi et de l'ouest de rÂllemagne, révéla enfin au cabinet de Potzdam le danger de sa position. Des princes allemands se séparant à perpétuité du territoire de FEmpire germanique, s'unissant entre eux et avec la France par un lien particulier, n'étaient que des transfuges, des instrumens dans les mains du plus redoutable ennemi de leur pays.

• En se déclarant le chef de cette aouvelle ligue, l'empereur des Français s'érigeait en quelque sorte en véritable empereur d'Allemagne, sous le titre modeste de protecteur de la confédération du Rhin. Mais il était visible que. cet acte fédératif n'avait été imaginé que pour resserrer le joug imposé aux Allemands.

J'ignbrais l'effet qu'un tel acte avait pu produire sur le cabinet de Prusse , et sur le Roi en

particulier. J'avais adressé à Sa Majesté plusieurs notes , documens et mémoires militaires , rédigés par des honlmes capables, et entre autres le célèbre Dumouriez. Je pris alors le parti d'écrire directement à S. M. la Reine , bien persuadé qu'elle éventerait les pièges des lâches ou des traîtres qui cherchaient à maintenir le Roi dans une neutralité £avorable aux projets d'invasion que Buonaparte ne prenait pas même la peine de dissimuler. I.e a6 juillet , j'écrivis à la Reine en ces termes :

a Quoique moii pays ait été cédé à Fusurpa- « teur, je n'en reste pas moins \e sujet très fidèle « et très loyal de Vos Majestés. C'est aux bontés « paternelles du Rdi que je dois une liberté qui « m'était ravie depuis trois années ; mais je n'ai « pu obtenir celle dé rejoindre ma famille à Neu- « châtel, où je suis condamné à ne plus retource ner, tant et aussi long-temps que ce pays, jadis «.si heureux, demeurera sous la domination de «Buonapàrte.

« Comme lès deux premières lettres sur la ce Prusse intéresseront Votre Majesté, et qu'il sé- « rait possible que le duc de Saxe-Veimar, auquel « elles furent adressées , n'eût pas trouvé le mo- « ment favorable de les communiquer au Roi , je « les ferai plus sûrement parvenir dans vos mains, oc ainsi que la troisième lettre, que je transmets « directement à Votre Majestç.

« Je me flatte que Votre Majesté n'aura pas « oublié que lorsqu'elle daigna m'accuéillir à Berce lin avec tant de bonté, j'eus l'honneur de lui « parler ^yec autant de franchise que de respect « sur l'état de la France, sur les projets de l'homme « qui la gouverné , et sur le système d'asservisse- (cment général de l'Europe qui fait la base de « son système politique.

i( Je supplie Votre Majesté de se rappeler ce

ieM MÉHOIRBS

«i^e je lui piMis alors, et de voit s'il Mt un « «eul point sur lequel je n'aie point atinonoé les « projets de l'usurpateufo

« Depuis «non séjour à Lotidres, j'ai eu k cer- « titude que lé général Boy«r 9 renroyé Mr sa « parole et d'après les aollidtations pressantes «d'an M. Robson, 4 qui Murât avait fiit tabtenir « la même Aiveur en France ; j'ai eu , dÎB-je , la « certitude que te générad Boyer à dit idy, la Veille « de son départ pour Paris , ce que le tour dé *la « Prusse émit venu , que Buonàparte ferait sa paix « avec l'Angleterre aux dépensde la Prusse , et que « le Roi paierait ehér ia condmte lo^ de lader^ « nière coalitiott4 » Je )»e change rien mui exprèscr siôifH du général Boyer ; je les tiens d'une per- «aônne préseùte à sa conversation. M. Boyer est €un homme eonpu pdur être l'intime ami et le a confident de Murât»

a A présent) |é dois ^ avec la même Irandiise , « aUsuréf Votre Majeslié qwe le projet d'asservir la « Prusse i ou plutôt de l'anéantil^ est irrévocahie* « m^it décidé dan^ la volonté de BuoMparte , et « ce qu'il ose se permettre d'infâme daoè ses ca- « lomnies contre Votre Majesté en est la preuve « incotttestaUe.

ce Lorsqu'on a voulu détrôner Louis XVI , on l'a «présenté au peuple cdtnme un bon hottime,

DE FdLOGHE-aOREL. M^

« tobjia^épar wbl fenttne , et la Rdto» Wùiûe une

ce Demie de la France , ^ûé^é ^fis «ôâ «ttf«e^ <x lène iBôrid, G'«st MUÉt ^ne d'une pwt iiis avi- «Iksaièftt le Hoi, et id^ i'^uucre ib èafctitsiieiit la «c haine contre Marie-Antoteettè) dMt ie ^olimge <c les fyimit mmibhit.

<c Ils ont employé la mémie tactique révolution'- « naire k Kaple^ , et ils remploieront partout «où l'union du Roi et de la Reine leur fera « craindre lés résultats de cet heureux aceorjd.

ce Puisqu'il est démontré par les taiti^ que Buo« «c fvapistrte «i^int les écriià , ^t se leii pervMt ))Our «•égaler ropi&ion publiq^, ti faut Itti ^pdàer « ks ««èmei jMttes; et , f<M*ts "de la puissance dé «c la vérité, ûe pas se contenter d*ûi^ défende |>tt^ « siUatiime » tuais oser attaquer le fléaiet du genre « humain par lotfô \^ côtés <Ma il est posi^le de ^ le hlesser.

« C'est ie «dément d'en fittir s^tec cet kotette « qui ne veut laisser subsister en Eûrèpe isj^ dM « sujets et de» esclaves \ et avec qui là paîli est « toujours plus Aitieste que la guerre.

« Attaché par devoir, par inclination , par prina cipes à Votre Majesté, né son. sujet, et ne vou- « knt jalnaîs cesser de l'être ^ que Votre Molesté « dispose de moi ^n tout et pïirtotit. Leâ dangers

%BS MËMOIRBS

^ ne m'e£fraïent pas, je l'ai prouvé*; maïs ils « m'effraieront encore moins , quand je m'expo-? « serai pour, votre service.

«Tels sont mes sentimens; ils sont la consé- « quejice du profond resftect avec lequel je suis, «de Votre Majesté, etc.... '

« Signé, FAUCHE-BOBEL. »

A ma lettre était joint l'écrit qu'on va lire : il sortait de la plume du général Dumouriez^ sous le titre de Troisième Lettre sur la Prusse. Elle était anonyme ; la voici :

« Depuis les deux lettres que je vous ai écrites de l'asile où je m'étais caché en Silésie % le tableau de la Pruisse est devenu encore bien plus sombre et plus alarmant que je ne l'avais prévu; aussi je regrette bien l'inefficacité de ces deux lettres que vous vous étiez chargé de faire remettre en mains propres au Roi, mais que certainement il n'a jamais lues , ou que ses perfides entours auront mal interprétées.

« Les misérables sont parvenus à le soumettre honteusement au tyran implacable qui est prêt à

' Le général Dumouriez s'était rendu sur le continent en i8o5 , et après la «bataille d'Austerlitz il s'était tenu caché ^elque temps chez leâ frères Moraves, en Silésie ^ d'oii il a^ait icrit ses deux premières Lettres sur la Prusse.

DE FÂUCHE-BOREL. 289

le punir peut-être dès cette année du sacrifice qu'il a fait de l'opinion publique , de celle de ses fidèles sujets et de sa brave armée, pour l'acquisition illégale et précaire d'un électoral ruiné , contre lequel il a échangé une forteresse, la clef de la basse Allemagne , le margraviat d'Anspach et le comté de Neucbâtel, dont les peuples méritaieiit plus d'égards de la part d'un prince qu'ils adoraient.

« Wesel tout seul était une possession plus importante pour la Prusse que tout le Hanovre. Je sais qu'on a dit au Roi que le grand Frédéric, dans SCS guerres, avait toujours trouvé Wesel plus à diarge qu'utile , et que , nommément dans la guerre de sept ans , il en avait retiré la garnison , et avait renoncé à le défendre. Mais le grand Frédéric avait alors à combattre la maison d'Autriche, la Suède, la Russie et l'Empire. Il était obligé de concentrer ses forces pour préserver l'intérieur de ses États. Cependant il connaissait si bien l'importance de Wesel, qu'en 1760 il le fit assiéger par le duc de Brunswick, alors prince héréditaire , qui l'aurait pris sans sa défaite à Çlostercamp. C'est même, parmi les conceptions de ce grand homme, une des plus sublimes et des plus hardies ; elle eût produit un versement de la guerre d'est en ouest, et eût transplanté son

Page 1