‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 200 sur 334 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p

5. Voyez la lettre de Chamilly reproduite ci-dessous, p. 299, note 2. G. François le Bascle d'Argenteuil, comte d'Épineuil, dont la terre

était voisine de celle de son mestre de camp Harlus, en Champagne.

d'adresse. Sur les trois heures du matin, nous entendîmes cinq ou six fort grosses décharges sur la droite : Vaubecourt y voulut courir de sa personne, et Harlus, en ce moment-là, n'étoit pas avec nous. Je représentai à Vaubecourt que ce ne pouvoit être qu'un poste attaqué ou une escarmouche de notre bivouac de la droite ; qu'au premier cas, tout seroit décidé et fini avant qu'il y pût être ; qu'au second, c'étoit un engagement de combat qui ne s'exécuteroit point sans un concert du prince Louis et de Schwartz, lequel attaqueroit bientôt le nôtre, qui étant le poste du maréchal de camp, il seroit fâché de ne s'y être pas trouvé. Il me crut, et envoya au maréchal de Joyeuse, qui lui manda que les ennemis avoient voulu surprendre un poste que nous tenions dans l'église de Lehn ^ , à cinq cents pas derrière notre droite , au delà d'un ruisseau ; qu'ils en avoient été repoussés avec beaucoup de perte, et qu'il ne nous en avoit coûté que quelques soldats, avec le capitaine, qui étoit un fort bon officier et qui fut regretté".

Cependant nous manquions tout à fait de fourrages, le

1 . Les lettres de l'armée appellent cette localité Saint-Lem, Samt-Laene, ow. Saint-Hélène; la Gazette écrit : Saint-Lehn; la carte de 1704, Sainte- Lehne; celle de 1840, Saint-Léon. Sur le Kraich, au N. N. E. de Kisslau.

2. Dans une lettre du 11 juillet, Chamilly rend compte de cette escarmouche : « Aujourd'hui, les ennemis ont attaqué, à deux heures du matin, avec six cents grenadiers, le poste de Saint-Lem, qui est dans le derrière de notre droite, qui aboutit à Roth, oia nous avions deux cents hommes commandés par un capitaine des grenadiers de Luxembourg, qui y a été tué et qui n'a point été emporté. Les ennemis ont laissé quelques gens morts sur la place et se sont retirés par les bois à leur gauche, qui porte au vieux château de Kisloch {sic, corrigé de Wisloch). Leur armée est toujours à Langenbriicken ; les Hessois et Munstériens, qui ont joint le prince Louis de Bade, ont leur droite au vieux château de Wiesloch, leur gauche s'étendant vers les hauteurs de Malsch, assez près de l'armée du prince de Bade. Nous occupons toujours la petite ville de Wiesloch, dont ledit vieux château est éloigné de la portée du canon, dans la montagne. » (Dépôt de la guerre, vol. 1322, n»^ 174 et 175; comparez la Gazette, p. 344, et le Journal de Dangeau, tome V, p. 244.) Le capitaine du régiment de Luxembourg s'appelait Villepion.

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nez dans les bois, fort en gaufre* entre ces deux camps, et acculés au Rhin, tandis que les ennemis avoient abondance de tout et se faisoient apporter de loin tout ce qu'ils vouloient : c'étoit à qui décamperoit le dernier. Toute communication nousétoit coupée avecPhilipsbourg, et tout moyen d'y aller repasser le Rhin sous la protection de la place : le prince Louis avoit^ occupé le défilé des Capucins^; lui et Schwartz étoient postés à nos deux flancs, et étoient ensemble beaucoup plus nombreux que nous, et leur* situation rendoit fort délicat de défiler devant eux dans la plaine d'Hockenheim^. Le plus fâcheux inconvénient étoit l'humeur du maréchal de Joyeuse^, qui ne se communiquoit à personne, et à qui il échappoit des brusqueries si fréquentes et si fortes, même aux officiers généraux les plus principaux, que personne n'osoit lui parler, et que chacun l'évitoit et le laissoit faire. Enfin l'excès du iDesoin lui fit prendre son parti. Il le communiqua d'abord au comte du Rourg, maréchal de camp, puis à Tallard, lieutenant général, enfin à Rarbezières, un de nos meilleurs maréchaux de camp, qu'il chargea d'aller reconnoître ce qu'il vouloit savoir, et de l'exécution, s'il la trouvoit possible. Rarbezières prit ce qu'il voulut d'infanterie et de cavalerie, et en chemin on

1. L'orthographe du manuscrit est goffre. — Furetière dit qu'un homme « fait la gaufre, quand il est pressé de deux côtés ; » et l'Académie (1694), qu'« on dit figurément : être la gaufre dans une affaire, pour dire : se trouver entre deux extrémités fâcheuses, entre deux personnes redoutables et opposées. » Nous ne trouvons dans aucun des anciens dictionnaires la locution en gaufre.

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