‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 181 sur 427 · Qui corrige quil · texte numérisé non relu

Qui corrige quil

"1. Parce que la morte était de grande taille, et le cercueil trop court.

3. Saint Bernard (1046-1116), abbé de Tiron, fut l'auteur d'une réforme de la règle de Saint-Benoit que suivirent nombre d'abbayes de France ou d'Angleterre, celle de Cîteaux entre autres, dont 1' « étroiti^ observance » fut adoptée par les religieux de la Trappe, à l'instigation de Rancé, en 1663. L'histoire de cette réforme, par dom Gervaise, a été publiée en 1746.

4. C'est-à-dire ce qu'il en était de ses amours avec la belle Montbazon et du succès qu'il avait eu auprès d'elle.

5. Ce membre de phrase : « ne bougeoit de l'hôtel de Montbazon ■> est écrit en interligne. — L'hôtel de Montbazon était situé dans la rue de Béthisy, une des voies du quartier de la Vieille-Monnaie que le percement de la rue de Rivoli a fait disparaître de nos jours, et l'on vient d'en rappeler l'emplacement par une inscription ; mais Sauvai dit que le duc de Montbazon quitta cette demeure dix ou douze ans avant sa mort, c'est-à-dire vers 1643, pour aller habiter rue Barbette, au voisinage de la place Royale, des Guémené, des principaux frondeurs, etc. {Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, tome II, p. 124.)

6. Le vieux garde des sceaux Charles de l'Aubcspine, marquis de Chàteauneuf-sur-Cher, oncle de la mère de Saint-Simon : tome I, p. 167 et 212. Ayant été longtemps un des amants de Mme de Chevreuse, il avait subi dix ans de détention, de 1633 à 1643, pour participation à ses intrigues. Elle parvint à lui faire rendre les sceaux de 1630 à 1651, et il fut ensuite presque premier ministre, mais quitta la politique en 1653, et mourut peu après. Quelques contemporains l'esti-

trésor*, et de ce qui s'appeloit alors les Importants-, mais plus particulièrement de M. de Beaufort, avec qui il faisoit très souvent des parties de chasse, et dans la dernière intimité avec le cardinal de Retz, et qui a duré jusqu'à sa mort^. Mme de Montbazon mourut de la rougeole en fort peu de jours ^ M. de Rancé étoit auprès d'elle, ne la quitta point, lui vit recevoir les sacrements, et fut pré-

maient « l'esprit le plus fin de la France, » le seul homme, avec Chavigny peut-être, qui fût capable de remplacer Mazarin au ministère.

1. Claude de Bourdeille, comte de Montrésor, né vers 1608, et mort à Paris, le "2 juillet 1663. On connaît ses longs services auprès de Monsieur Gaston, dont il était grand veneur, sa participation aux conspirations de ce prince, puis aux intrigues de Mme de Chevreuse, pour laquelle il fut emprisonné de 1646 à 1647, son rôle actif dans le parti dirigé par Retz et Beaufort, et enfin ses mémoires, publiés dès 1663.

2. Le parti des Importants n'est pas du temps de la Fronde, mais d'une époque bien antérieure, 1643 et 1644. « Il se forma, dit la Rochefoucauld, une cabale de la plupart de ceux qui avoient été attachés à la Reine pendant la vie du feu Roi, qui fut nommée des Importants. Bien qu'elle fût composée de personnes différentes d'intérêt, de qualité et de profession, tous convenoient d'être ennemis du cardinal Mazarin, de publier les vertus imaginaires du duc de Beaufort, et d'affecter un faux honneur, dont Saint-Ibal, Montrésor, le comte de Béthune et quelques autres s'étoient érigés en dispensateurs. » (Mémoires de la Rochefoucauld, tome II, p. 68-69.) On dit que le nom d'Importants avait été inventé par Mme Cornuol. M. Chéruel a raconté la naissance du parti, ses progrès, et enfin sa défaite par Mazarin, dans le tome I" de l'Histoire de France pendant la minorité de Louis XIV, p. 137-203.

3. Voyez, dans le Port-Royal de Sainte-Beuve, tome V, p. o83et o84, un mémoire de M. Chantelauze où il est question de séjours de Rancé chez le cardinal, à Commercy ou à Rome, et le tome VII des Œuvres de Retz, p. o8, note 14. Saint-Simon a parlé aussi de cette intimité dans sa notice sur le duché de Retz [Écrits inédits, .tome VI, p. 76 et 78) : « Une confiance et une tendresse nourrie par la conformité des esprits. » Comparez le pamphlet de D. de la Roque, p. 19-21.

4. Le 28 avril 1657. La Gazette (p. 431) dit que le mal dura cinq jours et que la duchesse finit « tout à fait chrétiennement. » Mme de 3Iotteville (tome IV, p. 93-9o) rapporte qu'elle fut enlevée en trois heures : « Le deuil qu'elle portoit alors comme veuve.... la rendoit si belle, qu'en elle on pouvoit dire que l'ordre de la nature se trouvoit changé. •■ Les vers de Loret sur cette mort sont reproduits dans les Historiettes de Talkmaiit, tome IV, p. 470.

sent à sa mort. La vérité est que, déjà touché et tiraillé entre Dieu et le monde, méditant déjà depuis quelque temps une retraite, les réflexions que cette mort si prompte firent^ faire à son cœur et à son esprit achevèrent de le déterminer; et, peu après, il s'en alla en sa maison de Véretz'^, en ïouraine, qui fut le commencement de sa séparation du monde^.

La princesse de Guémené, si initiée auprès de la Reine mère par Mme de Chevreuse, sœur de son mari et de M. de Soubise, et qui attrapa le tabouret par les bricoles* des par-

1. C'est le pluriel réflexions qui a induit Saint-Simon à faire ce lapsus.

2. Château sur le Cher, à douze kilomètres S. de Tours. Sur les séjours que Bancé y fit, voyez son histoire par M. l'abbé Dubois, tome I, p. 69-TO et 104-124. Il le vendit en 1662. C'était une résidence merveilleuse, où l'abbé d'Efliat reçut Mme de Sévigné en 167'). Piganiol de la Force en a fait la description. Les terres des Montbazon étaient fort proches de là.

3. La fausseté de la léoende contre laquelle proteste ici Saint-Simon, et dont il n'avait pas parlé dans sa rédaction primitive (Appendice, n° IX, p. S27), mais bien dans la notice du duché de Montbazon (ci-après. Additions et corrections), fut établie de bonne heure : voyez le Journal de Mathieu Marais, tome III, p. 378, le Jugement critique de dom Gervaise, p. 150- 159, et les Mélanges de Vigneul-Marville, éd. 1725, tome III, p. 170-171. Selon Maupeou et MarsoUier, biographes de Rancé, c'est en veillant sur le cadavre de Gaston d'Orléans (février 1660) qu'il se résolut à changer de vie, et en effet Mademoiselle dit {Mémoires, tome III, p. 426j : « Dans le temps de la mort de Monsieur, Dieu commençoit à le toucher, et, comme les esprits vifs prennent feu aisément, celui de l'amour du Créateur lui fit abandonner tout celui qu'il avoit eu pour le monde. » Dans deux lettres à Arnauld d'Andilly qui ont passé récemment en vente (catalogue Baylé, n" 155, et catalogue Monmerqué, n" 122), Rancé manifeste une véritable émotion : « Quelle leçon, dit-il, pour ceux qui ne sont pas détachés du monde, et pour ceux qui sont persuadés de son néant et qui travaillent à s'en déprendre!... Les impressions de ce coup ont été grandes en moi : Dieu veuille qu'elles me servent pour mon salut, et que je n'aie pas vu inutilement le plus pitoyable spectacle qui fut jamais!... » Sa conversion définitive daterait donc de 1660; mais, antérieurement, MarsoUier cite des événements providentiels où l'abbé, encore mondain et grand chasseur, avait vu des témoignages de la volonté de Dieu.

4. An sens de ricochet, venant du terme employé aux jeux de paume ou de billard poiu- dire que l:i balle on l;t liillc frai»penl soil l;nniu\'nlli\

ticuliers et du Val-de-Grâce', mourut^ duchesse de Montbazon^ en I680, à quatre-vingt-un ans^ Elle étoit mère du duc de Montbazon mort fou en 1699, enfermé depuis longues années à Liège% et du chevalier de Rohan*^ décapité pour crime de lèse-majesté, 17 novembre 1674",

soit la bande de billard, avant d'arriver au but. Comparez une Addition à Dangeau, tomeX, p. 108, et la suite des Mémoires, tome XV, p. 33'(.

i. Ci-dessus, p. 243-247.

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