Les conclusions du procureur général
4. Ce factum est sans doute le « Mémoire sur la question de préséance pour MM. les ducs et pairs, contre M. le maréchal duc de Luxembourg, » qui fut signé parRiparfonds et imprimé chez L. Sevestre, avec la date de 1693. M. Mesnard en a donné quelques extraits dans l'étude citée plus haut, Œuvres de J. Racine, tome V, p. 377 et 378. On a en outre (recueil Thoisy, vol. XXlll, fol. 400-415) r« Inventaire de production que mettent et baillent par-devant vous, Nosseigneurs du Parlement, les ducs de Sully, de Richelieu, de la Rochefoucauld, de Valentinois. »
bourg ; mais que, notre procès ne pouvant être que curieux en soi et célèbre au Parlement, il avoit voulu lui apporter notre premier mémoire tout mouillé encore de l'impression, dans la lecture duquel il croyoit qu'il ne seroit pas fâché de se délasser en ses heures perdues, et dans lequel il apprendroit des faits, et beaucoup de choses très-importantes pour l'intelligence et la décision de l'affaire, trèsnettement exposés, et dont aucun n'avoit encore paru. La gravité et la réputation de M. de Chaulnes ajouta beaucoup au poids de cette raillerie, qui embarrassa extrêmement le procureur général. Il voulut se jeter dans les excuses; mais M. de Chaulnes, qui sourioit de le voir balbutiant, l'assura que ce n'étoit pas à lui qu'il les falloit faire, mais à MM. de la Trémoïlle et de la Rochefoucauld, qui, à ce qu'il s'étoit laissé dire, n'étoient pas tout à fait tant ses serviteurs que lui.
J'ai mis le procureur général et ses conclusions ainsi données en écolier à la suite de ce que j'ai cru devoir faire connoître du premier président, de M. Talon et de tout ce qui se rallioit pour M. de Luxembourg, afin de montrer, une fois pour toutes, à qui nous eûmes à faire', et l'inégalité de la partie en même temps. Avant d'aller plus loin, il faut dire comment j'y entrai, et comment je m'en démêlai.
On peut juger qu'à mon âge, et fils d'un père de la cour du feu roi, et d'une mère qui n'avoit connu que les devoirs domestiques, et sans aucuns proches^, je n'étois en aucun commerce avec pas un de ceux que M. de Luxembourg attaquoit. Eux, qui se vouloient réunir le plus en nombre qu'ils pourroient, comptant peu sur de certains ducs, et désertés par MM. de Chevreuse et de Bouillon, n'en voulurent négliger aucun, parce que chacun a ses amis et sa bourse, pour les frais qui se faisoient en commun. M. de la Trémoïlle m'aborda donc chez le Roi et me dit que lui et plusieurs autres, qu'il me nomma, étoient attaqués par