‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 190 sur 427 · Qui n'était pas moins déclarée · texte numérisé non relu

Qui n'était pas moins déclarée

3. Allièrent, dans le manuscrit. — 6. C'est-à-dire suspects à bon droit.

Querelle de M. le prince de

Conti et du Grand Prieur, qui est mis à la Bastille et n'en

sort qu'en allant demander pardon eu propres termes à M. le prince de Conti.

cette insulte. Le prince de Conti, d'un sourire de mépris, l'avertit qu'il lui manquoit de respect, mais qu'en même temps il étoit facile à rencontrer, parce qu'il alloit partout et tout seul'. L'arrivée de Monseigneur, tout nu en robe de chambre, que quelqu'un alla avertir, imposa à tous deux. Il ordonna au marquis de Gesvres, qui s'y trouva, d'aller rendre compte au Roi de ce qu'il venoit d'arriver, et chacun s'en alla se coucher"-. Le marquis de Gesvres^, au réveil du Roi, s'acquitta de sa commission : sur quoi, le Roi manda à Monseigneur d'envoyer, par l'exempt des gardes servant auprès de lui, le Grand Prieur à la Bastille. Celui-ci étoit déjà venu de Meudon pour parler au Roi de son affaire, et fit demander audience par la Vienne. Le Roi lui manda qu'il lui défendoit de se présenter devant lui, et lui ordonna de s'en aller sur-lo-champ à la Bastille, où il trouveroit ordre do le recevoir. Il fallut obéir. Un moment après, arriva M. le prince de Conti, qui entretint le Roi en particulier dans son cabinet*.

•1. « Parce qu'il se promenoit beaucoup, ■> dit iJangeau.

2. Madame dit : « Le prince de Conti, le duc de la Feiiiiiade et le grand prieur de Yeudôiue jouaient à l'hombre, à Meudon ; le prince de Conti jouait. Le Grand Prieur, à ce que raconte le prince de Conti, avait codille sûr en main, et frappa sur la carte afin que la Feuillade coupât : ce qu'il fit; et alors le prince de Conti perdit codille. Il dit au Grand Prieur : >■ Vous jouez avec trop grand avantage, faisant couper « à codille sûr. » Le Grand Prieur répondit : « Tout autre que vous « ne me dirait pas cela ! « « Je prends ces Messieurs à témoins, dit le « prince de Conti, que je n'ai rien dit qui vous puisse offenser; mais, « pour le codille, vous l'aviez sûr dans votre main. » Monsieur le Duc et M. le marquis do Gesvres regardaient le jeu. Le Grand Prieur se leva et dit : « Il n'y a plus moyen de jouer avec vous. » Le prince de Conti répondit : « Après ceci, il dépendra de vous de jouer avec moi « ou non ; mais, pour le présent, il y a encore cinq poules à jouer. Je « veux que vous les acheviez. " Tout en jurant qu'on ne l'y prendrait plus, le Grand Prieur finit la partie : après quoi, le Dauphin lui défendit de plus rien dire à M. de Conti. » [Correspondance de Madame, recueil Jaeglé, tome I, p. 199-200, et recueil Rolland, p. 18C-187.)

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