Par mégarde, disposilioiis, au pluriel
[lfi94J DE SAINT-SIMON. 167
les ennemis, dont il ne parut nul vestige; et on sut après que ce camp sous Mayence étoient huit mille hommes, plus curieux de butin que de combat. Romainville, avec sa réserve, avoit pris, en partant d'ArgenthaP, dans le Hundsriick, où nous étions, un autre chemin par les montagnes, avec les bagages, de sorte que nous marchions légèrement. Nous traversâmes les défilés de Durckheim sans aucun obstacle, et nous campâmes encore à quatre lieues au delà, à deux lieues près de la première ligne, avec laquelle le maréchal de Joyeuse nous attendoit. Tallard poussa jusqu'à lui, pour recevoir ses ordres, qui furent de marcher le lendemain sous Landau. En chemin, nous joignîmes la première ligne, et ce fut une grande joie pour toutes les deux que cette réunion.
J'allai tout de suite à Landau voir M. le maréchal de Lorge, qui avoit attendu son armée avec impatience. Je le trouvai dans le jardin de Mélac, gouverneur de la place et un des lieutenants généraux de l'armée, avec presque tous les officiers généraux et la Grange, fort embarrassé de sa contenance et la tête fort basse. Nous y apprîmes que les ennemis, répandus en plusieurs corps, avoient enlevé un grand butin et quantité d'otages, et qu'ils^ se retranchoient fort dans l'île et dans les bois d'Hagenbach ; mais le nombre de ce qui avoit passé le Rhin, on ne le sut jamais. Ce n'étoit pas faute de soins^. Mélac avoit
1 . Dans le manuscrit et sur certaines de nos anciennes cartes, Arienthal. Vi français rend approximativement l'articulation gutturale adoucie du (j allemand devant e. — Argenthal est une petite ville située sur la route de Trêves à Bingen, en passant par la vallée du Tiefenbach et les plateaux du Hundsriick. Elle est distante de quatre lieues 0. de Bingen.