‹ MémoiresChapitre 23 sur 36 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

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« Mais la France peut se conquérir cdle-mâme , c'est-à-dire rétablir chez elle le repos qu'elle n'a pas et dont elle est forcée de priver toute l'Europe.

ce Buonaparte n'est ni empereur des Français , ni leur chef , ni leur maître ; il est un fou, si réellement il croit être tout ce qu'il dit qu'il est ; mais je ne crois pas qu'il soit réellement atteint de cette incroyable démence.

ce Buonaparte est le bras d'un parti , la tète de ce parti est assurément ailleurs que sur ses épaules. Ce parti s'en sert faute de mieux , et crainte de pire ; ma& il sent assurément tous les inconvé* niens de l'instrument qu'il emploie.

« Ce parti, qui l'a élevé, qui le maintient, peut le précipiter ; mais je comprends qu'il ne le fera que lorsqu'il y trouvera tous ses avantages et toutes ses sûretés.

c( Or, j'avoue que j'ai beau. y réfléchir, je ne puis concevoir comment la crise n'est pas arrivée à ce terme où les avantages sont évidens et les sûretés indispensables , puisqu'on ne les tire pas de la parole des hommes, mais de la triste nécessité et de la force des circonstances.

« Parlons clairement : quel est le parti qui a créé Buonaparte et qui le soutient ? Ce sont les Jacobins , non pas la populace de ce parti , mais

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ses chtfs dans le gouTernement, dans les armées, dans les départemens.

« Lui seul peut aussi le renverser.

«Que doivent désirer pour opérer ce grand événement les chefs de ce parti tout puissant?

«r i^. La sûreté individuelle de leurs personnes ;

ce a°. La perpétuité de tous les emplois dont ils sont revêtus , ou l'assurance d'autres, emplois équivalens à ceux dont ils jouissent ;

« 3*. L'assurance la plus positive de la jouissance des propriétés qu'ils ont acquises, de quelque nature que soient ces propriétés et le moyen employé pour les acquérir.

« Le complément de ces trois articles forme par essence le complément de tout ce qu'ils désirent, et si Dieu les convainquait que sous Louis XVin ils obtiendraient tous ces avantages , demain Buonaparte ne serait plus, et Louis XVIH serait roi de France.

« Alors il faut, et il en est temps, il faut convenir de cette vente ; voilà le secret qui repose au fond du cœur de tous ceux qui ont créé Buonaparte.

« Or, je pense que l'exécution de ces trois articles est devenue en 1806 une nécessité irrésistible par la seule force des événemens et des choses , et par conséquent que l'assurance que

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l'on doit placer sur leur exécution , ne reposant phis sur les promesses des hommes, mais sur l'absolue nécessité, au lieu d'une assurance morale devient une assurance physique.

« La sûreté individuelle résulte en ce moment, non de la clémence du prince que la loi appelle au trône , m^is de l'impossibilité physique où il serait de punir ceux qui ont été contraires à ses intérêts, et qui ont, depuis'1789, adopté des opinions, et fait prévaloir par quelque moyen que ce soit des opinions contraires aux principes monarchiques ou à la personne que ces principes désignent pour succéder légalement au trône.

« Il était naturel , il était de devoir, en 1789 et jusqu'en 1793, d'employer tous les moyens imaginables , tous les genres de menaces , pour arrêter si l'on avait pu, par la terreur, les crimes qui se préparaient.

tf Mais entre ces crhnes accomplis et le moment actuel, quatorze ans se sont écoulés, et quelles années, qpels événemens, quels malheurs et quelles horreurs !

a Les attentats contre l'autorité royale , dans leurs divisions et subdivisions , sont devenus des crimes nationaux. A ce titre , il ne reste aucun individu qui, à proprement parler, n'ait besoin de grâce; par conséquent l'amnistie est une con-

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cet égard , on ive s'eatendra jamais ; les uns ne voulant pas découvrir le point de la difficulté ni les autres leur en éviter la peine.

<K Traitons donc ce point en entier.

«Je ne puis croire que les régicides, joints à ceux qui ont de grands talens, n'eussent pas aussi examiné leur position dans toute son étendue , et par conséquent qu'Us n'eussent pas déterminé l'espèce de sûreté qu'ils peuvent désirer ; car des gens à talens ont assez de caractère et de eourage pour voir d'une part toutes les faces de leur po*sition , et sur cette connaissance , ils établissent un plan possible, et ne s'abusent pas par des chimères.

ce Or, ce serait s'abuser par des chimères que d'exiger de Louis XYIII que les régicides immédiats , directs et connus , puissent sous son règne conserver des ministères , ou des places diploma* tiques dans les cours de l'Europe. Si Louis XYIII ie promettait, on devrait dès-lors se défier de lui, parce qu'il promettrait ce qui évidemment est hors de sa puissance. Il peut bien faire toutes les lois ; mais cela suffit-il à la sûreté des régicides lorsqu'ils seraient en évidence et dans Aes places où le seul exercice du pouvoir qui leur serait confié éveillerait toutes les idées de haine personnelle qui se déguiseraient sous le masque de

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l'attachement pour la personne royale? Non, cela ne se peut pas, et dans oe parti , je suis sur qu'il n'y a que des fous qui puissent le désirer t or, ce ne sont pas ces fous-là qui peuvent influer sur les affaires.

«Mais ce que veulent les gens à grands ta*lens qui se trouvent dans cette position , c'est de conserver, ou d'accroître leur fortune, d'en jouir avec sûreté et tranquillité , soit dans le royaume, soit sous la protection du Roi chez les puissances amies ou alliées à la France : oi*, ils veulent alors ce qu'assurément il est impossible de leur refuser, ce qu'il serait impolitique de ne pas leur accorder, et ce qu'il serait en tout temps éminemment dangereux de ne leur pas tenir.

a Les régicides ont, sans doute, commis un grand crime ; mais ceux qui renverseraient le tyran actuel, rappelleraient le Roi sur le trône de ses pères, et donneraient ainsi la paix à leur patrie, et le repos au monde , rendraient le plus étonnant de tous les services qu'il soit au pouvoir des hommes de rendre à l'univers , et à ce titre , sans doute, ils ont droit à d'étonnantes récompenses.

«t C'en est une étonnante, sans doute, qu'une existence assurée, et la possession de leurs ri-^ chesses, ou l'acquisition d'une grande fortune après les événemens qui se sont passés ; et je suis

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convaincu que ceU6*là ^ le consentement univer* alel de l'Europe sanctionnerait les promesses sacrées que ferait le monarque.

« Il est mille moyens de donner même à ses en^agemens un tel effet, et telles assurances préliminaires 9 que l'impossibilité de leur manquer de foi naîtrait de la fcn'ce des choses , et non de la parole des hommes ; et si on trouvé ces moyens , que peut*on désirer de plus ?

ce II serait impolitique au Roi de s'y réfoser, parce que qui veut la fin veut les moyens, et que le salut du monde commande plus haut que les sentimens même les plus naturels, puisque le salut de tous en commande le plus absolu sacrifice. Il serait très dangereux au Roi de ne pas tenir, étant sur le trône, tous les engagemens qu'il aurait contractés pour y monter.

« I**. Parce que, à l'instant qu'il en violerait ^un seul , il n'existe plus de sûreté pour personne , puisque de près ou de loin il. n'existe pas beaucoup d'individus qui n'auraient besoin d'oubli du passé , et par conséquent de grâce.

« 2**. Parce que la politique de tout roi dans la position de Louis XVIII , est de n'apercevoir de coupable nulle part, de croire chacun innocent, par cela seul qu'il veut l'être, et qu'il dit l'avoir été , et que le manque de foi envers ceux

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à qui il aurait plus spécialement promis sûreté, serait un avis général qu'il tfy a plus de sûreté pour personne.

<t Ainsi cette question que Ton pourra toucher a^ec beaucoup de dextérité a le résultat le plus satisfaisant pour les intéressés; elle ne fait plus même, suivant moi , la matière d'une difficulté; il suffit pour s'expliquer de s'entendre.

« Une fois l'affaire dès régicides terminée , tout le reste s'aplanit , et s'aplanit de la seule manière qui peut offrir une sûreté incontestable., parce que, comme je le dis, ce qui résulte de la force des choses et non de la parole des hommes est une sûreté physique , et on ne peut douter de la réalité de celle-là.

a Or, dans un rétablissement tel que je le côn* çois possible , c'est-à-dire opéré par des hommes aujourd'hui puissans en Friance ( et je ne conçois que celtii-là possible) , on sent bien que les magistrats voudront conserver leurs places, ou en avoir d'équivalentes ; les militaires voudront conserver leurs grades , et tous veulent conserver leur fortune, et légitimer par leur retour au prince et la grandeur: du service, ce que l'acquisition de leurs propriétés a eu de vicieux dans son principe.

* a Ce qui fait aujourd'hui la force de Louis XVIII

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n^est pas au pouvoir des hommes , heureusement poUr lui ; car si les hommes avaient pu lui oter les moyens, il y a long-temps qu'il les aiu^ait perdus. Ce qui fait sa forcé , c'est que lui seul peut tout rétablir, lui seul peut donner aux fortunes nouvelles la conscience de leur sécurité, et c'est là le charme de la jouissance ; lui seul peut rendre les possesseurs de grandes dignités aussi grands à leurs propres yeux qu'ils ont cherché à le devenir, et que la force seule les fait paraître aux yeux des autres. Voilà la vraie force de Louis XYIII. Son action, sans .éclat, n'en est pas moins agissante ; c'est elle qui, à travers tant de saturnales et tant d'orages, ramène en secret les cœurs vers lui, et lui rendra enfin son trône à lui ou à ses suc** cesseurs.

« Mais pour hâter ce moment , il faut aller au* devant des vœux de ceux qui peuvent abréger la route, et pour cela, il suffira de leurs propres réflexions.

«En 179a, ce que désirent aujourd'hui les hommes en place en France était impossible , et il eût été coupable de le leur promettre.

ce Mais en 1 806 , la nature a aplani les difficultés; ce qui existait en 1792 n'existe plus ; la mort a moissonné les magistrats , et pourtant il en faut en France : où les prendre ? Ceux qui ont survécu

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à la révolution , accablés d'âge , d'infirmités, éloignés des affaires, ne sont plus capables detravail., et sont cependant des hommes précieux à con*^ server et à placer pour faire reparaître au milieu des magistrats des noms révérés, pour constater même la solidité , et l'amalgame avec les magistrats actuels qui sont au courant des affaires. Ils sont lés seuls capables de les conduire , et d'imprimer aux tribunaux une activité qui est la vie de la magistrature et le gage de la tranquillité publique.

a D'ailleurs la révolution a fait quelques éta* blissemens utiles ; elle en a détruit qu'il est impossible de recréer. L'autorité royale saura légitimer ce que la révolution a fait de bon et l'amalgamer même avec ce qu'il est utile de rétablir. Qui peut Élire ce travail si ce ne sont les magistrats actuels , au Courant des affaires, des hommes et de l'intérêt national ?

a Quant au militaire, on conviendra qu'il en faut en France; qu'il le faut habile, primant, en état de maintenir la sécurité au -dedans et le respect au-dehors; et, si jamais il fut nécessaire d'avoir un militaire imposant, c'est surtout k un roi qui succède à une révolution et qui la termine. £n ce moment l'État est faible, s'iln^est fortifié par une force militaire capable de com-

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mander les égards et le respect au-dehors comme

au-dedans.

« Quel roi serait assez fou pour chercher un autre état militaire que celui qui existe , et dont les succès ont si bieu constaté la force ?

« D'ailleurs le Roi en a la volonté. Où prendrait-it des miUtaires s'il n'adopte à l'instant l'armée telle qu'elle est, en conservant chaque individu dans le grade et les honneurs qu'il possède ?

a OÙ sont les officiers en état de les remplacer? La mort a tout moissonné; l'âge a toutaf&ibli, et le malheur a éloigné depuis si long-temps de cette armée ceux qui l'avaient parcourue , qu'il ne serait plus en leur pouvoir de reprendre aujourd'hui ce dur métier, ou d'ordonner de le quitter. Ainsi il faut être absurde pour élever même un doute à cet égard.

«D'ailleurs l'armée, revenue au Roi, aura à ses yeux dès ce moment un mérite inaltérable. Qui aura défendu le territoire? qui aurait défendu le berceau de la monarchie s'il avait été envahi? et qui l'aura rétabli sur son trône aujourd'hui? On sent la valeur de tout ce que produira si peu de paroles. Reste les possesseurs de biens nationaux, et cette question rentre dans celle des sûretés que tous désirent; car tous, ou

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la plus grande partie , possèdent des biens natio* naux; Abordons avec courage cette dernière question.

« Elle était très difficile à traiter avant 1800, parce qu'il est incontestable que le Roi n'a pas le droit de donner ma propriété , car il n'est roi que pour la protéger ^ et c'est même la nécessité de cette protection qui seule a élevé les trônes et les maintient.

« Mais il a plu à Dieu de la simplifier par des moyens que sa sagesse emploie, et qui aplanissent tous les obstacles.

«En 1800, la très grande partie des anciens propriétaires étaient hors de France , et réclamaient les héritages dont la violence seule les avait dépouillés.

« Les acquéreurs actuels voulurent les conserver. Le Roi ne pouvant les leur accorder, dèslors la question, sans être insoluble, est extrêmement épineuse.

«Mais lorsque le tyran actuel a ouvert les portes de la France à ceux qui lui promettaient fidélité, et qui, préalablement, consentirent à la vente de leurs propriétés , dès-lors les anciens propriétaires ont été libres de conserver l'intégrité de leurs prétentions ou d'en faire le sacrifice. Personne n'a provoqué, personne n'a em-

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péché leur rentrée; le Roi, d'après ce que Ton m'a dit, ne l'a pas autorisée; il ne l'a pas défen^ due ; il s'est tu , laissant à chacun disposer de lui et de ses biens suivant sa conscience et sa volonté. Il n'y a donc eu dans cet événement aucune espèce de contrainte, et par conséquent il ne peut y avoir lieu à aucune réclamation.

« Ceux qui sont rentrés se sont soumis aux lois du tyran, et lui ont livré leurs propriétés; ils s'en sont bien légalement dépouillés. De quel droit prétendraient-ils que le Roi leur fît rendre ce qu'ils ont donné librement pour vivre sous les lois de son ennemi? Il peut, et il doit leur pardonner, mais c'est tout ce qu'il peut faire. Eux seuls ont, quant à leurs propriétés, déterminé la possession de leurs héritages ainsi qu'ils l'ont voulu.

« Quant à ceux qui , fermes dans leurs principes et daps leur haine pour le tyran, n'ont voulu ni de sa grâce, ni lui faire aucun sacrifice, ceux-là sans doute sont bien encore les propriétaires légaux des biens qu'on leur a dérobés. •

<t Mais, i^. ils sont en trop petit nombre pour présenter un véritable obstacle sur l'obstacle réel provenant de la quantité de gens qu'il eût fallu exproprier;

« a**. Pourquoi ceux qui se sont refusés à Fin-

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solente amnistie du* tyran ont-ils agi comme ils l'ont fait?

ce C'est qu'ils tiennent plus à leurs principes qu'à l^urs fortunes , et que le plaisir de résister au crime tout puissant leur a tenu lieu des faveurs du tyran.

ac Mais cependant ces mêmes gçns ne se cachent pas que leur propriété est anéantie pour eux , car ce qu'ils ont refusé à Buonaparte , ils le refuse-* ront à tout autre usurpateur.

a Or, pour des hommes de cette trempe ^ qui sacrifient tout à leurs principes , croit- on que le sacrifice de leur propriété leur coûtera beaucoup, lorsqu'à ce prix ils verront ^e rétablir le principe auquel ils ont tout sacrifié ?

a Gela n'est pas dans la nature; sacrifice pour sacrifice , qui ne préférera celui qui ressuscite ce trône pour lequel ils ont péri, à ce même sacrifice que leur sentiment leur commande de faire, à ce même principe , dans quelque état de détresse où soit réduit le vrai et légitime monarque.

<i Je dis plus , les possesseurs actuels des biens de ceux qui ont dédaigné la clémence du tyran , n'ont d'autre moyen d'acquérir la conscience de leur sécurité qu'en replaçant Louis XVIII sur le trône, car alors les anciens propriétaires pourront

faire pour lui ce que leur principe leur défend de faire pour un autre.

a {It ce qu'ils pourront faire pour lui , ils le feront sous peine d'être absurdes dans leur conduite.

(c Sans doute le Roi, en maintenant le principe que la propriété reste dans les mains .de ceux qui en jouissent à présent , doit aussi laisser au repentir, aux remords, la liberté des satisfactions que ces sentimens doivent produire. L'opinion publique seule fait la loi à ces circonstances ; elle seule commande des restitutions , et aux anciens propriétaires de grands sacrifices.

(c Dans des saturnales pareilles aux nôtres , les cicatrices de si profondes blessures doivent être indélébiles ; tout le monde doit se ressentir des tourmentes de la révolution, et il est utile que les traces en soient profondes et durables pour en ôter le goût en en perpétuant les souyenirs.

«Telle est mon opinion sur la crise actuelle; elle serait à son terme si l'on pouvait s'entendre. Mais comment s'entendre , si les uns refusent de s'expliquer sur ce qu'ils veulent, et si les autres n'ont pas assez de talqnt pour le deviner, et assez d'étendue d'esprit pour embrasser tous les obstacles d'un coup d'œil, et prouver que les uns

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n'existent phis, et que les autres ne sont que des fantômes. »

. M. d'Antraigues avait raison : «la crise actuelle « serait à son terme si Ton pouvait s'entendre ; « mais comment s'entendre? »

La Prusse n'allait -elle pas être la victime Ue sa témérité, de sa précipitation à provoquer les hostilités , à se présenter seule et sans soutien dans la lice des combats, pour venger l'Europe et délivrer l'Allemagne? Ne s'engageait-elle pas dans une guerre contre la France, tandis que, politiquement , elle était eu guerre contre l'Angleterre et la Suède , que les troupes russes étaient encore à deux cents Ueues de sa ligne de bataille, et que l'Autriche semblait se complaire à rester immobile ?

La mauvaise foi , la politique stupide et tortueuse des ministres Haugv^tz , Beymes et Lombard, précipitèrent la monarchie dans un abîme de maux , et peu s'en fallut que la Reine ne succombât sous le poids de ses propres malheurs. >

On se rappelle avec quelle basse dureté les journalistes aux gages de Buonaparte insultèrent k la douleur d'une reine que son vrai patriotisme et l'élévation de son âme avaient conduite sur le champ de bataille d'Iéna.

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