XXXII INTRODUCTION
en a de grands endroits qui ne sont simplement que des histoires, ce qui autorise toutes les autres que les hommes ont faites depuis, et continueront de faire; mais encore, que dès qu'il a plu à l'Esprit saint de voiler et de figurer les plus grandes choses sous des événements en apparence naturels, historiques, et en effet arrivés, ce même Esprit n'a pa& réprouvé l'histoire , puisqu'il lui a plu de s'en servir pour l'instruction de ses créatures et de son Église. Ces propositions, qui ne se peuvent impugner avec de la bonne foi , sont d'une transcendance en faveur de l'histoire à ne souffrir aucune réplique. Mais sans se départir d'un si divin appui, cherchons d'ailleurs ce que la vérité, la raison, k I nécessité et l'usage approuvé dans tous les siècles pouf ront fournir sur ce prétendu problème.
Que sait-on qu'on n'ait point appris? Car il ne s'agit pas ici des prophètes et des dons surnaturels, mais de la voie commune que la Providence a marquée à tous les hommes. Le travail est une suite et la peine du péché de notre premier père ; on n'entretient le corps que par le travail du corps, la sueur et les œuves des mains; on n'éclaire l'es-*j prit que par un autre genre de travail, qui est l'étude; et comme il faut des maîtres, pour le moins des exemples sous les yeux, pour apprendre à faire les œuvres des mains dans chaque art ou métier , à plus forte raison en faut-il pour les sciences et les disciplines si diverses, propres à l'esprit, sur lesquelles l'inspection des yeux et des sens n'ont aucune prise.
Si ces leçons d'autrui sont nécessaires à l'esprit pour lui apprendre 'ce qui est de son ressort, il n'y a point de science où il s'en puisse moins passer que pour l'histoire. Encore que pour les autres disciplines il soit indispensable d'y avoir au moins quelque introducteur, il est pourtantarrivé à des esprits d'une ouverture extraordinaire d'at-j teindre d'eux-mêmes, sans autre secours que celui de ce; commencement , à divers degrés, même quelques-uns aux plus relevés , des disciplines où ils r/avoient reçu qu'une