LE DUC DE BRACCIANO
d'Espagne. Ce duc mourut à Rome, sans enfants, en 1698, à soixantedix-huit ans. C'étoit un très grand seigneur, et d'ailleurs un fort pauvre homme.
a La maison des Ursins* est une des quatre premières de Rome : Colonne, Conti et Savelli, laquelle est éteinte, qui ne se disputent point l'égalité, et qui ont une supériorité reconnue sur toutes les autres. L'origine de celle des Ursins est trop ancienne, et ses branches trop étendues, trop nombreuses- et trop fécondes en grands hommes, en grands titres, en grands emplois, en grands fiefs et en grandes et hautes alliances, et par conséquent trop connues et trop vastes^, pour s'y étendre ici. On dira seulement que le pape Nicolas III, de cette maison, qui tint le pontificat depuis 1277 jusqu'en 1280, eut un frère, nommé Napoléon, qu'on prétend, sans preuves, avoir eu un arrière-fils* nommé Jean, qui, d'une Spinelli, eut Charles ^ des Ursins, qui fut père des seigneurs 6 de Bracciano. Napoléon, son fils, fut' seigneur de Bracciano, gonfalonier de l'Église et comte d'Albe et de Tagliacozzo. Yirginius, sou fils, avec les mêmes comtés et seigneuries, fut connétable du royaume de Naples; le fils duquel, Jean-Jourdain, épousa Marie, fille de Ferdinand d'Aragon, roi de Naples, puis Félice délia Rovere, fille du furieux pape Jules II. Jérôme**, son fils, seigneur de Bracciano, eut d'une Sforze-Santa-Fiore Paul-Jourdain des Ursins, fait duc de Bracciano en 1360, gendre du fameux Corne I", premier grand-duc de Toscane, et, en secondes noces^, une Accoramboni, sans enfants ; et ce fut en considération de ce grand mariage de Médicis que Pie IV 1°, qui s'appeloit Médiquin et se vouloit être Médicis, le fit duc. Ses deux mariages et la fin de ses deux femmes et la sienne sont des histoires étranges. Son fils, Virginio, duc de Bracciano, épousa une petite-fille de la sœur de Sixte V, et l'autre petite-fille épousa le fameux Marc- Antoine Colonne. Ce fut alors que le premier rang sur tous les barons romains fut donné à ces deux beaux-frères et à l'aîné de leur postérité, et, entre l'un et l'autre, à celui qui se trouveroit plus vieux que l'autre. Ce fut ainsi que Sixte V le régla en lo89, la dernière année de son pontificat et celle" de ces mariages.