‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 326 sur 427 · Journal de Dangeau, tome XIV, p · texte numérisé non relu

Journal de Dangeau, tome XIV, p

6. Le Contrôleur général n'en pouvait faire partie que s'il était ministre ou secrétaire d'État ; d'ailleurs, son département se trouvait représenté par le chef du conseil des finances.

7. Ils n'avaient autrefois l'entrée au Conseil que pendant leur quartier ; c'est le règlement du 7 mai 1657 qui la leur a donnée en tout temps, « comme officiers ordinaires et nécessaires èsdits conseils, étant pour ce sujet créés et établis secrétaires ordinaires desdits conseils et dépositaires, tant des minutes concernant les plus grandes et importantes affaires de l'État, que chargés du plumitif des délibérations qui s'y prennent, auxquelles souvent il faut avoir recours. » (Original aux Archives nationales, K 118, n" 88'.)

8. Mémoires de Saint-Sitnon, tome XII, p. 174 et 259. ViUars dit en effet: « Chacun (des ministres), à son heure marquée, apportoit au Roi la liasse, c'est-à-dire tous les papiers et toutes les alïaires dont ils lui rendoient compte en particulier ; et alors se faisoit quelquefois la décision des plus importantes, dont il n'étoit souvent délibéré qu'après qu'elles étoient conclues par le ministre tète à tête avec le Roi. " [Mémoii'es de ViUars, p. 2i8.) Cent vingt ans plus tôt, Sully en usait de même : présidant ordinairement pour le Roi les séances du conseil d'État, dont le travail presque entier lui incombait, et recevant en droiture les lettres et requêtes qui devaient

Louis XIV. Dans sa Lettre anonyme au Roi (1712) % il dit : « Le conseil de dépêches ne connoît que de ce que les secrétaires d'État y veulent bien porter d'affaires, et le dégoût que Votre Majesté en témoigne et par leur rareté et par leur désir d'en voir la fin, autorise encore davantage les secrétaires d'État de décider par eux-mêmes et par les intendants-. » Dans les Projets de gouvernement du duc de Bourgogne^, il demande qu'on ramène les secrétaires d'État à leurs vraies et originelles fonctions d' « écrire les ordres qu'ils reçoivent, faire les expéditions qui leur sont ordonnées, et n'influer ni dans les uns ni dans les autres. » Sous Louis XV, le marquis d'Argenson ne se plaignait pas moins vivement dû ces façons d'agir. « Les départements divisés, disait-iH, se combattent continuellement ; aucun ne peut se perfectionner, par leur opposition et les empêchements qu'ils apportent les uns aux autres ; ils s'étendent par la jalousie plus que par l'émulation ; ils jettent la volonté du monarque dans l'obscurité et dans l'indécision; il cède enfin, et ne commande 'plus. Il se forme toujours un premier ministre secret. C'est ainsi que M. de Louvois, sous Louis XIV, ayant été élevé avec ce prince et le flattant de la gloire des conquêtes, rapporta tous les autres départements au sien, ruina l'État par des guerres injustes, et inspira contre nous une haine universelle. »

Cet accaparement des afl'aircs par les chefs des quatre départements ministériels, analogue à celui que pratiquaient les ministres d'État pour le conseil d'en haut, et peut-être aussi les progrès de l'administration centrale, le « classement des questions, » comme dit M. de Luçay, tendaient de jour en jour à diminuer les attributions du conseil des dépêches et à restreindre le nombre des séances. Dans le principe, il y en avait eu deux par semaine^; en 1700, le Conseil doit encore se tenir le lundi de quinzaine, alternativement avec le conseil d'État. Mais nous ne trouvons plus, dans le Journal de Dangcau pour l'année 1714, que deux mentions de séance, le 9 avril et le 3 décembre, puis une autre mention au 24 juin 1713'*, et il y est même dit que, pendant un temps, la séance du conseil des dépêches a été remplacée par une séance supplé-

être soumises aux délibérations, il en apportait en même temps la solution, souvent avec le texte de l'arrêt à intervenir. « Rarement, dit-il, on y changeoit quelque chose. J'ai toujours eu pour principe que les réponses que l'on donne aux employés dans les grandes affaires ne peuvent être ni trop promptes ni trop précises ; tout le temps passé en contestations est un temps perdu. » [Mémoires de Su/lij, éd. 174o, tome III, p. '279.)

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