Plus haut, Gioya
490 APPENDICE iV.
LE DUC DE BRACCIANOi.
(Fragment inédit de Saint-Simon 2.)
« Le duc de Bracciano, Flavio Orsini ou des Ursins, comme nous disons, prince du soglio et de l'Empire, grand d'Espagne de la première classe et chef de la maison des Ursins. Étant veuf d'une Ludovisio et sans enfants, il se remaria en février IGTo à Anne-Marie^ de la TrémoïIle-Noirmoutier*, lors à Rome, veuve sans enfants de Biaise de Talleyrand, mort en Italie sorti du Royaume pour ce fameux duel de MM. de la Frette, etc.... L'histoire du second mariage de cette fameuse dame, si connue après la mort du duc de Bracciano sous le nom de princesse des Ursins, se trouve, avec ses célèbres suites, aux Duchés vérifiées éteintes, titre de Noirmoutier^. On remarquera seulement ici qu'elle changea de nom parce que, n'av-ant point d'enfants, le duché de Bracciano fut vendu, après la mort de son mari, à D. Livio Odescalchi, neveu d'Innocent XI, à condition que, dès lors, elle en quitteroit le nom. On a vu, sur les Rangs étrangers*"', ce que c'est qu'un prince du soglio, et que la duchesse de Bracciano n'eut qu'un tabouret de grâce.
« M. de Bracciane ^ est l'unique exemple du renvoi du collier de l'Ordre. Lors des démêlés du feu roi avec Innocent XI (Odescalchi), ce pape si impérial et à l'argent et à la partialité duquel le prince d'Orange dut, contre son intention, la couronne d'Angleterre, et de l'étrange ambassade de M. de Lavardin à Rome, qui ne put jamais avoir audience du Pape, et dont il fut excommunié, M. de Bracciano, embarrassé de l'intime liaison du Pape avec l'Empereur, sous la domination desquels tous ses biens se trouvoient situés, et la guerre déclarée entre la France et la maison d'Autriche, de laquelle il tenoit deux de ses trois dignités, ne crut pas pouvoir se conserver avec les marques publiques d'attachement à la France, et renvoya au Roi son collier du Saint-Esprit, qui en fut d'autant plus piqué que pareille chose étoit sans exemple et que, en même temps, M. de Bracciano reçut l'ordre de la Toison d'or du roi