Correspotidance de Bussy, tome III, p. 3a
LA PRINCESSE DE SOUBISE. o47
du 6 septembre, contient ces deux phrases juxtaposées : « Mme de Ludres.... a redonné au Roi de l'amour pour Mme de Montespan, qui commençoità baisser; voilà tout l'effet de ses charmes. Mme de Soubise a été malade ; sa taille y a gagné aux dépens de son visage. » Le 8 octobre suivant, Mme de Montmorency écrit au mêraeBussy*: « .... Mme de Ludres.... est.... revenue à Paris. On croit que c'est Mme de Soubise qui inquiète présentement Mme de Montespan, qui a ou, ces jours passés, un grand démêlé avec le Roi ; mais cela est raccommodé, au moins en apparence. Il est vrai que S. M. n'a fait que coqueter à tous venants pendant son voyage ; mais, sitôtqucMmedeMontespan paroissoit, il en étoit toutautrement — »
La fin de cette année 1677, au début de laquelle M. de Soubise avait clé fait lieutenant général, fut marquée par la disparition de Mlle de Ludres, définitivement « défaite », et par un redoublement de faveur pour Mme de Soubise. Un « homme inconnu » lui apporta des étrennes magnifiques : « C'étoit un petit diable qui tenoit une souris d'.Vllemagne. Lorsqu'elle eut été un quart d'heure sur la table de la dame, la souris s'ouvrit d'elle-même et laissa tomber deux bracelets, de mille louis d'or chacun, et un billet où il y avoit écrit : « Le diable s'en mêle-. » Voici comment Bussy commenta cette générosité : « La magnificence du présent qu'a reçu Mme de Soubise et la manière dont on l'a fait ne laissent pas douter que ce ne soit le Roi ; mais je ne comprends pas qu'on aime sa maîtresse quand on fait une galanterie comme celle-là à une autre, à moins qu'on ne le fasse de concert avec elle, et cela pour satisfaire le public et le confesseur. Cependant il faut que la maîtresse soit bien assurée du cœur de son amant pour lui permettre de telles galanteries. »
Six mois plus tard, le "2 juillet 1678, naquit une fille, qui devait marquer fort peu à la cour, car on la maria jeune à un grand seigneur portugais, le comte de Calhéta^. Au bout de treize autres mois, nouvelle naissance, d'une fille encore (23 août 1679) ; celle-là devait être d'Église et mourir abbesse d'Origny, en Picardie. A cette occasion,"le père reçut une pension de douze mille livres*. Peu après, le 13 novembre, une autre fille, la première de cette nombreuse progéniture, prit l'habit au couvent des bénédictines de Notre-Dame-de-la-Consolation, dans la rue de Chasse- Midi. Ce fut la Reine qui lui donna le voile s, et, le 23 décembre, la pension de Mme de Soubise, qui ne touchait que six mille livres comme dam;' du palais, fut portée à vingt mille^. Mme de Sévigné nous fournit le commentaire de cette nouvelle générosité dans une lettre écrite le 23 dé-