Luy est écrit en interligne
7. En effet, Portland écrivait à son maître, même avant la réception officielle {Letters, p. 189) : « j'observe que l'on est plus empressé à me faire des politesses qu'avant la mise en cours de ces bruits (sur les prétentions de Guillaume III et de son représentant).... Il m'a été dit que le Roi avait donné des ordres qu'on me fit ces courtoisies — » Comparez la copie des Dépèches vénitiennes, au Cabinet des manuscrits, tilza 191, p. 92-94.
8. La correspondance de Guillaume III avec Portland, pendant ce séjour en France, a été publiée, comme celle qui est relative aux confé-
renvoi, à tout le moins de réloignement du roi Jacques et de sa famille'. Torcy, sagement, n'en fit point à deux fois et lui barra tout aussitôt la veine ^ : il lui répondit' que ce point, tant de fois proposé dans ses conférences avec le maréchal de Bouffi ers, et sous tant de diverses formes débattu à Ryswyk, avoit été constamment et nettement rejeté partout ; que c'étoit une chose réglée et entièrement finie ; qu'il savoit que le Roi non seulement ne se laisseroit jamais entamer là-dessus le moins du monde, mais qu'il seroit extrêmement blessé d'en ouïr parler davantage ; qu'il pouvoit l'assurer de la disposition du Roi à correspondre en tout, avec toutes sortes de soins, à la liaison qui se formoit entre lui et le roi d'Angleterre, et personnellement à le traiter, lui, avec toutes sortes de
rcaces de 1697, dans le recueil de Grimblot, tome I, p. '143 et suivantes, avec partie du passage de nos Mémoires relatif à Saint-Albans.
1. Dangcau dit, le 14 février : « Milord Portland n'a point encore parlé d'affaires au Roi ni à ses ministres ; mais il a témoigné à plusieurs de ses amis que le roi son maître apprenoit avec peine que le Roi voulût toujours laisser le roi Jacques à Saint-Germain ; il auroit bien souhaité qu'il fût plus éloigné d'ici. » {Journal, tome VI, p. 29o-"296.) Voyez en effet, dans le recueil des Leiters, p. 160-168, le compte rendu d'une conversation de Portland avec Boulllcrs et Villeroy, celui d'un autre entretien avec le Roi lui-même, p. 169-171, le texte d'une note diplomatique, etc. Torcy parle des démarches avortées de Portland dans ses Mémoires, p. o31-o34; de même aussi les Annales de la cour pour 1698, tome II, p. 374-373. Ce dernier recueil rappelle que, cinquante ans auparavant, Cromwell avait fiiit des instances analogues pour que la veuve et le tils de Charles I" fussent éloignés de France (ibidem, p. :2o9). Voyez encore la correspondance de l'ambassadeur vénitien, au Cabinet des manuscrits, filza 191, p. 1-3, 7, 14, 37, etc.
'i. Furctière ne cite cette expression : barrer la veine, que comme terme d'hippiatrique signifiant « couper une veine après l'avoir liée dessus et dessous. »
3. Comparez la conversation avec Louis XIV lui-même rapportée par Portland, dans le recueil des Leiters, p. 169-171, puis ses entretiens avec Pomponne et Torcy, p. 177-179, 183-187, etc. Pomponne semble être intervenu plus souvent et plus activement qi>e son gendre, qui n'avait pas encore, on s'en souvient, toute l'autorité et la direction des atVaires; c'est ce que notre auteur oublie.
distinctions ; qu'un mot dit par lui sur Saint-Germain seroit capable de gâter de si utiles dispositions et de rendre son ambassade triste et languissante; et que, s'il étoit capable de lui donner un conseil, c'étoit celui de ne rien gâter et de ne pas dire un seul mot au Roi, ni davantage à aucun de ses ministres, sur un point convenu et sur lequel le Roi avoit pris son parti'. Portland le crut, et s'en trouva bien; mais on verra bientôt que ce ne fut pas sans dépit\ et le Roi approuva extrêmement que Torcj lui eût, dès Tabord, fermé la bouche sur cet article. On prit un grand soin de faire en sorte qu'aucun anglois de Saint-Germain ne se trouvât, à Versailles ni à Paris, à aucune portée de ceux de l'ambassadeur^; et cela fut très exactement exécuté.
Portland fit un trait, au milieu de son séjour, qui donna fort à penser, mais qu'il soutint avec audace, sans faire semblant de s'apercevoir ' qu'on l'eût même re-
1. On peut voir, dans la correspondance même de Guillaume avec son ambassadeur (recueil Grimblot, tome I, p. 181, 196, 201, 212, etc.), comment ce roi jugea à propos de désavouer, au moins pour le public, les démarches faites à Versailles. L'instruction donnée le 2 mars au comte de Tallard, lorsqu'il partit pour l'Angleterre (publiée en anglais dans le recueil de Grimblot, p. 243-283), contient un compte rendu des négociations et pourparlers antérieurs à cette date, y compris ceux de 1697, avec l'exposé des intentions du roi de France, formellement exprimées et énergiquemént maintenues. Ce document est suivi d'un mcmorandum dressé par Torcy, pour le Conseil, au moment de l'arrivée de Portland à Paris.
2. Voyez ci-après, p. 68, la suite du récit : « ?Jais, parmi tant de fleurs, etc. »
3. Dangeau dit, le 17 février (tome VI, p. 297) : « Comme beaucou[) d'anglois qui sont à Saint-Germain étoient ici (à Versailles), le Roi fit dire à Milord Middlelon, qui est chef du Conseil du roi Jacques, qu'il le prioit, pour une autre fois, d'éviter de se trouver en même jour que l'ambassadeur d'Angleterre. » Comparez la Gazelle cV Amsterdam, Extr. xv, et une lettre de Portland dans le recueil Grimblot, tome I, p. 180. 11 se plaignait surtout d'être exposé à rencontrer Derwick et d'autres réfugiés qui passaient pour avoir trempé dans les conspirations de 1696 : tome 111, p. o8, note 4.