‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 357 sur 427 · Par ne est en interligue, au-dessus d'à ne, non biiré · texte numérisé non relu

Par ne est en interligue, au-dessus d'à ne, non biiré

o. 11 y a dans le manuscrit : « un suiHsant et repos »

»li;MOUiKS DE SMNT-SIM'IN. V 33

ol4 APPENDICE VI.

se retirer*. Elle sortoit peu et gardoit un maintien de courage, sans bassesse et sans hauteur déplacée, avec des propos mesurés et un silence ordinaire, qui lui firent beaucoup d'honneur. Elle ctoit encore assez incertaine de ce qu'elle pourroit devenir, lorsque la santé du Roi, qui dépérissoit tous les jours, parut baisser à vue d'œil. Le danger de se trouver entre les mains de M. le duc d'Orléans régent du Royaume la réveilla*. Elle fit demander son audience de congé pour se retirer en Italie, et l'obtint à Mari)', peu de jours avant que le Roi quittât ce lieu favori pour la dernière fois. Elle n'y mangea ni ne coucha, vit le Roi dans son cabinet, et Mme de Maintenon après, autant environ qu'à sa précédente audience ; et celle-ci se passa avec la même politesse et la même froideur. Elle en partit faisant bonne contenance, mais intérieurement outrée, et ne songea plus qu'au départ. De tels arrangements, et pour jamais, sont plus longs qu'on ne pense, et, si elle avoit raison de se hâter de partir, elle n'en avoit aucune de désirer d'arriver incertaine encore du lieu de sa demeure en Italie, et marcha, à si petites journées, que la mort du Roi la surprit à Lyon. Alors la frayeur lui donna des ailes pour gagner la mer, se croyant à tous instants arrêtée ; mais c'étoit la chose à laquelle M. le duc d'Orléans pcnsoit le moins : il étoit sans fiel et sans souvenir de trop de choses, et le montra à la princesse des Ursins et à Mme de Maintenon, sa persécutrice déchaînée, avec une générosité qui fut du bien perdu. Mme des Ursins passa de Marseille à Gênes, où elle s'arrêta plus d'un an au faubourg de Saint-Pierre-d'Arena avant de se pouvoir résoudre de retourner s'établir à demeure dans Rome, où elle acheva le reste de ses jours dans un état fort opulent et fort honorable, même assez considéré, mais fort au-dessous du brillant de ses premières années, et qui ne pouvoit avoir aucune ressemblance à ses moindres jours en Espagne. Mais comme, que ce fût, il falloit gouverner quelque part et quelque chose, elle s'attacha donc au roi Jacques d'Angleterre et à la reine sa femme, réfugiés à Rome, et devint la toute-puissante chez eux. Cela ne fit pas grand bruit dans le monde, ni même à Rome, où on admiroit qu'après avoir régné si longtemps et si absolument en Espagne, elle pouvoit se résoudre à se raccourcir de la sorte plutôt que demeurer en repos. Son fidèle Aubigny, engraissé en Espagne et bien établi en France, ne la suivit point dans sa retraite, où elle mourut enfin '•, dans un âge extrêmement avancé, mais entière de corps, d'esprit, d'humeur et de grâces, [o décembre 1722*,] regrettée d'un fort petit nombre de personnes, et point du tout de son frère le cardinal, avec lequel il y eut moins de liaison que de froide bienséance ; et à peine s'aperçut-on nulle part de la mort de cette dame qui avoit fait si longtemps une

1. La suite est écrite d'une nuire plume et d'une autre encre.

2. Mémoires, tome XI, p. 150-I(J3 et S.Si 38o ; Addition au Journal de Dangeau, tome XVI, p. ">-~.

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