Ils eurent pour tuteur leur oncle le roi de Navarre
6. Henri II de Rohan, prince de Léon, né à Blain le 21 août 4579,
et celui guenots en France. Le duc de Sully', surintendant des
de son unique fmances et si bien avec Henri IV, et huguenot aussi, le
Enfants de favorisa fort auprès d'Henri IV, dans la haine du maré-
ceiie-ci. clial deBouillon^ : Henri IV le fit duc et pair en 1603*, et,
I „ entra au service en 1597, fut colonel général des Suisses de 1603 à 1614,
, , , mais s'engagea dans le parti huguenot en 1615, fut nommé général des
''':•■: troupes de ce parti en 1621, ne rentra dans le devoir qu'en 1629, et
mourut en Suisse, le 13 avril 1638, de blessures reçues à la bataille de Rheinfeld : Histoire généalogique, tome IV, p. 73 ; comparez la France jnoteslante, tome VIII, p. -474-499, les articles de M. Laugel sur la Famille et la jeunesse d'Henri de Rohan, dans la Revue des Deux Mondes, i" mai et 1" juin 1879, et les livres, encore plus récents, de M. Schybergson : le Duc de Rohan et la chute du parti protestant (1881), de M. Mention : de Duce Rohanio post pacem apud Alesium (1883), et de M. H. de la Garde : le Duc de Rohan (1884).
1. Maxirailien de Béthune, baron de Rosny, né en 1559, dans la religion protestante, que son père avait embrassée, débuta comme enseigne d'infanterie en 1576, s'attacha tout aussitôt à la personne d'Henri de Navarre, devint son chambellan et membre de son conseil d'État en 1580, lui servit de ministre jusqu'à son installation sur le trône de France, entra dans le conseil des fmances en 1596, devint grand voyer en 1597, surintendant des finances en 1598, surintendant et grand maître de l'artillerie en 1399, marquis de Rosny, gouverneur de la Bastille et surintendant des fortifications en 1602, gouverneur du Poitou en 1603, duc-pair de Sully en 1606, grand maître des ports et havres en 1610. Il se retira des affaires en 1611, mais fit plusieurs tentatives, par la suite, pour y rentrer, et, en 1634, échangea sa charge de grand maître de l'artillerie contre le bâton de maréchal de France. Mort au château de Villebon, le 21 décembre 1641.
2. Voyez les (Economies royales de Sully, l'Histoire du duc de Bouillon, par Marsollier (1719), et le second article de M. Laugel, p. 603, 612 et 617. Pierre de l'Estoile [Journal, tome X, p. 277-278) donne les origines de cette inimitié, et dom Morice s'étend sur le même point.
3. Les lettres d'érection, datées du mois d'avril 1603, sont dans l'Histoire généalogique, tome IV, p. 202-204. C'est la vicomte de Rohan qui fut érigée en duché-pairie mâle, comme « la plus ancienne vicomte de France, celle qui, depuis plus de douze cents ans, a tenu titre, et qui s'étend bien en quarante paroisses, etc. » La fameuse devise :
Roi ne puis, Duc ne daigne, Rohan suis,
cessait donc d'être vraie. — Ce premier duché de Rohan figure dans les
moins de deux ans après, M. de Sully lui donna sa fille en mariage*. C'est ce grand homme qui se signala tant à la tête d'un parti abattu, et qui, réconcilié avec la cour, s'illustra encore davantage par les négociations dont il fut chargé en Suisse^ et par ses belles actions à la tête de l'armée du Roi en Valteline, où il mourut de ses blessures, en 1638 ^ avec la réputation d'un grand capitaine et d'un grand homme de cabinet \ 11 ne laissa qu'une
notices des Duchés et comtés-pairies éteints, au tome V des Ecrits inédits de Sainl-Simon, p. 497-302. La partie de l'article relative à Henri de Rohan n'est qu'une paraphrase de VHisioire généalocjique, notre auteur s'étant réservé de faire la filiation complète des Rohan à propos du duché de Montbazon. Il ne lui a consacré non plus que quelques lignes dans le mémoire de 1721 (ci-après, appendice IX, p. o21), et dans celui de 17o3 (tome IV des Écrits inédits, p. 420).
1. Henri de Rohan, que son maître eiit voulu marier avec la fille du roi de Suède, épousa, à Ablon, le 13 février 1603, Marguerite de Béthune, fille aînée de M. de Rosny. Elle mourut à Paris, le 21 octobre 1660, dans sa soixante-cinquième année. Fort mignonne et jolie, mais par trop galante, dit Tallemant (tome III, p. 412 et suivantes). Elle abjura deux fois.
2. La première lettre de Suisse est une s corrigée en S majuscule. — Après la paix de 1629, qui mettait fin aux guerres civiles, Rohan se retira à Venise et y devint généralissime des troupes levées contre les Impériaux, titre qu'il conserva lorsque Richelieu, en 1632, le fit nommer ambassadeur extraordinaire près des Cantons suisses, puis général de tous les gens de guerre qui étaient à la solde de la France dans ce pays (12 juillet 1633). La défiance du cardinal le fit renvoyer à Venise dès l'année suivante; mais on le rappela en 1635.
3. La Valteline est une vallée catholique de l'Italie septentrionale qui s'étend de l'Adda au lac de Côme et établit la communication entre le Tyrol et le Milanais. Elle avait été délivrée par le marquis de Cœuvres du protectorat pontifical (1624), et son indépendance assurée moyennant payement d'un léger tribut aux Grisons protestants ; mais, quand la guerre éclata, en 1634, entre la France, l'Espagne et l'Empire, ces deux dernières puissances se hâtèrent d'envahir la vallée. Le duc de Rohan les en chassa par quatre victoires, que Louis XIII récompensa largement ; puis, malade et mal soutenu, il dut se retirer devant un soulèvement des Grisons, et c'est alors qu'étant allé rejoindre le duc Bernard de Weymar, qui commandait sur le Rhin, il fut blessé en combattant sous ses ordres, et mourut à l'abbaye de Kœnigsfeld, en Suisse.
4. On a du duc Henri de Rohan, outre quelques traités de politique ou
[Add. S'-S. $53] ûl\e\ unique héritière, qui porta tous ses grands biens en mariage, en 1645, malgré sa mère, à Henri Chabot^ en 1645^, à condition de porter, lui et leur postérité, le
d'art militaire, la relation des voyages qu'il avait faits de io98 à 1600, un Discours politique sur la mort d'Henri IV, des Mémoires, qui furent publiés avant Saint-Simon et de son vivant (il avait l'édition in-4'' de •1646), un recueil particulier sur la guerre de la Valteline, que Ziirlauben fit paraître en 17o8, etc. Quoique Tallemant des Réaux {Historiettes, tome III, p. 411-41'2) le dépeigne comme un petit homme de mauvaise mine, assez illettré, peut-être peu vaillant, on s'accorde pour l'estimer et comme capitaine et comme écrivain. Ses Mémoires ont même été qualifiés par Henri Martin de « chef-d'œuvre par la vigueur de la pensée et la puissante concision du style. »
4. Huit autres enfants étaient morts en bas âge. — Marguerite de Rohan, titrée, comme seule héritière, duchesse de Rohan, princesse de Léon et comtesse de Porhoët, se maria à Sully, le 16 juin 1645, et mourut à Paris, le 9 août 1684, âgée de soixante-sept ans, et portant alors le titre de princesse de Rohan. — Ce qui va suivre se retrouve, en première rédaction, dans l'Addition indiquée ci-contre (n° 2oo), qui finit, par un retour en arrière, sur l'histoire de Françoise de Rohan et du duc de Nemours.
2. H., en abrégé, dans le manuscrit. — Henri Chabot, seigneur de Saint-Aulaye, d'abord destiné à l'Église, avait fait ensuite quelques campagnes avec Monsieur, comme volontaire, et était devenu gentilhomme ordinaire, puis premier maréchal des logis de ce prince. Entre son mariage et son élévation au titre ducal, on lui donna le gouvernement d'Anjou (1647). Mort le 27 février 16oo, à trente-neuf ans. — Saint-Simon reviendra (tome V de 1873, p. 61-66) sur son mariage, sa famille et son duché.
3. Cette répétition de « en 164o » est dans le manuscrit. — Le contrat de mariage des 6-11 juin 164S, dont copie est dans les papiers de dom Morice (ms. Fr. 22 344, fol. 191-198), fut signé du Roi, de la Reine et des princes et princesses du sang. Marguerite de Rohan y était qualifiée de « très haute, puissante et illustre princesse, » conformément au brevet qu'elle avait obtenu auparavant et qui portait « qu'en cas qu'elle vînt à se marier avec le comte de Chabot, comme elle le désirait, son rang et dignité de princesse lui fussent conservés, avec tous les autres avantages et prérogatives dont elle avait ci-devant joui et jouissait présentement. » Il n'eût pas tenu à elle d'épouser quelque grand personnage, comme le comte de Soissons, le duc de Weymar ou le duc de Nemours. Ce fut le duc d'Enghicn, dont Chabot était le confident, qui aida celui-ci à triompher.
nom et les armes* de Rohan; et fut fait" duc et pair, comme on sait, par lettres nouvelles et avec rang du jour de sa réception au Parlement^. La mère, qui étoit huguenote, ne vouloit point ce mariage\ et la fille, qui étoit catholique, soutenue de Monsieur Gaston et de Monsieur le Prince^, se moqua d'elle®. De ce mariage vint : le duc de Rohan, la seconde femme de M. de Soubise, la seconde
4. Les armes de Rohan sont : de gueules à neuf mâcles d'or; les Rohan-Chabot les écarlelèrent des armes de Chabot : d'or à trois chabots de gueules en pal. — Les mâcles sont des losanges évidés dans le même sens, et les chabots de petits poissons à grosse tête carrée (cottus gobio) qu'on trouve dans les ruisseaux pierreux. Ces dernières armoiries étaient donc des armes parlantes. Quant à celles des Rohan, qui, probablement, rappelaient les mailles des anciennes cottes d'armes, elles inspirèrent la devise ou dicton en forme de jeu de mots : Sine macula macla. Les mâcles figurent encore partout dans la décoration de l'hôtel Soubise.