TOME III
Je voyais que Buonapàrte, qui venait de se faire conférer le titre de premier consul a vib, marchait rapidement au pouvoir absolu , et excitait par conséquent de plus en plus la haine de ses adversaires et de ses ennemis. Le moment me parut opportun. Je parvins, du fond de la tour, du Temple, à ouvrir des communications avec le général Moreau , par le moyen de mon neveu Edouard Yitel , qui avait un dépôt de librairie dans rhôtel où demeurait alors M. Fresnières, secrétaire de ce général , rue projetée , maintenant rue de Hanovre.
La situation où je me trouvais détermina Moreau à se servir d'un autre intermédiaire entre lui et Pichegru : il chargea de sa confiance l'abbé David , ami de l'un et de l'autre , et neveu du général Souham* D'abord partisan de la révolution, l'abbé David, ancien cui;é de Pompadour, avait figuré dans l'administration départementale de la Corrèze ; il s'était ensuite rendu aux armées près de son neveu, le général Souham, et jusqu'en 1796 il était resté à l'armée du Nord et du Bhin 9 faisant des écrits pour les états-majors , et corrigeant ceux qu'on lui soumettait II avait réuni beaucoup de matériaux sur les campagnes de Pichegru , et s'était même occupé de l'ouvrage historique de ses batailles.
En 1797, ^^ ^^* attaché à une petite légation qu'on envoya dans le Valais pour traiter avec le roi de Sardàigne, et dont M. Durand, des affaires étrangères, était le chef: on verra comhien cette dernière liaison lui fut fatale, ainsi qu'àMoreau.
Signalé au 18 fructidor à cause de ses rela* tions avec Pichegru, Fabbé David alla rejoindre Souham, et resta jusqu'au passage du Rhin à l'armée de Mayençe. Il s'attacha ensuite à l'armée de Masséna, et devint, en 1799? garde-magasin dans le Valais. Se trouvant à Zurich à l'époque du 18 brumaire, il vint à Paris solliciter un emploi. On le nomma secrétaire-général du départenï^ent des Pyrénées-Orientales; au bout de quatorze mois, par légèreté de caractère , il quitta sa place et reprit ses fonctions sacerdotales. L'évêque de Limoges l'ayant nommé son vicairegénéral , au lieu de se rendre à son poste , il vint à Paris solliciter un évéché : on le lui refusa à cause de ses liaisons avec Pichegru et Moreau.
C'était en faire de plus en plus un mécontent : aussi se chargea -t- il volontiers de réconcilier Moreau et Pichegru, et de les réunir contre Buonaparte. Il partit pour Londres à la fin d'octobre î8oa avec des lettres de plusieurs personnages marquans ; mais il ne sentit pas assez combien il importait de tenir secret le projet et les
motifs de son voyage : il en fit imprudemment confidence à son ancien ami M. Durand, avec lequel on a vu qu'il avait rempli précédemment une mission dans le Valais. Celui-ci, trahissant son ami, donna l'éveil à là police, qui fit arrêter l'abbé David à son passage à Calais pour se rendre à Londres. On lui prit tous ses papiers. Cependant il fut assez heureux pour soustraire la lettre du général Moreau, en la glissant dans la doublure de son sac de nuit '. Celles de l'ancien directeur Barthélémy et du général Macdonald , qu'il laissa dans son portefeuille , ainsi que toutes les autres , ne contenaient guère que des complimens et des témoignages d'intérêt pour Pichegru, ce qu'on a pu voir depuis au fameux procès où elles ont figuré. L'abbé David fiit amené au Temple, où je me liai intimement avec lui. La gaîté de son caractère adoucissait beaucoup l'ennui de ma détention. Fort heureusement que nous pouvions cçmmuniquer ensemble dans la plus parfaite intimité, surtout relativement à l'objet de nos missions respectives. II me raconta son affaire dans tous ses détails. Son importance avait paru telle aux yeux de Buonaparte, qu'à chacun des interrogatoires que le préfet de police Dubois
' ' Il trouva depuis le moyen , étant enfermé au Temple ayec Moreau , de lui rendre manuellement cette lettre.
faisait subir à Tabbé David, il venait y assister lui-méiûe en secret , placé derrière un paravent pour que rien ne pût lui être caché.
Je réussis à faire parvenir en Angleterre à lord Gren ville ces interrogatoires, et voici par quel enchaînement de circonstances cela me fut possible.
Quelque temps avant lu paix d'Amiens, lord Camelfort, le même dont j'ai déjà eu occasion de parler au commencement de ce chapitre, eut la iantaisie de faire une tournée en France, et il s'embarqua à cet effet purement et simplement sur un bateau pécheur. Gomme il était membre du parlement, il s'exposait à une punition sévère , en venant , sans permission , chez une puissance avec laquelle on était censé encore en état d'hostiHté. Je le trouvai à. inon arrivée à Paris , par hasard , dans la salle de la préfecture de police , au moment où j'allais faire viser mon passe-port. Surpris l'un et l'autre de nous rencontrer là , nous n'eûmes pas l'air de nous reconnaître : il y aurait eu un grand inconvénient, surtout pour lui, qui n'avait pas su contenir en bien des occasions l'expression de sa haine pour Buonaparte. En sortant, il me donna un coupd'œil, auquel je répondis. Je n'eus pas occasion de le rencontrer dans Paris pendant les vingts
38 MÉMOiaSS
cinq jours que j'y passai en pleine liberté. Quelle ne fut pas ma surprise, quand je fus renfermé au Temple, d'apprendre qu'il était au nombre des prisonniers! Le concîei^e m'avait déjà fait bien des questions à son. sujet, pour savoir si je connaissais un Anglais du nom de Camelfort.
Malgré que je lui eusse dit ne pas le connaître, . il ramenait toujours la conversation sur lui. Un jour, à mon grand saisissement, je le vois entrer dans ma chambre, accompagné de Fauconnier, qui me le présente sans l'en avoir prévenu. Lord Camelfort ne sut pas contenir sa surprise, et, en me prenant la main avec force, il me dit : a Comment diable 1 vous êtes ici, et je n'en sait vais rien 1 » Il me raconta qu'il venait d'être rendu à la liberté. Fauconnier me témoigna alors son étonùement de ce que je lui avais toujours dit ne pas connaître lord Camelford ; je lui répondis qiie c'était parce qu'il n'avait pas bien prononcé son nom. Lord Camelfort . me dit qu'avant de sortir de cette fameuse prison il avait obtenu la permission de la visiter entièreispérait bien que je n'y resterais moi-même. Il me quitta, et je )s qu'il employa à visiter la ter- ' pour lui faire un petit rouleau res que venait de subir l'abbé
David, et que je lui glissai dans la main à son retour, comme il descendait l'escalier; il le saisit avec beaucoup d'adresse, et me dit tout bas quHl le remettrait à lord Grenville. Cet interrogatoire intéressait singulièrement le général Pichegru.
Pour en revenir à lord Camelfort , j'appris qu'il s'y était pris d'une manière fort originale et fort décisive pour obtenir sa liberté et pour informer sa famille de la «(mauvaise situation où l'avait placé son imprudence. Il était au secret ^ et écrivit au crayon sur un gros morceau de papier ces mots : Mille louis à celui qui fera connaître à lord Grenville que lord Camelfort est au Temple. Le billet , comme on pense bien , tomba dans les mains du concierge , et fut bientôt remis à son adresse.
Ce lord était d'une force atblétique dont il abusait quelquefois. Son caractère était passionné , mais généreux et brave. Il mourut dans la force de l'âge, fort regretté de tous ceux qui l'avaient connu, et d'autant plus malheureusement , que ce fut à la suite d'un duel avec son meilleur ami , M. Âbbot. Avant d'expirer il convint qu'il avait eu tort, et excusa son ami. Il avait passé plusieurs années en Suisse, et y avait vju naître sa première inclination pour une jeune et belle personne qu'il se proposait d'épouser.
4o MÉMOIRES
Ayant eu le temps de faire son testament, il légua deux mille livres sterlings pour que son corps fût transporté et inhumé dans l'île de Saint-Pierre, sur le lac de Bienne, dont la position TaVait charmé. On sait que J.4. Rousseau a rendu cette île célèbre par le séjour qu'il y fit et par la description qu'il en donne dans ses RéiSeries d'un promeneur solitaire. Je pense qu'un jour les dernières volontés connues de lord Camelfort recevront leur exécution.
Comme ma détention se prolongeait, M. Fauconnier me fit la proposition de recevoir chez lui une pacotille de livres que j'avais à Neuchâtel , et qu'il me disait qu'un de ses fils s'occuperait à me placer. On se doute bien que je donnai les mains àcette offre que je crus sincère. Je fis venir, entre autres ouvrages , sept cent cinquante exemplaires des Considérations sur la France, par M. de Maistre, qui furent saisis en arrivant, par ordre de la police. Cette entreprise fut bien loin de réussir, puisque tous les livres que je fis venir ont été perdus pour moi par suite de ma tentative d'évasion^ comme on le verra dans le chapitre suivant.
Dans ce temps-là le feu prit à la Halle-au-Blé. Fauconnier permit à quelques uns de nous de monter sur la tour pour voir cet incendie , qui
DE FAUCHE rBOREL. 41
offrait l'iniage d'un volcan en pleine éruption'» Lailamme s'élevait sous la forme d'un immense cylindre de feu qui s'évanouit bientôt comme une fusée. C'est à cet accident qu'on est redevable de la nouvelle halle recouverte en fer, et par conséquent à l'abri d'être dévorée par les flammes.
Nous eûmes au Temple trois matelots pe-
clieurs arrêtés sur les cotes de Dieppe , comme
prévenus d'avoir eu des intelligences avec les
Anglais. Je crus devoir les avertir de ne pas se
fier aux caresses que leur faisaient un nommé
Fouché et Fontaine Biré, chargés évidemment
de les moutonner. J'aimais à converser avec ces
marins, et je les invitai à venir tous les matins
prendre un peu d'eau-de-vie dont je m'étais
muni 9 sachant que c'était pour eux le meilleur
régal qu'il y eût au monde. Ils furent si sensibles
à cette petite attention de ma part , que de retour
chez eux, après six semaines de captivité, ils
m'envoyèrent au Temple un magnifique turbot,
voulant ainsi remplir la promesse qu'ils m'avaient
faite de me destiner à leur retour chez eux les
prémices de leur pêche. Ce turbot fut le sujet
d'une investigation de la part de la police ; mais
grâce à M. Desmarest, il me fut renvoyé, et j'en
pus régaler jnes compagnons d'infortune.
Nous vîmes aussi au Temple quelques anar-*
chistes, tels que les révolutionnaires Michel et Fournier. Le premier ayant un fils de six à sept ans , lui faisait porter le bonnet rouge et l'appelait citoyen Marat. C'était là véritablement du fanatisme de sectaire.
Le fils de M. de Saint-Christol , qui s'était défendu vaillamment dans le midi au Pont-Saint- Esprit, et sous la bannière des lis, fut mis au Temple comme royaliste. Malade et transféré à l'infirmerie de la Force, il avait demandé aussitôt après sa convalescence de revenir au Temple , ce qu'on lui avait accordé. Il y était depuis trois mois , quand il tomba dans les accès de la plus noire mélant;;olie. En vain les autres prisonniers cherchaient à le distraire : il parlait sans cesse de son père, et aimait par-dessus tout une de ses soeurs , dont il recevait tous les samedis des nouvelles par un ami intime. Il y avait quinze jours qu'il n'en avait reçu, et s'imaginant qu'il était arrivé à sa sœur quelque malheur, sa tête se monta. Fauconnier l'avait menacé de le faire reconduire à la Force s'il continuait à être aussi hagard. Tout cela le tourmenta horriblement.
L'ami qui ne l'avait pas vu depuis plus de quinze jours arriva un peu tard à la prison pour lui apporter des nouvelles : le parloir était déjà fermé. Le guidietier, au lieu d'aller lui annoncer
quelle était la personne qui le demandait, se contenta de l'appeler par son nom. « Est-ce pour « aller au parloir? répondit-il. -— Non, mais au « greffe. » Alors, s'imaginant que Fauconnier, d'après ses menaces, \a le faire conduire. à la Force , il se saisit de son rasoir et se coupe la gorge. Cet événement tragique attrista singulier rement les prisonniers.
L'un de ceux à qui je m'étais le plus attaché était le jeune Frotté. Après le supplice de son frère , si déloyalement ordonné , il fut amené au Temple avec MM. de Tromelin , Lacove , aujourd'hui colonel , Dumoulin , La Coche ^ de Grenoble, et un. Irlandais nommé Girod. M. de Tromelin, qui avait contribué à l'heureuse évasion de sir Sidney Smith , est le même qui , entré depuis dans la garde impériale , figure maintenant sur la liste des ofBcierS'-généràux des armées du Roi. Le Temple était alors comme une espèce de fan« tasmagorie bigarrée.
Je demandai un jour à Fauconnier de me laisser voir la prison qu'avait occupée le Roi et la famille royale. Il y consentit. J'y vis encore le paravent vert qui avait caché le lit de la Reine , et sur la tapisserie de la chambre de Louis XVI , ces mots, tracés de la main du Roi, Je pardonne a tous mes ennemis^ même à Gouriet (le porte-clef).
Pendant les premiers mois de ma détention , j'eus l'honneur de faire au Temple la connaissance de M. le duc de Bouillon , qui y fut renfermé en conséquence des réclamations qu'il avait faites au gouyernement sur le ci-devant duché de Bouillon. Il ne fut détenu que onze, jours, et recouvra sa liberté au moment où il recevait un superbe pâté , une poularde et un panier de douze bouteilles de vin de Bordeaux. Pressé de quitter le Temple, il me laissa en pur don ces différens objets, pour en faire part aux prisonniers de mon choix. Depuis, j'ai eu le ' plaisir de le vii^iter à Jersey , dans son commandement, et j'ai presque; toujours été en correspondance avec lui, comme on le verra quand nous approcherons des événemens qui amenèrent la restauration.
Après un des voyages du premier consul , on annonça , à son retour^ aux prisonniers du Temple qu'on venait de nommer une commission de cinq sénateurs, et que chaque détenu devait adresser à cette commission un exposé succinct des motifs de son arrestation. Les cinq sénateurs étaient MM. de Lacépède , La Place , Pérignon , Lefèvre etPerregaux.
Je ne manquai pas de me conformer à cette injonction bénévole ; mais tous les malheureux
prisonniers ne tardèrent point à être convaincus que cette mesure était une jonglerie dont nous étions les dupes. En effet, une telle annonce n^avaît d'autre but^ que de calmer Timpatience des prisonniers, et faire suspendre les nombreuses sollicitations que leurs parens et amis adressaient au ministre et au pren^ier consul. Aucun prisonnier ne fut jugé ni mis en liberté par suite de cette mesure , et tous furent bercés d'espérances ou de promesses fallacieuses.
Quand , après une année de captivité et de paix générale, la rupture du traité d'Amiens vint rallumer les feux de la guerre entre l'Angleterre et la France, je jugeai que le continent lui-même serait bientôt embrasé, et que notre position, comme prisonniers d'État, s'aggraverait d'une manière fâcheuse^
Les affidés et les séides de Buonaparte ont beau torturer* l'histoire, dissimuler par des réticences ce qu'il ne leur convient pas de révéler , et couvrir par des sophismes les raisonnemens et les faits à la charge de leur héros , l'histoire dira que la*rupture du traité d'Amiens eut pour principale cause l'ambition de Buonaparte. Il redoutait la paix; il voulait s'affranchir de cette continuelle surveillance que les grandes puissances exercent les unes sur les autres, lorsque les communica-
tioDS sont libres entre les peuples. C'eût été pour lui une contrainte qui lui eût ôté la facilité d'agrandir sa domination au-dehors , et eût gêné l'extension de son pouvoir intérieur. Qu'appréhendait-il le plus? l'aspect de la liberté dont jouissait l'Angleterre, et la contagion de l'exemple. Pour consolider le plus formidable despotisme qui ait apparu dans les temps modernes, il fallait qu'il commençât par priver les Français de tous rapports avec des peuples libres qu'il n'avait pu subjuguer comme il avait soumis les Hollandais, les Italiens et les Suisses.
C'est l'univers qu'il voulait mettre à ses pieds, et , pour y parvenir, il sentait qu'iliui fallait nécessairement abattre l'Angleterre. «L'idée de détruire ce cette rivale de U France, a dit un écrivain poli- « tique qui l'a parfaitement jugé \ sera l'idée fixe a de son esprit, l'inévitable cbimère de sa passion. « C'est dans ce but qu'il fondera ce j^stème conti" ce nentàl, spécieuse image présentée aux esprits « superficiels , aux imaginations ardentes , aux oc âmes serviles. Ce que Philippe hait le plus, c'est « la liberté d'Athènes , s'écriait le plus grand ora- « teur de l'antiquité en s'adressant aux Athé-
' Feu Tabbé de Montgaillard , frère du comte de Montgaillard doixt il est si souTent question dans ces Mémoires.
« niens..... Philippe ne pense pas seulement à tous « soumettre, mais à vous détruire.....
m Les projets que Buonaparte a conçus pour a Fannihilation de la puissance anglaise , n'ont « pu s'engendrer que dans un esprit entièrement a absorbé par la contemplation d'un orgueil « exalté et d'une fausse gloire. Toutes les têtes ce françaises les adopteront néanmoins d'après a Tordre du maître
«Pour justifier la rupture, Buonaparte est a inspiré ou bien servi par son ministre le citoyen « Talleyrand'Périgord.....
« Le seul motif spécieux qu'ait produit la di«- <c plomatie du premier consul , consiste dans le « refus des Anglais de rendit Malte. Les Angluia « répondent que depuis le traité d'Amiens il est a survenu des circonstances qui rendent cette ce restitution impossible sans quelques explica- « tions et arrangemens préalables. Elle devait se « faire à l'ordre reconstitué : or, l'ordre a été de a plus en plus décomposé ; il est presque anéanti.... ce Le gouvernement anglais ajoute que le traité ' «d'Amiens, comme tout acte du même genre, « avait été stipulé d'après la situation où se troua vait alors même chacune des puissances con- « tractantes l'une envers l'autre ; mais Tétat des ff possessions et des obligations étant assez maté-
« riellement changé par la conduite de la France <c et ses impoi^tantés acquisitions de territoire sur a le continent , la Grande-Bretagne avait droit à ce des compensations. »
. Telles furent les principales causes de la renaissance de ce terrible conflit , qui, dix ans plus tard, amènera le dénoûment imprévu du grand drame auquel se rattachent mes propres vicissitudes.
Le renouvellement de là guerre fut marqué par un décret émané de Buonaparte, portant Vordre d'arrêter tous les Anglais cofnmerçarU ou voyageant en France. Les annales des nations civilisées n'offraient aucun exemple d'une semblable atteinte au droit des gens.
Comment n'aurais-je pas frémi de me trouver dans les serres du vautour ?