‹ Mémoires -- (volume 3)Chapitre 10 sur 44 · LE PERE TELLIER · texte numérisé non relu

LE PERE TELLIER

La délibération du choix d'un confesseur dura un mois depuis le 20 janvier que mourut le P. delaChaise, jusciu'au21 février, que le P. Tellier fut nommé. Il fut, coînme son prédécesseur, confesseur aussi de Monseigneur, contrainte bien dure à l'âge de ce prince. J'anticipe ici ce mois, pour ne pas couper une matière si curieuse.

Le P. ïellier était entièrement inconnu au Roi : il n'en avait su le nom que parce qu'il se trouva sur une liste decinqou six jésuites que le P. de la Chaise avait faite de sujets propres à lui succéder. Il avait passé par tous les degrés de la Compagnie, professeur, théologien, recteur, provincial, écrivain. Il avait été chargé de la défense du culte de Confucius, et des cérémonies chinoises, Il en avait épousé la querelle, il en avait fait un livre qui pensa attirer d'étranges affaires à lui et aux siens, et qui, à force d'intrigues et de crédit à Rome, ne fut mis qu'à l'Index ; c'est en quoi j'ai dit qu'il avait fait pis que P. le Comte et qu'il est surprenant que malgré cette tare, il ait été confesseur du Roi.

Il n'était pas moins ardent sur le molinisme, sur le renversement de toute autre école, sur l'étabhssement en dogmes nouveaux de tous ceux de sa Compagnie sur les ruines de tous ceux qui y étaient contraires, et qui étaient reçus et enseignés

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