‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 342 sur 393 · SIEGE ET PRISE DE BARCELONE · texte numérisé non relu

SIEGE ET PRISE DE BARCELONE

pagne par le siège d'Ath, qui étoit mal pourvu et se défendit mollement : la place se rendit le 7 juin, et le chevalier de Tessé en eut le gouvernement.

M. de Vendôme étoit parti pour la Catalogne, avec l'ordre exprès de faire le siège de Barcelone; le comte d'Estrées, vice-amiral en survivance de son père, y amena la flotte au commencement de juin, avec les galères que commandoit sous lui le bailli de Noailles, leur lieutenant général, et avec ces forces navales ferma le port. Pimentel, qui avoit défendu Charleroy, et qui Ta voit rendu en 1693 au maréchal de Villeroy, commandoit dans Barcelone. Le marquis de la Corzana, mestre de camp général de Catalogne, s'y étoit jeté, et le prince d'Hesse-Darmstadt commandoit au mont Jouy, qui en est comme la citadelle, quoique un peu séparée de la ville. Ils avoient huit mille hommes d'infanterie de troupes réglées, quelque cavalerie, et le reste somettants, qui sont des milices fort aguerries; et le tout ensemble faisoit vingt-cinq mille hommes. Nous avions soixante pièces de batterie et vingt-huit mortiers. Dehors étoient don Fr. de Velasco, vice-roi de Catalogne, et le marquis de Grigny, général de la cavalerie, avec une petite armée et force miquelets. La place étoit plus qu'abondamment fournie de tout, et conserva une libre communication par un côté avec le vice-roi, pour pouvoir être rafraîchie.

M. de Vendôme n'avoit point assez de troupes pour l'investir entièrement, ni pour avoir assez de postes de proche en proche dans ses derrières pour contenir les miquelets; tellement qu'il ne put tirer ses subsistances que par le secours de la mer. Les troupes de l'armée navale mirent pied à terre et servirent au siège, les chefs d'escadre comme maréchaux de camp et le bailli de Noailles Icomme lieutenant général ; le comte d'Estrées demeura sur la flotte. Outre ces difficultés, les chaleurs étoient excessives. Il y eut beaucoup d'actions très-vives et très-belles; Ile prince de Birkenfeld, à qui son père avoit donné le régiment d'infanterie d'Alsace, à la tête duquel il étoit Saint-Simon i. 28

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