Journal de Dangeau, tome VI, p
6. Voyez les détails épars dans le Journal, dans le Mercure, les gazettes, etc. De son côté, l'ambassadeur traita non moins magnifiquement les princes et les principaux personnages de la cour. On admira beaucoup chez lui une splendide vaisselle, les écuries, etc.
lui en faire les honneurs*. Il voulut voir tout ce qu'il y a de curieux, et surtout Fontainebleau-, dont il fut plus content que d'aucune autre maison royale. Quoiqu'il eût pris congé, il alla faire sa cour au Roi, qui prenoit médecine^. Le Roi le fit entrer après l'avoir prise, ce qui étoit une distinction fort grande, et, pour la combler, il le fit entrer dans le balustre* de son lit, où jamais étranger, de quelque rang et de quelque caractère qu'il fût, n'étoit entré, à l'exception de l'audience de cérémonie des ambassadeurs^. Au sortir de là, Portland alla trouver Monseigneur à la chasse, qui le ramena, pour la troisième fois, souper avec lui à Meudon^. Le Grand Prieur
i. Le dimanche 25 mai : Journal, p. 332. Le Roi lui-même avait fait les honneurs de Versailles les 29 et 30 avril. L'ambassadeur y trouva tout magnifique, malgré les défectuosités de la construction. Pour Marly, on attendit que les eaux fussent dans leur splendeur.
2. Le 14 mai : ibidem, p. 346-347. — 3. Le 26 mai : ibidem, p. 3o3.
4. L'entrée dans le balustre" qui entourait le lit royal était réservée aux princes et princesses et à certains officiers : on trouve de nombreuses locutions ayant trait à cet usage dans la Muse historique de Loret, tomes I, p. Qo\ II, p. 80, 297, 3oI, 3o6, 480, 508, o33, et III, p. 48, 79, 38G, 4o2, 481. Sur les officiers qui avaient droit de franchir cette enceinte, voyez les Mémoires du duc de Utynes, tome I, p. 138 et 139, et un extrait des Mémoires de Breteuil, dans l'Appendice du tome XVIII du Journal de Dangeau, p. 351. Il subsiste encore des balustres de ce genre à Versailles, dans la chambre de Louis XIV, au Louvre et à l'hôtel Soubise. Anne d'Autriche en avait un aussi dans sa chambre, et le cardinal Mazarin, par exception, pendant la minorité du Roi, avait obtenu permission d'en mettre un dans son appartement du Louvre (4 février 1654).
5. Le balustre de la chambre du Roi à Fontainebleau, où eut lieu l'audience du 29 juillet 1664, se voit très distinctement dans la tapisserie historique dont il a été parlé ci-dessus, p. 16, note 2, ainsi que dans le tableau fait par Ziégler pour le musée de Versailles (n° 1070). A Versailles, le balustre était une œuvre magnifique, en argent, pesant plus de quatre mille marcs, et qui fut détruite dans la fonte de 1689-90.
6. Trois chasses antérieures sont indiquées par Dangeau, tome VI, p. 301, 328 et 330. Celle-ci serait la quatrième ; elle eut lieu le lundi 26 mai, et notre auteur ne fait que copier le texte du Journal, p. 353, en changeant le temps des verbes.
" La balustre, dans le Journal de J. Héroard, tome H, p. {1.
s'y mit au-dessus de lui avec quelque affectation S don! l'autre, quoique ayant pris congé-, s'offensa fort, et, le lendemain matin, alla fièrement dire au. Roi que si il'' avoit donné le rang de princes du sang à MM. de Vendôme, il ne leur disputeroit pas, mais que, s'ils ne l'avoient pas, il croyoit que le Grand Prieur devoit avoir pour lui les honnêtetés qu'il n'avoit pas eues. Le Roi lui répondit qu'il n'avoit point donné ce rang à MM. de Vendôme*, et qu'il manderoità Monseigneur, qui étoit encore à Meudon, de faire que cela n'arrivât plus. Monsieur lui voulut faire voir Saint-Cloud lui-même^; Madame, exprès, n'y alla pas^ et Monsieur lui donna un grand repas, où Monseigneur se trouva et grande compagnie". Ce fut encore là un honneur fort distingué.
Mais, parmi tant de fleurs, il ne laissa pas d'essuyer
1. Ces trois derniers mots sont écrits en interligne; ils ne se trouvent pas dans le texte de Dangeau.
2. N'ayant donc plus le caractère d'ambassadeur extraordmaire.
3. Saint-Simon, comme beaucoup de ses contemporains, se dispense souvent de faire l'élision.
4. Comparez notre tome II, p. 101-1 12, et l'Addition 78, ibidem, p. 386.