‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 63 sur 427 · Du Roi est écrit après coup, en interligne · texte numérisé non relu

Du Roi est écrit après coup, en interligne

pour éviter qu'il n'en prît quelqu'un qui' ne fût pas agréable au Roi, il avoit fait effort de tout son crédit auprès du Pape pour lui en faire accepter un le plus attaché au Roi qui pût être^, et en âge de le servir longtemps; que c'étoit l'abbé d'Auvergne, excepté lequel le Pape lui avoit déclaré qu'il n'en feroit aucun autre. Il joignit à cela tout ce qu'il crut capable de faire avaler au Roi, comme un service aussi adroit que signalé, un mensonge qui pouvoit passer pour unique en son genre. En même temps, il dit au Pape tout ce qu'il put pour lui persuader que, dans la presse et le désir où il étoit de contenter l'Empereur, il croyoit avoir obtenu de la bonté et de l'amitié dont le Roi vouloit bien l'honorer^ le plus grand point qu'il eût pu se proposer pour tirer Sa Sainteté de la situation forcée où elle se trouvoit, qui étoit de faire condescendre le Pioi à la promotion de l'évoque de Javarin en faisant en même temps un françois, chose où jusque-là on n'avoit pu parvenir à amener le Roi ; mais qu'en même temps Sa Majesté n'y vouloit consentir que pour son neveu l'abbé d'Auvergne; que c'étoit tout ce qu'il avoit pu tirer du Roi, et qu'il croyoit par là avoir rendu un grand service au Roi et au Pape en le mettant en état de satisfaire l'Empereur sans se brouiller avec le Pioi, en faisant à la fois l'évêque de Javarin et l'abbé d'Auvergne. Il arriva, pour le malheur du cardinal de Bouillon, qu'un hameçon si adroitement préparé n'eut pas l'effet qu'il s'étoit promis de sa hardiesse. Le Pape, qui, par les offices pressants qu'il recevoit d'ailleurs que du cardinal de Bouillon, de la part du Roi, contre Monsieur de Cambray *, et qui étoit en même temps bien informé de la conduite de ce cardinal, toute en faveur du même prélat quoique l'homme

Page 1