CHAPITRE XXÏIL
La guerre entre l'empire russe et l'empire ff-aiïçais venait de s^établir dans le pays qui sépare la Vistule du Niémen. Là , vers la fin de 1806, les deiix grandes nations commencèrent une lutte tiéhâmée dafns une suite de combats et de ba-^ tailles , dont les chances variées n'eurent d'abord que des résultats incertains. A l'exception de Kœnigsberg et des forteresses de Colberg et de Stralsund , toute l'Allemagne septentrionale , tous les débouchés de l'Elbe et du Weser, se trouvaient sous la domination direète ou sous rinfliiénce de Napoléon.
Le ai novembre, il avait lancé de Berlin son fameux "décret impérial portant que les lies britanniques étaient déclarées en état de blocus, et que tout commerce^ toute correspondance, étaient interdits avec la Grande-Bretagne. Ce décret devait servir de base au système conçu pour arriver au grand but de l'humiliation et de l'affaiblissement de la seule puissance qui semblait se jouer de tous les efforts du dominateur de la France.
Jamais le génie du mal n'enfanta une mesure
DE F4.UCHJ&-BOREL. SaS
plus extravagante et plus y^ine! Que faire, dénu^, de forces maritiines , contre une nation insulaire , maîtresse de toutes les noers et de tous leurspoints fortifiés ? Parvenait-oD à lui fermer les issues de l'anciien hémisphère , elle s'ouvrait toti$ le$ abords du Nouveau-Monde. Et d'ailleurs étaitron bien sûr que tout le littoral européen put lui être ipT terdit long-temps? Le soin de l'ambition d'un seul hcimme allait se trouver désorms^s incompatible avec. les intérêts de tant de nations divei^s.: voilà ce qui tôt pu taird devait faire crouler/par sa base le système continental.
• Eu attendant, la nation française était ellemême bloquée ,^ au pourtpur de ses côtes, comme dans un vaste lasf^ret ,. et entre les , deux peuples rivaux il n'existait plus ni directement ni indirectement, aucune communication morale ni industrielle. La pensée européenne n'arrivait plus en France que travestie ou interprétée par les organes du pouvoir et des nombreux stipendiés de Napoléon.
Dans cet état de choses, j'adressai vers la raidécembre, à sa seigneurie le noble lord Grenville, alors principal ministi^e de Sa Majesté Britannique , la note suivante : . '
a Personne n'ignore l'usage funeste que le gou- « vernement français a fait des - journapx pour
i^6 MÉMOIRES
tf pervertit* i'ôpiùion du continent. Il a jugé que «ropinion des peuples se formant d'après cé& a lectures journalières , il devait^ mettre le plus «grand soin à répandre les journaux français ec dans les divers pays où il voulait faire des parti- « isans au système qu'il poursuit invariablement. « Ce travail a été organisé dans les «bureaux des « relations extérieures , et M. de Hauterive en est « le directeur. C'est de là que partent les jourk naux, les pamphlets et toutes les publications « périodiques dont lé gouvernement français « inonde FAllemagne.
n Par la nature même des gouvernemens du V continent , il n'est guère possible d'empêcher <K le poison de s'introduire ; et l'influence hctùelle <K de la France rend difficile d'appliquer le re- <K mède. Le gouvernement français n'a plus de <K contradicteur sur le continent ; ce n'est plus « qu'en Angleterre que l'on peut bser démasquer «c ses projets, ses intrigues , et prémunir les peti- « pies contre ses desseins perfides et ses calomce nies.
« Mais la langue française est familière sûr lé <c oontiïitint, et la langue'anglaise y est peu connue, « ou du moins peu usitée. Il faut donc opposer ce des publications françaises aux publications du « gouvernement français.
D£ FAU€B£-BiOR£L. ^ ^Jk7
« U s'iiBppiçQie à Londres an journal, inUtuIé le « Courrier d-j^ngleierre^ qui T^mplô'ait parfaite- « ment ce but l\ est écrit dans le véritable e^ce prit qui ooiiyieAt pçur déiroire V^(SeX d^ jour- <c naux français» et j'ai appris qu'il élail véàkgé « par Vfiiioiei^ rédiaçteurilu Courrier de Londres, <t journal dont Buonaparte a exigé la prohibition « dans tous les États! où il exerce de Tinâuence. « Je sais même que pendant la paix d'Amiens il a sollicita le gouvernement britannique de ren- <ic voy-er d'Anglelerre le rédacteur ; mais comme <c il est sujet anglais , on lui répondît qu'oin ne «F pouvait peint s^occuper de sa demapde.
<K Je propose donc que le gouvernement hria tan&iquc; souscrive pour troi^ cents exemplaires ce du Courrier d* Jngleterre y que je me chargerai ce de faire passer en Hanovre, en Prusse, à Ham- « bourg , Leipsick , et dans les autres parties de (X l'Allemagne, comme aussi en Russie.
ce Le prix de la souscription s'élèverait à mille « Gtnquanle livres sterling; mais le timbre faisant « rentrer à peu près la moitié de cette somme % dans les coffres de l'État , la dépense effective c( ne serait donc que de cinq à six cents livres ster* « ling. Le gouvernement français dépense pour « pervertir l'opinion du continent plusieurs mil- « lions r je l'ai su d'une manière positive pendant
396 MÉIftHRES
« mon séjour à Parisv Au reste, pour se can vaincre cf de l'importance qu'il attache à ce moyen de (c pouvoir égarer l'opinion des peuples dans les « pays avec lesquels il est en guerre, il suf&t de lire d sa dernière diatribe contre la cour de Russie.
« Signé, Louis FAUCHE-BOREL. »
. Quelques jours après , je r^çus de M. Fischer* secrétaire 4u noble lord Grenville , une réponse conçue en ces termes :
a Le journal que propose M. Fauche-Borel ne a pouvant être rédigé que d'après les meilleurs « principes , lord Grenville autorise le bureau « des affaires étrangères d'en prendre le nombre « de trois cent cinquante exemplaires y et de les a mettre à la disposition de M. Fauche-Borel , (c pour en soigner la distribution. ».
Ce billet ayant été remis à M. le chevalier Vincent, sous-secrétaire d'État sous le noble lord Howidk, l'arrangement fut conclu, et la distribution des trois cent cinquante exemplaires fixée de ta manière suivante : cent furent expédiés, par une maison de la cité, assez régulièrement en HoUaiide; cinquante restèrent à Lcmdrespour le service des différens offices des ministres et soussecrétaires d'État; deux cents furent expédiés à Gottembourg par M« Freeling, directeur des
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postes f et à l'adresse de mon frère Pierre-François Fauche, qui y fiit envoyé pour en soigner les expéditions. Arrivé à Gottembourg, mon frère s'occupa d'obtenir du roi de Suède l'autorisation de faire cette distribution du sein même de ses États. Le Roi, l'ayant fait appelièr auprès de sa personne , approuva le moyen proposé pour éclairer l'opinion du peuple , et donna lui-méîïre à mon frère cinquante noms en Suède qui participèrent à la distribution. Lès cent cinquante autres exemplaires furent expédiés en Russie et dans le nord de J^AUemagne par toutes les voies praticables, et ces envois ayant été faiis avec beaucoup de soin et d'exactitude , le ^2^r'rier d Angleterre circula de manière à éveiller l'attention du gouvernemetit français, qui dirigea contre mon frère l'inquisition de ses agens. Mais, autorisé par le Ror lui-même et par le baron de Wetersteadt, son secrétaire, il fut mis à l'abri des premières dénonciations durant ce premier orage. Voilà comment je parvins par mon zèle à entretenir encore en Europe le féu sacré. Et cependant la Providence me préparait dèslors , sinon de plus rudes épreuves , du moins de plus poignantes que celles que j'avais subies pendant ma longue détention au Temple. Je veiix parler du sort funeste qui était réservé à mon
33o MBMOIRfi»
iofiortuné neveu Charles -Samuel Yitel, ofBcier au service de Sa Majesté Britannique, f entrerai^ au sujet de ce brave et intéressant jeune homme, dans quelques détails préliminaires. l'avai» eu récemmeut la satis&ction de le voir arriver des Grandes ^ Indes à Londres : il y inspira géné^ ralement de l'intérêt par sou caractère candide et honorable. Le générai Dumouriez , à qui je le présentai , l'apprécia au point qu'il aurait désiré l'avoir pour son aide*de-camp.
Je le présentai aussi au comte d'Ântra^ues , et , à cette occasion^ je vis combien étaient calculés chaque pas , chaque démarche du comte ; com-bien étaient divers les moyens qu'il employait pour avoir accès auprès des personnes qui, par leur rang, leurs talens et leur influence, étaient dans le cas de parvenir au pouvoir.
Ayant fait à mon neveu quelques questions relatives aux Indes en général , il apprit que oe jeune homme y avait servi sous les ordres de sir Arthur Wellesley % et qu'il en avait été remarquée Pendant là nuit qui suivit cet entretien, le comte, imaginant de faire servir mon neveu à ses desseins, s'arrête à l'idée de l'employer comme la voie la plus sûre pour iBsiire désirer au marquijs de
' ' Aujourd'hoi le duo de 'W^elliBgton.
DE FAUCHE-BOREL. lU
Wetlesley,' frère de sir Arthur, une entrevue ; car il simhaitait depuis long^temps de trouver l'occasion ^'approcher du marquis dans l'espoir de s'insinuer dans sa faveur. Le moment lui paraissait d'autaut plus opportun , qu'on parlait beaucoup . alors dans le monde de l'apparence qu'il y avait de voir bientôt ce seigneur occuper, dans l'admi* nistration, un poste très important» Qu'on observe que c'était précisément à l'époque où M. Pool , dans le Parlement, venait de présenter sa motion contre le marquis de Wellesley, relativement à sa conduite comme gouverneur-général de l'Inde*
Sur une invitation pressante du comte d'Ahtrai* gués, tùan neveu et moi nous retournâmes chez lui le jour d'après, et en entrant il nous parla ainsi : « Mes cbers amis , dit-il , vous ne m'eûtes a pas plutôt quitté hier, qu'il m'est arrivé l'événecc ment le plus extraordinaire. Deux messieurs ^ d qui sont ^ à n'en pas douter, membres du Paralement, parlant très bon français, se sont préce sentes à moi pour tàdier^ au moyen d'offres très a avantageuses , de me faire consentir à com«» « poser un Mémoire contre l'administration du «marquis de^Yellestey dans les Indes, et ont «apporté des papiere avec eux, dans lesquels « ils disent que je trouverai une ample matière « pour un Mémoire étendu, lequel, mis on ordre
333 SUÉMQiaBS .
«^ par luie :ph»iiQ conuoe la.iDiçlAiie, ne pourrait a.roanquer de Ê^ire Timpression la plus : gi^nde. «,J'ai répondu, ajouta le comte, que je ne.Qon- « .naissais pas . per&onnellemeut I^, marquis de « Wellesley , maifi^ que j'admirais les grands talens « qu'il avait déployés pendant spn administration <c dans rinde; et qu'en; outre il suffisent qu'il fût « iiltii9eniei|t l;é avec mon ami lord Grenville « pour me porter à refuser d'employer ma plume « de la.manière qu'ils me proposaient^, quoique «accompagnée de l'ofïre de mille guinées* Ces. «messieurs se sont retirés déconcertés et mé- (ccontens de mon re^ et du ton que j'y ai mis. « Je désirerais beaucoup^ que le marquis Jut in- «formé de cette circonstance, et j'ai pensé, la « nuit dernière , que vous, monsieur yitel,:qui « ave^vConnu son frère sir. Aribur Wellesley daps li l'Inde, pourriez prendre sur vous de lui com- «cmuntquer cette circonstance, afin de -la faire « parvenir à la connaissance du marquis de Wel- « lesley, qui pourrait vraisemblablement désirer «de me voir à ce sujet, et je me rendrais à son « invitation avec le plus gr^nd' plaisir. »
Mon neveu, charmé <q<fe' cette commission lui fournit. l'occasion .à HU-^méme de se rappeler $u souvenir de son»'àncien commandant, demanda et obtint une audience de sir Arthur, \A ils'ac-
quitta de la jcominission que venait de lui dottnér te cotxite d'Ântraigues. Sir Arthur Wellesley fit à mon neveu la réception la plus honnête, et lui prescrivit d'exprimer au comte d'Antraigues combien il était sensible à l'attenticm qu'il avait eue de lui faire communiquer cette information; mais qu'il pouvait l'assurer d'avance que son frère, le marquis de Wellesley, serait charmé d^apprendré qu'un écrivain aussi distingué que le comte d'Antraigues eut entrepris de composer un Mémoire contre son administration dans l'Inde , parce que cela lui procurerait le pkisir de répoudre à un pamphlet nécessairement composé avec tant de perfection ; qu'il remerciait en même temps lé domte d'Antraigues de l'opinion qu'il avait de son frère le marquis, à qui il co(mmuniqueFait la démarche qu'il avait faite.
Mon neveu rapporta cette excellente réponse de sir Arthur Wellesley , maintenant si glorieaisement distingué par le titre de duc de Wel*lington, à M. d'Antraigues, qui, ne la trouvant pas favorable à ses projets, ne hasarda plus* cPy donner suite. Le marquis de Wellesley j ayant été plus particulièi'ement informé de cette circonstance, tint, par sa sévérité inflexible, dès qu'H fut ministre, à une certaine distance de loi lie comi^ d'Antraigues. r >
3S4 S^lBIOlEEj»
M ;Hivais «éaopvoios le cas que lord Howick faillit des taleos 0t dé la sagacité politique àa comte , et rooi-naén^e d'mlteurs j'ea étais si persuadé , que je tie lui a?ais rien laissé ignorer au sujet de rexistence, dont j'étais malheureusement trop convaiucu , d'un comité royal , siégeant clandestinement à Paris, et dont Perlet était à la i<m le secrétaire et roî*gane.
9e dxMs J8JX comte d'Ântraigues la justice de dire (piHl m'engagea fortement à prendra toutes les précautions possibles pour m'assurer de la véracité de Perlet ; mais comment se défier d'un homme qui^ après avoir été déporté à Sinnamary comme royaliste ^ donnait dans toutes ses lettres des renseignemens sédùisans , des espérances flatteuses? Depuis mon arrivée en Angleterre, j'avais employé tous mes soins , soit poiir établir des relations pkis suivies et plus iràimes avec le comité royal , soit pour enflamiûer le zèle des hauts personnages qui étaient censés le composer. J'étais •fondé à croire que j'avais ;réussi : là correspondance de Pevlôt devenait plus intéressante de jour en jour. -Le Rod, à qui on la transmettait sttcoessivement , lui; fit demander kliste des priscmniers du Temple avec Jes motifs de leur détention, et de plus la signature originale du maréchal Berthier. Perlet répondit à ces deux^de-
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mandes de la manière là plus satisfaisante. Dèslors 1^ ministère anglais et Louis JLYIII attachèrent un plus haut degré d'ômiportance à la correspondance de Perlet ; mais il restait encore à prendre les précautions commandées par le vague inévitable d'une correspondance nécessairement un peu mystérieuse y et par la demande de secours pécuniaires que Perlet réclamait pour les dépenses secrètes du comités
Il se bornait, il est vrai:, à demander cinq cent mille francs à titre de secours préliminaires : si j'avais dît un mot, il les aufait eus ; mais j'étais si éloigné de vouloir engager aveuglément ma responsabilité inorale , ni compromettre mon honneur, que je fus le premier à solliciter avec instance une nouvelle et dernière épreuve.
^ Attendju le silence de Perlet sur les noms des grands personnages qui composaient le comité royal, je portai le ministère anglais, avant défaire passer à Perlet l'argent qu'il demandait, à prendre la ferme résolution d'envoyer à Paris une personne qui, voyant les choses par elle-même, jugeât de l'importance du comité, connût ceiix.qui le composaient, leurs projet$s., leurs ressources ^ leurs Hioyens , et appréciât quels fonds leur devenaieilt nécessaires pour dépenses secrètes. J'eus, à ce sujet, plusieurs conférences avec le noble lord Hov^ick.
336 MÉMOmES
Et ce qui est cligne de remarque , c'est que Perlet lui-même, pour inspirer plus de confiance, et iaire croire, autant que possible, à la réalité de son comité royal , manifestait dans sa correspondance ie désir qu'on lui envoyât une personne affîdée , pour qu'elle prit connaissance des choses et des personnes.
Mais qui Perlet voulait-il qu'on lui envoyât ? moi. Avec quelle personne voulait-il uniquement communiquer? avec moi. Et pourquoi vouloir ne communiquer qu'avec moi ? parce que Perlet savait qu'à peine échappé du Temple, et aux tentatives nouvelles de Napoléon pour me ressaisir à Berlin, je me garderais bien de revenir incontinent me replacer à Paris sous sa griffe:
Mais Perlet n'avait qii'une idée incomplète de mon dévoûment. Il était tel, que je désirais m'aller encore exposer aux dangers les plus imminens pour m'aboucher avec cet homme , tant il m'inspirait de confiance ! et cet homme était un traître, et je ne l'ai découvert que long-temps après sa trahison , qui m'a causé tant de chagrin !
Cependant lord Hpwick ne voulait pas que je me rendisse moi-même à Paris , à la demande de Perlet , dans la crainte de me compromettre ; il me dit qu'il enverrait une autre personne qui remplirait cette mission , d'après les instructions
que je lui donnerais, et quHl n'y aurait aucun danger pour elle , seulement qu'il lui fallait huit jours pour y réfléchir. Le secrétaire d'État avait jeté les yeux sur un M. Robinson ; mais il se trouva que ce dernier avait déjà une autre mission, et qu'il ne pouvait pas se charger de celle-ci. Ayant alors insisté de nouveau pour en être chargé moi-même , lord How^ick déclara , pour la dernière fois, qu'il n'entendait pas que je m'exposasse ; que M. Perlet pouvait bien me préserver de la police de Dubois % de laquelle il se disait appuyé ; « mais comment échapperiezce vous , ajouta lord Howick , aux mille et une «polices de Buonaparte? Cherchez à vous faire a remplacer, et j'aurai grande confiance dans la « personne de votre choix. »
, De retour chez moi, je rendis compte à mon frère de ma conversation avec le ministre ; nous cherchions l'un et l'autre qui je pourrais envoyer à ma place , lorsque mon neveu Charles Vitel, présent à notre entretien, et qui partageant n^a confiance en Perlet , et mon dévoûment pour le Roi, nous aidait à déchiffrer la cor* respondance, nous dit : <x£t pourquoi n'irais -je pas ? » .
* Préfet de police.