Blbl. nat., ms. Fr. 17 430, fol. '21, '26 et
26 mai 1694.
« .... Le Roi, après avoir bien discuté toutes les raisons différentes et opposées qu'il s'étoit représentées à lui-même, et qui étoient encore si succinctement, mais si parfaitement expliquées dans votre lettre, a pris enfin le parti de se déterminer en faveur de la nature, et veut qu'on rende à M. de Vendôme, à sa réception, les mêmes honneurs précisément qui ont été rendus à M. le duc du Maine, tant sur l'information, bonnet, huissier, etc. C'est ce que Sa Majesté m'a commandé de vous dire. Je suis respectueusement à vous. Monsieur.
« PONTCHARTRAIN
Le même jour, 26 mai, le Parlement se prononça conformément aux conclusions de M. de Lamoignon, et le duc de Vendôme vint prendre séance le 8 juin. Le procès-verbal de cette séance, conforme à celui du 8 mai, a été imprimé dans l'Histoire généalogique du P. Anselme, tome IV, p. 110-113.
Le 20 décembre suivant, Pontchartrain écrivait au Premier Président : « M. le duc du Maine persiste dans la pensée d'aller quelquefois au Parlement, et le Roi se souvient même que cette idée est venue d'abord de vous, comme avantageuse à M. du Maine, pour établir une possession paisible des grâces que le Roi lui a faites*.... » Quatre jours plus tard, le duc du Maine remerciait en ces termes le Premier Président :
« A Versailles, ce 24 décembre 1694^.
« L'amitié, Monsieur, que vous temoignastes hier pour une monture ancienne, et que vous nous distes unique, avec l'amour de la chasse, qui ne me parut pas encore estaint en vous, m'ont encouragé à reconnoistre par ces six exelents chiens pour lièvre, et par ce cheval exelent quoiqu'ancien, et accoustumé à leur allure, le disné qui nous creva, et le vin rouge qui quasi nous enivra, car, pour la manière dont nous fusmes receus et les discours remplis d'honnesteté qui précédèrent et suivirent le repas, je ne m'en tiens pas quite à si bon marché; les occasions feront voir combien j'y suis sensible, et j'espère. Monsieur, qu'en attendant, vous en pourés juger par le soin avec lequel je cultiverai cette amitié que je vous demande (mais dénuée des façons et des compliments que vous me faites toujours), qui est bien solide de ma part, estant fondée sur une très vive estime et sur une grande ardeur de mériter la vostre.
« Louis Auguste de Bourbon. »
1. Correspondance administrative sous Louis XIV, publiée par M. G. Depping, tome IV, p. 765.
2. Lettre autographe; Bibl. nat., ms. Fr. 17 427, fol. 64-66.