‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 378 sur 393 · DE LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

DE LA PRINCESSE

lui conta le refus que je viens de dire, et l'assura qu'elle faisoit sagement de n'avoir point d'empressement pour cela. Il arriva que la comtesse de Maiily, amie intime de Mmc la maréchale de Lorges, et moi ami de famille et parent des Maillis, et ami intime de l'abbé de Maiily, son beaufrère, qui devint peu après archevêque d'Arles, avoit parlé de Mmc de Saint-Simon à Mme de Maintenon sans que personne l'en eût priée; que Mmc de Maintenon avoit répondu que cela devroit déjà être fait, que c'étoit des personnes comme Mmc de Saint-Simon qu'il falloit approcher de la princesse, et lui ordonna de le dire de sa part à la duchesse du Lude. Gela s'étoit passé la veille. La comtesse de Maiily n'en avoit voulu rien dire que la duchesse du Lude ne le sût. Le hasard lit qu'elle la rencontra comme elle remontoit de chez la maréchale de Lorges. La duchesse du Lude demeura fort étonnée de la chose, après les personnes de faveur qui avoient été refusées, et irès-piquée de la manière, parce qu'elle ne douta pas que a maréchale de Lorges, sûre de son fait, ne se fût noquée d'elle; et voilà comme les choses très-apparentes >e trouvent pourtant très-fausses. Dès le lendemain Mmc de jjaint-Simon fut mandée, et presque tous les jours le reste lu voyage de Fontainebleau, et depuis très-souvent, avec Hine jalousie de toutes les autres et de leurs familles qu'il allut laisser tomber.

8 ^e Roi, qui de plus en plus mettoit ses complaisances In la princesse, qui surpassoit son âge sans mesure en |rt, en soins, en grâces pour les mériter, ne voulut pas lerdre un jour au delà des douze ans pour faire célébrer S on mariage, et l'avoit fixé au 7 décembre, qui tomboit à In samedi. Il s'étoit expliqué qu'il seroit bien aise que la lour y fût magnifique, et lui-même, qui depuis longtemps le portoit plus que des habits fort simples, en voulut des ■us superbes. C'en fut assez pour qu'il ne fût plus ques- Bon de consulter sa bourse, ni presque son état, pour tout m qui n'étoit ni ecclésiastique ni de robe : ce fut à qui se lirpasseroit en richesse <U en invention; l'or et l'argent

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