‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 167 sur 393 · BELLE MARCHE DE MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

BELLE MARCHE DE MONSEIGNEUR

la place fut emportée avec beaucoup de carnage. Ostalric tomba aussi entre les mains de M. de Noailles, et termina cette heureuse campagne.

L'amiral Russel avoit mouillé, avec force vaisseaux, à Barcelone, où le marquis de Villena s'étoit retiré avec le débrisde son armée, et nos forces navales n'étoient pas bastantes1 contre celles de Russel. Celles des ennemis avoient visité nos côtes tout l'été, bombardé ce qu'elles avoient pu, et brûlé presque toute la ville de Dieppe. Le chevalier de Lorraine, qui étoit à Forges, y courut avec quelques preneurs d'eaux, et y aida de son mieux le maréchal de Ghoiseul et M. de Beuvron. Le Roi écrivit au chevalier de Lorraine pour le remercier du zèle qu'il avoit témoigné.

Il ne se passa rien en Italie, et tout s'y termina au blocus de Casai. MM. de Vendôme passèrent presque toute la campagne en Provence, où le maréchal Catinat les avoit détachés avec quelques troupes.

En Flandres, on ne fit que s'observer et subsister. Il s'en passa une grande partie au camp de Vignamont, où à la fin les fourrages devinrent éloignés et difficiles. Le prince d'Orange fut obligé d'en aller chercher le premier, et prit son temps de décamper le 17, que presque toute l'armée de Monseigneur étoit au fourrage. Néanmoins, le soir même, sa gauche marcha avec les maréchaux de Villeroy et de Boufflers, lequel avoit joint depuis deux jours, et le lendemain 18, Monseigneur et M. de Luxembourg suivirent avec le reste de l'armée. Les ennemis avoient deux marches d'avance, et Monseigneur la Sambre et force ruisseaux et défilés à passer, et avoit à gagner le camp d'Espierres avant qu'ils s'en fussent saisis. Son armée marcha en plusieurs corps séparés. L'infanterie fut soulagée par un grand nombre de charriots qu'on fit trouver, et la Sambre convoya l'artillerie et les vivres tant qu'on s'en put aider. La marche se fit avec un grand ordre, et une telle diligence, le maréchal de Villeroy toujours en avant, que Monseigneur

1, Suffisante».

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