‹ Mémoires (volume 5)Chapitre 98 sur 427 · Le c' de c'estoit semble corriger un et · texte numérisé non relu

Le c' de c'estoit semble corriger un et

5. Littré eût dû relever cette expression de « flux de la cour, >> qui ne parait pas très juste, puisqu'il s'agit de courtisans que la prudence fait s'écarter des disgraciés, et, par conséquent, de reflux, plutôt que de flux, ce mot désignant la marée montante. Malherbe a dit [OEuvres, tome III, p. 48'2) : « La cour a ses flux et reflux comme la mer. »

reçurent bien le peu et le rare qui leur vint, mais sans empressement et à leur façon ordinaire, et surtout sans rien chercher', et ne' laissèrent pas de bien remarquer et distinguer les différentes allures et tous^ les degrés de crainte, de politique ou d'éloignement. Leurs maris, aussi courtisés et encore plus environnés qu'elles, éprouvèrent encore plus d'abandon, et ne s'en émurent pas davantage ^ Tout cela eut^ un temps, et, peu à peu, on se

1. Ces deux dames, malgré l'alliance de leur sœur avec le duc de Mortemart, n'avaient jamais fait la cour à Mme de Montespan, et elles ne profitaient qu'avec discrétion de l'amitié de Mme de Maintenon {Souvenirs de Mme de Caylus, p. 500).

"2. La première lettre de ne corrige unjo.

3. Tous, qui termine la page 147 du manuscrit, est répété par mégarde au commencement de la page 148.

4. Le 10 juin, M. de Beauvillier écrivait à M. Tronson, en lui demandant conseil : « Je suis à la veille d'être éloigné de la cour, si je ne dis précisément que^, Mme Gujon est une "folle ou une méchante. Je me

remets entre vos mains, sans volonté Voyez donc, Monsieur, devant

Dieu, ce que j'offre à Mme de 3Iaintenon (un désaveu de tout commerce ultérieur avec Mme Guyon), et s'il faut ajouter ou diminuer quelque chose.... » Quand le duc eut reçu la réponse de son conseiller, il écrivit à Mme de Maintenon et à l'archevêque de Paris, rappelant à ce dernier que, depuis longtemps, au su du prélat et avec son approbation, il rendait compte à M. Tronson de « toutes ses pratiques et de tous ses sentiments les plus intimes ; » que, « pour s'assurer de plus en plus sur une matière si importante, » il était allé spontanément, en avril 1697, avec sa femme et les Chevreuse, déclarer qu'ils abandonnaient la doctrine suspecte. En même temps, il envoya à l'avchevêque une copie de la lettre justificative qu'il venait d'adresser à M. de Pomponne, terminée par cette phrase : « Ce n'est point par estime de Mme Guyon, comme on a voulu le faire entendre, que j'ai proposé, pour être auprès de M. le duc de Bourgogne, des personnes qui la connoissoient. En voici deux preuves bien certaines : l'une, c'est que, moi-même, je ne la connoissois pas lorsque le Roi me fit l'honneur de m'attacher à la personne de ce prince; l'autre, c'est que je la connoissois quand j'ai proposé ceux qui sont auprès de MM. les ducs d'Anjou et de Berry, et qu'il n'y a pas un seul d'eux tous qui ait jamais eu le moindre commerce avec elle — » [Correspondance de Fénelon, tome IX, p. 160 et 22-2 ; Archives de la Bastille, tome IX, p. 68-TO.)

o. Eut corrige un.

rapprocha d'eux et d'elles', parce qu'on vit le Roi les traiter avec la même distinction, et que la même politique qui avoit éloigné d'eux le gros du monde les- rapprocha dans les suites, et que l'envie, lasse de bouder inutilement, fit enfin comme les autres.

Pendant ces dégoûts, la Reynie^ interrogea plusieurs fois Mme Guyon et le P. la Combe. Il se répandit que ce barnabite disoit beaucoup, mais que Mme Guyon se défendoit avec beaucoup d'esprit et de réserve^. Les écrits continuoient"; le Roi loua publiquement l'histoire

1. Parraégarde, Saint-Simon a répété etd'etix en interligne, après elles.

2. Ues, avec apostrophe, dans le manuscrit; peut-être pour l'en?

3. L'ancien lieutenant général de police, resté simple conseiller d'État en 1697, fut depuis lors chargé de diverses enquêtes et informations judiciaires auxquelles il était plus apte que personne. M. Fr. Ravaissonn'a pas trouvé les neuf interrogatoires qu'il fit subir à Mme Guyon. D'Argenson lui succéda dans la conduite de cette procédure, en septembre.

4. Vovez ci-dessns, p. 143 -et 160. On écrivait de Paris à la Gazette d'Amsterdam, le 13 juin (n° xlix), à propos d'interrogatoires subis par Mme Guyon : « On prétend que le P. la Combe, barnabite qui étoit autrefois de ses sectateurs, a découvert plusieurs choses qui se passoient dans cette cabale dévote, dont le public parle diversement, selon la coutume, et suivant les impressions qui lui sont données pour et contre. » Voici le texte du Joanja/ de Dangeau (28 juin, tome VI, p. 373) que suit en ce moment notre auteur : « On ne parle ici que du dernier livre de Monsieur de Meaux contre Monsieur de Cambray, où toute la doctrine de Mme Guyon est étalée. Cette dame est toujours à la Bastille, où M. de la Reynie, par ordre du Roi, l'a déjà interrogée plusieurs fois; on parle de lui confronter le P. de la Combe, qui, dans son interrogatoire, n'a pas été si réservé qu'elle. On dit qu'elle se défend avec beaucoup d'esprit et de fermeté. »

5. Il avait paru, de 1697 à 1698, de nombreuses répoiises de Fénelon, en forme de lettres ou de déclarations pastorales, aux instructions, écrits, traités ou déclarations de l'archevêque de Paris et des évêques de Meaux et de Chartres, touchant les Maximes des sairits, l'oraison passive, la charité, l'amour naturel, etc. Iluet écrivait, le 21 mars 1698 : « J'ai reçu tous les ouvrages de Monsieur de Cambray et de ses adversaires ; la matière est présentement assez éclaircie : il ne faut plus qu'une décision de Rome. » (Archives de la Bastille, tome IX, p. 63.) Mais Fénelon voyait plus justement les choses, et, le 16 avril 1698, il écrivait à l'abbé de Chantérac [Correspondance, tome IX, p. 9) : « On

de toute cette affaire que Monsieur de Meaux lui avoit présentée', et dit qu'il n'y avoit pas avancé un mot qui ne fût vrai-. Monsieur de Meaux étoit, ce voyage-là, fort

s'imagine peut-être à Rome que l'aU'aire s'adoucira en France en se prolongeant. Tout au contraire, Monsieur de Meaux n'en sera que plus forcené. Le goût du public pour mes lettres va lui faire écrire tout ce que la fureur et l'artifice peuvent inspirer ; il faut même y préparer les esprits. On peut tout attendre d'un homme qui a fait ce dernier gros

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