Ci-dessus, p
3. Sur l'intérieur, la vie nouvelle et la société de la duchesse, voyez l'introduction déjà citée de M. Gelfroy, p. xv et xvi.
4. Le palais Orsini, sur la place Navoue, à côté des statues mutilées de Pasquin et de Marforio, a été remplacé par le palais Braschi.
o. Expression déjà employée pour Mme de Saint-Géran, dans un fragment inédit de Saint-Simon donné à l'Appendice de notre tome 111, p. 390.
G. Dans le manuscrit, il n'y a qu'une virgule après concordant, et point de ponctuation après mais, ni après ouverte.
7. Voyez l'introduction de M. Geffroy, p. xviii-xix. — La première fois, Mme de Bracciano, arrivée à Paris en février 1677 et établie au couvent du Saint-Sacrement de la porte Montmartre, y reçut toute la cour; ce fut la Grande-Duchesse qui la présenta au Roi et à la Reine, lesquels lui accordèrent les honneurs du Louvre et le tabouret [Gazette de 1677, p. 144). L'année suivante, un des plus assidus chez elle était le cardinal de Retz, qui venait là « faire sa pénitence » {Correspondance de Bussy, tome IV, p. 240, 243 et 247). Elle était encore en France en 1G82, et obtint alors le privilège du pour {Mercure, novembre 1682, p. lo2-lo4); mais elle rentra à Rome le 12 février 1683, escortée des
passa quatre ou cinq ans'. C'est celui oîi je la connus, et oîi je puis dire que je fis avec elle une amitié particulière à l'occasion de celle qui étoit entre elle et ma mère dès son précédent voyage"-. Elle deviendra bientôt un personnage si grandement singulier, que je me suis volontiers étendu sur elle.
d'Estrées, chez qui se célébrèreut, le lendemain, les épousailles de sa sœur la duchesse Lanti {Gazette de 1683, p. 140).
1. Ce second voyage est de 1687; le départ de Rome eut lieu à la fin de juin; le séjour en France dura jusqu'à la fin de 169o, année oîi la duchesse tenta de faire épouser sa nièce Mlle de Royan à notre auteur (tome II, p. 260-:274), et, par conséquent, il fut plus long que Saint- Simon ne le dit. Cependant, en 1688, la défection de son mari avait ajouté encore à ses embarras personnels. Fallait-il demeurer en France, " accablée de gueuserie, » ou bien retourner par delà les monts, chez un vieillard de près de quatre-vingts ans, mal disposé pour elle, que sa qualité de française ne pouvait qu'irriter davantage, et dont les affaires d'ailleurs étaient en très piteux état? {Mémoires de Sourches, tome II, p. 193.) C'est sans doute en retour de prêts d'argent qu'elle fut forcée alors de constituer à chacune de ses deux demoisellessuivantes des pensions de trois cents et deux cents livres (Arch. nat., Y 277, fol. 138); mais elle triompha de ces difficultés, s'implanta solidement à la cour, et obtint l'Ordre pour son beau-frère Lanti (dans notre tome III, p. 2-3). Quelques lettres que M. Getfroy a tirées de Varchivio Lanti (p. 7-27), mais qui ne vont que jusqu'à 1693, donnent beaucoup de détails sur cette période. II existe aussi deux lettres au contrôleur général Pontchartrain, datées de 1692 et signées : l.\ Duchesse DE Brachane. Plusieurs lettres des années suivantes, 1693, 1695, 1696, adressées à Pontchartrain fils, ont été publiées dans le Cabinet historique, tome XI, p. 303-309. Elle repartit pour Rome à la fin de 1695, après une saison à Vichy, et, dans une lettre écrite le 20 décembre, elle rendit compte de la bonne réception qu'on lui avait faite au retour, et de l'appui que lui donnait le cardinal de Janson. Nous avons aussi publié (tome III, p. 171, note 2) partie d'une lettre écrite par elle à M. de Maurepas, le 2 octobre 1696, avec son nouveau titre de princesse des Ursins. Au mois de décembre suivant, elle gagna un procès qu'elle avait contre les jésuites {Gazette d'Amsterdam, 1697, n" vi). En 1697 et 1698, les lettres ou documents publiés par M. Combes {la Princesse des Ursins, p. 25) la montrent activement mêlée aux affaires espagnoles, et peut-être même gagnant le cardinal Porto-Carrero à l'idée de la candidature d'un prince français.
2. Voyez le passage qui vient d'être indicjué de notre tome il.
Le cardinal de Bouillon, qui étoit lors^ à Rome en grand splendeur-, lui rendit le service d'empêcher, par l'autorité du Pape, que les créanciers, très nombreux, ne fussent reçus à mettre le scellé^. M, de Bracciano n'avoit point d'enfants; sa femme, depuis son retour, l'avoit tout à fait regagné; il l'avoit faite, comme il est permis à Rome, sa légataire universelle, et ses meubles, son argenterie, ses bijoux et ses pierreries étoient infinis : il n'y eut donc que ses terres qui purent servir à payer les dettes*. Don Livio Odescalclii^, neveu d'Innocent XI, extraordinairement riche'', acheta pour près de deux millions
1. Nous revenons à la niort de M. de Bracciano, ." avril i()98. "2. Le manuscrit porte bien : g^ splendeur.
3. Journal de Dangeau, tome VI, p. 338 : " Il a fait la duchesse de Bracciano, sa femme, sa légatrice universelle. Le Pape n'a point voulu qu'on mit de scellé dans le palais du mort ; c'est une grâce que la duchesse de Bracciano a fait demander par le cardinal de Bouillon, prétendant même que c'est un droit qu'ont les quatre barons romains. » Comparez la Gazette, p. il'l, et la lettre écrite par la veuve au Roi pour le remercier des bons effets de l'intervention du cardinal (Affaires étrangères, Rome 390, fol. li-lîl). L'inhumation eut lieu le 7 avril.
4. Il est dit dans la généalogie de la maison Orsini, par Litta, que le duc, dénué de mérite personnel, indolent, plein d'incurie, avait vendu une partie de son patrimoine dès 1661. Plusieurs des fiefs qui lui restaient durent faire retour à la Chambre apostolique. Tous comptes faits, la princesse n'eut plus que dix-sept mille livres de rente.
o. Livio Odescalchi, devenu duc de Ceri en 1680, remplit les fonctions de général de l'Église depuis la mort de son oncle jusqu'à l'avènement d'Alexandre VIII, fut fait alors prince de l'Empire, eut une grandesse en mars 1690, le duché de Bracciano en 1696, le duché de Sirmie (Zirmich, Sirmium, en Hongrie) en 1698, puis la Toison d'or, et mourut à Rome, sans alliance, le 7 septembre 1713. M. de Bracciano l'avait adopté comme héritier dès 1693, malgré certaines oppositions (Gazette, correspondance de Rome, 2 août 1693, p. 399), et, probablement, c'est cette nouvelle qui engagea la duchesse à revenir en Italie. Elle fit rejeter par le tribunal de la rote, en mai 1697, les demandes du prince, et obtint que son mari lui laissât le droit de désigner un successeur pour les honneurs du soglio (vol. Rome 390, fol. 60).
6. Benoît Odescalchi, « étrange pape, » dit Saint-Simon, ne voulait point faire de népotisme au profit de son héritier; mais il lui laissa tout leur bien patrimonial, qui rapportait plus de quarante mille écus
108 MÉMOIUES [1698]
[Âdd.S'-S.UB] le duché de Bracciano', mais avec la condition expresse que Mme de Bracciano en quitteroit le nom% et c'est ce qui lui fit prendre celui de princesse des Ursins, sous lequel elle est devenue fameuse. Le cardinal de Bouillon, après ce service rendu pour le scellé, se brouilla avec elle, mais aux couteaux tirés, et^ ne se sont jamais revus. Mme de Bracciano, car elle en portoit encore le nom,
de rente. (Mémoires de Pomponne, tome I, p. '24-20). Don Livio est célèbre dans l'histoire de la curiosité comme acquéreur de la collection du cardinal Matthei, en avril 1688, et surtout de celle de la reine Christine, en janvier 1692. Quand il posa sa candidature au trône de Pologne en 1697 (voyez notre tome IV, p. 177, note 2), sans aucune chance de succès, il promit, par manifeste imprimé, de donner ses collections à la République, s'il était élu. Saint-Simon dit de lui, en termes méprisants, à propos du cardinal d'Estrées (Addition au Journal de Damjeau, tome XV, p. 309) : « Neveu du Pape fort inepte, sinon à amasser, comme il fit, des biens immenses. » Selon Dangeau (tome 11, p. 197), il s'était enrichi à la fabrication des monnaies et à la vente des grains. Plus tard, il entreprit le dessèchement des marais Pontins.
1. Le château de Bracciano, principale forteresse des Orsini au temps où ils étaient des condottieri redoutables, est situé à trente-cinq kilomètres N. 0. de Rome, sur l'ancien lac Sabatinus. Aujourd'hui, il appartient, avec le titre ducal, aux Torlonia. Don Livio paya cette acquisition trois cent quatre-vingt-six mille écus romains (Litfa).
2. Voyez le livi-e de M. GefTroy,p. 39. C'est ainsi que Mme de Bracciano quitta ce nom, pour prendre le titre purement honorifique de princesse des Ursins, mais dès 1696, contrairement à deux Additions où Saint-Simon dit que ce second nom ne date que du temps, « après qu'elle fut veuve, que don Livio Odescalchi, neveu d'Innocent XI, eut acheté le duché de Bracciano » (Journal, tomes II, p. 81, et XVUI, |). 211), contrairement aussi, soit à ce qu'il va raconter cin(j lignes plus loin, soit à l'habitude que Dangeau ou d'autres, même ù Rome, gardèrent, pendant quelques années, de lui maintenir l'ancien titre. Dans la lettre du 2 octobre 1696 dont nous avons déjà donné un passage (tome 111, p. 171, note 2; comparez p. 3, note 1), et qui est signée : l.\ Princesse des Ursins, elle dit : « Je crois que l'on n'ignore plus en France que M. de Brachane a pris le nom de sa maison depuis que don Livio a acheté Brachane. » Ce qui a pu induire en erreur, c'est que de nombreuses difficultés, dont quelques-unes relatives à la possession du duché, s'élevèrent entre la veuve et l'acheteur, déjà évincé de ses prétentions à l'adoption : voyez le livre de M. Getfroy, p. oO, oo et 64, et celui de M. Combes, p. 26-27.